{"id":204,"date":"2014-02-26T15:42:56","date_gmt":"2014-02-26T14:42:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=204"},"modified":"2022-09-14T09:46:59","modified_gmt":"2022-09-14T07:46:59","slug":"doerr-anthony-le-mur-de-memoire-2013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=204","title":{"rendered":"Doerr Anthony \u00ab\u00a0Le mur de m\u00e9moire\u00a0\u00bb (2013)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong>\u00a0: Ecrivain am\u00e9ricain n\u00e9 le 27 octobre 1973 \u00e0 Cleveland dans l&rsquo;Ohio.<br \/>\nR\u00e9compens\u00e9 en 2015 par le Prix Pulitzer pour \u00ab\u00a0Toute la lumi\u00e8re que nous ne pouvons voir\u00a0\u00bb, traduit en une quarantaine de langues et en cours d\u2019adaptation pour Netflix, Anthony Doerr s\u2019est impos\u00e9 au cours des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es comme l\u2019un des plus grands \u00e9crivains am\u00e9ricains contemporains.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s \u00ab\u00a0Le Nom des coquillages\u00a0\u00bb (2003), \u00ab\u00a0\u00c0 propos de Grace\u00a0\u00bb (2006) ou encore \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=204\">Le Mur de m\u00e9moire<\/a><\/span>\u00a0\u00bb (2013) et \u00ab\u00a0Toute la lumi\u00e8re que nous ne pouvons voir\u00a0\u00bb, tous parus aux \u00e9ditions Albin Michel, \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=16890\">La Cit\u00e9 des nuages et des oiseaux<\/a><\/span>\u00a0\u00bb (RL2022) \u00a0confirme l\u2019inventivit\u00e9 de son \u0153uvre ambitieuse et inclassable.<\/p>\n<div>\n<div><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> :\u00a0De l\u2019Afrique du Sud \u00e0 la Lituanie, de l\u2019Allemagne nazie \u00e0 la banlieue de Cleveland, le livre d\u2019Anthony Doerr est un voyage troublant dans l\u2019espace et dans le temps. Le temps de la m\u00e9moire qui relie, comme un fil fragile, les personnages de ces six nouvelles, tous hant\u00e9s par la perte ou la r\u00e9surgence de leur pass\u00e9, et confront\u00e9s \u00e0 ce manque vertigineux de ce qui a \u00e9t\u00e9 mais n\u2019est plus. \u00c0 l\u2019image d\u2019Alma, une veuve septuag\u00e9naire de Cape Town, \u00e0 qui l\u2019on tente curieusement de voler ses plus pr\u00e9cieux souvenirs, dans la magnifique nouvelle qui donne son titre au recueil.<\/div>\n<div>Nulle nostalgie sous la plume d\u2019Anthony Doerr, plut\u00f4t la volont\u00e9 d\u2019\u00e9voquer, de son \u00e9criture fluide, cristalline et \u00e9l\u00e9gante, en quoi la m\u00e9moire fa\u00e7onne nos destins et fait de nous des \u00eatres v\u00e9ritablement humains. R\u00e9compens\u00e9 par les plus prestigieux prix anglo-saxons, r\u00e9v\u00e9l\u00e9 en France par\u00a0Le Nom des coquillages, il poursuit une \u0153uvre ambitieuse et originale qui ne ressemble \u00e0 aucune autre.<\/div>\n<div><\/div>\n<div><strong>Mon avis\u00a0<\/strong>:\u00a06 nouvelles dans ce livre\u00a0: \u00ab\u00a0Le mur de m\u00e9moire\u00a0\u00bb (les souvenirs sont stock\u00e9s dans des petites cartouches que l\u2019on peut s\u2019ins\u00e9rer dans la t\u00eate pour les revivre\u00a0; on peut ainsi vivre les souvenirs que quelqu\u2019un d\u2019autre.)\u00a0\u00a0\u00a0\u00ab\u00a0Engendrer, Cr\u00e9er\u00a0\u00bb (sur la difficult\u00e9 d\u2019avoir un enfant), La Zone d\u00e9militaris\u00e9e\u00a0\u00bb (un soldat en Cor\u00e9e correspond avec ses parents rest\u00e9s aux Etats-Unis) , \u00ab\u00a0Village 113\u00a0\u00bb (un barrage va noyer un village), \u00ab\u00a0La Nemunas\u00a0\u00bb (une jeune fille doit quitter le Texas pour aller vivre chez son grand-p\u00e8re en Lituanie suite au d\u00e9c\u00e8s de ses parents. Elle va s\u2019immerger dans la jeunesse de sa m\u00e8re et tenter de vivre certains de ses souvenirs, \u00ab\u00a0Vie posthume\u00bb (une jeune \u00e9pileptique et ses jeunes amies orphelines dans l\u2019Allemagne nazie.<\/div>\n<div align=\"left\">Ce ne sont donc pas des r\u00e9cits sur la vieillesse. Il y a plusieurs raisons qui poussent \u00e0 construire (reconstruire) la\/une m\u00e9moire.. M\u00e9moire des g\u00eanes, m\u00e9moire de sa propre vie, besoin de connaitre la vie de ses proches pour se retrouver en eux, m\u00e9moire des lieux, m\u00e9moire collective, m\u00e9moire de l\u2019histoire.<\/div>\n<div align=\"left\">Mes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es sont \u00ab\u00a0Village 113\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0La N\u00e9muras\u00a0\u00bb.<\/div>\n<div align=\"left\">\u00ab\u00a0Village 113\u00a0\u00bb ou la disparition programm\u00e9e d\u2019un village chinois.. Je n\u2019ai pu m\u2019emp\u00eacher de faire un parall\u00e8le avec la \u00ab\u00a0noyade\u00a0\u00bb de la Nubie\u2026les personnes d\u00e9plac\u00e9es, le pass\u00e9 englouti \u00e0 jamais, la perte d\u2019une fa\u00e7on de vivre et d\u2019une culture..\u00a0 La vie des personnes qui sera balay\u00e9e par une vague.<\/div>\n<div align=\"left\">Dans \u00ab\u00a0La N\u00e9muras\u00a0\u00bb deux solitudes s\u2019ancrent l\u2019une \u00e0 l\u2019autre. Une jeune orpheline d\u00e9racin\u00e9e de 15 ans et sa vieille voisine vont tisser des liens muets en partant sur l\u2019eau \u00e0 la p\u00eache \u00e0 l\u2019esturgeon qui a disparu de la rivi\u00e8re depuis un demi-si\u00e8cle.. La vieille dame doit se rem\u00e9morer des bribes de son pass\u00e9 qui s\u2019effiloche en m\u00eame temps que sa sant\u00e9 d\u00e9cline, la jeune fille refuse de croire que ce qui la relierait \u00e0 sa Maman disparue est du domaine du pass\u00e9 et du mythe.. et toutes deux vont \u00e0 la p\u00eache au poisson en se refusant de le prendre pour une l\u00e9gende.\u00a0 Elles communient dans la pens\u00e9e et non dans la parole. Et cette nouvelle est porteuse d\u2019espoir..<\/div>\n<div align=\"left\">J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 ce recueil de nouvelles, d\u2019une grande sensibilit\u00e9. Pour une fois, le fait que ce soit des nouvelles ne m\u2019a pas trop g\u00ean\u00e9. Il faut dire qu\u2019elles ne m\u2019ont pas sembl\u00e9 trop courtes\u2026<\/div>\n<div><\/div>\n<div><strong>Extraits<\/strong> :<\/div>\n<div>\n<div align=\"left\"><\/div>\n<div align=\"left\">Luis Bu\u00f1uel\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut commencer \u00e0 perdre la m\u00e9moire, ne serait-ce que par bribes, pour se rendre compte que cette m\u00e9moire est ce qui fait toute notre vie. Une vie sans m\u00e9moire ne serait pas une vie, tout comme une intelligence sans la possibilit\u00e9 de s\u2019exprimer ne serait pas une intelligence.<br \/>\nNotre m\u00e9moire est notre coh\u00e9rence, notre raison, notre sentiment et m\u00eame notre action.<br \/>\nSans elle nous ne sommes rien.\u00a0\u00bb<\/div>\n<div align=\"left\"><\/div>\n<div align=\"left\">p.92\u00a0: \u00ab\u00a0A force de se rappeler un souvenir, il s\u2019en cr\u00e9e un nouveau\u00a0: le souvenir du souvenir\u00a0\u00bb<\/div>\n<div align=\"left\"><\/div>\n<div align=\"left\">p.129\u00a0: \u00ab\u00a0le n\u00e9ant est la seule permanence. Le n\u00e9ant est la r\u00e8gle. L\u2019exception c\u2019est la vie\u00a0\u00bb.<\/div>\n<div align=\"left\"><\/div>\n<div align=\"left\">p.140\u00a0: \u00ab\u00a0Ou vont les souvenirs, une fois qu\u2019on a perdu la capacit\u00e9 de les conjurer\u00a0?\u00a0\u00bb<\/div>\n<div align=\"left\"><\/div>\n<div align=\"left\">p.156\u00a0: \u00ab\u00a0 la m\u00e9moire est une maison aux dix mille pi\u00e8ces\u00a0; c\u2019est un village condamn\u00e9 \u00e0 \u00eatre submerg\u00e9\u00a0\u00bb<\/div>\n<div align=\"left\"><\/div>\n<div align=\"left\">p. 164 \u00ab\u00a0Elle reste l\u00e0 assise pendant un certain temps, jusqu\u2019\u00e0 ce que le jardin soit bord\u00e9 d\u2019ombres et que le cr\u00e9puscule emplisse le ciel de tranch\u00e9es et de blessures.\u00a0\u00bb<\/div>\n<div align=\"left\"><\/div>\n<div align=\"left\">p. 175\u00a0: \u00ab\u00a0Chaque pierre, chaque marche est une cl\u00e9 qui ouvre sur un souvenir.\u00a0\u00bb<\/div>\n<div align=\"left\"><\/div>\n<div align=\"left\">p. 176\u00a0: \u00a0\u00bb Peut-\u00eatre, dit-il, qu&rsquo;un lieu para\u00eet diff\u00e9rent quand on sait qu&rsquo;on le voit pour la derni\u00e8re fois. Ou bien c&rsquo;est de savoir que plus personne ne le verra. C&rsquo;est peut-\u00eatre cela qui change tout.\u00a0\u00bb<\/div>\n<div align=\"left\"><\/div>\n<div align=\"left\">p. 211\u00a0: \u00ab\u00a0On se rappelle toujours qu\u2019Emily Dickinson a dit \u00e7a, mais moi, quand j\u2019essaie de me rappeler une phrase de maman ou papa, je ne trouve rien du tout. Il ont d\u00fb m\u2019en dire des millions avant de mourir, mais ce soir, il ne me vient que des pri\u00e8res et des clich\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/div>\n<div align=\"left\"><\/div>\n<div align=\"left\">p. 246\u00a0: \u00ab\u00a0Si on dessine les t\u00e9n\u00e8bres. Se dit-elle, celles-ci mettront en valeur la lumi\u00e8re qui \u00e9tait dans le papier, cach\u00e9e. A l\u2019int\u00e9rieur de ce monde ci, il en est un autre\u00a0\u00bb<\/div>\n<div align=\"left\"><\/div>\n<div align=\"left\">p. 277\u00a0: \u00ab\u00a0il y a toujours le maintenant \u2013 une odeur de vent sans cesse changeant, le brillant des \u00e9toiles, le cri-cri des grillons dans le parc. Il y a le maintenant qui est aujourd\u2019hui, tombant dans le maintenant qui est ce soir\u00a0: cr\u00e9puscule sur le bord de l\u2019Atlantique\u00a0; \u2026\u00a0\u00bb<\/div>\n<div align=\"left\"><\/div>\n<div align=\"left\">p. 278\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est comme si des parties d\u2019elle-m\u00eame tenaient \u00e0 peine ensemble \u2013 si jamais elle se rel\u00e2chait, elle risquerait de tomber en morceaux.\u00a0\u00bb<\/div>\n<div align=\"left\"><\/div>\n<div align=\"left\">p. 284\u00a0: \u00ab\u00a0Toutes les heures, songe-t-il, partout sur la plan\u00e8te, des quantit\u00e9s infinies de souvenirs disparaissent, des atlas entiers sont entra\u00een\u00e9s dans des tombes. mais au m\u00eame moment des enfants s&rsquo;animent, explorent des territoires qui leur semblent compl\u00e8tement nouveaux. Ils repoussent les t\u00e9n\u00e8bres, ils s\u00e8ment des souvenirs derri\u00e8re eux comme des miettes de pain. Le monde est recr\u00e9\u00e9.\u00a0\u00bb<\/div>\n<div align=\"left\"><\/div>\n<div align=\"left\">p. 285\u00a0: \u00ab Nous enterrons notre enfance \u00e7\u00e0 et l\u00e0. Elle attend toute notre vie, que nous revenions l\u2019exhumer.\u00a0\u00bb<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Ecrivain am\u00e9ricain n\u00e9 le 27 octobre 1973 \u00e0 Cleveland dans l&rsquo;Ohio. 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