{"id":1964,"date":"2015-07-23T15:16:07","date_gmt":"2015-07-23T14:16:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1964"},"modified":"2015-07-23T15:27:16","modified_gmt":"2015-07-23T14:27:16","slug":"penny-louise-la-faille-en-toute-chose-2014","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1964","title":{"rendered":"Penny, Louise \u00ab\u00a0La faille en toute chose\u00a0\u00bb (2014)"},"content":{"rendered":"<p>La s\u00e9rie des enqu\u00eates de l\u2019inspecteur Armand Gamache<br \/>\nTome 9: \u00ab la faille en toute chose \u00ab (2014)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : No\u00ebl approche : la campagne rev\u00eat son blanc manteau et s\u2019\u00e9gaye de joyeuses lumi\u00e8res. Toutefois, pour l\u2019inspecteur-chef Armand Gamache, le temps des retrouvailles au coin du feu est troubl\u00e9 par des ombres mena\u00e7antes. Ses meilleurs agents ont quitt\u00e9 la section des homicides, son fid\u00e8le lieutenant Jean-Guy Beauvoir ne lui parle plus depuis des mois et des forces hostiles semblent ligu\u00e9es contre lui.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>: Et voil\u00e0 la 9\u00e8me enqu\u00eate de Gamache boucl\u00e9e. Et une fois encore j\u2019ai \u00e9t\u00e9 tenue en haleine jusqu\u2019au bout. J\u2019ai aim\u00e9 me retrouver \u00e0 \u00ab Three Pines \u00bb avec les habitants de ce petit village hors du monde. J\u2019ai trembl\u00e9 pour l\u2019inspecteur chef Gamache, pour Beauvoir. Double suspense jusqu\u2019\u00e0 la fin : l\u2019enqu\u00eate et la vie priv\u00e9e de tout ce petit monde\u2026 Objectivement c\u2019est une s\u00e9rie magnifique, tant au niveau psychologique qu\u2019au point de vue des enqu\u00eates. En finesse, en d\u00e9licatesse, en amiti\u00e9 et confiance.. C\u2019est je pense ma s\u00e9rie polici\u00e8re pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e. Merci \u00e0 mes amis canadiens de m\u2019avoir permis de la lire \u00ab en primeur \u00bb vu qu\u2019Actes Sud les publie en France mais en retard sur le Canada..<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong> :<br \/>\nDepuis des jours, des semaines, des mois \u2013 des ann\u00e9es, si elle \u00e9tait honn\u00eate \u2013, elle savait. Les monstres existaient. Ils vivaient dans des fissures de tunnels, dans des ruelles sombres et dans de jolies maisons en rang\u00e9e. Ils s\u2019appelaient Frankenstein, Dracula, et Martha, David, Pierre. Et le plus souvent, on les trouvait l\u00e0 o\u00f9 on s\u2019y attendait le moins<\/p>\n<p>elle avait oubli\u00e9 \u00e0 quel point la neige pouvait \u00eatre belle. D\u2019apr\u00e8s son exp\u00e9rience, c\u2019\u00e9tait quelque chose qu\u2019on devait enlever. C\u2019\u00e9tait une corv\u00e9e tombant du ciel.<br \/>\nMais ici la neige \u00e9tait celle de son enfance : joyeuse, amusante, \u00e9clatante et immacul\u00e9e. Plus il y en avait, mieux c\u2019\u00e9tait. Elle \u00e9tait un jouet.<\/p>\n<p>Je ne suis pas s\u00fbre que j\u2019aimerais qu\u2019on me peigne.<br \/>\n\u2013 Pourquoi ?<br \/>\n\u2013 J\u2019aurais trop peur de ce qu\u2019on pourrait voir.<\/p>\n<p>\u2026 comprit alors comment la pourriture commen\u00e7ait. Comment elle s\u2019installait : pas du jour au lendemain, mais progressivement. Un petit doute per\u00e7ait la peau. Puis une infection s\u2019implantait, faite de contestation, de critiques, de cynisme, de m\u00e9fiance.<\/p>\n<p>Il fallait l\u2019\u00e9viter, le consid\u00e9rer comme disparu, invisible.<br \/>\nIl \u00e9tait non seulement persona non grata, mais persona non exista.<\/p>\n<p>Le chef la regarda comme si elle l\u2019avait gifl\u00e9. Ce qui, dans le fond, avait \u00e9t\u00e9 son intention \u2013 le gifler pour que son hamster int\u00e9rieur cesse de tourner en rond.<\/p>\n<p>Comme si la vie s\u2019\u00e9tait tout simplement \u00e9chapp\u00e9e d\u2019elle, s\u2019\u00e9tait d\u00e9charg\u00e9e, comme une batterie.<\/p>\n<p>Beauvoir aimait les listes, Gamache aimait les pens\u00e9es, les id\u00e9es.<br \/>\nBeauvoir aimait poser des questions, Gamache aimait \u00e9couter.<\/p>\n<p>Ce qu\u2019elle aimait, c\u2019\u00e9tait la magie. Transformer de l\u2019eau en mousse. De la vaisselle sale en vaisselle propre. Une toile vierge en une \u0153uvre d\u2019art.<br \/>\nPlus que le simple changement, c\u2019\u00e9tait la m\u00e9tamorphose qu\u2019elle aimait.<\/p>\n<p>Parfois c\u2019\u00e9tait \u00ab Comment ? \u00bb, presque toujours \u00ab Qui ? \u00bb, mais la question obs\u00e9dante dans toutes les enqu\u00eates \u00e9tait : \u00ab Pourquoi ? \u00bb<\/p>\n<p>En tant que personne qui connaissait la peur, il savait que le grand danger consistait \u00e0 la laisser prendre le contr\u00f4le. La peur d\u00e9formait la r\u00e9alit\u00e9, la consumait. Cr\u00e9ait sa propre r\u00e9alit\u00e9.<br \/>\nLe meurtre \u00e9tait l\u2019\u00e9l\u00e9ment catalyseur, mais \u00e0 la source il y avait presque toujours quelque chose d\u2019insignifiant, invisible \u00e0 l\u2019\u0153il nu. Qui remontait souvent \u00e0 des ann\u00e9es, des d\u00e9cennies. Un affront, rest\u00e9 sur le c\u0153ur, qui avait grossi et contamin\u00e9 la personne l\u2019ayant subi. Jusqu\u2019\u00e0 ce que ce qui avait \u00e9t\u00e9 un humain se transforme en un ressentiment sur pattes, recouvert de peau. Qui se faisait passer pour un \u00eatre humain. Se faisait passer pour quelqu\u2019un d\u2019heureux.<\/p>\n<p>Nos vies sont comme des maisons. Certaines personnes sont autoris\u00e9es \u00e0 venir sur la pelouse, d\u2019autres sur la galerie, d\u2019autres encore \u00e0 entrer dans le vestibule ou la cuisine. Nos amis les plus proches sont invit\u00e9s \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer plus loin dans notre maison, jusque dans le s\u00e9jour.<\/p>\n<p>Charmant, souriant, pareil aux autres vu de l\u2019ext\u00e9rieur, mais vide \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur ?<\/p>\n<p>Une sorte de vernis, de laque la recouvrait. Comme si elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un portrait. Quelque chose de cr\u00e9\u00e9, pas r\u00e9el.<\/p>\n<p>la naus\u00e9e s\u2019\u00e9tait install\u00e9e dans son estomac, comme une flaque d\u2019eau croupie, stagnante.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait un de ces moments que recherchait un enqu\u00eateur des homicides. La petite contradiction entre ce qui \u00e9tait dit et ce qui \u00e9tait fait. Entre le ton de voix et les mots.<\/p>\n<p>le directeur g\u00e9n\u00e9ral pouvait sourire et en m\u00eame temps vous engueuler. Il pouvait citer Chaucer et Tintin dans un fran\u00e7ais ch\u00e2ti\u00e9 ou en joual, commander de la poutine \u00e0 midi et du foie gras au souper. Il \u00e9tait toutes sortes de choses pour toutes sortes de gens. Il \u00e9tait \u00e0 la fois tout et rien.<\/p>\n<p>\u00ab \u00c0-plat-ventrisme \u00bb \u00e9tait un mot trop fort pour d\u00e9crire son comportement,<\/p>\n<p>la personnalit\u00e9 d\u2019un tireur embusqu\u00e9. Il observait, attendait, et prenait le temps de bien viser. Il ne tirait pratiquement jamais, m\u00e9taphoriquement ou litt\u00e9ralement, mais lorsqu\u2019il le faisait, il ne ratait \u00e0 peu pr\u00e8s jamais sa cible.<\/p>\n<p>Les mots sortis de sa bouche \u00e9taient aussi froids que des gla\u00e7ons.<\/p>\n<p>il sentait la sueur d\u00e9gouliner, comme si son corps rond pleurait.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 le d\u00e9sordre, la pi\u00e8ce avait un effet calmant, fort probablement attribuable au silence et \u00e0 l\u2019odeur de vieux livres.<\/p>\n<p>\u2026 pas vraiment \u00e9chevel\u00e9e puisqu\u2019elle \u00e9tait rarement \u00ab chevel\u00e9e \u00bb.<\/p>\n<p>Elle comprenait cependant les ordinateurs, et ils la comprenaient. Avec eux, la vie \u00e9tait simple. Il n\u2019y avait pas de discussions, pas de disputes. Ils l\u2019\u00e9coutaient et lui ob\u00e9issaient.<\/p>\n<p>Et c\u2019est \u00e7a, le probl\u00e8me, avec une existence dor\u00e9e. Rien ne peut se d\u00e9velopper, s\u2019\u00e9panouir.<\/p>\n<p>Mal choisir les personnes avec qui on s\u2019associait entra\u00eenait des cons\u00e9quences. Il l\u2019avait observ\u00e9 chez d\u2019autres gens. Une personne un peu immorale \u00e9tait un probl\u00e8me. Deux ensemble \u00e9taient une catastrophe. Tout ce que \u00e7a prenait, c\u2019\u00e9tait une rencontre fatidique. Une personne qui vous disait que vos d\u00e9sirs les plus inf\u00e2mes, vos pens\u00e9es les plus viles, n\u2019\u00e9taient pas si terribles. Qu\u2019en fait elle les partageait.<\/p>\n<p>La d\u00e9pendance est quelque chose de terrible. Elle vous vole votre sant\u00e9, vos amis, votre famille, votre carri\u00e8re. Et votre jugement. Elle vous vole votre \u00e2me. Et quand il ne reste plus rien, elle vous enl\u00e8ve la vie.<\/p>\n<p><span style=\"color: #808080;\"><a style=\"color: #808080;\" title=\"Penny, Louise : La s\u00e9rie des enqu\u00eates de l\u2019inspecteur Armand Gamache\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1513\"><strong>Penny, Louise<\/strong> : La s\u00e9rie des enqu\u00eates de l\u2019inspecteur Armand Gamache <\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La s\u00e9rie des enqu\u00eates de l\u2019inspecteur Armand Gamache Tome 9: \u00ab la faille en toute chose \u00ab (2014) R\u00e9sum\u00e9 : No\u00ebl approche : la campagne rev\u00eat son blanc manteau et s\u2019\u00e9gaye de joyeuses lumi\u00e8res. Toutefois, pour l\u2019inspecteur-chef Armand Gamache, le temps des retrouvailles au coin du feu est troubl\u00e9 par des ombres mena\u00e7antes. 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