{"id":20270,"date":"2024-05-19T19:01:21","date_gmt":"2024-05-19T17:01:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20270"},"modified":"2024-05-19T19:07:46","modified_gmt":"2024-05-19T17:07:46","slug":"enriquez-mariana-ce-que-nous-avons-perdu-dans-le-feu-2017-246-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20270","title":{"rendered":"Enriquez, Mariana \u00ab\u00a0Ce que nous avons perdu dans le feu\u00a0\u00bb (2017) 246 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Autrice\u00a0<\/b>: N\u00e9e \u00e0 Buenos Aires en 1973, elle a fait des \u00e9tudes de journalisme \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de La Plata et dirige Radar, le suppl\u00e9ment culturel du journal P\u00e1gina\/12. Elle a pass\u00e9 son enfance \u00e0 Corrientes. Elle a publi\u00e9 deux recueils de nouvelles, dont le tr\u00e8s remarqu\u00e9 Ce que nous avons perdu dans le feu, publi\u00e9 aux Editions du sous-sol en 2017 (Points, 2021). Elle a re\u00e7u le prestigieux prix Heralde et le prix de la Critique pour son premier roman Notre part de nuit, succ\u00e8s de librairie en Espagne et en Am\u00e9rique latine et en cours de traduction dans plus d\u2019une vingtaine de langues. Succ\u00e8s de la rentr\u00e9e \u00e9trang\u00e8re de 2021, elle a re\u00e7u les prestigieux prix de l\u2019Imaginaire, prix Imaginales, prix des Libraires du Qu\u00e9bec, prix Payot du roman \u00e9tranger pour Notre part de nuit. Les Dangers de fumer au lit a \u00e9t\u00e9 finaliste de l\u2019\u00e9dition 2021 de l\u2019International Booker Prize.<\/p>\n<p><strong>Romans<\/strong> : \u00a0Bajar es lo peor (Espasa Calpe, 1995), C\u00f3mo desaparecer completamente (Emec\u00e9, 2004) et <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14471\">Notre part de nuit<\/a><\/span> (Anagrama, 2019 \/ Editions du Sous-Sol 2021 ).<br \/>\n<strong>Nouvelles<\/strong>\u00a0: \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=17722\">Les dangers de fumer au lit<\/a><\/span>\u00bb (Los peligros de fumar en la cama (Emec\u00e9, 2009),\u00a0\u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Enriquez, Mariana \u00ab\u00a0Ce que nous avons perdu dans le feu\u00a0\u00bb (2017) 246 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20270\">Ce que nous avons perdu dans le feu<\/a><\/span>\u00a0\u00bb \u2013 2019 (Las cosas que perdimos en el fuego \u2013 Editorial Anagrama, 2016) et le roman court Chicos que vuelven (Eduvim, 2010).<\/p>\n<p>Editions du Sous-Sol \u2013 12.01.2017 \u2013 238 pages \u2013 Traduit par Anne Plantagenet<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>(<i>Las cosas que perdimos en el fuego 2016 <\/i>)<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>\/ Point Poche &#8211; 19.08.2021 &#8211; 246 pages<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9 Editeur:<\/b><\/p>\n<p>Douze nouvelles. Un enfant de junkie dispara\u00eet du jour au lendemain dans un ancien quartier cossu de Buenos Aires, livr\u00e9 d\u00e9sormais \u00e0 la drogue et \u00e0 la violence. Des jeunes femmes se promettent dans le sang de ne jamais avoir d&rsquo;amants et sont obs\u00e9d\u00e9es par la silhouette fugace d&rsquo;une adolescente disparue. Adela, amput\u00e9e d&rsquo;un bras, aime se faire peur en regardant des films d&rsquo;horreur jusqu&rsquo;\u00e0 en devenir prisonni\u00e8re. Alors qu&rsquo;il vient de devenir p\u00e8re, Pablo est hant\u00e9 par la figure du Petiso Orejudo, un enfant serial killer. Un voyage confin\u00e9 en voiture dans l&rsquo;humidit\u00e9 du Nord se termine sur un malentendu. Marcela, elle, se mutile en pleine salle de classe, au grand d\u00e9sarroi de ses camarades. Vera, un cr\u00e2ne rep\u00each\u00e9 dans la rue, se meut en double d\u00e9nu\u00e9 de chair d&rsquo;une femme au bord de la crise de nerfs. Paula, ancienne assistante sociale, se bat avec ses d\u00e9mons et ses hallucinations. Marco, lui, se cache derri\u00e8re sa porte, mutique, esp\u00e9rant \u00e9chapper \u00e0 l&rsquo;existence, dehors. Sous l&rsquo;eau noire, des secrets bien gard\u00e9s par la police sont pr\u00eats \u00e0 ressurgir. Et des femmes, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es, s&rsquo;enflamment pour protester contre la violence.<br \/>\nL&rsquo;univers de Mariana Enriquez n&rsquo;est pas tendre. Sorte de Julio Cort\u00e1zar f\u00e9minine et f\u00e9ministe, elle partage avec l&rsquo;auteur de Tous les feux le feu, l&rsquo;art de jouer avec les codes du fantastique sans jamais y plonger. Le monstre n&rsquo;est pas tapi dans les bois : nous sommes les monstres. D&rsquo;une main de ma\u00eetre, elle dessine avec Ce que nous avons perdu dans le feu un univers romanesque qui flirte avec l&rsquo;horreur mais n&rsquo;y sombre pas. M\u00ealant petites histoires et grande Histoire, elle \u00e9voque le pass\u00e9 de l&rsquo;Argentine \u2013 ses morts, ses fant\u00f4mes \u2013 par petites touches. Dans une langue d\u00e9licate et faussement simple, elle d\u00e9ploie une construction narrative o\u00f9 le suspense et l&rsquo;humour s&rsquo;entrem\u00ealent pour mieux nous faire rire et frissonner du m\u00eame coup.<\/p>\n<p><b>Mon avis ( <em>et extraits en italique<\/em> ) <\/b>: 12 nouvelles \u00a0( un petit paragraphe par nouvelle)\u00a0<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Ici contrairement aux autres livres de l\u2019autrice, on plonge dans le quotidien et non dans le surnaturel.<br \/>\nBienvenue dans le quotidien de la soci\u00e9t\u00e9 et des femmes en particulier en Am\u00e9rique Latine! Et le quotidien d\u00e9crit ici est un pur cauchemar ! On va se trouver confront\u00e9s \u00e0 des corps qui disparaissent ou r\u00e9apparaissent\u2026 Nous allons aller \u00e0 la rencontre des \u00ab\u00a0invisibles\u00a0\u00bb, des en marge de la soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\nLe th\u00e8me principal est la femme, le statut de la femme dans une soci\u00e9t\u00e9 patriarcale, et la question de sa possible libert\u00e9 dans cette soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\nCes nouvelles explorent la terreur, la d\u00e9pression, la pauvret\u00e9, les in\u00e9galit\u00e9s, les violences &#8211; la violence domestique en particulier -, la magie noire, les superstitions \u2026<br \/>\nUn conseil : si vous n\u2019avez pas le moral, ce n\u2019est pas le moment de le lire ! Car c\u2019est difficile de se remettre d\u2019une telle violence sociale!<span class=\"Apple-converted-space\"> Je ne suis toujours pas particuli\u00e8rement fan de nouvelles mais l&rsquo;univers de cette autrice me fascine!\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>L\u2019enfant sale<\/b><\/p>\n<p>Dans un ancien quartier bourgeois de Buenos Aires, du XIX\u00e8me qui a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 et est devenu tr\u00e8s mal fr\u00e9quent\u00e9 &#8211; peut-\u00eatre le plus dangereuse de Buenos Aires &#8211;<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>habit\u00e9 par des junkies, des paum\u00e9s, des travelos bourr\u00e9s, o\u00f9 le risque de se faire agresser est permanent, qui vivent souvent dans la rue. Une jeune femme de la classe moyenne a choisi d\u2019habiter dans l\u2019ancienne maison de ses grands parents. En face de chez elle vivent une jeune femme et son enfant de 5 ans. La m\u00e8re va disparaitre puis r\u00e9apparaitre. Quelques jours apr\u00e8s on va d\u00e9couvrir le corps d\u2019un jeune enfant d\u00e9capit\u00e9, qui a \u00e9t\u00e9 agress\u00e9 sexuellement. Dans ce quartier , il y a un endroit o\u00f9 l\u2019on dresse des autels au San la Muerte.. une question se pose : est-ce une offrande ? Est-ce que cela a quelque chose \u00e0 voir avec le Satanisme? Est-ce le petit d\u2019en face?<br \/>\nLa violence dans les rues de Buenos-Aires<\/p>\n<p><i>Il s\u2019agit de ne pas avoir peur, de nouer des amiti\u00e9s strat\u00e9giques, de saluer ses voisins m\u00eame si ce sont des d\u00e9linquants \u2013\u00a0surtout si ce sont des d\u00e9linquants\u00a0\u2013, de marcher la t\u00eate haute, en se tenant sur ses gardes.<\/i><\/p>\n<p><b>L\u2019H\u00f4tel<\/b><\/p>\n<p>A Sanagaste, lieu touristique, il n\u2019y a qu\u2019un h\u00f4tel comme lieu pour s\u2019amuser.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Une famille va souvent dans ce village en vacances avec leurs deux filles : Lali 15 ans, qui a une r\u00e9putation de f\u00eatards et de petite pute et sa soeur Florence plus \u00e2g\u00e9e. Une des amies de l\u2019une des soeurs habite dans le village et elles vont s\u2019introduire de nuit dans l\u2019h\u00f4tel pour se vanter de la propri\u00e9taire de l\u2019h\u00f4tel qui a vir\u00e9 le p\u00e8re de la jeune fille qui y travaillait comme guide\u2026<\/p>\n<p><b>Les ann\u00e9es intoxiqu\u00e9es<\/b><\/p>\n<p>Alcool, drogue, m\u00e9dicaments, inflation, avortement, ch\u00f4mage\u2026<\/p>\n<p><i>Parfois il nous d\u00e9posait devant chez l\u2019une ou l\u2019autre, parfois plaza Italia, o\u00f9 on achetait aux hippies du march\u00e9 artisanal un peu de cette herbe d\u00e9mente qui s\u2019appelait punto rojo.<\/i><\/p>\n<p><b>La maison d\u2019Adela. (Ma pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e)<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p>Une petite fille handicap\u00e9e, des films d\u2019horreur, une maison qui parle\u2026 Trois jeunes vont r\u00e9ussir \u00e0 s\u2019introduire dans la vielle maison qui va se refermer sur l\u2019une d\u2019entre eux. Petit probl\u00e8me : la maison que les enfants ont visit\u00e9e n\u2019est pas la maison que per\u00e7oivent les autres gens\u2026<br \/>\nUne histoire de maison hant\u00e9e<\/p>\n<p><i>La maison n\u2019avait rien de sp\u00e9cial \u00e0 premi\u00e8re vue, mais, quand on y regardait de plus pr\u00e8s, certains d\u00e9tails \u00e9taient inqui\u00e9tants. Les fen\u00eatres \u00e9taient mur\u00e9es, de part en part, avec des briques. Pour \u00e9viter que quelqu\u2019un entre ou que quelque chose ne sorte\u00a0?<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/i><\/p>\n<p><i>\u2014\u00a0C\u2019est la maison qui nous parle. Tu ne l\u2019entends pas\u00a0?<br \/>\n<\/i><i>\u2014\u00a0La pauvre, dit Pablo. Elle n\u2019entend pas la voix de la maison.<br \/>\n<\/i><i>\u2014\u00a0\u00c7a ne fait rien, dit Adela. On te raconte.<br \/>\n<\/i><i>Et ils me racontaient.<br \/>\n<\/i><i>La petite vieille, qui avait des yeux sans pupilles mais n\u2019\u00e9tait pas aveugle.<br \/>\n<\/i><i>Le petit vieux, qui br\u00fblait des livres de m\u00e9decine \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du poulailler vide, dans la cour arri\u00e8re.<br \/>\n<\/i><i>La cour arri\u00e8re, aussi s\u00e8che et morte que le jardin, pleine de petits trous comme des terriers \u00e0 rats.<br \/>\n<\/i><i>Un robinet qui n\u2019arr\u00eatait pas de goutter car ce qui vivait dans la maison avait besoin d\u2019eau.<\/i><\/p>\n<p><b><i>\u201cPablito clav\u00f3 un clavito\u201d<\/i>\u00a0: une \u00e9vocation du Petiso Orejudo<\/b><\/p>\n<p>Une agence touristique de Buenos-Aires propose des tours et surtout un circuit sur les lieux des crimes et sur les criminels c\u00e9l\u00e8bres. Un soir, le guide voit dans le bus un criminel mort depuis des ann\u00e9es qui avait commenc\u00e9 \u00e0 tuer \u00e0 l\u2019\u00e2ge de neuf ans \u2026 Le guide est le seul \u00e0 le voir. Est-ce le fant\u00f4me du criminel d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1944? <span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Le criminel en question a bien exist\u00e9 au d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle<b><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p><i>La ville n\u2019avait pas de grands assassins, \u00e0 l\u2019exception des dictateurs, non inclus dans le circuit par biens\u00e9ance politique.\u00a0<\/i><\/p>\n<p><i><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>lui, tout ce qui lui plaisait, c\u2019\u00e9tait d\u2019attaquer des enfants et d\u2019allumer des incendies. Car il \u00e9tait aussi pyromane\u00a0; il aimait voir les flammes et observer le travail des pompiers, \u201csurtout quand ils tombaient dans le feu\u201d,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/i><\/p>\n<p><b>Toile d\u2019araign\u00e9e<\/b><\/p>\n<p>Petit tour au Paraguay, et plus particuli\u00e8rement au march\u00e9 d\u2019Asunci\u00f3n. Sur le retour, panne de voiture\u2026<\/p>\n<p><i>Je me demandais pourquoi on appelait le \u00f1anduti \u201ctoile d\u2019araign\u00e9e\u201d\u00a0; probablement \u00e0 cause de la technique de tissage, car le r\u00e9sultat final \u00e9voquait plut\u00f4t la queue des paons royaux, avec les yeux entre les plumes, beaux et inqui\u00e9tants en m\u00eame temps, de multiples yeux \u00e9parpill\u00e9s sur l\u2019animal, qui marchait lourdement \u2013\u00a0un oiseau sublime mais qui avait toujours l\u2019air fatigu\u00e9.<\/i><\/p>\n<p><i>\u2014\u00a0On commet tous des erreurs, me dit-elle. L\u2019important, c\u2019est de les corriger.<br \/>\n<\/i><i>\u2014\u00a0Et comment on la corrige, celle-l\u00e0\u00a0?<br \/>\n<\/i><i>\u2014\u00a0Ma petite, la seule chose irr\u00e9parable, c\u2019est la mort.<\/i><\/p>\n<p><b>Fin des classes<\/b><\/p>\n<p>Marcela, une jeune fille se mutile \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Pour quelle raison ? Et en plus, il semble qu\u2019elle ne ressente aucune douleur \u2026 Est-ce de la folie ? Du d\u00e9lire ? Une jeune fille sous emprise?<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Pas de chair sur nous<\/b><\/p>\n<p>Un Cr\u00e2ne sans m\u00e2choire, avec uhh num\u00e9ro inscrit dessus. Et la fille qui l\u2019a trouv\u00e9 va l\u2019adopter\u2026<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><i>Nous marchons tous sur des os, il suffit de faire des trous profonds pour atteindre les morts enfouis. Il faut que je creuse, avec une pelle, avec les mains, comme les chiens, qui trouvent toujours des os, qui savent toujours o\u00f9 on les a cach\u00e9s, o\u00f9 on les a oubli\u00e9s.<\/i><\/p>\n<p><b>Le patio du voisin<\/b><\/p>\n<p>Paola et Miguel d\u00e9m\u00e9nagent dans une nouvelle maison. Paola est en d\u00e9pression mais son mari pense que tout est question de volont\u00e9 et que si elle veut s\u2019en sortir, elle n\u2019a qu\u2019\u00e0 se bouger. Le couple ne va donc pas tr\u00e8s bien.<br \/>\nPaola, alors qu\u2019elle est seule dans la maison guette le chat gris qu\u2019elle avait vu dans le patio du voisin. Au lieu du chat, elle voit un enfant encha\u00een\u00e9..son mari la traite de fille et ne la croit pas\u2026 Probl\u00e8mes de couple, de communication, mise en doute de l\u2019utilit\u00e9 de la psychiatrie.<\/p>\n<p><b>Sous l\u2019eau noire<\/b><\/p>\n<p>Devant la procureure comparait un policier. Dans le Sud du pays, les policiers tuent les jeunes plut\u00f4t que de les prot\u00e9ger. Deux jeunes de 15 ans ont \u00e9t\u00e9 battus et jet\u00e9s au fleuve par des flics alcoolis\u00e9s et brutaux sans aucun motif valable. Une jeune toxico affirme avoir vu landes deux morts bien en vie\u2026 La procureure va se rendre sur place, seule, dans un des pires bidonville de la r\u00e9gion. Une question : qu\u2019est-ce qu\u2019il y a dans l\u2019eau noire de la rivi\u00e8re de ce bidonville?<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Vert rouge orang\u00e9<\/b><\/p>\n<p>Un homme se renferme de plus en plus sur lui-m\u00eame, en compagnie de son ordinateur, du Darkweb, du monde virtuel. Il vit dans le monde de ceux qui ne veulent plus sortir de chez eux. L\u00e0 encore les probl\u00e8mes de communication entre les \u00eatres est au centre de la nouvelle.<\/p>\n<p><i>Tu es un hikikomori. Tu sais ce que c\u2019est, n\u2019est-ce pas\u00a0? Ce sont ces Japonais qui s\u2019enferment dans leurs chambres, leur famille les entretient, ils ne souffrent d\u2019aucun autre probl\u00e8me mental, c\u2019est juste que la pression du monde ext\u00e9rieur leur est insupportable, le fait d\u2019avoir une vie sociale, ce genre de choses. Leurs parents ne les expulsent jamais. C\u2019est une \u00e9pid\u00e9mie au Jap<\/i>on. \u00c7a n\u2019existe quasiment pas dans les autres pays. M\u00eame si parfois ils sortent, surtout la nuit, seuls.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><i>Oublier les gens qu\u2019on a seulement connus \u00e0 travers des mots est bizarre, tant qu\u2019ils existaient ils \u00e9taient plus intenses que la r\u00e9alit\u00e9, et \u00e0 pr\u00e9sent ils sont plus \u00e9loign\u00e9s que des \u00e9trangers.<\/i><\/p>\n<p><b>Ce que nous avons perdu dans le feu<\/b><\/p>\n<p>Une fille dans le m\u00e9tro, atrocement brul\u00e9e par son mari qui l\u2019a d\u00e9figur\u00e9e car elle l\u2019avait tromp\u00e9. Une top-mod\u00e8le brul\u00e9e \u00e0 70% par son mari\u2026 Puis des femmes commencent \u00e0 s\u2019immoler par le feu\u2026<br \/>\ncette nouvelle parle de la violence de genre, de la violence conjugale, de la jalousie, des sorci\u00e8res qui furent condamn\u00e9es pour leurs acts et br\u00fbl\u00e9es par les hommes.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><i>\u2014\u00a0De tous temps les hommes ont br\u00fbl\u00e9 les femmes, ma petite. Ils nous ont toujours br\u00fbl\u00e9es. D\u00e9sormais on le fait nous-m\u00eames. Mais pas pour mourir\u00a0: pour leur montrer nos cicatrices.<\/i><\/p>\n<p><i>Elle entra dans le feu comme dans une piscine, plongea, d\u00e9sireuse de s\u2019y enfoncer\u00a0: il n\u2019y avait aucun doute sur le fait qu\u2019elle agissait de sa propre volont\u00e9, une volont\u00e9 irrationnelle ou sous influence, mais propre. Elle br\u00fbla \u00e0 peine vingt secondes.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/i><\/p>\n<p><i><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>Je leur raconte que nous, les femmes, on nous a toujours br\u00fbl\u00e9es, on nous a br\u00fbl\u00e9es pendant quatre si\u00e8cles\u00a0! Elles ont du mal \u00e0 le croire, elles ne savaient rien des proc\u00e8s en sorcellerie, vous imaginez\u00a0? L\u2019\u00e9ducation de ce pays laisse vraiment \u00e0 d\u00e9sirer.<\/i><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0: N\u00e9e \u00e0 Buenos Aires en 1973, elle a fait des \u00e9tudes de journalisme \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de La Plata et dirige Radar, le suppl\u00e9ment culturel du journal P\u00e1gina\/12. Elle a pass\u00e9 son enfance \u00e0 Corrientes. Elle a publi\u00e9 deux recueils de nouvelles, dont le tr\u00e8s remarqu\u00e9 Ce que nous avons perdu dans le feu, publi\u00e9 &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20270\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":20271,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[521,135,93,193,30,192],"tags":[424,863,159,607,617,697,525,597,1349,313,435,1732,421,385,780,72,422,240,598,890,169],"class_list":["post-20270","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-521","category-amerique-latine","category-argentine","category-etude-de-societe","category-latino","category-xxieme-siecle","tag-agression","tag-condition-feminine","tag-drogue","tag-etude-de-societe","tag-fantastique","tag-fantome","tag-femmes-battues","tag-horreur","tag-intolerance","tag-justice","tag-liberte","tag-litterature-argentine","tag-machisme","tag-misere","tag-misere-sociale","tag-nouvelles","tag-peur","tag-police","tag-terreur","tag-vie-quotidienne","tag-violence"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20270","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=20270"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20270\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20273,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20270\/revisions\/20273"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/20271"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=20270"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=20270"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=20270"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}