{"id":19773,"date":"2024-02-10T17:11:00","date_gmt":"2024-02-10T15:11:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19773"},"modified":"2024-02-10T17:42:09","modified_gmt":"2024-02-10T15:42:09","slug":"agualusa-jose-eduardo-la-societe-des-reveurs-involontaires-2019-280-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19773","title":{"rendered":"Agualusa, Jos\u00e9 Eduardo \u00abLa Soci\u00e9t\u00e9 des r\u00eaveurs involontaires\u00a0\u00bb (2019) 280 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur<\/b>: Jos\u00e9 Eduardo Agualusa, n\u00e9 en 1960 \u00e0 Nova Lisboa (Afrique occidentale portugaise), est un journaliste, \u00e9crivain et \u00e9diteur angolais. Il est membre de l&rsquo;Union des \u00e9crivains angolais.<\/p>\n<p><b>Romans traduits en fran\u00e7ais:<br \/>\n<\/b>La Saison des fous. 2003, Gallimard (\u00ab\u00a0Esta\u00e7\u00e3o das Chuvas\u00a0\u00bb)<br \/>\nLe Marchand de pass\u00e9s. 2006, M\u00e9taili\u00e9 (\u00ab\u00a0O Vendedor de Passados\u00a0\u00bb)<br \/>\nLa Guerre des anges. 2007, M\u00e9taili\u00e9 (\u00ab\u00a0O Ano em que Zumbi tomou o Rio\u00a0\u00bb)<br \/>\nLes Femmes de mon p\u00e8re. 2009, M\u00e9taili\u00e9 (\u00ab\u00a0As Mulheres de Meu Pai\u00a0\u00bb)<br \/>\nBarroco Tropical. 2011, M\u00e9taill\u00e9 (\u00ab\u00a0Barroco Tropical\u00a0\u00bb).<br \/>\nTh\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019oubli. 2014, M\u00e9taili\u00e9 (\u00ab\u00a0Teoria geral do esquecimento\u00a0\u00bb)<br \/>\nLa Reine Ginga, 2017, M\u00e9taili\u00e9 (\u00ab\u00a0A Rainha Ginga\u00a0\u00bb)<br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Agualusa, Jos\u00e9 Eduardo \u00abLa Soci\u00e9t\u00e9 des r\u00eaveurs involontaires\u00a0\u00bb (2019) 280 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19773\">La Soci\u00e9t\u00e9 des r\u00eaveurs involontaires<\/a><\/span>, 2019, M\u00e9taili\u00e9 (\u00ab\u00a0A Sociadade dos Sonhadores Involunt\u00e1rios\u00a0\u00bb)<br \/>\nLes vivants et les autres, 2023, M\u00e9taili\u00e9 (\u00ab\u00a0O Vivos e os Outros\u00a0\u00bb)<\/p>\n<p>M\u00e9taili\u00e9 &#8211; 21.02.2019 &#8211; 280 pages<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>(\u00ab\u00a0A Sociadade dos Sonhadores Involunt\u00e1rios\u00a0\u00bb 2017 &#8211; traduit du portugais &#8211; Angola &#8211; par Danielle Schramm)<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9<\/b><\/p>\n<p>Le journaliste Daniel Benchimol r\u00eave de gens qu\u2019il ne conna\u00eet pas mais reconna\u00eet dans la m\u00e9moire de l\u2019appareil photo qu\u2019il retrouve sur une plage. Moira Fernandez, une artiste mozambicaine habitant Le Cap, met en sc\u00e8ne et photographie ses r\u00eaves. H\u00e9lio de Castro, un neuroscientifique, les filme. Hossi Kaley, le patron de l\u2019h\u00f4tel Arco-Iris, ancien gu\u00e9rillero au pass\u00e9 obscur et violent, se prom\u00e8ne dans les r\u00eaves des autres, v\u00eatu d\u2019un costume violet, ce qui va donner \u00e0 un service secret l\u2019id\u00e9e de l\u2019utiliser pour manipuler les r\u00eaves de la population lors des \u00e9lections, mais ne l\u2019emp\u00eachera pas malgr\u00e9 tout de conna\u00eetre un grand amour.<br \/>\nLes r\u00eaves rassemblent ces quatre personnages dans un pays totalitaire au bord de la destruction, o\u00f9 se r\u00e9veillent aussi les r\u00eaves de libert\u00e9 de la jeunesse.<br \/>\n\u00c9crite dans un style \u00e9blouissant, cette Soci\u00e9t\u00e9 des r\u00eaveurs involontaires est une histoire d\u2019amour, un r\u00e9cit fantastique, un polar onirique et une vraie satire politique pleine d\u2019humour, qui questionne la nature de la r\u00e9alit\u00e9 tout en r\u00e9habilitant le r\u00eave comme instrument de transformation du monde.<\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0<\/i>Agualusa est un traducteur de r\u00eaves. <i>La Soci\u00e9t\u00e9 des r\u00eaveurs involontaires <\/i>est un roman fait des plus subtils mat\u00e9riaux po\u00e9tiques.\u00a0<i>\u00bb Mia Couto<\/i><\/p>\n<p><b>Mon avis:<\/b><\/p>\n<p>D\u00e9couverte magique que cet auteur angolais.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Un livre qui parle des r\u00eaves et de revos\u2026 , comprendre de R\u00eaveurs et de R\u00e9volutionnaires \u2026<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Un livre qui nous parle de r\u00eave, une petite merveille d\u2019\u00e9criture po\u00e9tique, qui nous fait passer du r\u00eave \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 avec quatre personnages qui sont parfois d\u2019un cot\u00e9 et parfois de l\u2019autre\u2026 la fronti\u00e8re entre r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9 est t\u00e9nue\u2026<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Daniel, va se r\u00e9fugier dans un h\u00f4tel avec 7 bungalows aux sept couleurs de l\u2019arc-en-ciel, avec 7 tables sous 7 parasols couleurs de l\u2019arc-en-ciel et en se mettant \u00e0 l\u2019eau pour nager, il rep\u00eache un appareil photo et lit sa carte-m\u00e9moire \u2026 et ce qu\u2019il va y trouver va alimenter ses r\u00eaves: il y fait connaissance d\u2019une femme qui a un rapport sp\u00e9cial avec les r\u00eaves : elle les fait exister. Cet h\u00f4tel qui a pour nom Arco-Iris (arc-en ciel) est tenu par un certain Hossi (Hossi signifie Lion en Umbundo &#8211; un des dialectes angolais), qui se prom\u00e8ne dans les r\u00eaves des gens, et porte d\u2019une veste violette. Et pour finir le tour des personnages, il y a le filmeur de r\u00eaves, H\u00e9lios.<br \/>\nMais ce n\u2019est pas que \u00e7a. C\u2019est aussi une peinture color\u00e9e de l\u2019histoire de son pays, l\u2019Angola. Et sous la plume po\u00e9tique de l\u2019auteur, il y a les atrocit\u00e9s commises dans son pays. Les quatre personnages d\u00e9peignent la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 travers leurs r\u00eaveries. Et la fille de Daniel est une r\u00e9volutionnaire qui veut faire plier le dictateur au pouvoir.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Un livre de rencontres, un livre onirique, politique, sensuel, d\u00e9paysant\u2026<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>J\u2019ai appris que la religion yoruba \u00e0 Cuba est l\u2019\u00e9quivalent du vaudou ha\u00eftien.<\/p>\n<p><b><i>Extraits:<\/i><\/b><i> (difficile de ne pas recopier tout le livre\u2026)<\/i><\/p>\n<p>Bient\u00f4t le ciel se remplirait de lumi\u00e8re. Des vaguelettes brodaient, l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre, de fines dentelles d\u2019\u00e9cume.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>J\u2019essayai de lui expliquer que nous ne pouvions pas confondre le gouvernement avec le pays. Critiquer les erreurs du gouvernement n\u2019\u00e9tait pas la m\u00eame chose que d\u00e9blat\u00e9rer sur l\u2019Angola et les Angolais. Au contraire, je critiquais les erreurs du gouvernement parce que je r\u00eavais d\u2019un pays meilleur.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Dieu a fait les lions et Il a fait les gazelles pour que les lions les mangent. Dieu n\u2019est pas d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p>Veiller \u00e0 ce qu\u2019on poss\u00e8de encore plus, \u00e7a \u00e9puise, \u00e7a corrompt l\u2019\u00e2me. Ce qui est bon, c\u2019est de jouir. Je ne veux pas le voilier, je veux le voyage, je ne veux pas le disque, je veux la chanson. Tu comprends ?<\/p>\n<p>Je suis flemmard, mais je suis un flemmard avec de grandes ambitions. Si c\u2019est de ne rien avoir, alors je veux ne rien avoir beaucoup. Si c\u2019est de ne rien faire, je veux ne faire rien, beaucoup.<\/p>\n<p>La passion est un moment de folie. Les gens qui se marient par amour devraient \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme irresponsables, et ces mariages devraient \u00eatre annul\u00e9s. [\u2026] Seuls les gens lucides devraient \u00eatre autoris\u00e9s \u00e0 se marier. Je ne comprends pas, alors qu&rsquo;il est interdit de conduire en \u00e9tat d&rsquo;\u00e9bri\u00e9t\u00e9, pourquoi il n&rsquo;est pas interdit de se marier ivre ou amoureux fou, ce qui est la m\u00eame chose. Le mariage n&rsquo;est pas si diff\u00e9rent d&rsquo;une voiture. Mal conduit, il peut blesser beaucoup de gens, \u00e0 commencer par les enfants. Si on \u00e9tait lucide, on ne se marierait que par int\u00e9r\u00eat, comme mes parents.<\/p>\n<p>Tout passe, mon ami, le temps recouvre le monde de rouille. Tout ce qui brille, tout ce qui est feu, sera bient\u00f4t cendre et rien.<br \/>\n\u2013 Presque tout est d\u00e9j\u00e0 cendre, r\u00e9pondis-je. Ils ont incendi\u00e9 mon pass\u00e9.<\/p>\n<p>Les nuages \u00e9taient une sorte d\u2019alphabet, et le ciel une page blanche.<\/p>\n<p>un homme \u00e9normissime, qui, s\u2019il \u00e9tait un v\u00e9hicule \u00e0 moteur, serait un camion, comme il me le disait lui-m\u00eame en riant d\u2019un rire si fort et si frais que c\u2019\u00e9tait comme si des cascades d\u2019eau et de lumi\u00e8re lui jaillissaient de la bouche.<\/p>\n<p>\u2013 Comprenez-moi, je ne crois pas que la violence puisse \u00eatre lib\u00e9ratrice. Donc, je ne crois pas aux guerres de lib\u00e9ration. Toutes les guerres nous emprisonnent. Ce que vous appelez la guerre de lib\u00e9ration est \u00e0 l\u2019origine de la guerre civile.<\/p>\n<p>\u2013 Perdre la m\u00e9moire ce n\u2019est pas la m\u00eame chose que perdre un bras, me dit-il. Quand on perd un bras, on sait qu\u2019on a perdu un bras. Les gens nous regardent et savent qu\u2019on a perdu un bras. Avec les souvenirs, non. On ne sait pas qu\u2019on les a perdus, personne ne s\u2019en rend compte, mais comme on les a perdus, quelque chose dans notre cerveau cesse de fonctionner.<\/p>\n<p>Le figuier se tordait dans l\u2019apr\u00e8s-midi comme si le vent le chatouillait. Je l\u2019ai tout de suite aim\u00e9. L\u2019arbre riait aux \u00e9clats, pench\u00e9 au-dessus du mur.\u2013<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Les r\u00eaves sont des artefacts d\u00e9licats, murmura-t-il. La plupart s\u2019effritent \u00e0 la lumi\u00e8re comme la peau des vampires et tombent en cendres. Peu de gens savent r\u00eaver.<\/p>\n<p>Les r\u00eaves et la divination sont li\u00e9s. Les r\u00eaves sont depuis toujours une discipline de la magie. Mais tu ne crois pas \u00e0 la magie, n\u2019est-ce pas ? Moi, je suis psychologue. J\u2019y crois un peu.<\/p>\n<p>l\u2019art se distingue de la carte postale touristique, car si la carte postale apaise, l\u2019art inqui\u00e8te.<\/p>\n<p>\u2013 Revenons \u00e0 vos photos. On dirait des paysages\u2026<br \/>\n\u2013 J\u2019entends souvent \u00e7a. Ce n\u2019est pas une id\u00e9e qui me pla\u00eet. Les paysages se traversent, se parcourent, nous ne les vivons pas. Quand les paysages nous heurtent ou nous \u00e9meuvent, ou nous indignent, ce ne sont plus des paysages, ce sont des \u00e9v\u00e9nements. J\u2019aimerais que mes photos, mes tableaux, soient des \u00e9v\u00e9nements. Je veux que mon \u0153uvre blesse, \u00e9meuve, qu\u2019elle irrite celui qui la regarde.<\/p>\n<p>La lumi\u00e8re rehausse les couleurs de tout ce qui vit et d\u00e9colore ce qui est inanim\u00e9. Le soleil allume les vivants et \u00e9teint les morts.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Tous les r\u00eaves sont inqui\u00e9tants, parce qu&rsquo;ils sont intimes. Ils sont ce qu&rsquo;on a de plus intimes. L&rsquo;intimit\u00e9 est inqui\u00e9tante.<\/p>\n<p>\u2013 Les chamans, comme nos quimbandeiros, s\u2019entra\u00eenent \u00e0 r\u00eaver. Ils se servent des r\u00eaves pour comprendre le monde. Le mot \u201cchaman\u201d vient d\u2019une langue de l\u2019est de la Sib\u00e9rie, qui veut dire \u201ccelui qui voit dans le noir\u201d.<\/p>\n<p>Vous me parliez dans un jardin, et vous me disiez \u00e7a, qu\u2019avec vos photos, vos toiles, vous ne pr\u00e9tendiez pas chercher du sens, mais voir le dessous des choses, ce qu\u2019il y a derri\u00e8re, \u00e0 l\u2019envers, que vous vouliez d\u00e9construire le sens commun des choses.<\/p>\n<p><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>Je suis en paix avec mon indolence. La paresse est la m\u00e8re de tous les arts.<\/p>\n<p>\u2013 C\u2019est bon, le silence, pendant un moment. Quand cela dure trop, ce n\u2019est plus le silence mais la surdit\u00e9.<\/p>\n<p>Cette nuit-l\u00e0, j\u2019allai nager. Je nageai pendant plus d\u2019une heure, sous l\u2019\u0153il unique d\u2019une lune immense. Je nageai jusqu\u2019\u00e0 ce que les lumi\u00e8res, sur la plage, se m\u00ealent au torrent confus des \u00e9toiles. Alors, je m\u2019allongeai sur le dos, flottant, tir\u00e9 vers le haut par la force de la lune. Si elle avait \u00e9t\u00e9 un peu plus pr\u00e8s, sans doute m\u2019aurait-elle arrach\u00e9 de l\u2019eau. Et je l\u00e9viterais, mon corps libre, entre les \u00e9toiles et la mer.<\/p>\n<p>On n\u2019a pas un chat comme compagnie. Partager une maison avec un chat n\u2019est qu\u2019une forme \u00e9l\u00e9gante de solitude.<\/p>\n<p>\u2013 On peut changer de passeport. On ne peut pas changer d\u2019identit\u00e9.<br \/>\n\u2013 Pourquoi pas ?<br \/>\n\u2013 Parce qu\u2019un cam\u00e9l\u00e9on est toujours un cam\u00e9l\u00e9on m\u00eame s\u2019il change de couleur.<br \/>\n\u2013 Non, camarade, un cam\u00e9l\u00e9on devient plusieurs cam\u00e9l\u00e9ons. Nous, nous devenons des personnes diff\u00e9rentes tout au long de la vie. Une personne peut \u00eatre ukrainienne jusqu\u2019\u00e0 un certain point et puis devenir br\u00e9silienne.<\/p>\n<p>Les Grecs de l\u2019Antiquit\u00e9, comme les Chinois ou les H\u00e9breux, n\u2019avaient pas de mot pour d\u00e9signer la couleur bleue. Pour eux la mer \u00e9tait verte, brun\u00e2tre ou lie de vin. \u00c9ventuellement, noire. Dans la peinture occidentale, la mer ne commence \u00e0 \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9e en bleu qu\u2019au XVe\u00a0si\u00e8cle. Le ciel non plus n\u2019\u00e9tait pas bleu. Les po\u00e8tes le d\u00e9crivaient rose \u00e0 l\u2019aube ; couleur de feu au coucher du soleil ; laiteux les m\u00e9lancoliques matins d\u2019hiver.<\/p>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, nous, les femmes, mentons beaucoup. Nous mentons bien plus que les hommes. Mais nous parlons plus aussi. Nous utilisons en moyenne vingt mille mots par jour. Vous tournez autour de sept mille. Dont mille sont des gros mots\u2026<\/p>\n<p>En d\u00e9mocratie il n\u2019existe pas une v\u00e9rit\u00e9 unique : il existe des versions. Dans les dictatures, oui, il y a une seule v\u00e9rit\u00e9 : la version officielle !<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Le temps est une dimension comme la longueur, la largeur ou la hauteur. Ainsi, il n\u2019y a aucun sens \u00e0 dire que le temps passe. Il ne passe pas. Il est. Nous ne pouvons voyager avec lui que dans une direction unique \u2013 la direction de l\u2019entropie, de la destruction \u2013, mais cela ne signifie pas qu\u2019il s\u2019\u00e9tiole. Cela signifie seulement que nous avan\u00e7ons. Une route ne dispara\u00eet pas au fur et \u00e0 mesure que nous la parcourons.<\/p>\n<p>Le pacifisme, mon fr\u00e8re, c&rsquo;est comme les sir\u00e8nes: hors de la mer de l&rsquo;imagination il ne respire pas, il a du mal avec la r\u00e9alit\u00e9. Encore moins avec la n\u00f4tre, cette r\u00e9alit\u00e9 si cruelle.<\/p>\n<p>La peur d\u00e9truit les gens. Elle corrompt plus que l\u2019argent.<br \/>\nLa peur n&rsquo;est pas un choix. Il est impossible d&rsquo;\u00e9viter d&rsquo;avoir peur. Mais on peut choisir de ne pas y c\u00e9der. Mes compagnons et moi avons choisis de lutter contre la peur.<\/p>\n<p><strong>Image<\/strong> : Baobab (imbondeiro<em>) &#8211; Photo perso prise en Tanzanie<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur: Jos\u00e9 Eduardo Agualusa, n\u00e9 en 1960 \u00e0 Nova Lisboa (Afrique occidentale portugaise), est un journaliste, \u00e9crivain et \u00e9diteur angolais. Il est membre de l&rsquo;Union des \u00e9crivains angolais. Romans traduits en fran\u00e7ais: La Saison des fous. 2003, Gallimard (\u00ab\u00a0Esta\u00e7\u00e3o das Chuvas\u00a0\u00bb) Le Marchand de pass\u00e9s. 2006, M\u00e9taili\u00e9 (\u00ab\u00a0O Vendedor de Passados\u00a0\u00bb) La Guerre des anges. &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19773\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":19774,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[632,56,583,193,86,1,105,78,192],"tags":[1991,1992,220,435,1993,671,224,359,1245],"class_list":["post-19773","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-632","category-afrique","category-coup-de-coeur","category-etude-de-societe","category-litterature-africaine","category-non-classe","category-roman","category-xxeme","category-xxieme-siecle","tag-angola","tag-cuba","tag-dictature","tag-liberte","tag-litterature-angolaise","tag-onirique","tag-poetique","tag-reve","tag-revolte"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19773","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=19773"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19773\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19776,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/19773\/revisions\/19776"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/19774"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=19773"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=19773"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=19773"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}