{"id":1874,"date":"2015-06-26T14:38:37","date_gmt":"2015-06-26T13:38:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1874"},"modified":"2015-08-06T10:49:41","modified_gmt":"2015-08-06T09:49:41","slug":"kerr-philip-prague-fatale-2014","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1874","title":{"rendered":"Kerr, Philip \u00ab\u00a0Prague fatale\u00a0\u00bb (2014)"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019Auteur\u00a0: Philip Ballantyne Kerr est un auteur \u00e9cossais, n\u00e9 le 22 f\u00e9vrier 1956 \u00e0 Edimbourg (Ecosse). Il a fait ses \u00e9tudes de droit \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Birmingham. Il a ensuite travaill\u00e9 dans la publicit\u00e9 et comme journaliste free-lance, avant de remporter un succ\u00e8s mondial avec sa trilogie situ\u00e9e dans le Berlin de la fin des ann\u00e9es trente et de l&rsquo;imm\u00e9diat apr\u00e8s-guerre (Un \u00e9t\u00e9 de cristal, La P\u00e2le Figure, Un requiem allemand), avec le d\u00e9tective priv\u00e9 Bernie Gunther, \u00e9galement pr\u00e9sent dans The One From the Other (2006). Alors qu&rsquo;il avait annonc\u00e9 la fin de Gunther apr\u00e8s la publication de la trilogie, il lui consacre de nouvelles aventures depuis 2006.<\/p>\n<p>S\u00e9rie Bernhard Gunther (Bernie)<\/p>\n<p>(les trois premiers forment \u00ab\u00a0la trilogie Berlinoise\u00a0\u00bb)<\/p>\n<ol>\n<li>March Violets (1989) L&rsquo;\u00c9t\u00e9 de cristal (en fran\u00e7ais 1993) \u2013 se d\u00e9roule en 1936<\/li>\n<li>The Pale Criminal (1990) La P\u00e2le Figure (en fran\u00e7ais 1994) \u2013 se d\u00e9roule en 1938<\/li>\n<li>A German Requiem (1991) Un requiem allemand (en fran\u00e7ais 1995) \u2013 se d\u00e9roule en 1947-48<\/li>\n<li>The One From the Other (2006) La Mort, entre autres (en fran\u00e7ais 2009) \u2013 se d\u00e9roule en 1949<\/li>\n<li>A Quiet Flame (2008) Une douce flamme (en fran\u00e7ais 2010) \u2013 se d\u00e9roule en 1950<\/li>\n<li>If The Dead Rise Not (2009) H\u00f4tel Adlon (en fran\u00e7ais 2012) \u2013 se d\u00e9roule en 1934 et 1954<\/li>\n<li>Field Grey (2010) Vert-de-gris (en fran\u00e7ais 2013) \u2013 se d\u00e9roule en 1954<\/li>\n<li><strong>Prague Fatale (2011) Prague fatale (en fran\u00e7ais 2014) \u2013 se d\u00e9roule en 1941<\/strong><\/li>\n<li>A Man Without Breath (2013) Les Ombres de Katyn (en fran\u00e7ais 2015) \u2013 se d\u00e9roule en 1943<\/li>\n<li>The lady from Zagreb (2015) \u2013 se d\u00e9roule en 1942<\/li>\n<\/ol>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: Quand, en septembre 1941, Bernie Gunther revient du front russe, la capitale du Reich a bien chang\u00e9. P\u00e9nurie, rationnement, couvre-feu, crimes\u2026 Berlin rime avec mis\u00e8re et terreur. La d\u00e9couverte d\u2019un cadavre sur une voie de chemin de fer puis l\u2019agression d\u2019une jeune femme pr\u00e9cipitent Bernie, affect\u00e9 au d\u00e9partement des homicides de la sinistre Kripo, dans de nouvelles enqu\u00eates criminelles. Invit\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral SS Reinhard Heydrich \u00e0 le rejoindre \u00e0 Prague pour d\u00e9masquer un espion infiltr\u00e9 dans son entourage, Bernie est \u00e0 peine arriv\u00e9 qu\u2019un des fid\u00e8les du Reichsprotektor de Boh\u00eame-Moravie est assassin\u00e9. Bernie doit trouver le coupable\u2026 et vite, s\u2019il veut sauver sa peau.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Mais depuis le temps que tu me dis de le lire, ce Philip Kerr .. Maintenant je comprends. Tout y est\u00a0: l\u2019Histoire, le contexte, un personnage int\u00e9ressant et atypique, une \u00e9criture plaisante et le sens de l\u2019humour\u2026 et l\u2019intrigue\u2026 Je viens de d\u00e9couvrir un \u00ab\u00a0incontournable\u00a0\u00bb Merci S\u0153urette de m\u2019avoir offert \u00ab\u00a0Prague fatale\u00a0\u00bb car tu sais que j\u2019adore Prague et que tu aimes cette s\u00e9rie&#8230; Belle d\u00e9couverte\u00a0! J\u2019ai donc commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9couvrir \u00ab\u00a0Bernie\u00a0\u00bb avec le tome 8.. La bonne nouvelle c\u2019est qu\u2019il y en a 7 avant\u00a0&#8230;\u00a0; la mauvaise\u2026 les heures de lecture ne sont pas extensibles \u00e0 l\u2019infini\u2026 et d\u2019autres apr\u00e8s..<\/p>\n<p>Dans une Allemagne nazie, rencontre des grands dignitaires autour d\u2019un meurtre. Bernie, \u00e9lectron libre dans un monde soumis\u00a0; un clin d\u2019\u0153il \u00e0 Agatha Christie aussi\u2026 Je n\u2019en dis pas plus\u00a0! Lisez\u00a0! et je suis sure que vous allez vouloir lire l\u2019avant et l\u2019apr\u00e8s\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Pour ma part, je pr\u00e9f\u00e8re les h\u00e9ros qui entretiennent de bonnes relations de travail avec les dieux plut\u00f4t qu\u2019avec les forces titanesques des t\u00e9n\u00e8bres et du chaos. Surtout en Allemagne.<\/p>\n<p>comme l\u2019a fait remarquer un autre fou allemand c\u00e9l\u00e8bre, il est difficile de regarder par-dessus le bord de l\u2019ab\u00eeme sans que l\u2019ab\u00eeme regarde en vous.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 l\u2019obscurit\u00e9, je pouvais presque sentir son bronzage. Tandis que nous \u00e9changions cigarettes et banalit\u00e9s d\u2019usage, je me demandais si la raison de l\u2019antipathie qu\u2019\u00e9prouvaient les Berlinois \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Am\u00e9ricains ne tenait pas moins \u00e0 Roosevelt et \u00e0 ses discours antiallemands qu\u2019\u00e0 leur meilleure sant\u00e9, leurs meilleurs cheveux, leurs meilleurs v\u00eatements et leur existence \u00e9galement meilleure.<\/p>\n<p>Un nuage passa devant la lune, telle une ombre sur mon \u00e2me.<\/p>\n<p>Les flics de Berlin avaient cess\u00e9 de se comporter comme des \u00eatres humains depuis qu\u2019ils avaient \u00e9pous\u00e9 l\u2019Office central de la s\u00e9curit\u00e9 du Reich \u2013 le RSHA \u2013 et rejoint une famille de style gothique incluant la Gestapo, la SS et le SD.<\/p>\n<p>L\u2019un des types portait un veston crois\u00e9 bleu marine \u00e0 rayures craie et l\u2019autre un costume trois pi\u00e8ces gris fonc\u00e9 avec une cha\u00eene de montre non moins brillante que ses yeux. Celui aux rayures craie avait une t\u00eate pleine de cheveux blonds coup\u00e9s court, aussi soigneusement dispos\u00e9s que les lignes d\u2019une feuille de papier \u00e0 lettres\u00a0; l\u2019autre \u00e9tait encore plus blond, sauf qu\u2019il les perdait sur le devant, \u00e0 croire qu\u2019on lui avait \u00e9pil\u00e9 le front, \u00e0 l\u2019instar d\u2019une demoiselle du Moyen \u00c2ge sur une de ces peintures \u00e0 l\u2019huile plut\u00f4t insipides<\/p>\n<p>Je m\u2019assis \u00e0 la table et pris la carte des vins. Les prix me firent le m\u00eame effet que du gaz moutarde dans les globes oculaires.<\/p>\n<p>Il n\u2019\u00e9tait que trop facile de les imaginer propageant l\u2019infection du nazisme \u2013 le bacille en chemise brune de la mort et de la destruction, et le typhus de demain.<\/p>\n<p>en g\u00e9n\u00e9ral, \u00eatre d\u00e9tective consiste \u00e0 affronter l\u2019ennui et l\u2019\u00e9norme frustration de savoir que ce n\u2019est pas toujours comme dans les livres ou les films. D\u2019autres choses doivent avoir lieu pour qu\u2019un \u00e9v\u00e9nement puisse se produire. Parfois, ce sont des crimes suppl\u00e9mentaires. Parfois, non. Et parfois, il est difficile de distinguer entre les deux \u2013 par exemple, quand on adopte une nouvelle loi\u00a0ou qu\u2019un policier de haut rang est promu. \u00c7a, c\u2019est de la jurisprudence pour vous, style nazi.<\/p>\n<p>Elle avait une silhouette comme une fl\u00fbte de charmeur de serpent.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait un de ces apr\u00e8s-midi du d\u00e9but octobre qui vous font croire que l\u2019hiver n\u2019est qu\u2019un mot et qu\u2019il n\u2019y a absolument aucune raison que le soleil cesse de briller<\/p>\n<p>La nappe blanche \u00e9tait aussi raide que la voile d\u2019une go\u00e9lette gel\u00e9e<\/p>\n<p>Je pr\u00e9f\u00e9rais son profil. Quand on voyait son profil, \u00e7a voulait dire qu\u2019il ne vous regardait pas. Quand il vous regardait, il n\u2019\u00e9tait que trop facile de se sentir la proie sans d\u00e9fense d\u2019une b\u00eate f\u00e9roce. C\u2019\u00e9tait un visage sans expression, derri\u00e8re lequel s\u2019effectuait un calcul impitoyable.<\/p>\n<p>Le plus souvent, ce sont les ennuis qui viennent me chercher, si bien que je n\u2019ai pas \u00e0 m\u2019aventurer trop loin. Sur ce plan, j\u2019ai toujours eu de la chance.<\/p>\n<p>un de ces nazis manufactur\u00e9s faisant penser \u00e0 de la porcelaine de Meissen non peinte\u00a0: blafard, froid, dur et \u00e0 manier avec une extr\u00eame prudence<\/p>\n<p>Travailler pour Heydrich, c\u2019\u00e9tait comme faire des risettes \u00e0 un sale matou tout en cherchant autour de soi le trou de souris le plus proche<\/p>\n<p>Prague \u00e0 l\u2019automne 1941 offrait l\u2019image d\u2019une couronne d\u2019\u00e9pines avec des pointes en plus, telle qu\u2019aurait pu la peindre Lucas Cranach. Une ville de fl\u00e8ches d\u2019\u00e9glise, \u00e0 coup s\u00fbr. M\u00eame les fl\u00e8ches avaient des fl\u00e8ches plus petites, \u00e0 la fa\u00e7on de jeunes carottes poussant sur de plus grosses. Ce qui conf\u00e9rait \u00e0 la vaste capitale de la Boh\u00eame quelque chose d\u2019\u00e9trangement tranchant et d\u00e9chiquet\u00e9. O\u00f9 que vous tourniez les yeux, c\u2019\u00e9tait comme voir une hallebarde suisse dans un porte-parapluies. Un sentiment de malaise m\u00e9di\u00e9val accentu\u00e9 par les sculptures omnipr\u00e9sentes.<\/p>\n<p>Le majordome me d\u00e9visagea un long moment, plissant les yeux avec une expression de d\u00e9sapprobation muette comme un chat dans une poissonnerie vide<\/p>\n<p>Un myst\u00e8re, n\u2019est-ce pas\u00a0?<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Non, pas vraiment. Des affaires de ce genre, j\u2019en r\u00e9sous sans arr\u00eat. Habituellement dans l\u2019avant-dernier chapitre. J\u2019aime bien garder les derni\u00e8res pages pour r\u00e9tablir une sorte de normalit\u00e9 dans le monde.<\/p>\n<p>Ces\u00a0jours-ci, ma devise est\u00a0: vivre et laisser vivre, et si nous pouvons apprendre \u00e0 le faire, alors peut-\u00eatre que nous serons capables de nous comporter \u00e0 nouveau comme un pays civilis\u00e9. Mais je crains que ce ne soit d\u00e9j\u00e0 trop tard.<\/p>\n<p>J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 vu des hommes boire ainsi, et cela permettait d\u2019expliquer pourquoi nous avions \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame \u00e2ge, mais avec des cartes diff\u00e9rentes sur la figure. La mienne \u00e9tait passable, je suppose, mais la sienne ressemblait au delta du Gange.<\/p>\n<p>Un fragment insaisissable d\u2019une id\u00e9e r\u00e9elle lan\u00e7ait des \u00e9clairs comme une bo\u00eete de poudre de magn\u00e9sium dans la chambre noire que constituait mon cr\u00e2ne, puis c\u2019\u00e9tait \u00e0 nouveau les t\u00e9n\u00e8bres. Un bref instant, chaque \u00e9l\u00e9ment s\u2019illuminait, je comprenais tout, et j\u2019\u00e9tais sur le point de d\u00e9finir exactement en quoi consistait le probl\u00e8me et o\u00f9 r\u00e9sidait la solution<\/p>\n<p>Pour \u00eatre courageux, il faut d\u2019abord avoir peur. Fais-moi confiance. Tout le reste n\u2019est que t\u00e9m\u00e9rit\u00e9. Et ce n\u2019est pas le courage qui permet de rester en vie, mon ange. C\u2019est la peur.<\/p>\n<p>Il sourit, de son sourire en coupe-papier, et me porta un toast en silence.<\/p>\n<p>Vue du ciel, Berlin continuait \u00e0 faire bonne figure. La survoler \u00e9tait probablement la meilleure fa\u00e7on de voir la ville, verte et insouciante, un endroit o\u00f9 il faisait bon vivre, comme le vieux Berlin de ma jeunesse. De l\u00e0-haut, on ne pouvait pas distinguer la corruption et la barbarie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Lien vers la <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2059\">s\u00e9rie Bernhard Gunther (Bernie)<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019Auteur\u00a0: Philip Ballantyne Kerr est un auteur \u00e9cossais, n\u00e9 le 22 f\u00e9vrier 1956 \u00e0 Edimbourg (Ecosse). Il a fait ses \u00e9tudes de droit \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Birmingham. 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