{"id":19673,"date":"2024-01-25T14:20:53","date_gmt":"2024-01-25T12:20:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19673"},"modified":"2024-01-25T14:27:54","modified_gmt":"2024-01-25T12:27:54","slug":"vivares-laurence-la-vie-a-parfois-un-gout-de-ristretto-2018-284-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19673","title":{"rendered":"Vivar\u00e8s, Laurence \u00ab\u00a0La vie a parfois un go\u00fbt de ristretto \u00bb (2018) &#8211; 284 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Autrice<\/b>: Laurence Vivar\u00e8s est publicitaire. Elle nourrit depuis toujours une passion secr\u00e8te pour l&rsquo;\u00e9criture et signe ici son premier roman en faisant son \u00ab\u00a0coming out\u00a0\u00bb d&rsquo;auteure.<\/p>\n<p>Eyrolles &#8211; 11.10.2018 &#8211; 215 pages \/<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Eyrolles poche &#8211; 08.04.2021 &#8211; 284 pages<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9<\/b>:<br \/>\nLucie, styliste parisienne, revient seule, sur les lieux o\u00f9 son histoire d&rsquo;amour s&rsquo;est \u00e9chou\u00e9e pour essayer de comprendre, de se confronter \u00e0 son chagrin, de recoloriser ses souvenirs, et peut-\u00eatre de gu\u00e9rir. Ce voyage int\u00e9rieur et ext\u00e9rieur la conduit \u00e0 Venise, trouble et myst\u00e9rieuse en novembre, pendant la p\u00e9riode de l&rsquo;acqua alta. Au rythme d&rsquo;une douce errance, Lucie vit trois jours intenses, sous le charme nostalgique de la ville.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>En compagnie de V\u00e9nitiens qui croiseront providentiellement sa route, un architecte et sa soeur, une aveugle, un photographe, elle ouvre une nouvelle page de son histoire.<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>:<\/p>\n<p>Quand Lucie arrive \u00e0 Venise pour un week-end de trois jours, le moins que l\u2019on puisse dire, c\u2019est qu\u2019elle est en vrac\u2026 Elle a besoin de d\u00e9compresser, de tirer un trait sur son pass\u00e9 avec un homme qui l\u2019a d\u00e9truite. Il lui faut se reconstruire, remplacer l\u2019ombre par la lumi\u00e8re, retrouver sa personnalit\u00e9, se laisser aller, oser vivre\u2026<\/p>\n<p>La rencontre avec un \u00ab\u00a0ange\u00a0\u00bb v\u00e9nitien (<i>Angelo est un pr\u00e9nom qui ne trompe pas<\/i>) permettra-t-elle \u00e0 la lumi\u00e8re d\u2019\u00e9clairer \u00e0 nouveau Lucie (<i>autre pr\u00e9nom pr\u00e9monitoire qui signifie lumi\u00e8re<\/i>) , pourra-t-elle retrouver la transparence des relations humaines, \u00e9chapper \u00e0 l\u2019ambiance toxique et opaque de sa relation avec Laurent (<i>pr\u00e9nom r\u00e9v\u00e9lateur aussi si on en croit le profil des Laurent : Un brin manipulateur, il sait flatter et amener les gens l\u00e0 o\u00f9 il le souhaite. Il peut \u00eatre tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement hypocrite, mais rares sont ceux qui d\u00e9tectent ce trait de caract\u00e8re tant Laurent agit en finesse. Il a beaucoup de charme et ne l&rsquo;ignore pas<\/i>.)<\/p>\n<p>Dans ce livre, tout &#8211; ou presque &#8211; est question de lumi\u00e8re, de couleurs, de clair-obscur, de transparence, d\u2019opacit\u00e9 .. et d\u2019eau &#8211; qui plus est en p\u00e9riode d\u2019acqua alta &#8211; (Il y a d\u2019ailleurs beaucoup de mots qui parlent ombre et<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>lumi\u00e8re dans ce livre .. lueur, projecteurs, \u00e9tincelle, scintiller\u2026)<\/p>\n<p>Un autre th\u00e8me majeur est le passage du temps, des saisons, que ce soit dans l\u2019oeil du photographe des pigeons de la Place San Marco ou dans la musique de Vivaldi..<\/p>\n<p>Lucie va se promener dans Venise; le premier jour elle va marcher sur les traces de ses souvenirs avec Laurent, puis elle va s\u2019\u00e9carter du gris et partir \u00e0 la d\u00e9couverte, s\u2019\u00e9carter du gris pour aller vers la lumi\u00e8re. Apr\u00e8s sa rencontre avec Laurent, elle va d\u00e9couvrir la Venise des v\u00e9nitiens, ouvrir les yeux et son coeur, s\u2019ouvrir au monde qui l\u2019entoure, aux odeurs de Venise.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Autre th\u00e8me : la solitude, le poids des relations humaines pass\u00e9es, tant pour Lucie (relations avec son p\u00e8re, son ancien amant) que pour Angelo et d\u2019autres personnages comme Mario &#8211; le patron de l\u2019Osteria della grappa &#8211; ou Monica .<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Ce livre est enfin un livre de rencontres : Angelo, Paul, Monica l\u2019aveugle qui lui conseille d\u2019aller s\u2019impr\u00e9gner des couleurs du Titien et de l\u2019importance des autres dans la vie..<\/p>\n<p>Il ne faut pas oublier un personnage essentiel :<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Venise. On va se promener et d\u00e9couvrir la Venise<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>un peu moins touristique\u2026sans oublier certains incontournables : l\u2019\u00c9glise dei Frari, le Danieli &#8211; qui fera revivre George Sand et Alfred de Musset- , Casanova, les peintres italiens de la Renaissance (le Titien), Hemingway\u2026<\/p>\n<p>Ce livre me rappelle \u00e0 bien des \u00e9gards le roman \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Vivar\u00e8s, Laurence \u00ab\u00a0La vie a parfois un go\u00fbt de ristretto \u00bb (2018) \u2013 284 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19673\">Seule Venise<\/a><\/span>\u00bb de Claudie Gallay, que j\u2019ai lu il y a bien longtemps et est toujours pr\u00e9sent dans ma m\u00e9moire. Et comme ce dernier, c\u2019est un gros coup de coeur.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Extraits<\/b>:<\/p>\n<p>Oui, elle l\u2019avait retrouv\u00e9e, cette grimace positive qu\u2019on appelle sourire\u2026<\/p>\n<p>Vous savez, ce n\u2019est pas un hasard si le caf\u00e9 est bon ici. C\u2019est \u00e0 Venise qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 bu pour la premi\u00e8re fois en Europe. On retrouve des \u00e9crits sur le sujet qui datent de la fin du\u00a0XVI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. D\u2019un certain Morosini. (\u2026) Contrairement \u00e0 ce que l\u2019on pourrait penser, la caf\u00e9ine du\u00a0<i>stretto\u00a0<\/i>est moins nocive que dans les caf\u00e9s allong\u00e9s. Le pire, ce sont ces gros caf\u00e9s am\u00e9ricains de chez\u00a0<i>Starbucks<\/i>. Un poison.<\/p>\n<p>La lumi\u00e8re n\u2019est pas forc\u00e9ment quelque chose que l\u2019on voit,\u00a0m\u00eame si elle nous fait tout voir. D\u2019ailleurs, j\u2019ai toujours trouv\u00e9 \u00e9tonnant que le cin\u00e9ma ait \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 par les fr\u00e8res Lumi\u00e8re. Dr\u00f4le de co\u00efncidence, vous ne trouvez pas\u00a0?<\/p>\n<p>Venir pendant l\u2019<i>acqua alta<\/i>,<i>\u00a0<\/i>c\u2019est particulier\u00a0; une fa\u00e7on authentique de d\u00e9couvrir la ville et son histoire d\u2019amour avec l\u2019eau. Venise, c\u2019est l\u2019eau, et pourtant c\u2019est ce qui la tue \u00e0 petit feu.<\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0Quand c\u2019est fini, ce qui te pourrit la t\u00eate ce sont les clich\u00e9s chabadabada des moments heureux. C\u2019est \u00e7a qui tue. Il faut s\u2019en d\u00e9barrasser. Retourner sur les lieux. Recoloriser le souvenir pour passer \u00e0 autre chose.\u00a0\u00bb<\/i>\u00a0Il aimait cette id\u00e9e de remettre en couleurs les souvenirs, comme ces vieux films en noir et blanc qui retrouvaient une deuxi\u00e8me jeunesse.<\/p>\n<p>Il dit que nos histoires tissent nos vies, mais que nous pouvons tisser nos histoires.<\/p>\n<p>l\u2019histoire d\u2019amour destructrice entre Venise et l\u2019eau. Osmose fatale. Venise pourrissait lentement et sa longue agonie d\u00e9gageait une odeur de vase. \u00c7a, on ne le voyait pas sur les cartes postales.<\/p>\n<p>On est niais quand on est amoureux. Ou ni\u00e9 \u2013 on en arrive \u00e0 ne plus \u00eatre soi-m\u00eame\u00a0\u2013,<\/p>\n<p>\u2014 Venise se visite aussi avec le nez, dit Angelo.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re note tomba, telle une goutte, suivie du silence pr\u00e9cieux. Oui, l\u2019eau et la musique, c\u2019\u00e9tait la m\u00eame chose, la m\u00eame \u00e9nergie. Fluide et organique comme la vie, le sang qui passe dans les veines. Elle en eut les larmes aux yeux, qu\u2019elle retint discr\u00e8tement.<\/p>\n<p>\u2014 Vous voyez, vous \u00eates comme moi, vous aimez les saisons\u00a0! L\u2019important c\u2019est de se laisser porter, avec ou sans bottes\u2026 et de savoir passer \u00e0 la saison d\u2019apr\u00e8s.<\/p>\n<p>Il faisait tr\u00e8s humide, un froid transper\u00e7ant les os. Avait-elle laiss\u00e9 l\u2019hiver s\u2019installer un peu trop profond\u00e9ment en elle\u00a0? Soudain, elle ressentit l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 de ces derniers mois, cette absence d\u2019amour qui la frigorifiait.<\/p>\n<p>Toute r\u00e9alit\u00e9, m\u00eame la plus terrible, est pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 l\u2019illusion car on peut en faire quelque chose.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Dans la lumi\u00e8re voil\u00e9e, toutes les couleurs de cette journ\u00e9e de novembre \u00e0 Venise se d\u00e9ployaient, flatteuses et reposantes.<\/p>\n<p>Le contraire du noir ce n\u2019\u00e9tait pas le blanc, mais bien la couleur. C\u2019\u00e9tait simple, mais elle ne le d\u00e9couvrait que maintenant.<\/p>\n<p>Les mots avaient enjamb\u00e9 les silences, et ils avaient r\u00e9ussi \u00e0 se parler de tout et de rien.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Le vrai drame d\u2019Hemingway, pour lui et son entourage, c\u2019est qu\u2019il \u00e9tait bipolaire\u00a0: il oscillait entre le bonheur le plus extr\u00eame et des souffrances abyssales\u2026<\/p>\n<p>Son sentiment de solitude s\u2019\u00e9tait transform\u00e9 en pulsion de libert\u00e9.<\/p>\n<p>Ces peintres v\u00e9nitiens de la Renaissance\u2026 Cela m\u2019a toujours bluff\u00e9. Quand je vois le mat\u00e9riel et la mise en sc\u00e8ne qu\u2019il faut aujourd\u2019hui pour fabriquer une belle lumi\u00e8re en photographie, alors qu\u2019eux g\u00e9raient juste avec leurs pigments et leurs astuces. C\u2019\u00e9taient des po\u00e8tes de la lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>Il n\u2019\u00e9tait pas moins seul, mais un peu moins solitaire. Cela faisait du bien.<\/p>\n<p>J\u2019aime \u00e0 penser que nos manques aussi nous mod\u00e8lent.<\/p>\n<p>Monica lui avait appris qu\u2019on ne voit pas que par les yeux, mais aussi par le nez, les papilles, la peau\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice: Laurence Vivar\u00e8s est publicitaire. Elle nourrit depuis toujours une passion secr\u00e8te pour l&rsquo;\u00e9criture et signe ici son premier roman en faisant son \u00ab\u00a0coming out\u00a0\u00bb d&rsquo;auteure. 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