{"id":18582,"date":"2023-07-03T07:48:55","date_gmt":"2023-07-03T05:48:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=18582"},"modified":"2023-07-03T07:52:04","modified_gmt":"2023-07-03T05:52:04","slug":"tyrewala-altaf-aucun-dieu-en-vue-2007-208-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=18582","title":{"rendered":"Tyrewala, Altaf \u00ab\u00a0Aucun Dieu en vue\u00a0\u00bb ( 2007) &#8211; 208 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur:<\/b><br \/>\nN\u00e9 en 1977 \u00e0 Bombay, Altaf Tyrewala aime \u00e0 dire qu&rsquo;il vit \u00ab\u00a0\u00e0 Bombay et \u00e0 Mumbai\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s avoir \u00e9tudi\u00e9 aux Etats-Unis, il a exerc\u00e9 plusieurs m\u00e9tiers et se consacre d\u00e9sormais \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture. <i>Aucun dieu en vue <\/i>est son premier roman. Il vit actuellement \u00e0 Dallas o\u00f9 il occupe un poste d&rsquo;analyste dans une universit\u00e9 d\u2019entreprise.<\/p>\n<p>Actes Sud &#8211; Litt\u00e9rature Lettres indiennes &#8211; 28.02.2007 &#8211; 208 pages \/ Babel &#8211; 07.11.2018 &#8211; 208 pages (traduit par Marc Royer)<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9<\/b>:<br \/>\nD\u00e9lirante m\u00e9gapole, capitale de tous les possibles, Bombay &#8211; aujourd&rsquo;hui Mumbai &#8211; est sans doute le lieu o\u00f9 bat avec le plus d&rsquo;intensit\u00e9 le c\u0153ur volubile d&rsquo;une Inde plus que jamais en devenir.<br \/>\nCette cit\u00e9-monde dont il a une connaissance intime, dans ses lignes de fracture comme dans ses tensions, le jeune romancier Altaf Tyrewala en propose une exploration in\u00e9dite \u00e0 travers quelques individus embl\u00e9matiques ou insolites auxquels il donne successivement la parole. Entrent ainsi dans la lumi\u00e8re du r\u00e9cit l&rsquo;avorteur, aussi cynique qu&rsquo;incomp\u00e9tent, le marchand de chaussures \u00e0 la remorque de son \u00ab\u00a0r\u00eave am\u00e9ricain\u00a0\u00bb ou cet adolescent hindou en mal de virilit\u00e9 auquel le fanatisme offre un exutoire&#8230; Mais on rencontrera \u00e9galement, entre autres, un paysan musulman pers\u00e9cut\u00e9 qui a trouv\u00e9 refuge dans un bidonville perch\u00e9 au dix-septi\u00e8me \u00e9tage d&rsquo;un immeuble ; une entremetteuse; un fakir; un tueur de poules; un agent de police presque \u00e9tonn\u00e9 de se voir mis \u00e0 pied pour corruption ; un journaliste de t\u00e9l\u00e9vision sans \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me ; un terroriste ; un mendiant accul\u00e9 \u00e0 la toxicomanie ; un homme d&rsquo;affaires coup\u00e9 du monde&#8230;<br \/>\nSinguli\u00e8res, distinctes, toutes ces voix, qui se succ\u00e8dent et s&rsquo;enrichissent de l&rsquo;\u00e9cho des pr\u00e9c\u00e9dentes, font l&rsquo;effet de cris jet\u00e9s \u00e0 la face de la cit\u00e9 g\u00e9ante comme pour d\u00e9chirer l&rsquo;indiff\u00e9rence de la rumeur immense et s\u00e9culi\u00e8re qui monte de ses rues innombrables. Orchestrant avec audace cette polyphonie puissante, Altaf Tyrewala donne \u00e0 entendre la bande-son secr\u00e8te de sa ville, multiple et bien-aim\u00e9e.<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>:<br \/>\nQue dire, c\u2019est un joyeux foutoir, \u00e0 l\u2019image de la ville de Bombay\u2026<br \/>\nUne succession de chapitres tr\u00e8s courts en g\u00e9n\u00e9ral qui racontent chacun l&rsquo;histoire d\u2019une personne (et de sa famille souvent). Fait int\u00e9ressant, les personnages forment une sorte de cha\u00eene qui se passent la parole au fil des chapitres. On y croise un bel \u00e9chantillonnage d\u2019individus, de tous les milieux, hommes et femmes, riches et pauvres, jeunes et vieux, instruits ou incultes. Un m\u00e9lange des traditions et du monde moderne, de la diversit\u00e9, \u00e0 l\u2019image de la ville\u2026<\/p>\n<p>Vivant, color\u00e9, le roman donne la parole \u00e0 une quarantaine d\u2019intervenants, survole la soci\u00e9t\u00e9 de Bombay, raconte la vie quotidienne et les probl\u00e9matiques : l\u2019avortement, les bidons-villes, les probl\u00e8mes de religion, la drogue, la mendicit\u00e9, la volont\u00e9 de quitter l\u2019Inde pour un ailleurs meilleur\u2026 Un avorteur ouvre et ferme le d\u00e9fil\u00e9 des personnages. La boucle est boucl\u00e9e.<br \/>\nIl me restera principalement l\u2019image du vieil hindou qui s\u2019est converti \u00e0 l\u2019Islam, du bidon-ville install\u00e9 au 17\u00e8me \u00e9tage, du jeune qui veut changer de nom\u2026<br \/>\nUne collection d\u2019instantan\u00e9s pour nous donner un aper\u00e7u d\u2019une ville toujours en mouvement. Bien aim\u00e9 ce roman \u00ab\u00a0album photo\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><b>Extraits<\/b>:<\/p>\n<p>Je ne peux pas me permettre de rester trop longtemps sans dieu. Je n\u2019ai pas d\u2019autre moyen d\u2019\u00e9chapper \u00e0 moi-m\u00eame que la religion\u00a0\u2013 ou l\u2019illusion. Appelez \u00e7a comme vous voulez.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Quand l\u2019estomac crie famine, qu\u2019on n\u2019a plus que la peau sur les os, l\u2019argent est le seul dieu qui puisse r\u00e9pondre \u00e0 nos pri\u00e8res. Comment faire comprendre \u00e7a aux idiots qui peuplent cette plan\u00e8te\u00a0? Comment le faire comprendre, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, aux idiots de ma propre famille\u00a0?<\/p>\n<p>La vulgarit\u00e9 sans d\u00e9tour du saint homme me stup\u00e9fie. Qu\u2019elles sont loin les histoires de dieux scorpions, les univers n\u00e9buleux. Pour la premi\u00e8re fois, le discours du mabant est sans ambigu\u00eft\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 Barauli, mon village, ils ont chass\u00e9 tous les musulmans. Le mahant a dit que nous \u00e9tions des \u00e9trangers. Nous avons d\u00fb abandonner nos maisons, nos boutiques\u00a0; certains d\u2019entre nous ont fui \u00e0 Bombay, d\u2019autres \u00e0 Hyderabad\u2026<\/p>\n<p>Je pensais que les personnes \u00e2g\u00e9es revivaient leurs souvenirs jusque dans les d\u00e9tails les plus insipides. C\u2019est peut-\u00eatre vrai au moment de la mort. En tout cas, pour ma part, je suis capable de conjurer tous mes hiers comme autant de g\u00e9nies d\u00e9risoires. Dans mon sommeil, je ne vais nulle part, je ne regrette rien, personne ne me manque.<\/p>\n<p>Mais, comme toute femme le sait bien\u00a0\u2013 ou devrait le savoir\u00a0\u2013, un homme ne parle comme un homme que lorsqu\u2019il a le moins le sentiment d\u2019en \u00eatre un.<\/p>\n<p>Dans ce lotissement o\u00f9 les appartements n\u2019ont qu\u2019une seule pi\u00e8ce, tout le monde se change sur le balcon. On se d\u00e9shabille aux yeux du monde ext\u00e9rieur pour que ceux qui comptent, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, ne nous voient pas tout nus.<\/p>\n<p>Les enfants sont les ultimes racines des d\u00e9racin\u00e9s.<\/p>\n<p>Il se pla\u00eet \u00e0 dire que fumer, c\u2019est comme croire en Dieu\u00a0: on n\u2019a pas de bonne raison, \u00e7a fait du bien, c\u2019est tout.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur: N\u00e9 en 1977 \u00e0 Bombay, Altaf Tyrewala aime \u00e0 dire qu&rsquo;il vit \u00ab\u00a0\u00e0 Bombay et \u00e0 Mumbai\u00a0\u00bb. 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Il vit actuellement \u00e0 Dallas o\u00f9 il occupe un poste d&rsquo;analyste dans une &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=18582\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":18583,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[193,392,14,105,192],"tags":[1815,1814,1525,412,615],"class_list":["post-18582","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-etude-de-societe","category-inde","category-litterature-indienne","category-roman","category-xxieme-siecle","tag-bombay","tag-polyphonie","tag-roman-choral","tag-temoignage","tag-ville"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/18582","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=18582"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/18582\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18584,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/18582\/revisions\/18584"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/18583"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=18582"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=18582"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=18582"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}