{"id":20551,"date":"2024-07-14T19:47:30","date_gmt":"2024-07-14T17:47:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20551"},"modified":"2024-07-14T19:56:44","modified_gmt":"2024-07-14T17:56:44","slug":"perrin-valerie-trois-2021-768-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20551","title":{"rendered":"Perrin, Val\u00e9rie \u00ab\u00a0Trois\u00a0\u00bb (2021) 768 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteure<\/b>\u00a0: Fran\u00e7aise, n\u00e9e \u00e0 Gueugnon, 1967, Val\u00e9rie Perrin est une photographe, sc\u00e9nariste et \u00e9crivaine. Elle travaille aux c\u00f4t\u00e9s de son mari, le r\u00e9alisateur Claude Lelouch (1937).<br \/>\nSon premier roman, \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=16535\">Les oubli\u00e9s du dimanche<\/a><\/span>\u00a0\u00bb (2015), a re\u00e7u de nombreux prix, dont celui de Lire \u00c9lire 2016 et de Poulet-Malassis 2016. En 2018, elle a re\u00e7u le prix Maison de la Presse pour son deuxi\u00e8me roman \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7994\">Changer l&rsquo;eau des fleurs<\/a><\/span>\u00a0\u00bb (Albin Michel, 2018). \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Perrin, Val\u00e9rie \u00ab\u00a0Trois\u00a0\u00bb (2021) 768 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20551\">Trois<\/a><\/span>\u00a0\u00bb parait en 2021 (Albin Michel) On suit l&rsquo;histoire de trois amis d&rsquo;enfance, des ann\u00e9es 80 aux ann\u00e9es 2000, sur fond de chansons du groupe\u00a0Indochine.<\/p>\n<p>Albin Michel &#8211; 31\/03\/2021 &#8211; 672 pages \/ Livre de poche \u2013 30.03.2022 \u2013 768 pages<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9\u00a0:<\/b><\/p>\n<p>1986. Adrien, Etienne et Nina se rencontrent en CM2. Tr\u00e8s vite, ils deviennent fusionnels et une promesse les unit : quitter leur province pour vivre \u00e0 Paris et ne jamais se s\u00e9parer. 2017. Une voiture est d\u00e9couverte au fond d&rsquo;un lac dans le hameau o\u00f9 ils ont grandi. Virginie, journaliste au pass\u00e9 \u00e9nigmatique, couvre l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement. Peu \u00e0 peu, elle d\u00e9voile les liens extraordinaires qui unissent ces trois amis d&rsquo;enfance.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Que sont-ils devenus ? Quel rapport entre cette \u00e9pave et leur histoire d&rsquo;amiti\u00e9 ?<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>: C\u2019est le troisi\u00e8me roman de cette autrice que je lis et mon int\u00e9r\u00eat va en d\u00e9clinant. J\u2019avais beaucoup aim\u00e9 le premier, moins le deuxi\u00e8me et l\u00e0 j\u2019ai trouv\u00e9 loooong\u2026 et comme en plus il fait 768 pages\u2026 Je me suis souvent ennuy\u00e9e, je n\u2019ai pas eu le petit coup de coeur pour les personnages\u2026 Alors certes la partie sur le refuge pour animaux m\u2019a \u00e9mue, j\u2019ai bien aim\u00e9 les r\u00e9f\u00e9rences aux ann\u00e9es jeunesse avec l\u2019\u00e9poque des slow, des musiques qui me sont famili\u00e8res.. mais\u2026 c\u2019est un peu light pour garder l\u2019enthousiasme pendant toutes ces pages\u2026<br \/>\nIl y a beaucoup de probl\u00e8mes qui sont trait\u00e9s, comme l\u2019abandon ( des enfants et des animaux), la mort, le deuil, la jalousie, la maltraitance (des femmes et des animaux), les relations sociales et familiales, la sexualit\u00e9, la maladie, la fin de vie, le harc\u00e8lement, la transidentit\u00e9, peut-\u00eatre trop de sujets concentr\u00e9s sur peu de personnages qui donnent une impression de trop-plein\u2026<br \/>\nOui c\u2019est sympa ces ann\u00e9es pendant lesquels le trio grandit en symbiose, cette amiti\u00e9 qui fait des trois jeunes plus une fratrie qu\u2019une amiti\u00e9\u2026 mais c\u2019est toujours pareil.. Si je ne m\u2019attache pas aux personnages\u2026 c\u2019est rat\u00e9\u2026<br \/>\nNettement pas un coup de coeur\u2026 heureusement que cela se lit vite\u2026<\/p>\n<p><b>Extraits:<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p>Il y a les souvenirs, le pr\u00e9sent et nos vies d\u2019avant qui changent de parfum. Quand on change de vie, on change de parfum.<br \/>\nL\u2019enfance a celui du goudron, d\u2019une chambre \u00e0 air et de la barbe \u00e0 papa, du d\u00e9sinfectant des salles de classe, des feux de chemin\u00e9e qu\u2019exhale l\u2019haleine des maisons les jours de froid, du chlore des piscines municipales, de la transpiration accroch\u00e9e aux surv\u00eatements dans les rangs deux par deux en revenant de la gym, des Malabar roses dans la bouche, de la colle qui fait des fils sur les doigts, des Carambar coinc\u00e9s entre les dents, d\u2019un sapin de No\u00ebl plant\u00e9 dans le c\u0153ur.<br \/>\nL\u2019adolescence a l\u2019odeur d\u2019une premi\u00e8re taffe, d\u2019un d\u00e9odorant musqu\u00e9, d\u2019une tartine beurr\u00e9e dans un bol de chocolat chaud, du whisky-Coca et des caves transform\u00e9es en salles de bal, du corps qui d\u00e9sire, de l\u2019Eau pr\u00e9cieuse, du gel pour les cheveux, du shampoing aux \u0153ufs, du rouge \u00e0 l\u00e8vres, des effluves de lessive sur un jean.<\/p>\n<p>\u00c0 La Comelle, on ne se m\u00e9langeait pas. Les serviettes restaient avec les serviettes et les torchons avec les torchons. On respectait les ouvriers, moins les contrema\u00eetres. Les fils de cadres \u00e9taient mal per\u00e7us, l\u2019aisance et la richesse presque suspectes.<\/p>\n<p>Ils ont des phrases et des r\u00e9flexes de vieux couple, sont jaloux si l\u2019un des trois regarde quelqu\u2019un ailleurs, mais pas dans la s\u00e9duction.<\/p>\n<p>Au refuge, \u00e0 chaque fois qu\u2019un chat ou un chien est plac\u00e9, chacun trimballe une f\u00eate silencieuse au fond de lui. Les jours d\u2019adoption sont particuliers. Un \u0153il pleure l\u2019animal auquel on s\u2019est forc\u00e9ment attach\u00e9 et qu\u2019on ne reverra plus, et l\u2019autre sourit parce que son abandon prend fin. C\u2019en est fini de celui-l\u00e0. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 ces soulagements qu\u2019on tient le coup, ce Tetris de la vie.<\/p>\n<p>dans la vie, il y a ceux qui restent et ceux qui partent. Et puis il y a ceux qui abandonnent.<\/p>\n<p>Au loin, une ligne bleue. La mer, c\u2019est le ciel qui se serait assis par terre.<\/p>\n<p>Mon corps est mort depuis des ann\u00e9es. Une peau qu\u2019on ne touche plus, \u00e7a meurt. Un corps qu\u2019on ne regarde jamais, il est en hiver. Des couches de froid se superposent. Des neiges \u00e9ternelles. Il n\u2019a plus d\u2019autres saisons. Plus de d\u00e9sir. Plus d\u2019espoir de retour. Il est fig\u00e9 dans le pass\u00e9, fix\u00e9 quelque part. J\u2019ignore o\u00f9. Il a peur. J\u2019ai peur. Mon corps n\u2019a plus de pr\u00e9sent. J\u2019aimerais faire l\u2019amour. J\u2019aimerais savoir s\u2019il a tout oubli\u00e9. S\u2019il sait encore quelque chose. Vous me plaisez. Et moi, je vous plais\u00a0?<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Papy, pourquoi tu m\u2019appelles \u201cmon petit\u201d, je suis une fille.\u00a0\u00bb Il avait r\u00e9pondu\u00a0: \u00ab\u00a0Le c\u0153ur est au masculin. Et toi, tu es mon petit c\u0153ur.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Elle a toujours eu cette facult\u00e9 de fermer son regard comme on ferme des volets pour ne rien laisser transpara\u00eetre.<\/p>\n<p>Quand sa t\u00eate lui dicte qu\u2019il est l\u2019heure de se lever, quelque chose en lui refuse, son corps l\u2019en emp\u00eache. Envie de replonger dans un sommeil imm\u00e9diat. Fuir les matins, fuir les jours. Continuer \u00e0 r\u00eaver un peu. Se r\u00e9veiller, c\u2019est rentrer chez soi. Et lui n\u2019en a pas la force.<\/p>\n<p>Je crois que dans tout roman il y a certaines v\u00e9rit\u00e9s, des racines qui se nourrissent du r\u00e9el, et que dans les autobiographies il y a beaucoup de mensonges.<\/p>\n<p>Il y a des livres que l\u2019on rate, comme certaines rencontres, on passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019histoires et de gens qui auraient pu tout changer. \u00c0 cause d\u2019un malentendu, d\u2019une couverture, ou d\u2019un r\u00e9sum\u00e9 passable, d\u2019un a priori. Heureusement que parfois la vie insiste.<\/p>\n<p>La timidit\u00e9 est un sac dans lequel on fourre tout pour ne pas se poser de questions.<\/p>\n<p>Les romans, \u00e7a sert \u00e0 \u00e9crire ce qu\u2019on est incapable de faire dans la vraie vie.<\/p>\n<p>Combien de fois cela nous arrive-t-il\u00a0de fermer les yeux\u00a0?\u00a0pense G\u00e9.\u00a0Un enfant qui pleure trop souvent, un voisin violent, une vieille dame seule que l\u2019on conna\u00eet de vue ou un animal maltrait\u00e9\u2026 et au lieu d\u2019agir, de s\u2019en m\u00ealer, on fait ses valises. Pour ne plus voir. Ni rien ressentir.<\/p>\n<p>D\u00e8s qu\u2019on lib\u00e8re des adultes qui ont \u00e9t\u00e9 m\u00f4mes ensemble, l\u2019enfance remonte \u00e0 la surface.<\/p>\n<p>Les souvenirs, c\u2019est comme les armoires, on finit par se d\u00e9barrasser de ce qu\u2019il y a dedans.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteure\u00a0: Fran\u00e7aise, n\u00e9e \u00e0 Gueugnon, 1967, Val\u00e9rie Perrin est une photographe, sc\u00e9nariste et \u00e9crivaine. Elle travaille aux c\u00f4t\u00e9s de son mari, le r\u00e9alisateur Claude Lelouch (1937). Son premier roman, \u00ab\u00a0Les oubli\u00e9s du dimanche\u00a0\u00bb (2015), a re\u00e7u de nombreux prix, dont celui de Lire \u00c9lire 2016 et de Poulet-Malassis 2016. 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