{"id":20391,"date":"2024-06-05T12:27:45","date_gmt":"2024-06-05T10:27:45","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20391"},"modified":"2024-06-05T12:27:45","modified_gmt":"2024-06-05T10:27:45","slug":"chi-zijian-bonsoir-la-rose-2015-216-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20391","title":{"rendered":"Chi, Zijian  \u00ab Bonsoir la rose \u00bb (2015) 216 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Autrice<\/b> : Chi Zijian est n\u00e9e en 1964 \u00e0 Mohe, dans l\u2019extr\u00eame nord du Heilongjiang, le pays du froid, tout pr\u00e8s de la fronti\u00e8re avec la Russie. Elle a publi\u00e9 \u00e0 ce jour plus de quatre-vingt romans, recueils de nouvelles et essais. Traduite partout dans le monde, elle a remport\u00e9 de nombreux prix litt\u00e9raires parmi les plus prestigieux comme\u00a0le grand prix Mao Dun pour son roman Le Dernier Quartier de la lune. Une \u00e9criture \u00e9tincelante et d\u2019une profonde humanit\u00e9, une autrice qui n\u2019a pas fini de nous \u00e9tonner. (Source Editions Picquier)<\/p>\n<p>Editions Picquier &#8211; 05.2015 &#8211; 192 pages \/ Picquier poche &#8211; 03.2018 &#8211; 224 pages (traduit du chinois par Yvonne Andr\u00e9)<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9<\/b>:<br \/>\nIl faut d\u2019abord imaginer ce Grand Nord de la Chine aux si longs hivers, les fleurs de givre sur les vitres et l\u2019explosion vitale des \u00e9t\u00e9s trop brefs. Puis Xiao\u2019e, une jeune fille modeste, pas sp\u00e9cialement belle, dit-elle, pour qui la vie n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 tendre :\u00ab j\u2019appartenais \u00e0 une cat\u00e9gorie insidieusement repouss\u00e9e et an\u00e9antie par d\u2019invisibles forces mauvaises \u00bb. Et puis L\u00e9na aux yeux gris-bleu et au mode de vie raffin\u00e9, qui joue du piano et prie en h\u00e9breu, dont le visage exprime une solitude infinie. Elle qui avait une vie int\u00e9rieure si riche, comment pouvait-elle ne pas avoir connu l\u2019amour ? Xiao\u2019e rencontre donc L\u00e9na, une vieille dame juive dont la famille s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9e \u00e0 Harbin apr\u00e8s la r\u00e9volution d\u2019Octobre. Tout semble les opposer, pourtant on d\u00e9couvrira qu\u2019un terrible secret les lie. C\u2019est un monde o\u00f9 les fant\u00f4mes c\u00f4toient les supermarch\u00e9s, o\u00f9 les blessures de l\u2019enfance restent vivaces. A la fois d\u00e9sabus\u00e9 et espi\u00e8gle, tragique et gai. L\u2019\u00e9criture de Chi Zijian est, elle, \u00e0 la fois \u00e9tincelante et d\u2019une infinie d\u00e9licatesse. Un auteur qui n\u2019a pas fini de nous enchanter.<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>:<\/p>\n<p>Quelle rencontre, quels beaux portraits de femmes\u2026 Les hommes, par contre\u2026.<br \/>\nC\u2019est la rencontre entre une fille de la campagne, Xiao\u2019e et une vieille dame juive, Lena.<br \/>\nToutes les deux sont en quelque sorte des d\u00e9racin\u00e9es, l\u2019une a quitt\u00e9 sa campagne et l\u2019autre son pays. Les deux cachent un drame de leur enfance\/jeunesse dont elles ne souhaitent pas parler.<br \/>\nDans ce roman on vit \u00e0 la fois dans le pr\u00e9sent et le pass\u00e9, dans la vie r\u00e9elle et dans les l\u00e9gendes, les croyances, les souvenirs\u2026 Et l\u2019autrice cr\u00e9e une ambiance tr\u00e8s particuli\u00e8re, faite de r\u00e9signation et d\u2019amiti\u00e9, d\u2019ombre et d\u2019\u00e9clats de lumi\u00e8re\u2026<br \/>\nC\u2019est une jolie histoire, les personnages sont bien d\u00e9crits, attachants \u00e0 leur mani\u00e8re, mais comme souvent dans la litt\u00e9rature asiatique, il manque l\u2019\u00e9tincelle qui les rendrait vivants\u2026<br \/>\nTout est en d\u00e9licatesse, en subtilit\u00e9, en douceur, en retenue, mais justement un peu trop de retenue pour moi. J\u2019ai pass\u00e9 un moment agr\u00e9able mais ce sujet, j\u2019aurais souhait\u00e9 qu\u2019il m\u2019enflamme, me fasse bondir d\u2019indignation \u2026 J\u2019aurais voulu vibrer tout simplement.. Trop int\u00e9rioris\u00e9 pour moi\u2026 Et pourtant..<\/p>\n<p><b>Extraits<\/b>:<\/p>\n<p>\u00ab La femme est une rose, l\u2019homme est l\u2019abeille. Quand il a fini de butiner son pollen, qu\u2019elle n\u2019a plus d\u2019attraits pour lui, il s\u2019envole vers une autre rose. \u00bb<\/p>\n<p>Et puis L\u00e9na aux yeux gris-bleu et au mode de vie raffin\u00e9, qui joue du piano et prie en h\u00e9breu, dont le visage exprime une solitude infinie. Elle qui avait une vie int\u00e9rieure si riche, comment pouvait-elle ne pas avoir connu l\u2019amour ?<\/p>\n<p>J&rsquo;aime la neige, car sur Terre j&rsquo;ai peu de vrais amis, et quand il neige, j&rsquo;ai toute une bande d&rsquo;amis qui tombent du ciel, sans hostilit\u00e9, sans nuisance, sans moquerie. Ils m&#8217;embrassent, comme si la lumi\u00e8re du Paradis illuminait la poussi\u00e8re de la Terre, et mon c\u0153ur se r\u00e9jouit, s&rsquo;\u00e9claire, se d\u00e9tend.<\/p>\n<p>Il y avait des moments o\u00f9 l\u2019on aurait dit qu\u2019elle vivait dans un monde de contes pour enfants.<\/p>\n<p>Je projetai de d\u00e9m\u00e9nager. Il ne suffit pas d\u2019habiter une maison d\u2019autrefois pour faire de beaux r\u00eaves.<\/p>\n<p>Ses caract\u00e8res fins et d\u00e9li\u00e9s\u00a0zigzaguaient comme des notes qui se seraient envol\u00e9es sur une port\u00e9e.<\/p>\n<p>Il ajouta avec ironie qu\u2019autrefois seul l\u2019empereur pouvait porter des dragons sur son costume fun\u00e9raire, mais que maintenant le menu peuple le pouvait, ce qui prouvait les progr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9. On n\u2019avait pas encore r\u00e9solu le probl\u00e8me de l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans la vie, mais on l\u2019avait r\u00e9alis\u00e9 dans la mort.<\/p>\n<p>La m\u00e9lancolie a sa beaut\u00e9, une beaut\u00e9 que l\u2019int\u00e9ress\u00e9e doit savourer dans la solitude.<\/p>\n<p>Si la grand-rue est l\u2019\u00e9pine dorsale de Harbin, l\u2019h\u00f4tel Moderne en est l\u2019\u00e2me. Cet h\u00f4tel qui existe depuis un si\u00e8cle est toujours l\u2019\u00e9difice le plus \u00e0 la mode de la rue, ce qui prouve que la mode v\u00e9ritable ne craint pas le temps qui passe.<\/p>\n<p>On dirait que dans les rapports de couple, quand on se d\u00e9chire, on r\u00e9gresse de l\u2019\u00e9tat\u00a0d\u2019animal dou\u00e9 de sentiments \u00e0 l\u2019\u00e9tat de marchandise, parce que les sentiments ne sont pas plus ou moins chers, mais les marchandises le sont.<\/p>\n<p>Elle me dit avec tristesse : \u00ab Ce n\u2019est pas bon de rester en vie longtemps, on voit mourir bien plus de gens que les autres. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Du moment que l\u2019on ne se traite pas soi-m\u00eame en paria, peu importe que le monde entier vous mette en quarantaine. \u00bb<\/p>\n<p>Je ne veux pas entendre la voix du temps, car pour moi le temps est une rivi\u00e8re \u00e0 sec o\u00f9 plus rien ne coule.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice : Chi Zijian est n\u00e9e en 1964 \u00e0 Mohe, dans l\u2019extr\u00eame nord du Heilongjiang, le pays du froid, tout pr\u00e8s de la fronti\u00e8re avec la Russie. 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