{"id":1816,"date":"2015-06-04T08:31:22","date_gmt":"2015-06-04T07:31:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1816"},"modified":"2015-06-04T08:31:22","modified_gmt":"2015-06-04T07:31:22","slug":"montefiore-simon-sebag-sashenka-2010","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1816","title":{"rendered":"Montefiore, Simon Sebag \u00abSashenka \u00bb (2010)"},"content":{"rendered":"<p><strong>L\u2019auteur<\/strong> : N\u00e9 en 1965, Simon Montefiore est l&rsquo;auteur d&rsquo;ouvrages salu\u00e9s par la critique et traduits dans quarante langues, parmi lesquels Staline : la cour du tsar rouge (\u00e9ditions des Syrtes, 2005), prix du Meilleur Livre d&rsquo;histoire aux British Book Awards 2004, Le Jeune Staline (Calmann-L\u00e9vy, 2008), laur\u00e9at du Costa Biography Award 2008 et du grand prix de la Biographie politique 2008, mais \u00e9galement J\u00e9rusalem (Calmann-L\u00e9vy, 2011), r\u00e9compens\u00e9 du Jewish Book of the Year Prize, et Sashenka (Belfond, 2010 ; Pocket, 2011). Simon Montefiore vit \u00e0 Londres.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> :<br \/>\nDes derni\u00e8res heures de l&#8217;empire des Romanov \u00e0 la Russie post-perestro\u00efka des ann\u00e9es quatre-vingt-dix en passant par la terreur stalinienne, la destin\u00e9e bouleversante d&rsquo;une h\u00e9ro\u00efne inoubliable. Dans la lign\u00e9e du Docteur Jivago, une fresque \u00e9blouissante, par l&rsquo;un des plus grands historiens de la Russie.<br \/>\nSaint-Petersbourg, hiver 1916. Devant l&rsquo;institut Smolny pour jeunes filles, Sashenka Zeitlin, jeune bourgeoise de dix-sept ans, est arr\u00eat\u00e9e. Dans une Russie tsariste au bord du gouffre, alors que sa m\u00e8re continue de s&rsquo;enivrer de f\u00eates avec Raspoutine et sa clique, Sashenka, elle, a choisi son camp. Celui de la r\u00e9volution&#8230;<br \/>\nQuelque vingt ans plus tard, Sashenka incarne la femme sovi\u00e9tique mod\u00e8le. \u00c9pouse d&rsquo;un haut cadre du parti, m\u00e8re combl\u00e9e de deux enfants, elle va pourtant s&rsquo;abandonner \u00e0 une passion torride pour un s\u00e9duisant \u00e9crivain dont les id\u00e9es vont se r\u00e9v\u00e9ler dangereusement compromettantes. Jusqu&rsquo;\u00e0 mettre en p\u00e9ril la vie de ceux qu&rsquo;elle aime&#8230; et la sienne.<br \/>\nPendant plus de cinquante ans, son histoire demeurera cach\u00e9e. Jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;une jeune historienne plonge dans les archives du KGB et d\u00e9voile le destin d&rsquo;une femme face \u00e0 un choix impossible&#8230;<br \/>\nMon avis : J\u2019ai ador\u00e9. Sur fond de contexte historique, la fresque sentimentale d\u2019une famille qui traverse la p\u00e9riode. De quoi allier connaissance et divertissement. Les personnages sont attachants, la p\u00e9riode passionnante\u2026 Une fois encore le pass\u00e9 et le devoir de m\u00e9moire, l\u2019importance des racines dans la vie. Et l\u2019int\u00e9r\u00eat des archives. Un bel hommage \u00e0 la femme militante, \u00e0 l\u2019amiti\u00e9, au travail des archivistes et des historiens et la mise en lumi\u00e8re de cette horrible machine que furent les purges staliniennes. Je pense que ceux qui aiment les livres de Ken Follett, de Ildefonso Falcones, les fresques de Rutherfurd (Russka, Londres\u2026) devraient plonger\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong> :<br \/>\nElle avait besoin de nourriture comme le fourneau d\u2019une locomotive a besoin de charbon, et ne r\u00eavait que d\u2019un bain chaud<br \/>\nIl aimait serrer la main de ses prisonniers. C\u2019\u00e9tait un moyen de \u00ab prendre leur temp\u00e9rature \u00bb et de montrer ce que le g\u00e9n\u00e9ral appelait une main de fer dans un gant de velours<\/p>\n<p>L\u2019Histoire transformera le monde aussi s\u00fbrement que le soleil se l\u00e8ve chaque matin<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait sumerki, ce merveilleux mot qui d\u00e9signe la tomb\u00e9e de la nuit en \u00e9t\u00e9<\/p>\n<p>\u00ab Si tu aimes, aime avec fougue ; si tu menaces, fais-le avec passion \u00bb, avait \u00e9crit le po\u00e8te Tolsto\u00ef. C\u2019\u00e9tait tout \u00e0 fait elle : \u00ab Tout ou rien ! \u00bb<br \/>\nLa beaut\u00e9 qui l\u2019entourait n\u2019\u00e9tait qu\u2019un mensonge. La v\u00e9rit\u00e9 \u00e9tait sans doute laide, mais elle avait \u00e9galement un certain panache. L\u2019avenir frappait \u00e0 la porte !<\/p>\n<p>Ne vis pas toujours pour demain, qui n\u2019arrivera peut-\u00eatre jamais. Qui sait ce que te r\u00e9serve le Livre de la vie<\/p>\n<p>J\u2019implorerais Dieu si je pensais qu\u2019Il existe, songeait-il, mais s\u2019Il existe, nous ne sommes pour Lui que des vermisseaux dans la poussi\u00e8re.<\/p>\n<p>Ma religion, c\u2019est la r\u00e9ussite. Mon destin ne d\u00e9pend que de moi.<\/p>\n<p>Il retournait \u00e0 la vie apr\u00e8s une longue p\u00e9riode d\u2019hibernation<br \/>\nSoudain, \u00e0 la lumi\u00e8re, la biblioth\u00e8que avait pris vie : des rayonnages en pin de Car\u00e9lie d\u00e9bordaient de livres. D\u2019autres volumes s\u2019entassaient au milieu de la pi\u00e8ce en piles instables<\/p>\n<p>Et pourtant, cach\u00e9 sous une apparente fadeur docile, son sang fr\u00e9missait comme un ruisseau bouillonnant d\u2019\u00e9cume d\u00e9vale un flanc de montagne sous une \u00e9paisse couche de glace<\/p>\n<p>Le lendemain, il faisait plus doux. Le soleil et la lune se regardaient avec suspicion \u00e0 travers un ciel laiteux<\/p>\n<p>Les trains qui quittent les petites gares de province peuvent para\u00eetre tristes m\u00eame aux moments les plus gais, mais les s\u00e9parations sont rarement joyeuses<\/p>\n<p>En Russie, il valait mieux ne pas remuer le pass\u00e9. \u00c7a n\u2019attirait que des ennuis<\/p>\n<p>Mais tel un oiseau de paradis enferm\u00e9 dans une cage fort laide, la jeune fille n\u2019aspirait qu\u2019\u00e0 s\u2019\u00e9chapper, et son p\u00e8re l\u2019avait laiss\u00e9e s\u2019envoler vers d\u2019autres cieux<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9poque stalinienne ! Un signal d\u2019alarme se d\u00e9clencha dans son esprit. \u00c7a ne se faisait pas de fouiller dans cette p\u00e9riode. Comme disait son p\u00e8re : \u00ab Ne demande jamais \u00e0 quelqu\u2019un ce que faisait son grand-p\u00e8re, parce qu\u2019un grand-p\u00e8re en d\u00e9non\u00e7ait forc\u00e9ment un autre.<br \/>\nKatinka adorait l\u2019atmosph\u00e8re de myst\u00e8re qui r\u00e8gne dans les biblioth\u00e8ques. Certains de ses amis trouvaient ennuyeux ces lieux qui sentent le renferm\u00e9 et dont le silence n\u2019est interrompu que par de rares toussotements, des murmures \u00e9touff\u00e9s et des pages tourn\u00e9es, mais la jeune fille les comparait \u00e0 des endroits de passage o\u00f9 des inconnus se c\u00f4toient pendant quelques heures<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait l\u2019univers du secret, mais certains d\u00e9tails peuvent r\u00e9appara\u00eetre \u00e0 la surface<\/p>\n<p>Croyez-moi, mon appui vous sera pr\u00e9cieux pour d\u00e9m\u00ealer les fils du pass\u00e9. Ce serait plus simple pour vous d\u2019essayer de d\u00e9crypter les hi\u00e9roglyphes de l\u2019\u00c9gypte ancienne que de trouver votre chemin dans ce labyrinthe qu\u2019\u00e9tait le Kremlin de Staline<\/p>\n<p>Que \u00e7a vous plaise ou non, vous \u00eates une historienne russe, vous cherchez des \u00e2mes \u00e9gar\u00e9es et, dans notre pays, la v\u00e9rit\u00e9 n\u2019est pas \u00e9crite \u00e0 l\u2019encre, comme ailleurs, mais avec le sang des innocents<\/p>\n<p>Dans le froissement des feuilles de papier, vous entendrez les pleurs des enfants, les trains qui filent vers la Sib\u00e9rie, l\u2019\u00e9cho des pas dans les sous-sols, le coup de feu unique des ex\u00e9cutions sommaires. Les dossiers empestent le sang. \u00bb<\/p>\n<p>Elle devinait le v\u00e9ritable rat de biblioth\u00e8que, le Quasimodo des rayonnages. Dans toutes les archives, on trouve ce genre d\u2019employ\u00e9 dont il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir<\/p>\n<p>Tu dois comprendre que les archives sont un tissu de mensonges et de contrev\u00e9rit\u00e9s. Il faut lire entre les lignes. \u00bb<\/p>\n<p>Nous \u00e9tions tellement persuad\u00e9s de ne pas avoir beaucoup de temps devant nous que nous en avons profit\u00e9 autant que possible. Nous nous aimions. Chaque jour \u00e9tait une lune de miel, chaque baiser un cadeau inesp\u00e9r\u00e9<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019auteur : N\u00e9 en 1965, Simon Montefiore est l&rsquo;auteur d&rsquo;ouvrages salu\u00e9s par la critique et traduits dans quarante langues, parmi lesquels Staline : la cour du tsar rouge (\u00e9ditions des Syrtes, 2005), prix du Meilleur Livre d&rsquo;histoire aux British Book Awards 2004, Le Jeune Staline (Calmann-L\u00e9vy, 2008), laur\u00e9at du Costa Biography Award 2008 et du &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1816\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1817,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2,7,18,65],"tags":[],"class_list":["post-1816","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lectures","category-romans-histoire","category-anglaise","category-russie"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1816","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1816"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1816\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1818,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1816\/revisions\/1818"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1817"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1816"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1816"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1816"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}