{"id":20792,"date":"2024-09-06T17:32:21","date_gmt":"2024-09-06T15:32:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20792"},"modified":"2024-09-28T15:24:22","modified_gmt":"2024-09-28T13:24:22","slug":"de-vigan-delphine-no-et-moi-2007-248-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20792","title":{"rendered":"De Vigan, Delphine \u00ab\u00a0No et moi\u00a0\u00bb (2007) 248 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Autrice<\/b>\u00a0: N\u00e9e le 1er mars 1966 \u00e0 Boulogne, Delphine de Vigan est une romanci\u00e8re et r\u00e9alisatrice fran\u00e7aise. Apr\u00e8s avoir accumul\u00e9 divers petits emplois, elle a atterri sur un poste de cadre dans un institut de sondage \u00e0 Alfortville. M\u00e8re de deux enfants, l\u2019\u00e9crivain ne vit que de sa plume depuis 2007..<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Ses romans<\/b>\u00a0: 2001 : Jours sans faim (sous le pseudonyme de Lou Delvig) \u2013 2005 : Les Jolis Gar\u00e7ons, \u2013 2005 : Un soir de d\u00e9cembre \u2013 2007 : <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20792\">No et moi<\/a> <\/span>(Prix des libraires 2008 \u2013 Prix du Rotary International 2009) \u2013 2008 : Sous le manteau \u2013 2009 : Les Heures souterraines \u2013 2011 : <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11138\">Rien ne s\u2019oppose \u00e0 la nuit<\/a> <\/span>\u2013 2015 : D\u2019apr\u00e8s une histoire vraie (prix Renaudot et le prix Goncourt des lyc\u00e9ens) \u2013 2018 :<span style=\"color: #0000ff;\"> <a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5478\">Les Loyaut\u00e9s<\/a><\/span> \u2013 2019 : Les Gratitudes \u2013 2021 : <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"De Vigan, Delphine \u00ab\u00a0Les enfants sont rois\u00a0\u00bb (2021) 368 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20892\">Les enfants sont rois<\/a><\/span> &#8211;<\/p>\n<p>JC Latt\u00e8s &#8211; 10.11.2007 &#8211; 285 pages \/ Le Livre de poche &#8211; 11.03.2009 &#8211; 248 pages &#8211; Prix des Libraires<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9<\/b> :<br \/>\nElle avait l&rsquo;air si jeune. En m\u00eame temps il m&rsquo;avait sembl\u00e9 qu&rsquo;elle connaissait vraiment la vie, ou plut\u00f4t qu&rsquo;elle connaissait de la vie quelque chose qui faisait peur. D. V. Adolescente surdou\u00e9e, Lou Bertignac r\u00eave d&rsquo;amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les exp\u00e9riences domestiques et les th\u00e9ories fantaisistes. Jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 elle rencontre No, une jeune fille \u00e0 peine plus \u00e2g\u00e9e qu&rsquo;elle. No, ses v\u00eatements sales, son visage fatigu\u00e9, No dont la solitude et l&rsquo;errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une exp\u00e9rience de grande envergure men\u00e9e contre le destin. Mais nul n&rsquo;est \u00e0 l\u2019abri&#8230;<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>:<br \/>\nJ\u2019ai \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e au coeur par ce roman que je trouve incontournable\u2026 (ce roman a \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9 au cin\u00e9ma par Zabou Breitman)<br \/>\nPour un expos\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole, Lou va interviewer une jeune SDF de 18 ans. Entre elles le contact va se cr\u00e9er. Toutes deux souffrent d\u2019un mal similaire : la solitude. De fait il y a une troisi\u00e8me solitude: un gar\u00e7on de 17 ans qui est dans la classe de Lou, Lucas, qui vit \u00e9galement dans une situation d\u2019abandon, m\u00eame s\u2019il est loin d\u2019\u00eatre sans ressources.<br \/>\nCe livre parle d\u2019exclusion, d\u2019abandon, de perte de rep\u00e8res, de diff\u00e9rence, de mal-\u00eatre, d&rsquo;adolescence . Lou est une enfant surdou\u00e9e, qui a deux ans de moins que les \u00e9l\u00e8ves de sa classe, et elle se sent seule \u00e0 la maison aussi, suite \u00e0 la mort subite de sa petite soeur et \u00e0 la d\u00e9pression qui a frapp\u00e9 sa m\u00e8re.<br \/>\nCe livre est poignant, \u00e0 la fois triste et lumineux : beaucoup d\u2019\u00e9motion, beaucoup d\u2019humanit\u00e9, de r\u00e9volte aussi. Et un vrai sujet de soci\u00e9t\u00e9 : les sans-abri\u2026<\/p>\n<p><b>Extraits<\/b><\/p>\n<p>L\u2019absence d\u2019un objet ou d\u2019un sujet s\u2019exprime mieux par la phrase \u00ab\u00a0il n\u2019y en a pas\u00a0\u00bb (ou \u00ab\u00a0plus\u00a0\u00bb). Les nombres demeurent une abstraction et le z\u00e9ro ne dit ni l\u2019absence ni le chagrin.<\/p>\n<p>Je sais reconna\u00eetre \u00e7a, entre autres choses, le son des voix quand le mensonge est \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, et les mots qui disent le contraire des sentiments, (\u2026)<\/p>\n<p>Depuis longtemps je suis insomniaque, un mot qui finit comme maniaque, patraque, hypocondriaque, bref un mot qui dit que quelque chose se d\u00e9traque (\u2026)<\/p>\n<p>je vois la fatigue sur son visage, c\u2019est comme un voile gris qui la recouvre, l\u2019enveloppe, et peut-\u00eatre la prot\u00e8ge.<\/p>\n<p>Il y a cette ville invisible, au c\u0153ur m\u00eame de la ville.\u00a0c\u2019est une fille qui vit dans un autre monde que le tien.<br \/>\nMoi je m\u2019en fous pas mal qu\u2019il y ait plusieurs mondes dans le m\u00eame monde et qu\u2019il faille rester dans le sien.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>No\u00ebl est un mensonge qui r\u00e9unit les familles autour d\u2019un arbre mort recouvert de lumi\u00e8res, un mensonge tiss\u00e9 de conversations insipides, enfoui sous des kilos de cr\u00e8me au beurre, un mensonge auquel personne ne croit.<\/p>\n<p>On apprend \u00e0 trouver des inconnues dans les \u00e9quations, tracer des droites \u00e9quidistantes et d\u00e9montrer des th\u00e9or\u00e8mes, mais dans la vraie vie, il n\u2019y a rien \u00e0 poser, \u00e0 calculer, \u00e0 deviner.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Elle a err\u00e9 des journ\u00e9es enti\u00e8res, dans ce monde parall\u00e8le qui est pourtant le n\u00f4tre, elle n\u2019a cherch\u00e9 rien d\u2019autre qu\u2019un endroit dont elle ne serait pas vir\u00e9e, un endroit pour s\u2019asseoir ou pour dormir.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Je sais, mais\u2026<br \/>\n\u2014\u00a0Le probl\u00e8me c\u2019est les\u00a0<i>mais<\/i>, justement, avec les\u00a0<i>mais<\/i>\u00a0on fait jamais rien.<\/p>\n<p>Ceux qui croient que la grammaire n\u2019est qu\u2019un ensemble de r\u00e8gles et de contraintes se trompent. Si on s\u2019y attache la grammaire r\u00e9v\u00e8le le sens cach\u00e9 de l\u2019histoire, dissimule le d\u00e9sordre et l\u2019abandon, relie les \u00e9l\u00e9ments, rapproche les contraires, la grammaire est un formidable moyen d\u2019organiser le monde comme on voudrait qu\u2019il soit.<\/p>\n<p>L\u2019insomnie est la face sombre de l\u2019imagination. Je connais ces heures noires et secr\u00e8tes. Au matin on se r\u00e9veille engourdi, les sc\u00e9narios catastrophes sont devenus extravagants, la journ\u00e9e effacera leur souvenir, on se l\u00e8ve, on se lave et on se dit qu\u2019on va y arriver.<\/p>\n<p>Maintenant je sais que la violence est aussi dans le silence, qu\u2019elle est parfois invisible \u00e0 l\u2019\u0153il nu. La violence est ce temps qui recouvre les blessures, l\u2019encha\u00eenement irr\u00e9ductible des jours, cet impossible retour en arri\u00e8re. La violence est ce qui nous \u00e9chappe, elle se tait, ne se montre pas, la violence est ce qui ne trouve pas d\u2019explication, ce qui \u00e0 jamais restera opaque.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0: N\u00e9e le 1er mars 1966 \u00e0 Boulogne, Delphine de Vigan est une romanci\u00e8re et r\u00e9alisatrice fran\u00e7aise. Apr\u00e8s avoir accumul\u00e9 divers petits emplois, elle a atterri sur un poste de cadre dans un institut de sondage \u00e0 Alfortville. 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