{"id":20205,"date":"2024-05-07T17:33:00","date_gmt":"2024-05-07T15:33:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20205"},"modified":"2026-01-10T17:41:50","modified_gmt":"2026-01-10T15:41:50","slug":"mytting-lars-les-seize-arbres-de-la-somme-2017-419-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20205","title":{"rendered":"Mytting, Lars \u00ab\u00a0Les Seize Arbres de la Somme\u00bb (2017) 419 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur<\/b>: N\u00e9 le 1 mars 1968 \u00e0 F\u00e5vang (Norv\u00e8ge) , Lars Mytting a entam\u00e9 une carri\u00e8re de journaliste et d\u2019\u00e9diteur avant de se consacrer \u00e0 l\u2019\u00e9criture \u00e0 plein temps. Il est l\u2019auteur de quatre romans, tous salu\u00e9s par la critique, ainsi que de L\u2019Homme et le Bois (Ga\u00efa, 2016), qui a connu un succ\u00e8s international.<\/p>\n<p>Chez Actes Sud a paru \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Mytting, Lars \u00ab\u00a0Les Seize Arbres de la Somme\u00bb (2017) 419 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20205\">Les Seize Arbres de la Somme<\/a><\/span>\u00bb (2017),<\/p>\n<p><b>Trilogie Les cloches<\/b> : \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19559\">Les cloches jumelles<\/a><\/span>\u00a0\u00bb (2020)<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>\u2013 \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Mytting, Lars \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9toffe du temps\u00bb (2022) 448 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=23597\">L\u2019\u00e9toffe du temps<\/a>\u00a0<\/span>\u00bb (2022) &#8211; Nuit indigo (2025)<\/p>\n<p>Actes Sud Lettres scandinaves \u2013 01.11.2017 \u2013 419 pages \/ Babel, 02.10.2019 \u2013 480 pages \u2013 Traduit par Celine Romand-Monnier<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9<\/b><br \/>\nEn 1971, un jeune couple franco-norv\u00e9gien trouve la mort au fond d&rsquo;un \u00e9tang de la Somme dans d&rsquo;\u00e9tranges circonstances. Edvard, leur fils de trois ans, est port\u00e9 disparu. Il n&rsquo;est retrouv\u00e9 que quatre jours plus tard, \u00e0 une centaine de kilom\u00e8tres du lieu du drame. Comment le petit gar\u00e7on a-t-il \u00e9chou\u00e9 l\u00e0 ? O\u00f9 \u00e9tait-il pendant tout ce temps ? Et pourquoi ses parents s&rsquo;\u00e9taient-ils aventur\u00e9s en pleine nuit dans cette for\u00eat encore truff\u00e9e d&rsquo;obus et de grenades \u00e0 gaz datant de la Premi\u00e8re Guerre mondiale ? Elev\u00e9 par son grand-p\u00e8re dans une ferme isol\u00e9e en Norv\u00e8ge, Edvard n&rsquo;a jamais su ce qui s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9ellement pass\u00e9 en France.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Lors du d\u00e9c\u00e8s de son a\u00efeul, il apprend qu&rsquo;un cercueil magnifique en bois pr\u00e9cieux a \u00e9t\u00e9 livr\u00e9 aux pompes fun\u00e8bres quelques ann\u00e9es auparavant, envoy\u00e9 par son grand-oncle, un \u00e9b\u00e9niste d&rsquo;exception. Celui-ci est pourtant mort depuis des d\u00e9cennies&#8230; Des \u00eeles Shetland aux champs de bataille de la Somme, le jeune homme part sur les traces de ce cercueil myst\u00e9rieux, sans savoir encore qu&rsquo;il va exhumer les secrets d&rsquo;une histoire familiale \u00e9troitement li\u00e9e aux conflits qui ont meurtri le si\u00e8cle.<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>:<\/p>\n<p>Tout comme j\u2019ai beaucoup aim\u00e9 son roman \u00ab\u00a0Les Cloches jumelles\u00a0\u00bb j\u2019ai beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 celui-ci. M\u00eame entame : un drame . Et comme dans l\u2019autre roman, des personnages attachants, une partie artistique (ici l\u2019\u00e9b\u00e9nisterie, le travail et les essences du bois), la nature, le monde agricole, le pasteur, les rapports familiaux et sociaux, un roman qui parle de l\u2019Histoire et une saga familiale.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Le personnage principal est Edvard Hirifjell, un jeune homme qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 par son grand-p\u00e8re qui l\u2019a recueilli apr\u00e8s la mort tragique de ses parents, survenue alors qu\u2019il avait 3-4 ans: tous trois \u00e9taient partis en vacance en France, dans la Somme et seul lui a surv\u00e9cu au voyage. A la mort de son grand-p\u00e8re, il va ressentir le besoin de d\u00e9couvrir ce qu\u2019il s\u2019est pass\u00e9 lors de ce voyage en France et va enqu\u00eater sur ses origines. Et la photographie va jouer un grand r\u00f4le dans ce roman. Son enqu\u00eate va le mener aux Iles Shetland, en Ecosse, avant d\u2019aller en France sur les lieux du drame et il va rencontrer des personnage li\u00e9s de pr\u00e8s ou de loin \u00e0 sa propre histoire, comme il d\u00e9couvrira au fur et \u00e0 mesure. Il va aussi en apprendre davantage sur le fr\u00e8re de son grand-p\u00e8re, Einar qui avait quitt\u00e9 la ferme de ses parents et envisageait de rejoindre la r\u00e9sistance et qui \u00e9tait finalement devenu un ma\u00eetre \u00e9b\u00e9niste; c\u2019\u00e9tait l\u2019ain\u00e9 des fr\u00e8res et de ce fait l\u2019h\u00e9ritier de la ferme mais il avait disparu, ex\u00e9cut\u00e9 pendant la guerre. Son grand-p\u00e8re, Sverre, \u00e9tait donc devenu le propri\u00e9taire de la ferme ce qui tombait bien vu que c\u2019est lui qui avait les comp\u00e9tences en mati\u00e8re d\u2019agriculture. Edvard va d\u00e9couvrir la relation de haine qui liait les deux fr\u00e8res, leurs modes de vie et de pens\u00e9e totalement oppos\u00e9s (entre la croix gamm\u00e9e et la r\u00e9sistance il y a un monde\u2026) et petit \u00e0 petit faire des d\u00e9couvertes sur ses origines. Le roman traverse les deux guerres mondiales, et m\u00eale la grande Histoire et l\u2019histoire de plusieurs familles.<br \/>\n<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>Edvard va se retrouver en porte-\u00e0-faux entre deux mondes, deux amours, deux classes sociales, deux mondes\u2026<br \/>\nL\u2019auteur va aussi nous parler nature : l\u2019\u00e9levage des moutons en Norv\u00e8ge, l\u2019amour du bois, la rudesse du climat des Shetlands, la neige, les temp\u00eates, et aussi les d\u00e9g\u00e2ts faits \u00e0 la nature par les hommes, pendant la guerre.<br \/>\nCet auteur est un merveilleux conteur, j&rsquo;aime son \u00e9criture po\u00e9tique par moments \u00a0et je vais continuer \u00e0 le lire.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Extraits:<\/b><\/p>\n<p>Je m\u2019achetais un nouvel objectif tous les ans, pour un montant que la plupart des gens jugeaient excessif pour une t\u00e9l\u00e9. Chaque nouvelle focale m\u2019apportait un nouveau monde. Le t\u00e9l\u00e9objectif qui rapprochait le motif et plongeait l\u2019insignifiant dans le brouillard. Le macro qui faisait abriter une plan\u00e8te enti\u00e8re \u00e0 la corolle d\u2019une fleur. Et \u00e0 pr\u00e9sent, un grand-angle qui d\u00e9ployait l\u2019horizon, rendait le moyen petit, transformait les bagatelles en poussi\u00e8res dans l\u2019\u0153il. Il requ\u00e9rait d\u2019autres motifs, de nouvelles id\u00e9es sur le premier et l\u2019arri\u00e8re-plan.<\/p>\n<p>Je ne voulais pas laisser mes pens\u00e9es prendre forme devant moi. Ce que tu n\u2019as pas eu ne peut pas te manquer, me disais-je \u00e0 moi-m\u00eame.<\/p>\n<p>Tant qu\u2019il y avait des gens que je connaissais dans le bourg, cinq heures du soir \u00e9tait une heure belle et creuse. Une heure qui ne faisait pas la distinction entre ceux qui travaillaient et ceux qui \u00e9tudiaient, une heure o\u00f9 la seule diff\u00e9rence entre nous \u00e9tait que lui fumait des Marlboro et moi des roul\u00e9es.<\/p>\n<p>Les bouleaux flamm\u00e9s\u00a0? C\u2019est le plus beau mat\u00e9riau d\u2019\u00e9b\u00e9nisterie dont on dispose dans ce pays. \u00c7a vient d\u2019arbres bless\u00e9s. La madrure se cr\u00e9e quand l\u2019arbre s\u2019autosoigne.<\/p>\n<p>\u00c0 travers le grand-angle, je voyais les troncs s\u2019\u00e9tirer jusqu\u2019au ciel. \u00c7\u2019allait \u00eatre bien. Ce que je\u00a0<i>voyais<\/i>\u00a0\u00e9tait identique \u00e0 ce que je souhaitais voir. Le feuillage, la couche nuageuse, les troncs et l\u2019\u00e9l\u00e9ment \u00e9tranger, le fer, ce qui allait faire de cette image une\u00a0<i>photographie<\/i>\u00a0et pas un simple instantan\u00e9.<br \/>\nL\u2019obturateur \u00e9mit ce bref chuchotement de Leica qui capture quelque chose qui\u00a0<i>est<\/i>\u00a0pour le transfor\u00ad\u00admer en quelque chose qui\u00a0<i>a \u00e9t\u00e9<\/i>.<\/p>\n<p>Un beau morceau de musique rapproche davantage de Dieu qu\u2019un pasteur ne pourra jamais le faire. Nous sommes nombreux \u00e0 parler des cieux, mais rares sont les gens qui peuvent comprendre l\u2019\u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n<p>Il parlait de consolation, mais la tournure que prenaient les choses commen\u00e7ait \u00e0 me d\u00e9plaire. On aurait dit qu\u2019il s\u2019adressait au conseil pastoral et parlait de quelqu\u2019un d\u2019autre. Ce m\u00e9lange de comm\u00e9rage et de pr\u00e9venance qui a toujours donn\u00e9 aux croyants un pr\u00e9texte pour fouiner dans les histoires des gens.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>quand il aurait pu dire combattant du front de l\u2019Est, il disait toujours tra\u00eetre \u00e0 la patrie, et pas simplement tra\u00eetre, il saupoudrait la haute trahison avec g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et ne boudait pas son plaisir quand il p\u00e9rorait sur les pays \u00e9trangers qui, apr\u00e8s la guerre, s\u2019\u00e9taient mis \u00e0 employer quisling comme un nom commun.<\/p>\n<p>(Vidkun Quisling, collaborateur norv\u00e9gien pendant la Seconde Guerre mon\u00ad\u00addiale. Il est devenu chef du gouvernement \u00e0 la suite de l\u2019invasion de la Norv\u00e8ge par l\u2019Allemagne en 1940. Son nom est devenu synonyme de tra\u00eetre. <i>&#8211; note du traducteur<\/i>)<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Vous parlez vrai, l\u00e0, non\u00a0?<br \/>\n\u2014\u00a0Je parle toujours vrai. Mais je ne parle pas toujours.<\/p>\n<p>Une vague souvenance s\u2019\u00e9veillait en moi, sans s\u2019avancer. Comme si je me trouvais devant une porte verrouill\u00e9e, que mon souvenir s\u2019agitait de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, et que nous cherchions tous deux la clef.<\/p>\n<p>La chemise \u00e9pousait mon corps, tout comme la veste. J\u2019avais l\u2019impression d\u2019\u00eatre un Leica, dont ces v\u00eatements \u00e9taient l\u2019\u00e9tui.<\/p>\n<p>la pellicule \u00e9tait capable de capturer le temps alors que j\u2019\u00e9tais moi-m\u00eame quelqu\u2019un qui avait un jour perdu le temps qui m\u2019appartenait.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur: N\u00e9 le 1 mars 1968 \u00e0 F\u00e5vang (Norv\u00e8ge) , Lars Mytting a entam\u00e9 une carri\u00e8re de journaliste et d\u2019\u00e9diteur avant de se consacrer \u00e0 l\u2019\u00e9criture \u00e0 plein temps. 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