{"id":19430,"date":"2023-12-17T13:18:42","date_gmt":"2023-12-17T11:18:42","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19430"},"modified":"2023-12-17T13:41:17","modified_gmt":"2023-12-17T11:41:17","slug":"panassenko-polina-tenir-sa-langue-rl2022-192-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19430","title":{"rendered":"Panassenko Polina \u00ab\u00a0Tenir sa langue\u00a0\u00bb (RL2022) 192 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Autrice<\/b>: n\u00e9e le 3 mars 1989 \u00e0 Moscou (URSS), est une \u00e9crivaine, traductrice et com\u00e9dienne franco-russe. En 1993, sa famille \u00e9migre en France, \u00e0<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Saint-Etienne, son p\u00e8re Grigory Panassenko math\u00e9maticien ayant obtenu un poste \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9. Elle est naturalis\u00e9e fran\u00e7aise sous le nom de Pauline Panassenko.<\/p>\n<p>Editions de L\u2019Olivier &#8211; 19.08.2022 &#8211; 192 pages &#8211; Prix F\u00e9mina des Lyc\u00e9ens &#8211; Prix litt\u00e9raire de la Porte Dor\u00e9e<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9<\/b> :<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>\u00ab Ce que je veux moi, c&rsquo;est porter le pr\u00e9nom que j&rsquo;ai re\u00e7u \u00e0 la naissance. Sans le cacher, sans le maquiller, sans le modifier. Sans en avoir peur. \u00bb<br \/>\nElle est n\u00e9e Polina, en France elle devient Pauline. Quelques lettres et tout change.<br \/>\n\u00c0 son arriv\u00e9e, enfant, \u00e0 Saint-\u00c9tienne, au lendemain de la chute de l&rsquo;URSS, elle se d\u00e9double : Polina \u00e0 la maison, Pauline \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole. Vingt ans plus tard, elle vit \u00e0 Montreuil. Elle a rendez-vous au tribunal de Bobigny pour tenter de r\u00e9cup\u00e9rer son pr\u00e9nom.<br \/>\nCe premier roman est construit autour d&rsquo;une vie entre deux langues et deux pays. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, la Russie de l&rsquo;enfance, celle de la datcha, de l&rsquo;appartement communautaire o\u00f9 les g\u00e9n\u00e9rations se m\u00e9langent, celle des grands-parents inoubliables et de Tiotia Nina. De l&rsquo;autre, la France, celle de la <i>materneltchik<\/i>, des mots qu&rsquo;il faut conqu\u00e9rir et des Minikeums.<br \/>\nDr\u00f4le, tendre, frondeur, <i>Tenir sa langue<\/i> r\u00e9v\u00e8le une voix hors du commun.<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b> :<\/p>\n<p>Suis ressortie mitig\u00e9e de cette lecture.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>De fait le r\u00e9sum\u00e9 m\u2019a fait de l\u2019oeil \u2026 mais il aurait presque suffi\u2026<br \/>\nJe n\u2019ai pas adh\u00e9r\u00e9 au style, j\u2019ai lu son histoire mais je n\u2019ai rien ressenti\u2026 Tr\u00e8s factuel et cela n\u2019a pas frapp\u00e9 \u00e0 la porte de l\u2019\u00e9motionnel, ce qui pour moi pose probl\u00e8me. Trop document, trop narratif et pas assez humain\u2026 et pourtant\u2026 elle raconte des \u00e9pisodes qui doivent frapper au coeur\u2026<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Certes il y a des passages qui m\u2019ont int\u00e9ress\u00e9, certains m\u2019ont fait penser \u00ab\u00a0mais c\u2019est pas possible de penser comme \u00e7a!\u00a0\u00bb mais jamais je n\u2019ai vibr\u00e9. Et pourtant la vie de la jeune Polina\/Pauline est r\u00e9v\u00e9latrice du d\u00e9calage entre deux vies, deux cultures, des questions qui se posent en mati\u00e8re d\u2019int\u00e9gration.. Au final ce fut une d\u00e9ception et je ne vais pas m\u2019attarder..<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>(<em>D\u00e9cidemment les autrices russes contemporaines et moi&#8230; \u00e7a le fait pas&#8230; entre Yana Vagner, Julia Leonidovna Latynina et elle&#8230;<\/em> )<\/p>\n<p><b>Extraits<\/b>:<\/p>\n<p>Je veux croire qu\u2019en France je suis libre de porter mon pr\u00e9nom de naissance.<br \/>\nJe veux prendre ce risque-l\u00e0.<\/p>\n<p>Ma tante a le juda\u00efsme clignotant. Chez elle \u00a0\u00bb le peuple juif \u00a0\u00bb oscille entre le \u00a0\u00bb nous\u00a0\u00bb et le \u00ab\u00a0ils \u00ab\u00a0.Elle est juive sans l&rsquo;\u00eatre .On dirait que c&rsquo;est au cas o\u00f9. Au cas o\u00f9 quoi je ne sais pas mais si je pose une question sur le \u00a0\u00bb nous \u00ab\u00a0, il faut y aller mollo sinon on a vite fait de rater l&#8217;embranchement et on se retrouve en plein \u00ab\u00a0ils \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>En fran\u00e7ais je sais qu\u2019on crie \u00ab\u00a0a\u00efe\u00a0\u00bb mais le probl\u00e8me c\u2019est qu\u2019en russe on crie \u00ab\u00a0a\u00efe\u00a0\u00bb aussi. Comment \u00eatre s\u00fbre de crier \u00ab\u00a0a\u00efe\u00a0\u00bb en russe et pas en fran\u00e7ais. Et si je crie \u00ab\u00a0a\u00efe\u00a0\u00bb en russe mais qu\u2019on croit que j\u2019ai cri\u00e9 \u00ab\u00a0a\u00efe\u00a0\u00bb en fran\u00e7ais, comment prouver ensuite que c\u2019\u00e9tait bien un \u00ab\u00a0a\u00efe\u00a0\u00bb russe.<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re aussi veille sur mon russe comme sur le dernier \u0153uf du coucou migrateur. Ma langue est son nid. Ma bouche, la cavit\u00e9 qui l\u2019abrite. Plusieurs fois par semaine, ma m\u00e8re m\u2019am\u00e8ne de nouveaux mots, v\u00e9rifie l\u2019\u00e9tat de ceux qui sont d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, s\u2019assure qu\u2019on n\u2019en perd pas en route. Elle surveille l\u2019\u00e9quilibre de la population globale. Le flux migratoire\u00a0: les entr\u00e9es et sorties des mots russes et fran\u00e7ais. Gardienne d\u2019un vaste territoire dont les fronti\u00e8res sont en pourparlers. Russe. Fran\u00e7ais. Russe. Fran\u00e7ais. Sentinelle de la langue, elle veille au poste-fronti\u00e8re. Pas de m\u00e9lange. Elle traque les fugitifs fran\u00e7ais h\u00e9berg\u00e9s par mon russe. Ils passent dos courb\u00e9, t\u00eate dans les \u00e9paules, se glissent sous la barri\u00e8re. Ils s\u2019installent avec les russes, parfois m\u00eame copulent, jusqu\u2019\u00e0 ce que ma m\u00e8re les attrape.<\/p>\n<p>Russe \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. C\u2019est pas compliqu\u00e9. Quand on sort on met son fran\u00e7ais. Quand on rentre \u00e0 la maison, on l\u2019enl\u00e8ve. On peut m\u00eame commencer \u00e0 se d\u00e9shabiller dans l\u2019ascenseur. Sauf s\u2019il y a des voisins.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Autoris\u00e9e \u00e0\u00a0\u00bb c\u2019est une formule de politesse juridique, \u00e7a veut dire \u00ab\u00a0oblig\u00e9e de\u00a0\u00bb s\u2019appeler Pauline et \u00ab\u00a0interdit\u00a0\u00bb de s\u2019appeler Polina.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice: n\u00e9e le 3 mars 1989 \u00e0 Moscou (URSS), est une \u00e9crivaine, traductrice et com\u00e9dienne franco-russe. En 1993, sa famille \u00e9migre en France, \u00e0\u00a0 Saint-Etienne, son p\u00e8re Grigory Panassenko math\u00e9maticien ayant obtenu un poste \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9. Elle est naturalis\u00e9e fran\u00e7aise sous le nom de Pauline Panassenko. 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