{"id":1907,"date":"2015-07-06T16:07:36","date_gmt":"2015-07-06T15:07:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1907"},"modified":"2015-07-06T16:10:47","modified_gmt":"2015-07-06T15:10:47","slug":"penny-louise-le-beau-mystere-2014","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1907","title":{"rendered":"Penny, Louise \u00ab Le beau myst\u00e8re\u00bb (2014)"},"content":{"rendered":"<p>La s\u00e9rie des enqu\u00eates de l\u2019inspecteur Armand Gamache<\/p>\n<p><strong>Tome 8: \u00ab Le beau myst\u00e8re\u00bb (2014) <\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : Qu\u00e9bec, le monast\u00e8re Saint-Gilbert-entre-les-Loups n&rsquo;admet aucun \u00e9tranger. Vingt-quatre moines y vivent clo\u00eetr\u00e9s. Ils cultivent des l\u00e9gumes, \u00e9l\u00e8vent des poules, fabriquent du chocolat et prient. Ironiquement, la communaut\u00e9 qui a fait v\u0153u de silence est devenue mondialement c\u00e9l\u00e8bre pour ses chants gr\u00e9goriens, dont l&rsquo;effet est si puissant qu&rsquo;on le nomme \u00ab le beau myst\u00e8re \u00bb.<br \/>\nCette harmonie est rompue par l&rsquo;assassinat du chef de ch\u0153ur et l&rsquo;intrusion de l&rsquo;inspecteur Armand Gamache et de son adjoint Jean-Guy Beauvoir. Les enqu\u00eateurs cherchent l&rsquo;accroc dans ces vies consacr\u00e9es \u00e0 l&rsquo;amour de Dieu, mais cette retraite forc\u00e9e les place aussi face \u00e0 leurs propres failles. Pour trouver le coupable, Gamache devra d&rsquo;abord contempler le divin, l&rsquo;humain, et la distance qui les s\u00e9pare.<\/p>\n<p><strong>Mon Avis<\/strong> :<br \/>\nCette fois, le duo Gamache-Beauvoir est enferm\u00e9 dans un huis-clos. Dans un monast\u00e8re sur une ile. Pas de contacts ext\u00e9rieurs, mis \u00e0 part quelques textos. La musique et la foi. Les doutes, les murs et les fondations de l\u2019\u00eatre et de la vie, les convictions \u00e9branl\u00e9es, la bataille contre les peurs \u2026<br \/>\nUne enqu\u00eate toute en finesse, un contexte tr\u00e8s sp\u00e9cial, le suspense, et toujours les relations humaines au centre du roman.<br \/>\nToujours aussi enthousiasm\u00e9e par les enqu\u00eates de l\u2019inspecteur-chef !<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong><br \/>\nJamais des mots ne parviendraient \u00e0 d\u00e9crire comment cette musique transcendait la nature humaine et \u00e9levait l\u2019homme au niveau du divin.<\/p>\n<p>Faire ce qu\u2019ils faisaient tous les week-ends. Encore et encore. Encore et encore. Jusqu\u2019\u00e0 sa mort.<\/p>\n<p>Eux aussi iraient \u00e0 la p\u00eache en esp\u00e9rant trouver des indices, des \u00e9l\u00e9ments de preuve, des t\u00e9moins.<\/p>\n<p>Et quand ils auraient suffisamment d\u2019\u00e9l\u00e9ments pour servir d\u2019app\u00e2ts, ils attraperaient un meurtrier.<\/p>\n<p>Lorsque d\u2019autres s\u2019arr\u00eataient, l\u2019inspecteur-chef continuait d\u2019avancer et regardait dans les fissures, les crevasses et les cavernes. L\u00e0 o\u00f9 vivaient des choses sinistres.<\/p>\n<p>L\u2019ar\u00f4me de bois de santal venait de l\u2019eau de Cologne du chef tandis que l\u2019eau de rose \u00e9tait le parfum de sa femme, qui se retrouvait sur lui quand ils s\u2019\u00e9treignaient. Le chef portait le parfum de sa femme, comme une aura. M\u00e9lang\u00e9 au sien.<\/p>\n<p>La mort signifiait toujours une perte. Et une mort violente \u00e9largissait le trou. La perte semblait plus grande.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s son exp\u00e9rience, quand une personne disait \u00ab honn\u00eatement \u00bb, cela annon\u00e7ait souvent un mensonge.<\/p>\n<p>Une mort violente ne survenait jamais par hasard. On trouvait invariablement d\u2019autres blessures, moins importantes, des meurtrissures, des sentiments froiss\u00e9s. Des insultes et des rejets.<\/p>\n<p>\u00c0 court de mots. Il en avait accumul\u00e9 une multitude au fil des ans. Un entrep\u00f4t plein de pens\u00e9es, d\u2019impressions, d\u2019\u00e9motions. De choses non dites.<br \/>\nMais maintenant qu\u2019il avait besoin de mots, l\u2019entrep\u00f4t \u00e9tait vide, sombre et froid.<\/p>\n<p>Il n\u2019y avait pas \u00e2me qui vive ici. Mais cela ne voulait pas dire qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019\u00e2mes mortes.<br \/>\nIl repoussa l\u2019image qui \u00e9tait apparue dans sa t\u00eate, cr\u00e9\u00e9e par la petite mais formidable usine \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de lui qui produisait des pens\u00e9es terribles.<br \/>\nLe monstre sous le lit. Le monstre dans le placard. Le monstre dans l\u2019ombre.<br \/>\nLe monstre dans le silence.<\/p>\n<p>En fait, \u00ab n\u2019aimait pas \u00bb \u00e9tait un euph\u00e9misme. Ce qui avait commenc\u00e9 par des divergences d\u2019opinions s\u2019\u00e9tait transform\u00e9 en antipathie, puis en m\u00e9fiance. Et les sentiments n\u00e9gatifs ne cessaient de s\u2019amplifier. Pour l\u2019instant, ils s\u2019\u00e9taient arr\u00eat\u00e9s \u00e0 une aversion r\u00e9ciproque.<\/p>\n<p>La nuit approchait. Et quiconque l\u2019affrontait sans \u00eatre pr\u00e9par\u00e9 \u00e9tait un imb\u00e9cile.<\/p>\n<p>Bien souvent, il faut des ann\u00e9es avant qu\u2019une personne se d\u00e9cide \u00e0 commettre un meurtre. Mais finalement quelque chose ou quelqu\u2019un fait pencher la balance.<\/p>\n<p>Pour la premi\u00e8re fois de ma vie, je ne pensais rien. Je ressentais seulement quelque chose.<br \/>\nLes chants remplissaient des espaces que je ne savais pas vides. Ils ont apais\u00e9 une solitude dont je n\u2019avais pas conscience. Ils m\u2019ont apport\u00e9 la joie. Et la libert\u00e9.<\/p>\n<p>Le silence \u00e9tait bien plus oppressant et mena\u00e7ant que des injures hurl\u00e9es.<\/p>\n<p>Il devait briser cette carapace pour atteindre l\u2019homme \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, le centre mou<\/p>\n<p>se vider l\u2019esprit de toute pens\u00e9e. Je me demande si c\u2019est \u00e7a, la libert\u00e9.<\/p>\n<p>Vous seriez surpris du nombre de fa\u00e7ons qui existent pour faire passer son message, lesquelles sont bien plus efficaces \u2014 et plus insultantes \u2014 que des mots.<\/p>\n<p>Mais n\u2019\u00e9tait-ce pas justement \u00e7a, du bon marketing ? Ne pas mentir, mais choisir quelles v\u00e9rit\u00e9s dire.<\/p>\n<p>Des millions de gens sont pr\u00eats \u00e0 croire n\u2019importe quoi. Ils voient le Christ dans une cr\u00eape et se mettent \u00e0 la v\u00e9n\u00e9rer.<\/p>\n<p>Les voix des moines semblaient encore plus belles que la veille. Elles \u00e9taient maintenant empreintes de tristesse, mais il \u00e9manait des notes une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 qui remontait le moral. Les chants \u00e9taient \u00e0 la fois solennels et joyeux. Terre \u00e0 terre et a\u00e9riens, comme s\u2019ils avaient des ailes et volaient.<\/p>\n<p>Les gens trouvaient toujours quelque chose \u00e0 garder pr\u00e9cieusement. Pour les petits gar\u00e7ons, c\u2019\u00e9taient des pointes de fl\u00e8ches et des billes \u0153il de chat ; pour les adolescents, un t-shirt cool et une balle de baseball sign\u00e9e. Et pour les grands gar\u00e7ons ?<\/p>\n<p>Le violoniste fait chanter l\u2019instrument, le violoneux le fait danser.<\/p>\n<p>Cela expliquait-il pourquoi sa grand-m\u00e8re aimait tant son potager ? Lorsqu\u2019elle se tenait debout, se penchait, s\u2019agenouillait, \u00e9tait-ce une sorte de messe pour elle ? Un acte de d\u00e9votion ? Avait-elle trouv\u00e9 dans son potager la paix et le r\u00e9confort qu\u2019elle avait cherch\u00e9s dans la religion catholique ?<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait comme s\u2019ils avaient grandi dans la m\u00eame maison, mais dans des pi\u00e8ces diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p>Un \u00e9lan de col\u00e8re, qu\u2019il r\u00e9fr\u00e9na aussit\u00f4t. Sa col\u00e8re \u00e9tait comme les l\u00e9gumes-racines sous leurs pieds : enterr\u00e9e, mais grandissant encore.<\/p>\n<p>Mais les chants gr\u00e9goriens ? Ce qui constitue le centre de notre vie ? Eh bien, certaines personnes les connaissent, d\u2019autres les ressentent<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait \u00e7a, le probl\u00e8me, avec la brebis galeuse. Elle contaminait le troupeau petit \u00e0 petit, insidieusement. Au d\u00e9but, rien ne la distingue des autres, jusqu\u2019\u00e0 ce que la maladie se manifeste. Et alors, c\u2019est trop tard.<\/p>\n<p>il vivait dans la peur. Pas de ce qui pourrait l\u2019attaquer de l\u2019ext\u00e9rieur, mais de ce qui attendait patiemment \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ses propres murs.<\/p>\n<p>Seul un saint ou un idiot donnerait une promotion \u00e0 un adversaire.<br \/>\n\u2014 Est-ce que \u00e7a va ?<br \/>\n\u2014 Oui, \u00e7a va, je suis bien.<br \/>\n\u2014 B.I.E.N. ? B\u00eate, inquiet, emmerdeur et n\u00e9vros\u00e9 ?<\/p>\n<p>Les nobles, les administrateurs instruits et les marins avaient peut-\u00eatre d\u00e9couvert le Nouveau Monde, mais c\u2019\u00e9taient les paysans robustes qui l\u2019avaient peupl\u00e9. Leurs voix, comme de vieux ch\u00eanes, s\u2019\u00e9taient profond\u00e9ment enracin\u00e9es dans le Qu\u00e9bec. Si bien qu\u2019une historienne parlant avec ces Qu\u00e9b\u00e9cois pourrait avoir l\u2019impression d\u2019\u00eatre remont\u00e9e dans le temps jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque de la France m\u00e9di\u00e9vale.<\/p>\n<p>Sur cette figure, un sourire ne para\u00eetrait jamais tout \u00e0 fait \u00e0 sa place, mais il s\u2019y installa confortablement pour quelques instants.<\/p>\n<p>M\u00eame si vous laissez votre pass\u00e9 \u00e0 la porte, \u00e7a ne signifie pas qu\u2019il reste l\u00e0, dit-il. Il finit par s\u2019infiltrer par des fissures.<\/p>\n<p>Les gens meurent petit bout par petit bout, en une s\u00e9rie de petites morts. Ils perdent la vue, l\u2019ou\u00efe, leur autonomie. \u00c7a, ce sont les morts physiques. Mais il y en a d\u2019autres, moins \u00e9videntes, mais plus fatales. Ils perdent courage. Ils perdent espoir. Ils perdent confiance. Ils se d\u00e9sint\u00e9ressent de tout. Et, finalement, ils se perdent eux-m\u00eames.<\/p>\n<p>Il y avait la face ext\u00e9rieure, que tout le monde voyait, et l\u2019autre, derri\u00e8re, qui \u00e9tait en train de pourrir, de s\u2019effriter.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a title=\"Penny, Louise : La s\u00e9rie des enqu\u00eates de l\u2019inspecteur Armand Gamache\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1513\"><span style=\"color: #0066cc;\"><span style=\"color: #808080;\"><strong>Penny, Louise<\/strong> : La s\u00e9rie des enqu\u00eates de l\u2019inspecteur Armand Gamache<\/span> <\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La s\u00e9rie des enqu\u00eates de l\u2019inspecteur Armand Gamache Tome 8: \u00ab Le beau myst\u00e8re\u00bb (2014) R\u00e9sum\u00e9 : Qu\u00e9bec, le monast\u00e8re Saint-Gilbert-entre-les-Loups n&rsquo;admet aucun \u00e9tranger. Vingt-quatre moines y vivent clo\u00eetr\u00e9s. Ils cultivent des l\u00e9gumes, \u00e9l\u00e8vent des poules, fabriquent du chocolat et prient. 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