{"id":20806,"date":"2024-09-08T12:17:02","date_gmt":"2024-09-08T10:17:02","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20806"},"modified":"2024-09-08T12:37:01","modified_gmt":"2024-09-08T10:37:01","slug":"de-kerangal-maylis-jour-de-ressac-rle2024-256-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20806","title":{"rendered":"De Kerangal, Maylis\u00a0 \u00ab\u00a0Jour de ressac\u00a0\u00bb (RLE2024) 256 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur<\/b>\u00a0:\u00a0Maylis Suzanne Jacqueline Le Gal de Kerangal passe son enfance au Havre, fille et petite-fille de capitaine au long cours. Elle \u00e9tudie en classe pr\u00e9paratoire au lyc\u00e9e Jeanne-d\u2019Arc de Rouen et ensuite \u00e0 Paris de 1985 \u00e0 1990 l\u2019histoire, la philosophie et l\u2019ethnologie.<br \/>\nElle commence \u00e0 travailler chez Gallimard jeunesse une premi\u00e8re fois de 1991 \u00e0 1996, avant de faire deux s\u00e9jours aux \u00c9tats-Unis, \u00e0 Golden dans le Colorado en 1997. Elle reprend sa formation en passant une ann\u00e9e \u00e0 l\u2019EHESS \u00e0 Paris en 1998.<\/p>\n<p><b>Ses romans\u00a0<\/b>: Je marche sous un ciel de tra\u00eene, 2000, 222 p. \u2013 La Vie voyageuse, 2003, 240 p. \u2013 Ni fleurs ni couronnes, 2006, 135 p. \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7502\">Dans les rapides<\/a><\/span>\u00a0(2006) \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2260\">Corniche Kennedy<\/a>,<\/span>\u00a0Paris, 2008, 177 p. \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=16104\">Naissance d\u2019un pont<\/a><\/span>, Paris, 2010, 336 p. ( Prix M\u00e9dicis 2010 \u2013 Prix Franz Hessel 2010) \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3026\">Tangente vers l\u2019est<\/a><\/span>, Paris, \u00c9ditions Verticales, 2012, 134 p. (Prix Landerneau 2012) \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=34\">R\u00e9parer les vivants<\/a>,<\/span> 2013, 281 p. (Grand prix RTL-Lire 2014 \u2013 Roman des \u00e9tudiants \u2013 France Culture-T\u00e9l\u00e9rama 2014 \u2013 Prix Orange du Livre 2014 \u2013 Prix des lecteurs de l\u2019Express-BFM TV 2014 \u2013 Prix Relay 2014) \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2241\">\u00c0 ce stade de la nuit<\/a>,<\/span> 2015, 80 p. \u2013 Un chemin de tables -2016 \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6926\">Un monde \u00e0 port\u00e9e de main<\/a><\/span>\u00a0(2018) \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11694\">Kiruna<\/a><\/span>\u00a0(2019) \u2013 Ariane espace (nouvelle \u2013 2020) \u2013 Cano\u00ebs (2021) &#8211; Servoz &#8211; avec Joy Sorman &#8211; (2022) &#8211; Un archipel (2022) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"De Kerangal, Maylis\u00a0 \u00ab\u00a0Jour de ressac\u00a0\u00bb (RLE2024) 256 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20806\">Jour de ressac<\/a><\/span> (2024)<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Collection Verticales &#8211; Gallimard \u2013 15.08.2024 \u2013 256 pages \/ 1\u00e8re s\u00e9lection du Goncourt<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9<\/b>:<br \/>\n\u00ab\u00a0Finalement, il vous dit quelque chose, notre homme\u00a0? Nous arrivions \u00e0 hauteur de Gonfreville-l\u2019Orcher, la raffinerie sortait de terre, ind\u00e9chiffrable et n\u00e9buleuse, fa\u00e7on Gotham City, une autre ville derri\u00e8re la ville, j\u2019ai baiss\u00e9 ma vitre et inhal\u00e9 longuement, le nez orient\u00e9 vers les tours de distillation, vers ce Meccano d\u00e9mentiel. L\u2019\u00e9trange puanteur s\u2019engouffrait dans la voiture, m\u00e9lange d\u2019hydrocarbures, de sel et de poudre. Il m\u2019a intim\u00e9 de refermer, avant de m\u2019interroger de nouveau, pourquoi avais-je finalement demand\u00e9 \u00e0 voir le corps\u00a0? C\u2019est que vous y avez repens\u00e9, c\u2019est que quelque chose a d\u00fb vous revenir.<br \/>\nOui, j\u2019y avais repens\u00e9. Qu\u2019est-ce qu\u2019il s\u2019imaginait. Je n\u2019avais pratiquement fait que penser \u00e0 \u00e7a depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d\u2019une ville, d\u2019un premier amour, la forme d\u2019un porte-conteneurs.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>:<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Doubleuse au cin\u00e9ma, originaire du Havre et y ayant v\u00e9cu jusqu\u2019\u00e0 l\u2019adolescence, habitant maintenant Paris depuis des ann\u00e9es une jeune femme re\u00e7oit un appel de la police du Havre qui lui annonce<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>\u00ab\u00a0le corps d\u2019un homme,\u00a0la voie publique, Le\u00a0Havre,\u00a0une affaire vous concernant\u00a0\u00bb<br \/>\nEt nous prenons le train direction Le Havre : une enqu\u00eate, un thriller, un personnage principal, le pass\u00e9, le pr\u00e9sent, la Ville du Havre, son histoire et sa m\u00e9tamorphose et la couleur grise\u2026<br \/>\nUne disparition, une personne recherch\u00e9e, un corps non identifi\u00e9\u2026 des histoires personnelles qui font surface et se m\u00ealent au pr\u00e9sent\u2026 un myst\u00e8re, des doutes, l\u2019envie de savoir doubl\u00e9e de celle de ne pas savoir\u2026<br \/>\nMoi qui ne suis pas parisienne j\u2019ai appris que pour relier Le Havre \u00e0 Paris, on passe par la Gare Saint Lazare en empruntant la Rue du Havre. J\u2019ai aim\u00e9 ce clin d\u2019oeil, ce lien Le Havre-Paris qui illustre si bien ce roman qui relie pass\u00e9 et pr\u00e9sent\u2026<\/p>\n<p>J\u2019ai lu plusieurs de ses romans et j&rsquo;affectionne tout particuli\u00e8rement cette romanci\u00e8re.<br \/>\nDans \u00ab\u00a0Jour de ressac\u00a0\u00bb la vie va et vient, avance et recule, comme les vagues sur les plages\u2026 J\u2019ai aim\u00e9 les ambiances, le myst\u00e8re qui entoure la vie de la jeune femme et de son adolescence, ses souvenirs qui refont surface, l\u2019histoire de la destruction de la ville, les r\u00e9miniscences du pass\u00e9, le flou dans lequel elle avance et elle recule,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>elle se d\u00e9place, mentalement et physiquement \u2026<br \/>\nD\u2019ailleurs elle est conforme \u00e0 la signification du mot ressac : Retour brutal des vagues sur elles-m\u00eames, lorsqu&rsquo;elles ont frapp\u00e9 un obstacle\u2026<\/p>\n<p>J\u2019aime son \u00e9criture, son regard de peintre, ses descriptions, ses nuances, sa fa\u00e7on de d\u00e9crire les paysages, les couleurs, la lumi\u00e8re, les \u00e9l\u00e9ments\u2026 L\u2019importance du gris\u2026 et du passage du temps qui change les lieux et les \u00eatres\u2026<\/p>\n<p><b>Extraits<\/b>:<\/p>\n<p>La lumi\u00e8re de novembre \u2013 transparente, perl\u00e9e, un glacis \u2013 chutait dans la pi\u00e8ce en rayons obliques, r\u00e9v\u00e9lant la mati\u00e8re invisible de l\u2019atmosph\u00e8re, toute cette poussi\u00e8re en suspension.<\/p>\n<p><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>;voir la mer, l\u2019initiation alpha pour ceux qui ne l\u2019avaient encore jamais vue, se l\u2019imaginaient bleue quand la n\u00f4tre \u00e9tait autre chose, rude, complexe, \u00e0 la fois p\u00e9troli\u00e8re et impressionniste, prosa\u00efque et r\u00eaveuse, parcourue de lignes, de routes, et d\u2019une couleur que pas un seul nom de couleur ne pouvait r\u00e9sorber, d\u2019une couleur qui aurait amplement m\u00e9rit\u00e9 qu\u2019un nom f\u00fbt cr\u00e9\u00e9 pour elle, incluant sa texture, son reflet, son mouvement\u00a0;<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Tu es dingue, c\u2019est ce que je me suis dit, debout sur la plage, face \u00e0 une mer courte, h\u00e9riss\u00e9e, une mer de fer et de silice. Des cailloux, des cailloux partout.<\/p>\n<p>un entrelacs de dur\u00e9es qui avait couliss\u00e9 dans l\u2019air comme un lasso et nous avait nou\u00e9s tous les trois, nous rappelant au m\u00eame instant qu\u2019un jour nous serions s\u00e9par\u00e9s.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Le vent soufflait, un vent d\u00e9structur\u00e9, sinuso\u00efdal, hasardeux comme une chose sans t\u00eate, mais une force invisible qui liait tout ensemble, sanglait le ciel sur la mer, et nous \u2013 mouettes, bateaux, pelleteuse \u2013 avec eux.<\/p>\n<p>les noms dysfonctionnent. Ils ont perdu le pouvoir de d\u00e9signer, de distinguer tel endroit de tel autre, ne font plus que planer sur l\u2019insituable. Pourtant, leur r\u00e9manence, elle, continue de travailler l\u2019espace, elle nous incite \u00e0 la reconnaissance quand tout a \u00e9t\u00e9 \u00e9crabouill\u00e9, elle nous pousse \u00e0 froncer les sourcils sur tel indice familier accroch\u00e9 dans le d\u00e9sastre \u2013 un marquage publicitaire sur un pignon d\u2019immeuble par exemple, Cinzano ou Dubonnet.<\/p>\n<p>La cat\u00e9gorie \u00ab\u00a0disparus\u00a0\u00bb, surtout, nous donnait du fil \u00e0 retordre \u2013 un disparu est quelqu\u2019un qui se trouve entre la mort et la vie, mais o\u00f9 \u00e7a\u00a0?<\/p>\n<p>Puis sa parole se fait plus lente, elle avance comme dans un songe, elle progresse entre les temps, ambigu\u00eb<\/p>\n<p>Le soleil \u00e9tait tomb\u00e9 mais il faisait encore jour, la pens\u00e9e circulait entre nous, souterraine, elle jaillissait du silence \u00e0 intervalles al\u00e9atoires<\/p>\n<p>Le pass\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas une mati\u00e8re fossile, il \u00e9voluait dans le temps, souple, plastique, il \u00e9voluait infiniment, il se rechargeait au cours de la vie, le pass\u00e9 restait vivant,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>\u00e0 chaque fois tu dis qu\u2019elle a chang\u00e9, mais elle devient adulte, c\u2019est normal. Ma m\u00e8re secoue la t\u00eate\u00a0: non, elle ne devient pas adulte, elle devient une autre personne, c\u2019est diff\u00e9rent.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0:\u00a0Maylis Suzanne Jacqueline Le Gal de Kerangal passe son enfance au Havre, fille et petite-fille de capitaine au long cours. Elle \u00e9tudie en classe pr\u00e9paratoire au lyc\u00e9e Jeanne-d\u2019Arc de Rouen et ensuite \u00e0 Paris de 1985 \u00e0 1990 l\u2019histoire, la philosophie et l\u2019ethnologie. Elle commence \u00e0 travailler chez Gallimard jeunesse une premi\u00e8re fois de 1991 &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20806\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":20807,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1947,490,583,98,12,1,2166,105,192],"tags":[522,197,300,417,345,186,199,2185,1485,1214,277],"class_list":["post-20806","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-1947","category-thrillers","category-coup-de-coeur","category-france","category-litterature-france","category-non-classe","category-rle2024","category-roman","category-xxieme-siecle","tag-adolescence","tag-amour","tag-couleurs","tag-disparition","tag-enfance","tag-enquete","tag-famille","tag-le-havre","tag-meurtre","tag-normandie","tag-passe"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20806","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=20806"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20806\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20809,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/20806\/revisions\/20809"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/20807"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=20806"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=20806"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=20806"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}