{"id":20473,"date":"2024-06-23T18:38:01","date_gmt":"2024-06-23T16:38:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20473"},"modified":"2024-06-23T18:39:50","modified_gmt":"2024-06-23T16:39:50","slug":"buzzati-dino-le-desert-des-tartares-1940-268-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20473","title":{"rendered":"Buzzati, Dino \u00ab\u00a0le d\u00e9sert des Tartares\u00a0\u00bb (1940) 268 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur<\/b>:<span class=\"Apple-converted-space\"> \u00a0<\/span>Dino Buzzati Traverso, connu sous le nom de Dino Buzzati, n\u00e9 le 16 octobre 1906 \u00e0 San Pellegrino di Belluno en V\u00e9n\u00e9tie, mort le 28 janvier 1972 \u00e0 Milan, est un journaliste, peintre et \u00e9crivain italien dont l&rsquo;\u0153uvre la plus c\u00e9l\u00e8bre est le roman intitul\u00e9 Le D\u00e9sert des Tartares. De son m\u00e9tier de journaliste lui vient l&rsquo;habitude de chercher des th\u00e8mes et des r\u00e9cits de la vie quotidienne et d&rsquo;en faire ressortir l&rsquo;aspect insolite, parfois fantastique.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Buzzati avait \u00e9galement des talents de peintre et nous a laiss\u00e9 une singuli\u00e8re bande dessin\u00e9e, intitul\u00e9e Po\u00e8mes Bulles. Il est aujourd&rsquo;hui unanimement consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des plus grands \u00e9crivains italiens.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Il s&rsquo;est \u00e9teint en 1972.<\/p>\n<p><strong>Romans<\/strong> : B\u00e0rnabo des montagnes (1933 &#8211; <i>B\u00e0rnabo delle montagne<\/i>) -) Le Secret du bosco Vecchio (1935 <i>Il segreto del Bosco Vecchio<\/i>) ,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Le D\u00e9sert des Tartares (1940 <i>Il deserto dei Tartari<\/i>) &#8211; L\u2019image de pierre (1960 <i>Il grande ritratto<\/i>) &#8211; Un amour (1963 <i>Un amore<\/i>)<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Livre de poche &#8211; 1963 &#8211; &#8211; 242 pages \/ Robert Laffont &#8211; 21.03.2002 &#8211; 368 pages &#8211; Pocket &#8211; 18.07. 2007 &#8211; 268 pages \/ Robert Laffont &#8211; 31.01.2022 &#8211; 368 pages<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>(traduction Michel Arnaud)<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9<\/b>:<\/p>\n<p>Giovanni Drogo a choisi la carri\u00e8re des armes. Dans une forteresse oubli\u00e9e, aux confins de la fronti\u00e8re du Nord, il attendra de longues ann\u00e9es, face \u00e0 l&rsquo;\u00e9tendue aride, le d\u00e9but d&rsquo;une guerre improbable. Jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 les mirages du d\u00e9sert s&rsquo;animeront. Traduite dans le monde entier, cette vision all\u00e9gorique saisissante de notre condition, de nos illusions et de nos r\u00eaves, est devenue l&rsquo;un des classiques du XXe si\u00e8cle. Les r\u00eaves de gloire du jeune officier Giovanni Drogo s&rsquo;arr\u00eatent brusquement au fort Bastiani, derni\u00e8re sentinelle d&rsquo;une \u00ab\u00a0fronti\u00e8re morte\u00a0\u00bb. Que faire ? Rester et taire les tentations de la jeunesse, ou partir et avouer sa faiblesse devant l&rsquo;\u00e9preuve qui l&rsquo;attend ? La vanit\u00e9 militaire l&#8217;emportera et avec elle l&rsquo;espoir d&rsquo;un destin h\u00e9ro\u00efque, mais c&rsquo;est au confortable quotidien inlassablement identique qu&rsquo;il va ali\u00e9ner sa vie. Il ne se passera rien au fort qui puisse susciter tant d&rsquo;espoir, rien qui puisse justifier l&rsquo;absurde attente, si ce n&rsquo;est l&#8217;emprise du d\u00e9sert. Lorsque, enfin, sonnera l&rsquo;alarme, Drogo sera trop vieux et trop malade. Alors, r\u00e9sign\u00e9, il guettera serein son ultime ennemi&#8230; Dans cette spirale \u00e9tourdissante o\u00f9 tout est scell\u00e9 d&rsquo;avance, l&rsquo;ironie r\u00e9pond \u00e0 la fatalit\u00e9 et Buzzati signe ici un ouvrage admirable de d\u00e9sespoir.<\/p>\n<p>Le monde de Buzzati, comme celui de Kafka, est plein de d\u00e9tours, \u00e0 la mani\u00e8re des labyrinthes : ce carrefour d&rsquo;espace et de temps o\u00f9 l&rsquo;homme est plac\u00e9 et qu&rsquo;il d\u00e9place avec lui, sans pouvoir le laisser derri\u00e8re lui, univers mobile dont les dimensions sont celles d&rsquo;une cellule de prison dont on barbouille les murs aux couleurs de l&rsquo;infini, c&rsquo;est le bastion o\u00f9 l&rsquo;on guette jour apr\u00e8s jour l&rsquo;invasion des Tartares, sans savoir s&rsquo;il existe r\u00e9ellement des Tartares, ni s&rsquo;il y en a eu autrefois, ni si le danger existe de les voir surgir, au galop, de ce d\u00e9sert o\u00f9 l&rsquo;on use ses yeux et sa vie \u00e0 scruter l\u2019horizon (Marcel Brion)<\/p>\n<p>Durant la Seconde Guerre mondiale, Buzzati est affect\u00e9 comme journaliste correspondant de guerre pour Il Corriere della sera, notamment de la Marine Royale italienne. \u00c0 cette p\u00e9riode, son roman Le D\u00e9sert des Tartares, qu&rsquo;il a \u00e9crit en 1939 est publi\u00e9 chez Rizzoli en 1940 en Italie.<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>:<\/p>\n<p>Un de mes livres cultes depuis le lyc\u00e9e !!!<br \/>\nLe temps qui passe et en m\u00eame temps ne passe pas\u2026 l\u2019irr\u00e9parable fuite du temps<br \/>\nL\u2019espoir des personnages qui attendent du futur la justification de leur pr\u00e9sent,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>qui n\u2019a aucun sens\u2026 Dans le livre, les personnages &#8211; des militaires &#8211; attendent une seule et unique chose : la guerre. Ils sont au milieu de nulle part, dans un Fort, pour emp\u00eacher l\u2019invasion de leur territoire. Ils<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>attendent l\u2019attaque, ils la guettent, l\u2019esp\u00e8rent et la redoutent\u2026<br \/>\nEt tout le roman se r\u00e9f\u00e8re au temps, au temps qui s\u2019\u00e9coule, \u00e0 la vie qui passe, aux jours qui d\u00e9filent. Le temps, c\u2019est le roman, c\u2019est l\u2019\u00e9criture, ce sont les objets\u2026 la montre, l\u2019horloge sont omnipr\u00e9sents\u2026<br \/>\nLe Fort Bastiani , aux confins du d\u00e9sert, le Royaume du Nord, &#8211; une fronti\u00e8re, une fronti\u00e8re morte ? Ou pas\u2026<br \/>\nGiovanni Drogo, une vie d\u2019habitudes, d\u2019obsession, d\u2019attente, d\u2019\u2019immobilisme, de solitude, de renoncement\u2026 Une vie pour ainsi dire sans pass\u00e9 et dont le pr\u00e9sent n\u2019est que la qu\u00eate d\u2019un avenir\u2026<br \/>\nDes hommes qui pourraient \u00eatre interchangeables tant ils reproduisent la m\u00eame obsession\u2026<br \/>\nEt une ambiance entre le r\u00eave et l\u2019espoir, dans un environnement oppressant et presque immobile, dans lequel Drogo guette une petite lueur\u2026<\/p>\n<p><b>Extraits<\/b>:<\/p>\n<p>Tous ces jours, qui lui avaient paru odieux, \u00e9taient d\u00e9sormais finis pour toujours et formaient des mois et des ann\u00e9es qui jamais plus ne reviendraient.<\/p>\n<p>Il parlait lentement, le silence avait le temps de se glisser entre chacun de ses mots.<\/p>\n<p>Hier et avant-hier \u00e9taient semblables, il n\u2019\u00e9tait plus capable de les distinguer l\u2019un de l\u2019autre\u00a0; un \u00e9v\u00e9nement vieux de trois jours ou de vingt jours finissait par lui sembler \u00e9galement lointain. Ainsi, se d\u00e9roulait \u00e0 son insu la fuite du temps.<\/p>\n<p>Dans le r\u00eave, il y a toujours quelque chose d\u2019absurde et de confus, on ne se lib\u00e8re jamais de la vague sensation que tout cela est faux et qu\u2019au bon moment il faudra s\u2019\u00e9veiller.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019une page est lentement tourn\u00e9e, elle retombe de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, s\u2019ajoutant aux autres d\u00e9j\u00e0 termin\u00e9es, pour le moment, cela ne fait qu\u2019une mince couche, celles qui restent \u00e0 lire, en comparaison, forment un tas in\u00e9puisable.<\/p>\n<p>Inexplicablement, le temps s\u2019\u00e9tait mis \u00e0 s\u2019enfuir de plus en plus vite, engloutissant un jour apr\u00e8s l\u2019autre.<\/p>\n<p>Cependant, le temps passait, toujours plus rapide ; son rythme silencieux scande la vie, on ne peut s\u2019arr\u00eater m\u00eame un seul instant, m\u00eame pas pour jeter un coup d\u2019\u0153il en arri\u00e8re. \u00ab Arr\u00eate ! Arr\u00eate ! \u00bb voudrait-on crier, mais on se rend compte que c\u2019est inutile. Tout s\u2019enfuit, les hommes, les saisons, les nuages; et il est inutile de s\u2019agripper aux pierres, de se cramponner au sommet d\u2019un quelconque rocher, les doigts fatigu\u00e9s se desserrent, les bras retombent inertes, on est toujours entra\u00een\u00e9 dans ce fleuve qui semble lent, mais qui ne s\u2019arr\u00eate jamais.<\/p>\n<p>Il est difficile de croire \u00e0 quelque chose quand on est seul et que l\u2019on ne peut en parler avec personne.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur: \u00a0Dino Buzzati Traverso, connu sous le nom de Dino Buzzati, n\u00e9 le 16 octobre 1906 \u00e0 San Pellegrino di Belluno en V\u00e9n\u00e9tie, mort le 28 janvier 1972 \u00e0 Milan, est un journaliste, peintre et \u00e9crivain italien dont l&rsquo;\u0153uvre la plus c\u00e9l\u00e8bre est le roman intitul\u00e9 Le D\u00e9sert des Tartares. 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