{"id":20609,"date":"2024-08-02T10:12:35","date_gmt":"2024-08-02T08:12:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20609"},"modified":"2024-09-27T17:20:44","modified_gmt":"2024-09-27T15:20:44","slug":"andrea-jean-baptiste-des-diables-et-des-saints-2021-298-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20609","title":{"rendered":"Andr\u00e9a, Jean-Baptiste \u00ab\u00a0Des diables et des saints\u00a0\u00bb (2021) 298 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur:<\/b><br \/>\nJean-Baptiste Andrea, n\u00e9 le 4 avril 1971 \u00e0 Saint-Germain-en-Laye, est un \u00e9crivain, sc\u00e9nariste et r\u00e9alisateur fran\u00e7ais. Il a des origines italiennes par sa m\u00e8re, ainsi que grecques, bal\u00e9ares et pied-noir d\u2019Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p><b>Romans:<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Romans<\/b>: <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6883\">Ma Reine<\/a><\/span> (2017) \u2013 Cent millions d\u2019ann\u00e9es et un jour (2019) \u2013<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20609\">Des diables et des Saints<\/a><\/span> (2021) \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Andr\u00e9a, Jean-Baptiste \u00ab\u00a0Veiller sur elle\u00a0\u00bb (RLE2023) 580 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20879\">Veiller sur elle<\/a><\/span> (2023) Il re\u00e7oit le prix Femina des lyc\u00e9ens et le prix du premier roman pour son premier livre, \u00abMa reine\u00bb, sorti en 2017, le Grand Prix RTL-Lire en 2021, ainsi que le prix Goncourt 2023 et le Grand prix des lectrices de Elle pour son quatri\u00e8me roman, \u00ab Veiller sur elle \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Iconoclaste &#8211; 14.01.2021 &#8211; 368 pages \/ Poche &#8211; 18.08.2022 &#8211; 298 pages<br \/>\nGrand prix RTL-Lire &#8211; Prix Relay des Voyages lecteurs.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>:<br \/>\nQui pr\u00eate attention \u00e0 Joe ? Ses doigts agiles courent sur le clavier des pianos publics dans les gares. Il joue divinement Beethoven. Les voyageurs passent. Lui reste. Il attend quelqu&rsquo;un, qui descendra d&rsquo;un train, un jour peut-\u00eatre. C&rsquo;est une longue histoire. Elle a commenc\u00e9 il y a cinquante ans dans un orphelinat lugubre. On y croise des diables et des saints. Et une rose.<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>:<br \/>\nTout comme le premier livre que j\u2019ai lu de cet auteur, \u00ab\u00a0La reine\u00a0\u00bb j\u2019ai retrouv\u00e9 les th\u00e8mes de l\u2019enfance, &#8211; plut\u00f4t l\u2019adolescence dans le cas pr\u00e9sent &#8211; , des \u00eatres caboss\u00e9s par la vie, la qu\u00eate<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>de libert\u00e9, la nature hostile, l\u2019\u00e9tranger qui est mur\u00e9 dans son silence\u2026<br \/>\nAvec ce roman je suis pass\u00e9e \u00e0 un cheveu du coup de coeur absolu. Tout y \u00e9tait\u2026 l\u2019\u00e9criture, le rythme, la musique\u2026 tout sauf la petite \u00e9tincelle qui est pour moi l\u2019attachement aux personnages. Et pourtant il avait tout pour lui le petit Joe\u2026 mais voil\u00e0\u2026 Je l\u2019ai suivi avec int\u00e9r\u00eat, tristesse, r\u00e9volte,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>piti\u00e9, int\u00e9r\u00eat, tout tout tout mais je ne m\u2019y suis pas attach\u00e9e visc\u00e9ralement \u2026<br \/>\nIl n\u2019emp\u00eache que je recommande chaleureusement ce livre qui est poignant, r\u00e9voltant, qui raconte une belle aventure humaine\u2026 et les diables ne sont pas ceux que l\u2019on croit\u2026<br \/>\nIl parle du statut des orphelins, mis \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la soci\u00e9t\u00e9, enferm\u00e9s dans des conditions monstrueuses, du pouvoir des pr\u00eatres, de la maltraitance enfantine, de l\u2019injustice, des brimades, des ch\u00e2timents corporels\u2026 et des orphelins qui deviendront des artistes reconnus, hors normes, comme Bach, Caravaggio, Ella Fitzgerald, Bruckner, Louis Armstrong, Ray Charles, John Lennon, et la liste est longue\u2026<br \/>\nIl parle de survie, d\u2019amiti\u00e9 \u00ab \u00e0 la vie \u00e0 la mort \u00bb, des liens qui se tissent entre les pensionnaires, de la trahison, de la haine de l\u2019enfer sur terre. En toile de fond, le souvenir de son prof de musique quand il il n\u2019avait pas encore perdu ses parents\u2026<br \/>\nIl parle aussi d\u2019amour, de musique, de rythme\u2026 beaucoup de rythme. Il parle musique, de Beethoven, de Sinatra, de piano, de guitare avec Robert Johnson<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>&#8211; v<i>oir ma chronique sur le livre d\u2019Herv\u00e9 Gagnon\u00ab\u00a0Crossroads \u2013 La derni\u00e8re chanson de Robert Johnson\u00a0\u00bb (2021) 560 pages<\/i> &#8211; , de rock ,de samba, de cante jondo\u2026<br \/>\nIl nous parle aussi du ciel, des confins de l\u2019univers et de sa propre r\u00e9alit\u00e9, confront\u00e9e aux confins de la France, au bout du bout de la civilisation \u2026<br \/>\nJ\u2019ai eu le plaisir de rencontrer l\u2019auteur au Festival du lac 2024 ( dans la campagne genevoise) et ce fut un pur bonheur. Je ne vais pas tarder \u00e0 lire \u00ab\u00a0Veiller sur elle\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><b>Extraits<\/b>:<\/p>\n<p>Une motrice TGV s\u2019\u00e9choue voie\u00a0L, haletant par toutes ses ou\u00efes. Une baleine \u00e9lectrique qui nage depuis Nice \u00e0 trois cents kilom\u00e8tres-heure, le fretin indigeste qu\u2019elle recrache sur le quai, tourbillonnant en une p\u00e2te lourde de verre fondu.<\/p>\n<p><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>J\u2019\u00e9tais orphelin comme on est l\u00e9preux, phtisique, pestif\u00e9r\u00e9. Incurable. Pour prot\u00e9ger les bien-portants de mes exhalaisons de souffrance, il fallait me mettre \u00e0 l\u2019\u00e9cart. Simple mesure de prophylaxie, au cas o\u00f9 ce serait contagieux.<\/p>\n<p>Vous vous demanderez en le d\u00e9couvrant comment ils ont pu construire l\u00e0, dans ce fond de vall\u00e9e. Tout vient buter contre une paroi de cent m\u00e8tres : le vent, la route, le pays m\u00eame, puisque au-del\u00e0 c\u2019est l\u2019Espagne. Vous admirerez la prouesse, le d\u00e9caissement d\u2019un espace assez vaste pour confier la vieille b\u00e2tisse \u00e0 la montagne, \u00e0 la fin du dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Cette haine fut le premier secret que nous partage\u00e2mes, une fondation solide sur laquelle nous b\u00e2tirions le reste, murs de m\u00e9pris, tourelles d\u2019indiff\u00e9rence, m\u00e2chicoulis, poterne, contrescarpe de d\u00e9dain, de mesquinerie, de col\u00e8re raval\u00e9e, une forteresse d\u2019ombrage et de ressentiment qui s\u2019effondrerait six mois plus tard au premier souffle de vent, preuve qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas si solide apr\u00e8s tout.<\/p>\n<p>Paganini, le plus grand violoniste de tous les temps, dont on disait que sa m\u00e8re avait vendu son \u00e2me \u00e0 sa naissance. Le joueur de blues Robert Johnson, pi\u00e8tre guitariste revenu virtuose apr\u00e8s avoir disparu quelques semaines du c\u00f4t\u00e9 de Clarksdale, Mississippi. \u00c0 l\u2019intersection des routes\u00a049 et\u00a061, murmurait la l\u00e9gende, le diable avait accord\u00e9 sa guitare.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>L\u00e0-bas un gars m\u2019a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Sois ombre\u00a0\u00bb, et il avait raison. Le meilleur moyen de survivre ici, de survivre ailleurs, c\u2019est de dispara\u00eetre. De pas se faire remarquer. Un jour tu sortiras, naturellement. D\u2019ici l\u00e0, n\u2019existe pas, et personne te verra.<\/p>\n<p>La haine, comme la pri\u00e8re, se nourrit de silence.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Oui, je te trouve belle.<br \/>\n\u2013\u00a0Belle comment\u00a0?<br \/>\n\u2013\u00a0Comme do mineur.<br \/>\nDo mineur, la tonalit\u00e9 pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de Beethoven. Une cl\u00e9 o\u00f9 la beaut\u00e9 r\u00f4dait sous la temp\u00eate. L\u2019une n\u2019existait pas sans l\u2019autre.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tout ira bien\u00a0\u00bb, et dans ce futur,\u00a0<i>ira<\/i>, tenait le seul avenir dont nous osions parler.<\/p>\n<p>Je n\u2019avais pas encore acquis cette sagesse des hommes m\u00fbrs, qui savent qu\u2019en mati\u00e8re de susceptibilit\u00e9, il en va des femmes comme de l\u2019\u00c9glise. Que l\u2019on a forc\u00e9ment p\u00e9ch\u00e9, en-pens\u00e9e-en-parole-par-action-et-par-omission, et qu\u2019il faut savoir demander pardon m\u00eame si l\u2019on n\u2019a rien fait, puisqu\u2019il ne sert \u00e0 rien de s\u2019opposer \u00e0 un d\u00e9cret divin.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Sympathy, en anglais, c\u2019est \u00ab\u00a0compassion\u00a0\u00bb. \u00c7a peut \u00eatre sympathie, mais l\u00e0, je crois que c\u2019est compassion.<br \/>\n\u2013\u00a0\u00c7a ne change pas grand-chose.<br \/>\n\u2013\u00a0\u00c7a change beaucoup de choses. Je n\u2019ai pas de sympathie pour le diable, mais j\u2019ai de la compassion pour lui.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Ne confonds pas rythme et tempo, t\u00eate de mule. Le rythme n\u2019est pas une structure horizontale mais verticale. C\u2019est une ros\u00e9e qui monte de la terre, ce qui reste d\u2019une cloche quand elle cesse de sonner, c\u2019est clair\u00a0?<\/p>\n<p>Si mon regard est un peu lointain, parfois, pardonnez-moi. C\u2019est que mes yeux ont trop longtemps fix\u00e9 des royaumes oubli\u00e9s.<\/p>\n<p>Le rythme, la chose qui tenait tout, nos vies debout. Et je sus que cette fois, je ne l\u2019oublierais\u00a0pas.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait le pays du\u00a0<i>cante jondo<\/i>, le chant profond, mais ils l\u2019avaient rarement entendu si profond.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur: Jean-Baptiste Andrea, n\u00e9 le 4 avril 1971 \u00e0 Saint-Germain-en-Laye, est un \u00e9crivain, sc\u00e9nariste et r\u00e9alisateur fran\u00e7ais. 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