{"id":20291,"date":"2024-05-23T15:00:41","date_gmt":"2024-05-23T13:00:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20291"},"modified":"2024-05-23T15:22:36","modified_gmt":"2024-05-23T13:22:36","slug":"mcdaniel-tiffany-du-cote-sauvage-rlh2024-707-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20291","title":{"rendered":"McDaniel, Tiffany \u00ab\u00a0Du c\u00f4t\u00e9 sauvage\u00a0\u00bb (RLH2024) 707 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Autrice<\/b>\u00a0: Tiffany McDaniel vit \u00e0 Circleville dans l&rsquo;Ohio, \u00c9tat o\u00f9 elle est n\u00e9e en 1985 et a grandi. Son \u00e9criture se nourrit des paysages de collines ondulantes et de for\u00eats luxuriantes de la terre qu\u2019elle conna\u00eet. Elle est \u00e9galement po\u00e8te et plasticienne. En 2002, elle a dix-sept ans et la d\u00e9couverte de secrets de famille d\u00e9clenche son envie d\u2019\u00e9crire. En 2003, elle ach\u00e8ve une premi\u00e8re version de Betty, qu\u2019elle envoie \u00e0 des agents litt\u00e9raires. Mais c\u2019est seulement en 2017 que le prestigieux \u00e9diteur am\u00e9ricain Knopf, maison litt\u00e9raire du groupe Penguin, s\u2019int\u00e9resse au roman. Les droits de publication \u00e0 l\u2019\u00e9tranger sont c\u00e9d\u00e9s dans plusieurs pays, dont la France et l\u2019Angleterre. Betty para\u00eet en 2020. Le livre est un immense succ\u00e8s et remporte de nombreux prix litt\u00e9raires : Prix du Roman Fnac 2020, Prix America du meilleur roman \u00e9tranger 2020, Roman \u00e9tranger pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des libraires du Palmar\u00e8s Livres Hebdo 2020, Prix des libraires du Qu\u00e9bec 2021, Prix Libr\u2019\u00e0 Nous 2021 du meilleur roman \u00e9tranger, Prix 2022 du club des irr\u00e9sistibles des biblioth\u00e8ques de Montr\u00e9al.<br \/>\nL\u2019\u00e9t\u00e9 o\u00f9 tout a fondu, \u00e9crit quelques ann\u00e9es apr\u00e8s Betty, trouvera un \u00e9diteur en moins d\u2019un mois : il s\u2019agit donc du premier roman publi\u00e9 de Tiffany McDaniel, m\u00eame si c\u2019est le 5e ou 6e dans l\u2019ordre d\u2019\u00e9criture.<br \/>\nTiffany McDaniel a obtenu le titre de Chevalier de l&rsquo;Ordre des Arts et des Lettres en juillet 2021. (Source Gallmeister)<\/p>\n<p><b>Romans traduits en fran\u00e7ais<\/b>\u00a0:<br \/>\n&#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=17056\">L\u2019\u00e9t\u00e9 o\u00f9 tout a fondu<\/a> <\/span>(<i>The Summer That Melted Everything 2016) <\/i><br \/>\n&#8211; Betty (Prix du roman Fnac 2020 &#8211; Prix America du meilleur roman &#8211; Roman \u00e9tranger pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des libraires<br \/>\n&#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"McDaniel, Tiffany \u00ab\u00a0Du c\u00f4t\u00e9 sauvage\u00a0\u00bb (RLH2024) 707 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20291\">Du c\u00f4t\u00e9 sauvage<\/a><\/span> (<i>On the Savage side 2023)<\/i><\/p>\n<p>Editions Gallmeister &#8211; Parution 07.03.2024\u2013 707 pages (<i>On the Savage side<\/i> traduit par Fran\u00e7ois Happe)<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/b>:<\/p>\n<p>Arc et Daffy sont jumelles, n\u00e9es \u00e0 une minute d&rsquo;intervalle. Unies par leur indomptable chevelure rousse, les r\u00e9cits de leur grand-m\u00e8re et une imagination fertile, les deux soeurs sont ins\u00e9parables. Ensemble, elles fuient un quotidien sordide en plongeant dans un monde imaginaire. Pourtant, irr\u00e9m\u00e9diablement englu\u00e9es dans les t\u00e9n\u00e8bres familiales, elles ne peuvent \u00e9chapper aux fant\u00f4mes qui les hantent.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Devenue adulte, Arc lutte toujours avec ses souvenirs lorsque l&rsquo;on d\u00e9couvre le corps d&rsquo;une femme noy\u00e9e dans la rivi\u00e8re. Bient\u00f4t, les cadavres s&rsquo;accumulent. Alors que ses amies disparaissent autour d&rsquo;elle, Arc se rend peu \u00e0 peu \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence tenir la promesse qu&rsquo;elle a faite \u00e0 Daffy de les prot\u00e9ger des puissants remous du \u00ab\u00a0c\u00f4t\u00e9 sauvage\u00a0\u00bb de l&rsquo;existence s&rsquo;av\u00e8re impossible. Le nouveau chef-d&rsquo;oeuvre \u00e9l\u00e9giaque de Tiffany McDaniel est une ode \u00e0 toutes celles qui ont disparu ou qui ont perdu un \u00eatre cher, une ode transcend\u00e9e par une plume virtuose et lumineuse.<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>:<br \/>\nLe livre a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 \u00e0 l\u2019autrice &#8211; native de l\u2019Ohio &#8211;<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>par une s\u00e9rie de disparitions et de meurtres dans cet Etat, \u00e0 Chillicothe, tr\u00e8s exactement.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Il leur est d\u2019ailleurs d\u00e9di\u00e9. Mais elle situe son roman dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XX\u00e8me si\u00e8cle (entre 1970 et 1990) et non entre mai 2014 et mai 2015 comme c\u2019est le cas dans la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Tout comme dans son roman pr\u00e9c\u00e9dent, \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9t\u00e9 ou tout a fondu\u00a0\u00bb on retrouve une ambiance tr\u00e8s dure, un cot\u00e9 extr\u00eamement sombre mais autant je n\u2019avais pas \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement choqu\u00e9e par le pr\u00e9c\u00e9dent autant j\u2019ai vraiment d\u00fb m\u2019accrocher pour finir celui-ci<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>et je sais maintenant que je ne vais pas m\u2019aventurer dans \u00ab\u00a0Betty\u00a0\u00bb (enfin je dis \u00e7a maintenant mais ses livres valent vraiment la peine d\u2019\u00eatre lus\u2026 alors\u2026). Je sais que pour beaucoup de gens c\u2019est un coup de coeur mais pas pour moi du fait de l\u2019extr\u00eame noirceur du roman.<\/p>\n<p>C\u2019est un excellent roman, mais tellement dur et d\u00e9primant. Oui je sais, c\u2019est la vraie vie, la r\u00e9alit\u00e9 de certains. Des situations qu\u2019il faut d\u00e9noncer et ne pas se voiler la face.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Oui le couple des jumelles Arc\/Daffy est fusionnel (c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire) &#8211; deux moiti\u00e9s de la m\u00eame &#8211; mais c\u2019est tellement glauque, sombre, triste, d\u00e9primant. Le livre qui tire vers le bas; certes il d\u00e9peint une r\u00e9alit\u00e9 mais j\u2019ai l\u2019impression que le r\u00e9cit t\u2019enfonce plus qu\u2019autre chose\u2026 C\u2019est trop mis\u00e9rabiliste, trop de noir tuerait presque la po\u00e9sie et la magie de son \u00e9criture\u2026<br \/>\nApr\u00e8s moins de la moiti\u00e9 du livre, j\u2019ai eu envie que cela finisse\u2026 je l\u2019ai lu jusqu\u2019au bout car il y a malgr\u00e9 tout des moments de gr\u00e2ce et de lumi\u00e8re, des sc\u00e8nes superbes mais une telle violence et une telle pauvret\u00e9\u2026 elle a presque m\u00eame r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9teindre l\u2019attachement que j\u2019avais au d\u00e9but pour certains personnages\u2026<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Toutefois mon attachement est rest\u00e9 constant pour une personne qui traverse tout le livre, bien que disparue d\u00e8s le d\u00e9but : la grand-m\u00e8re, Mamie Milkweed .<br \/>\nEt la partie nature et connexion \u00eatres\/nature: la rivi\u00e8re, la terre. Le rapport \u00e0 la nature est magnifiquement trait\u00e9, en particulier \u00e0 la terre et \u00e0 l\u2019eau, les deux moiti\u00e9s des jumelles formant la symbiose terre\/eau, roches\/vagues\u2026 L\u2019air aussi est bien pr\u00e9sent sous forme de vent\u2026<br \/>\nIl y a des moments qui parlent des origines, du pass\u00e9, de l\u2019Histoire ancienne, de po\u00e9sie, de culture<\/p>\n<p>Un roman sur la d\u00e9sesp\u00e9rance, la d\u00e9pendance, les relations m\u00e8re-fille, sur le statut de femme, sur<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>la pauvret\u00e9, la violence, la drogue,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Si vous avez le coeur bien accroch\u00e9, que les sc\u00e8nes dures de mis\u00e8re, de d\u00e9pendance \u00e0 la drogue, de violence envers les femmes, de d\u00e9chirement, de qu\u00eate d\u2019un petit coin de ciel bleu ne vous tordent pas les tripes, n\u2019h\u00e9sitez pas \u00e0 le lire car l\u2019\u00e9criture est belle et les personnages poignants. Mais sachez que vous avez int\u00e9r\u00eat \u00e0 avoir le moral car sinon vous allez finir cass\u00e9s\u2026<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Extraits<\/b>: (oui il y en a beaucoup mais le livre fait plus de 700 pages\u2026)<\/p>\n<p>Il fut un temps o\u00f9 ces terres \u00e9taient appel\u00e9es Chala-ka-tha par les tribus autochtones qui vivaient l\u00e0 depuis des milliers d\u2019ann\u00e9es, quand les colons europ\u00e9ens vinrent s\u2019en emparer et leur donner un nom que la langue des Blancs pouvait s\u2019approprier. Chillicothe.<\/p>\n<p>Sous ces nuages de l\u2019Ohio, une rivi\u00e8re va continuer \u00e0 couler, et une m\u00e8re va pleurer toutes les larmes de son corps. Dans les courants, acc\u00e9l\u00e9r\u00e9s par la pluie et le brouillard, jusqu\u2019\u00e0 quelle distance de chez lui un corps peut-il d\u00e9river\u00a0?<\/p>\n<p>Deux filles aux cheveux d\u2019un roux flamboyant et aux yeux \u00e9tranges. Mon \u0153il droit \u00e9tait bleu. Le gauche \u00e9tait vert. C\u2019\u00e9tait l\u2019inverse pour Daffy. Nous sommes n\u00e9es toutes les deux avec une\u00a0<i>heterochromia iridis<\/i>. C\u2019est ainsi que les docteurs ont appel\u00e9 la diff\u00e9rence de couleur de nos yeux. Mais pour nous, \u00e0 l\u2019ombre de la papeterie, c\u2019\u00e9taient des billes de sorci\u00e8res.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Il y a quatre \u00e9l\u00e9ments dans l\u2019univers, nous dit un jour mamie Milkweed, \u00e0 Daffy et moi. La terre, l\u2019air, le feu et l\u2019eau. Vous avez le feu dans vos cheveux. Vous avez l\u2019air dans vos poumons. Et vous avez la terre dans votre \u0153il vert et l\u2019eau dans votre \u0153il bleu.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Est-ce que vous savez ce qui arrive aux ombres des oiseaux quand ils volent\u00a0? Leurs ombres se prennent dans les branches des arbres et les sorci\u00e8res s\u2019en emparent. Et est-ce que vous savez ce qui arrive aux ombres des poissons quand ils nagent au-dessus des rochers\u00a0?<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Leurs ombres sont prises et emport\u00e9es par les sorci\u00e8res\u00a0? demandai-je.<br \/>\n\u2014\u00a0C\u2019est cela, Arc. Ensuite, les bords des ombres sont liss\u00e9s quand les sorci\u00e8res les font rouler dans leurs mains. Et elles les font rouler jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elles deviennent des billes. La plus sage des vieilles sorci\u00e8res a pris quatre de ces billes et en a donn\u00e9 une de chaque \u00e0 vous deux pour qu\u2019elles soient vos yeux, et pour que chacune de vous soit toujours la moiti\u00e9 de l\u2019autre. Un \u0153il bleu pour la fille qui aime nager. (Elle tapota la t\u00eate de Daffy.) Un \u0153il vert pour la fille qui aime creuser dans la terre. (Elle tapota ma t\u00eate.)<\/p>\n<p>promettez-moi que vous m\u2019enterrerez le visage tourn\u00e9 vers le bas, pour que la terre ne me remplisse pas les yeux, comme \u00e7a je serai la seule r\u00eaveuse morte qui ne sera pas \u00e0 moiti\u00e9 aveugle.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Comme tu l\u2019as dilu\u00e9e avec de l\u2019eau de la rivi\u00e8re, lui dit Sage Nell, on va avoir la rivi\u00e8re en nous. On va vivre pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9.<br \/>\n\u2014\u00a0Qu\u2019est-ce qu\u2019on en a \u00e0 foutre de l\u2019\u00e9ternit\u00e9\u00a0? (Thursday regardait le m\u00e9lange bouillonner dans la cuiller.) Ce que je veux, c\u2019est maintenant.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0La pluie est une femme en train d\u2019expliquer le temps, nous racontait-elle. L\u2019herbe en est une qui grandit au fil des ann\u00e9es, et la rivi\u00e8re en est une autre qui n\u2019a pas ri dans sa vie, et ce sont ses larmes qui creusent la terre.<\/p>\n<p>Toutes les routes, par ici, ne sont pas couvertes de cailloux, les filles, mais des cicatrices de la femme, parce que seules les cicatrices d\u2019une femme sont assez solides pour supporter qu\u2019on leur roule dessus sans arr\u00eat.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Toutes les femmes disparaissent de temps en temps, ma ch\u00e9rie.\u00a0L\u2019important, ce n\u2019est pas de dispara\u00eetre, c\u2019est comment se trouver soi-m\u00eame.<\/p>\n<p>Mamie Milkweed a de la dentelle dans les coins de sa maison.<br \/>\n\u2014\u00a0Ce sont des toiles d\u2019araign\u00e9e, ma ch\u00e9rie.<\/p>\n<p>Dans la vie, il y a le c\u00f4t\u00e9 sauvage et il y a le beau c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<p>Tu te souviens que mamie Milkweed nous racontait qu\u2019on avait des oc\u00e9ans dans les yeux\u00a0? Et que chaque larme qu\u2019on perdait emportait avec elle une sir\u00e8ne ou un poisson\u00a0? Tu ne veux tout de m\u00eame pas laisser partir des sir\u00e8nes ou des baleines ou des poissons remarquables, n\u2019est-ce pas\u00a0?<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Parce qu\u2019une brise est un murmure et qu\u2019un vent est un cri. Et une fois que tu as attrap\u00e9 un cri, il faut aller le noyer dans la rivi\u00e8re.<\/p>\n<p>Elle disait toujours que la rivi\u00e8re chantait pour les femmes et pour ses filles, et qu\u2019elle soufflait dans sa trompette en direction du ciel, expulsant tout le chagrin en m\u00eame temps.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>\u2014\u00a0Je me souviens du jour o\u00f9 Nell et moi, on a fait un g\u00e2teau au chocolat ensemble, chez moi, dit Violet. Elle voulait laisser le g\u00e2teau dans le four plus longtemps que n\u00e9cessaire. Je lui ai dit qu\u2019il allait \u00eatre br\u00fbl\u00e9. Elle m\u2019a r\u00e9pondu que ce n\u2019\u00e9tait pas grave. Qu\u2019elle voulait que la cuisine sente comme celle de sa m\u00e8re.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Tu savais que dans l\u2019Antiquit\u00e9, les \u00c9gyptiens fabriquaient de l\u2019eye-liner en m\u00e9langeant de la malachite et de la gal\u00e8ne pil\u00e9es \u00e0 de la graisse animale\u00a0? Ils croyaient que l\u2019eye-liner emp\u00eachait les mauvais esprits de p\u00e9n\u00e9trer dans l\u2019\u0153il et de corrompre l\u2019\u00e2me.<\/p>\n<p>Le Tartare. C\u2019est le nom que les Grecs de l\u2019Antiquit\u00e9 avaient donn\u00e9 aux t\u00e9n\u00e8bres sous la terre. On disait que si on laissait tomber une pierre, il lui faudrait neuf jours pour atteindre le Tartare.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>La d\u00e9pendance est une voleuse. Elle vous vole les minutes du jour. La couleur du ciel. Elle vole le h\u00e9ros de l\u2019histoire, les feuilles sur les arbres, la r\u00e9ponse \u00e0 la question Qui suis-je ? La voleuse ne dispara\u00eet pas compl\u00e8tement parce que vous avez cess\u00e9 de vous planter une aiguille dans le bras. L\u2019abstinence est juste une meilleure cachette pour les minutes du jour, la couleur du ciel, la r\u00e9ponse \u00e0 la question Qui suis-je ?<\/p>\n<p>\u2026 il nous arriva de mentionner comment elle nous mettait au lit avec un bulbe de fleur sous notre oreiller.<br \/>\n\u2014\u00a0Pour qu\u2019elle prenne racine dans vos r\u00eaves, nous avait-elle dit. Quand il vous faudra quitter votre r\u00eave, il vous suffira de trouver la fleur, lui enlever ses p\u00e9tales, et vous vous r\u00e9veillerez.<\/p>\n<p>Maintenant, j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 tout foutu en l\u2019air. Je n\u2019ai plus peur que \u00e7a arrive. Alors je vais rester ici et continuer \u00e0 tout foutre en l\u2019air, parce que de toute fa\u00e7on, c\u2019\u00e9tait couru d\u2019avance.<\/p>\n<p>Une fille sans sa m\u00e8re est une femme perdue en mer. C\u2019est sa m\u00e8re qui la sauve. Mais si la m\u00e8re n\u2019est pas l\u00e0, la fille sera toujours perdue.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0\u00caTRE une femme, c\u2019est venir de l\u2019aube des temps, disait mamie Milkweed en se regardant dans le miroir. C\u2019est le plus grand d\u00e9fi que nous lance Dieu. Si nous \u00e9chouons, nous ne sommes promises \u00e0 rien d\u2019autre que cet \u00e9chec pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9, perdues dans la brume, aux limites du comt\u00e9. Si nous trouvons notre chemin pour sortir de l\u00e0, remercions les femmes qui nous ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es d\u2019avoir laiss\u00e9 la lumi\u00e8re allum\u00e9e pour lutter contre l\u2019obscurit\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est ce que tu es pour moi, tu l\u2019as toujours \u00e9t\u00e9. Toujours l\u00e0 pour me sauver quand les eaux montaient. Mais le probl\u00e8me, quand tu veux sauver quelqu\u2019un d\u2019une inondation, c\u2019est que tu dois te mettre \u00e0 l\u2019eau, toi aussi. Et parfois, tu n\u2019en ressors pas.<\/p>\n<p>Je ne peux pas dire qu\u2019aujourd\u2019hui je ne vais pas m\u2019effilocher.<br \/>\nIl est dans ma nature de partir \u2013 partir, et en m\u00eame temps rester.<\/p>\n<p>Je ne veux pas me trouver d\u2019excuse. J\u2019ai choisi de prendre la seringue, mais je veux dire qu\u2019une drogu\u00e9e a aussi \u00e9t\u00e9 une enfant. Nous avions l\u2019espoir et nous faisions le r\u00eave de devenir autre chose. Notre r\u00eave n\u2019\u00e9tait pas de nous supprimer.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Information : Fait divers<\/b><br \/>\nLe FBI enqu\u00eate sur la disparition de six femmes, toutes habitants de Chillicothe, dans l\u2019Ohio. En 13 mois, quatre d\u2019entre elles ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9es mortes. Les habitants craignent un tueur en s\u00e9rie mais rien n\u2019a \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9.<br \/>\nLes six avaient des points communs : probl\u00e8mes de drogue, plusieurs se connaissaient, les corps retrouv\u00e9s pr\u00e8s de points d\u2019eau, certaines se prostituaient<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0: Tiffany McDaniel vit \u00e0 Circleville dans l&rsquo;Ohio, \u00c9tat o\u00f9 elle est n\u00e9e en 1985 et a grandi. Son \u00e9criture se nourrit des paysages de collines ondulantes et de for\u00eats luxuriantes de la terre qu\u2019elle conna\u00eet. Elle est \u00e9galement po\u00e8te et plasticienne. En 2002, elle a dix-sept ans et la d\u00e9couverte de secrets de famille &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20291\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":20292,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[202,193,29,1,1948,81,78,192],"tags":[254,876,1663,461,863,159,239,2021,507,1933,199,1545,226,2061,2092,334,403,1264,669,260,276,314,927,410,359,111,1542,877],"class_list":["post-20291","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-etats-unis","category-etude-de-societe","category-americaine","category-non-classe","category-rlh2024","category-roman-noir","category-xxeme","category-xxieme-siecle","tag-amitie","tag-annees-70","tag-antiquite","tag-cauchemars","tag-condition-feminine","tag-drogue","tag-eau","tag-ecriture-poetique","tag-faits-divers","tag-faits-reels","tag-famille","tag-feminicide","tag-feminisme","tag-identite","tag-jumelles","tag-meurtres","tag-nature","tag-ohio","tag-pauvrete","tag-pedophilie","tag-prostitution","tag-rapports-familiaux","tag-rapports-sociaux","tag-relations-mere-fille","tag-reve","tag-solitude","tag-sororite","tag-terre"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20291","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=20291"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20291\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20295,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20291\/revisions\/20295"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/20292"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=20291"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=20291"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=20291"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}