{"id":19584,"date":"2024-01-11T12:34:13","date_gmt":"2024-01-11T10:34:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19584"},"modified":"2024-01-11T12:37:48","modified_gmt":"2024-01-11T10:37:48","slug":"hardy-thomas-sous-la-verte-feuillee-quatre-saisons-a-mellstock-1872-249-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19584","title":{"rendered":"Hardy, Thomas \u00ab\u00a0Sous la verte feuill\u00e9e\u00a0\u00bb (Quatre Saisons \u00e0 Mellstock) (1872) 249 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur<\/b>\u00a0: Thomas Hardy, n\u00e9 le 2 juin 1840, mort le 11 janvier 1928, est un po\u00e8te et \u00e9crivain britannique appartenant au courant naturaliste. Auteur devenu aujourd\u2019hui classique, il a tout particuli\u00e8rement influenc\u00e9 D. H. Lawrence. Il a re\u00e7u l\u2019ordre du M\u00e9rite en 1910.<br \/>\nFils a\u00een\u00e9 d&rsquo;un ma\u00e7on &#8211; tailleur de pierres<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>et d&rsquo;une m\u00e8re ambitieuse avec un go\u00fbt pour la po\u00e9sie latine assurant son \u00e9ducation, Thomas Hardy devient apprenti chez un architecte avant de s&rsquo;installer \u00e0 Londres o\u00f9, en 1874, il \u00e9pouse Emma Gifford dont la mort en 1912 le marquera profond\u00e9ment. Il est repr\u00e9sentatif du courant naturaliste dans le roman britannique. Son premier roman ne sera jamais publi\u00e9, les deux prochains seront publi\u00e9s anonymement.<br \/>\nIl se consid\u00e9rait lui-m\u00eame d\u2019abord comme un po\u00e8te, n\u2019\u00e9crivant des romans que pour gagner sa vie. La majorit\u00e9 de son \u0153uvre, qui se d\u00e9roule essentiellement dans la r\u00e9gion fictive du Wessex, d\u00e9peint des personnages en lutte contre leurs passions et les circonstances. Sa po\u00e9sie, publi\u00e9e apr\u00e8s ses cinquante ans, est jug\u00e9e d\u2019une qualit\u00e9 \u00e9gale \u00e0 ses romans, surtout depuis sa relecture par un groupe d\u2019\u00e9crivains anglais, The Movement, dans les ann\u00e9es 1950 et 1960. De 1871 \u00e0 1896, il \u00e9crit quinze romans et quatre recueils de nouvelles. Le Trompette-major (1880), <i>Rem\u00e8des d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s<\/i> (1871) <i>Loin de la foule d\u00e9cha\u00een\u00e9e<\/i> (1874), Le Retour au pays natal (1878), <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6138\">Le Maire de Casterbridge<\/a> <\/span>(1886), Les Forestiers (1887), <i>Tess d\u2019Urberville<\/i> (1891), <i>Jude l\u2019Obscur<\/i> (1896), \u00c0 la lumi\u00e8re des \u00e9toiles (1882), La Bien-aim\u00e9e (1897), <i>Les Yeux bleus<\/i> (1873), <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Hardy, Thomas \u00ab\u00a0Sous la verte feuill\u00e9e\u00a0\u00bb (Quatre Saisons \u00e0 Mellstock) (1872) 249 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19584\">Sous la verte feuill\u00e9e<\/a><\/span> (1872), S\u2019il avait insist\u00e9 (The Hand of Ethelberta 1876) \u00a0(<em>source Wikipedia<\/em>)<br \/>\nTous les romans sans exception se d\u00e9roulent dans le sud-ouest de l&rsquo;Angleterre. Le Dorset et les comt\u00e9s voisins se trouvent transmu\u00e9s en royaume litt\u00e9raire que Hardy appelle le Wessex, du nom de l&rsquo;ancien royaume des Saxons de l&rsquo;Ouest. Le Wessex appara\u00eet comme une province de l\u2019imagination.<\/p>\n<p>Editions du Devin (sous le titre Quatre Saisons \u00e0 Mellstock) 10.2011 &#8211; 288 pages (traduit par Bernard Tourr\u00e8s) \/<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Archipoche &#8211; 07.02.2018 &#8211; 249 pages (Nouvelle traduction : par Eve Paul-Marguerite) &#8211; <i>Titre original \u00ab\u00a0Under the greenwood tree\u00a0\u00bb paru en 1872.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/i><\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9<\/b>:<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Dans le paisible village de Mellstock arrive une nouvelle institutrice, Fancy Day. Imm\u00e9diatement, la jeune femme fait tourner les t\u00eates des c\u00e9libataires du comt\u00e9.<br \/>\nDick Dewey, un jeune fermier, est le premier \u00e0 lui faire des avances. Tomb\u00e9 fou amoureux d&rsquo;elle au premier regard, il la demande en mariage dans le plus grand secret.<br \/>\nMais un autre homme n&rsquo;est pas indiff\u00e9rent aux charmes de Fancy : le vicaire du village, M. Maybold, qui invite la jeune femme \u00e0 se joindre \u00e0 la chorale de la paroisse, comme organiste, afin de la courtiser. \u00c0 son tour, Maybold d\u00e9cide de demander sa main et, bien que d\u00e9j\u00e0 fianc\u00e9e, Fancy accepte de nouveau.<\/p>\n<p>Ce roman et sa galerie de personnages pittoresques font revivre, avec truculence, l&rsquo;Angleterre rurale du d\u00e9but du 19\u00e8me si\u00e8cle. Au travers de l&rsquo;histoire d&rsquo;une chorale de village ils mettent en \u00e9vidence les bouleversements qui se font jour dans une soci\u00e9t\u00e9 traditionnelle \u00e0 l&rsquo;aube de l&rsquo;\u00e8re industrielle. Le ton en est l\u00e9ger et dr\u00f4le mais laisse poindre la nostalgie d&rsquo;une \u00e9poque et de moeurs r\u00e9volues. De cette histoire ne resteront qu&rsquo;un mariage et un secret, que Fancy emm\u00e8nera dans sa tombe.<br \/>\nDans un labyrinthe de passions, Sous la verte feuill\u00e9e, paru anonymement en 1872, dresse un portrait plein d&rsquo;ironie et de m\u00e9lancolie du monde rural cher \u00e0 Thomas Hardy.<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>:<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>J\u2019avais lu Desperate Remedies (1871) Far from the Madding Crowd (1874) Tess of the Urbervilles (1891), Jude the Obscure (1896) et A Pair of Blue Eyes (1873), en anglais. Puis r\u00e9cemment <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6138\">Le Maire de Casterbridge<\/a><\/span> en fran\u00e7ais. \u00a0Et c\u2019est avec toujours autant de plaisir que je me plonge dans les \u00e9crits de cet auteur.<br \/>\nAlors c\u2019est celui que j\u2019ai le moins appr\u00e9ci\u00e9 pour le moment mais la plume de l\u2019auteur est toujours aussi po\u00e9tique, m\u00eame dans ce roman qui est l\u2019un de ses tout premiers.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Il d\u00e9peint comme personne l\u2019Angleterre rurale du XIX\u00e8me si\u00e8cle, il nous fait c\u00f4toyer des personnages irr\u00e9sistibles dans son Wessex fictif qui ressemble furieusement \u00e0 la r\u00e9gion de Dorchester\u2026 Hardy est pour moi l\u2019un des grands sp\u00e9cialistes des descriptions, que ce soit en mati\u00e8re de personnages , d\u2019ambiances, de paysages \u2026 Il nous berce de lumi\u00e8res et de sentiments, ici les sentiments qui vont lier Fancy et Dick. Dans ce roman pastoral il nous parle musique, passage des saisons, du temps qui passe, de la ruralit\u00e9, des coutumes campagnardes, de la place de la femme dans<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>l\u2019Angleterre victorienne, de la nature,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>de la modernit\u00e9 qui arrive\u2026<br \/>\nLes personnages sont nettement moins sombres que dans les romans qu\u2019il \u00e9crira par la suite, mais on retrouve d\u00e9j\u00e0 celui qui deviendra pour moi l\u2019auteur romantique anglais par excellence.<br \/>\nJe vous laisse d\u00e9couvrir les personnages, en particulier Fancy et ses deux soupirants, Dick et le vicaire, Maybold.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Ah .. si vous n\u2019aimez pas les descriptions de la vie dans les campagnes anglaises et le romantisme, passez votre chemin\u2026<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Extraits<\/b>:<\/p>\n<p>Pour ceux qui habitent les bois, chaque arbre a sa voix et sa physionomie. Au passage de la brise, les sapins g\u00e9missent en se balan\u00e7ant tristement\u00a0; le houx, en heurtant ses feuilles, siffle bizarrement\u00a0; le fr\u00eane fait entendre un bruissement l\u00e9ger et le h\u00eatre fr\u00e9mit de toutes ses branches.<\/p>\n<p>L\u2019hiver, qui modifie le chant de ces arbres en les d\u00e9pouillant de leurs feuilles, ne d\u00e9truit pas leur individualit\u00e9.<\/p>\n<p>Un soir de No\u00ebl, il y a des ann\u00e9es de cela, je partis \u00e0 la ronde avec le ch\u0153ur Dibbeach. Il gelait \u00e0 pierre fendre. Les clefs de toutes les clarinettes se mettent \u00e0 geler. Mais \u00e0 geler\u00a0!\u2026 Chaque fois qu\u2019on ouvrait une clef, c\u2019\u00e9tait comme si on tirait un bouchon\u00a0; les joueurs de clarinette devaient par instants entrer chez un tailleur de haies ou chez un cantonnier pour d\u00e9geler leur instrument devant le feu. Si bien qu\u2019\u00e0 la fin un gla\u00e7on, long d\u2019un empan, pendait \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 de chaque clarinette, et quant \u00e0 nos doigts, vous me croirez si vous voulez, j\u2019vous r\u00e9ponds que nous ne les sentions plus.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Vous ne saurez jamais ce que pense cet homme au juste. Silencieux, ah, il l\u2019est\u00a0! C\u2019est \u00e9tonnant d\u2019\u00e9couter le silence de cet homme.<br \/>\n\u2014\u00a0Son silence d\u00e9borde de sous-entendus.<br \/>\n\u2014 Oui, il a un silence intelligent, tr\u00e8s intelligent, fit Leaf en \u00e9cho. I\u2019 semble lire vos pens\u00e9es \u00e0 travers vot\u2019 front comme on regarde marcher les aiguilles d\u2019une horloge \u00e0 travers un verre.<br \/>\n\u2014 Nous conviendrons tous que les silences de Day, longs ou courts, sont intelligents. Et,bien que nous ne puissions esp\u00e9rer que sa fille ait h\u00e9rit\u00e9 de son silence, peut-\u00eatre lui a-t-il l\u00e9gu\u00e9 quelques bribes de son bon sens.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Oui, les femmes sont une engeance irritante\u00a0: bien qu\u2019elles n\u2019aient jamais raison, elles n\u2019ont jamais tout \u00e0 fait tort non plus.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait de coutume \u00e0 Mellstock et dans les environs de discuter les questions d\u2019agr\u00e9ment et les affaires courantes dans la maison et de r\u00e9server le jardin pour les discussions s\u00e9rieuses.<br \/>\nCette coutume datait sans doute de l\u2019\u00e9poque o\u00f9 les maisons n\u2019avaient qu\u2019une pi\u00e8ce commune et qu\u2019on voulait s\u2019\u00e9loigner \u00e0 ces moments-l\u00e0 des autres membres de la famille. M\u00eame ceux qui avaient maintenant plusieurs pi\u00e8ces continuaient \u00e0 mettre en vigueur la vieille pratique.<\/p>\n<p>Un gros nuage gris obscurcit toute la campagne. Une pluie fine et un brouillard l\u00e9ger tombent en \u00e9charpes onduleuses. Les arbres du bois se tordent comme de mis\u00e9rables humains, tandis que le vent tourbillonne au milieu d\u2019eux. La partie inf\u00e9rieure de leurs troncs, que l\u2019on ne voit presque jamais bouger, est visiblement \u00e9branl\u00e9e par les rafales violentes et ce spectacle inaccoutum\u00e9 vous serre le c\u0153ur, comme la vue d\u2019un homme fort r\u00e9pandant des larmes.<br \/>\nLes branches basses montent et descendent, les branches hautes et droites vont et viennent, les rafales sont si irr\u00e9guli\u00e8res et se divisent en une si grande quantit\u00e9 de courants contraires que les branches environnantes du m\u00eame arbre balaient les nuages en mouvements ind\u00e9pendants, s\u2019entrecroisent, se rencontrent et se m\u00ealent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><strong>Image<\/strong> : site : <span class=\"lqwebsite\">Victorian Web\u00a0<\/span><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Thomas Hardy, n\u00e9 le 2 juin 1840, mort le 11 janvier 1928, est un po\u00e8te et \u00e9crivain britannique appartenant au courant naturaliste. 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