{"id":20828,"date":"2024-09-11T12:11:41","date_gmt":"2024-09-11T10:11:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20828"},"modified":"2024-09-11T12:18:39","modified_gmt":"2024-09-11T10:18:39","slug":"barrouk-ruben-tout-le-bruit-du-gueliz-rle2024-213-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20828","title":{"rendered":"Barrouk, Ruben \u00ab\u00a0Tout le bruit du Gu\u00e9liz\u00a0\u00bb (RLE2024) 213 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur<\/b>:<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>n\u00e9 en 1997 \u00e0 Paris. En 2022, il retourne sur les traces de sa famille s\u00e9farade \u00e0 Marrakech, o\u00f9 vit sa grand-m\u00e8re, personnage principal de ce premier roman.<\/p>\n<p>Albin- Michel &#8211; 21.08.2024 &#8211; 213 pages<br \/>\nPremi\u00e8re s\u00e9lection du Prix Goncourt 2024 &#8211;\u00a0 Premi\u00e8re s\u00e9lection du Prix Goncourt des Lyc\u00e9ens 2024 &#8211; S\u00e9lection Prix Stanislas du premier roman &#8211; Premi\u00e8re s\u00e9lection du Prix Jean Ren\u00e9 Huguenin &#8211; Premi\u00e8re s\u00e9lection du Prix Cabourg du roman<br \/>\nPrix du premier roman du festival des \u00e9crivains chez Gonzague Saint Bris &#8211;<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>\u00a0\u00bb Il est rare de lire un premier roman de cette eau-l\u00e0. Un petit miracle\u00a0\u00bb. Lire-Magazine Litt\u00e9raire \u00a0\u00bb<br \/>\nUn premier roman aussi gracieux que poignant\u00a0\u00bb. La Tribune Dimanche<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le bruit condamne l&rsquo;Homme \u00e0 l&rsquo;oubli. Mais parfois il arrive qu&rsquo;il le sauve de l\u2019oubli.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9<\/b>:<\/p>\n<p>Dans le quartier du Gu\u00e9liz \u00e0 Marrakech, un myst\u00e9rieux bruit hante et tourmente, nuit et jour, une vieille dame. Inquiets, sa fille et son petit-fils quittent Paris pour mener l\u2019enqu\u00eate. Sur place, ils guettent, \u00e9pient, esp\u00e8rent, mais aucun bruit ne se fait entendre&#8230;<br \/>\nTout le bruit du Gu\u00e9liz ne nous livre pas une mais mille histoires : celles des exodes, des traditions, des liens qui se font et se d\u00e9font, des origines perdues.<br \/>\n\u00c0 la violence et au vacarme assourdissant de notre \u00e9poque, ce premier roman aux allures de conte, \u00e0 la fois tendre, dr\u00f4le et bouleversant, oppose un bruit. Le bruit du Gu\u00e9liz. Celui d\u2019un temps r\u00e9volu, o\u00f9 l\u2019on vivait ensemble.<\/p>\n<p><b>Mon avis:<\/b><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Un livre tout en finesse, en subtilit\u00e9, servi par une magnifique \u00e9criture et c\u2019est ni plus ni moins qu\u2019un message de paix. Coup de coeur de la rentr\u00e9e litt\u00e9raire.<br \/>\nUn sublime roman sur la solitude, l\u2019errance des \u00e2mes oubli\u00e9es, l\u2019absence, la m\u00e9moire, le temps qui passe et les choses qui changent, l\u2019errance, la disparition des mondes au fils des ann\u00e9es, avec l\u2019exil, l\u2019exode, les migrations, un monde qui disparait, le devoir de m\u00e9moire, le respect et la survivance des traditions \u2026 tout ce qui<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>se perd..<br \/>\nCe n\u2019est pas un livre sur la mort; c\u2019est un livre sur la vie,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>les choses, les endroits et les gens qui disparaissent, sur le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent qui se confondent, sur les traces qui affleurent ou qui s\u2019effacent, sur la nostalgie et la pr\u00e9sence d\u2019un temps r\u00e9volu, sur les souvenirs, les endroits et les \u00eatres qui nous habitent\u2026<br \/>\nDans ce merveilleux r\u00e9cit, une m\u00e8re et son fils, retournent voir la grand-m\u00eame qui vit toujours \u00e0 Marrakech et qui est pas bien car elle entend du bruit dans son vieil appartement.<br \/>\nC\u2019est l\u2019occasion de faire quelques p\u00e8lerinages &#8211; dans le vieux quartier juif de la ville, dans le cimeti\u00e8re juif aussi\u2026 Et surtout d\u2019identifier le bruit qui d\u00e9range tellement la grand-m\u00e8re\u2026<br \/>\nC\u2019est aussi l\u2019hommage \u00e0 une ville Marrakech, sur les liens entre les juifs et les arabes de cette ville de tol\u00e9rance. C\u2019est un roman sur les juifs du Maroc, les rares qui sont rest\u00e9s et ceux qui sont partis\u2026 C\u2019est Marrakech, qui est le bruit et le silence.<br \/>\nLa visite du Mellah, l\u2019ancien quartier juif et du cimeti\u00e8re juif, le Miaara, avec ses vingt mille tombes\u2026sont de purs moments d\u2019\u00e9motion.<\/p>\n<p>Venez faire la connaissance de Paulette, la grand-m\u00e8re du narrateur \u2026 c\u2019est juste magnifique et bouleversant d\u2019humanit\u00e9. C\u2019est le moment o\u00f9 la vieillesse a le go\u00fbt d\u2019une certaine innocence et tendresse de l\u2019enfance, m\u00eal\u00e9e \u00e0 une inqui\u00e9tude et un besoin d\u2019\u00eatre rassur\u00e9, une certaine douceur fragile et \u00e9mouvante, cet attachement au pass\u00e9, ce refus de l\u00e2cher prise, de laisser partir\u2026<\/p>\n<p>Et au final, ce bruit ? Pour le savoir je vous invite \u00e0 plonger dans le Marrakech de cette famille merveilleuse\u2026 et de m\u00e9diter une phrase magique<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>\u00ab\u00a0Elle a ri, simplement. Pour exaucer la vie, pour ce pays qui m\u00e9rite la gaiet\u00e9. Ainsi, le plus beau bruit du monde nous a tous emport\u00e9s. Nous avons renonc\u00e9 au recueillement, au silence oblig\u00e9, \u00e0 la mesure humaine et \u00e0 la peur de Dieu. Nous avons ri.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><b>Extraits<\/b>:<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re \u00e9tait n\u00e9e l\u00e0. Elle avait grandi l\u00e0. Elle y revenait aujourd\u2019hui, et ce n\u2019\u00e9tait plus l\u00e0.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Rien, depuis, n\u2019avait chang\u00e9, ni d\u2019allure ni de place. Tout \u00e9tait faux, fig\u00e9 comme avant, mais les imaginaires de l\u2019enfance avaient \u00e9t\u00e9 si facilement doubl\u00e9s par cette v\u00e9rit\u00e9 froide qui me serrait la gorge. Rien n\u2019avait chang\u00e9. Tout avait chang\u00e9.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Il suffisait de trouver ce qui n\u2019allait pas, pour comprendre alors l\u2019origine de ce bruit. Ce pouvait \u00eatre quelqu\u2019un qui la d\u00e9rangeait. Ou quelque chose. Un mauvais souvenir. Une parole impertinente. Seulement tout cela se disait facilement, et ma grand-m\u00e8re d\u00e9j\u00e0 nous l\u2019aurait confi\u00e9. C\u2019\u00e9tait ailleurs. C\u2019\u00e9tait un fait qu\u2019elle ne pouvait admettre, car ne sachant l\u2019admettre. Dans son monde ordonn\u00e9, quelque chose s\u2019\u00e9tait renvers\u00e9. Comme ici rien ne bouge, que les heures se prolongent, que tout s\u2019enfle \u00e0 la poussi\u00e8re du temps, alors je comprenais que cet \u00e9l\u00e9ment que nous devions trouver n\u2019\u00e9tait pas visible.<\/p>\n<p>Yak. Ce petit mot, ma grand-m\u00e8re l\u2019employait aussi souvent que possible. Si facilement, yak se faisait une place dans chaque conversation. Il signifie \u00ab\u00a0n\u2019est-ce pas\u00a0\u00bb. Il est le petit dernier d\u2019une fratrie de mots qui ne grandit jamais, qui de justesse parvient toujours \u00e0 s\u2019insinuer avant que les grandes portes de la parole ne se referment seules. Il\u00a0se montre sous les airs d\u2019un d\u00e9but de question et tinte comme le bruit de l\u2019\u00e2me qui s\u00e8me le doute partout. Il dit \u00ab\u00a0rien n\u2019est jamais certain, tout est seulement possible\u00a0\u00bb.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Par un charme souverain, les casseroles bossel\u00e9es se r\u00e9chauffent \u00e0 feu doux, berc\u00e9es par les tours \u00e9ternels d\u2019une cuill\u00e8re en bois. Les stratus de vapeur s\u2019amoncellent sans jamais s\u2019\u00e9clipser, et voyagent loin, tr\u00e8s loin du carrelage blanc, transportant avec eux les parfums des jardins mijot\u00e9s, des poissons carmin\u00e9s aux pistils de safran, des f\u00e8ves tachet\u00e9es par l\u2019ocre du cumin.<\/p>\n<p>Mais d\u00e9sormais, devant ce bruit, sa parole de m\u00e9decin avait perdu toute sa valeur, car elle ne voulait pas s\u2019exposer \u00e0 la simple id\u00e9e qu\u2019il lui dise que cela pouvait venir de l\u2019int\u00e9rieur, si personne d\u2019autre qu\u2019elle ne l\u2019entendait.<\/p>\n<p>Elle \u00e9tait venue au Maroc, p\u00e8lerine sur les traces des a\u00efeuls et des saints juifs inhum\u00e9s, pour visiter les morts. Nous commencions par le Miaara. Dimanche, nous poursuivrions cette t\u00e2che en empruntant les routes d\u00e9peupl\u00e9es et br\u00fbl\u00e9es du Haut Atlas, jusqu\u2019\u00e0 la vall\u00e9e de l\u2019Ourika. Il n\u2019y avait pour elle de chose plus importante, de devoir plus intime et valable que ce grand p\u00e8lerinage. C\u2019\u00e9tait pour elle d\u2019autant plus vrai que son fils \u00e9tait l\u00e0, pour voir et comprendre, et r\u00e9colter le pr\u00e9cieux legs de ces lieux de m\u00e9moire, de ces traditions centenaires, avant qu\u2019elles ne s\u2019effacent, ensevelies par les mains de l\u2019oubli.<\/p>\n<p>Cette fin, nous l\u2019avons amen\u00e9e. Un jour nous avons cess\u00e9 d\u2019y na\u00eetre. Moi, je n\u2019y suis pas n\u00e9. Je ne suis pas un p\u00e8lerin sur cette terre. Je ne peux que l\u2019aimer, sans jamais la conna\u00eetre. Je ne suis que le t\u00e9moin d\u2019une fin vertigineuse. D\u2019une fin irr\u00e9vocable, d\u2019une fin sans d\u00e9but. Car si les fins toujours am\u00e8nent d\u2019autres d\u00e9buts, celle-l\u00e0 n\u2019am\u00e8ne rien. Elle est la derni\u00e8re fin.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Elle \u00e9tait l\u2019archiviste, la biblioth\u00e9caire de notre pass\u00e9. Elle peinait seulement \u00e0 reconna\u00eetre les hommes et les femmes qui foulaient cette terre. Pas les autres, pas celles et ceux qui l\u2019avaient d\u00e9j\u00e0 quitt\u00e9e. Pas les morts et les disparus. Ceux-l\u00e0, une partie d\u2019elle \u00e9tait partie avec eux, sur la barque de bois du grand fleuve noir pour atteindre les havres du repos. Depuis l\u2019autre rive, elle plissait ses yeux fatigu\u00e9s, contemplant le lointain pr\u00e9sent devenu l\u2019\u00e9tranger peupl\u00e9 par les vivants.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Nous pouvions la voir, la soie de solitude, se tisser sous nos yeux, \u00e9pouser les contours de son corps. Et le monde se refermer sur elle. Son monde, minuscule maintenant. Il ne reste personne. Personne \u00e0 qui parler. Il ne reste plus qu\u2019elle. Depuis longtemps maintenant. Les vivants sont partis. Ils ont quitt\u00e9 le port de leur propre r\u00e9cit. Ma grand-m\u00e8re a vu les derniers bateaux s\u2019unir \u00e0 l\u2019horizon. Sur les docks de l\u2019oubli, elle est rest\u00e9e. Ils ont tout emport\u00e9. Tout ce qu\u2019ils pouvaient prendre. Ils ont laiss\u00e9 les morts. Ils ont laiss\u00e9 des murs et des morceaux de pierre. Et l\u2019immense solitude. Elle seule est rest\u00e9e.<\/p>\n<p>En elle, l\u2019hospitalit\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas une fa\u00e7on d\u2019accueillir l\u2019autre, d\u2019inviter l\u2019\u00e9tranger et la timidit\u00e9 \u00e0 passer la grande porte, mais plut\u00f4t, de laisser simplement le vide exister. Exister un instant. Et de croire que ce vide pouvait, ou non, \u00eatre combl\u00e9.<\/p>\n<p>Marrakech ne sait pas \u00eatre seule. Elle ne sait pas exister quand le silence des hommes est tout ce qu\u2019il lui reste. Cela fait partie des dilemmes que le Monde doit r\u00e9soudre. C\u2019est le silence, ou Marrakech. Et comme le Monde est ind\u00e9cis, et sage peut-\u00eatre, il a donn\u00e9 le silence \u00e0 la nuit, et Marrakech au jour. Car Marrakech elle-m\u00eame est un bruit. Un bruit, le jour, auquel tous participent. Chaque voix est une pierre pos\u00e9e, sur une tour de bruit qui ne cesse de s\u2019\u00e9lever. Chacun est appel\u00e9 \u00e0 l\u2019\u0153uvre collective. Chacun doit apporter sa pierre, f\u00fbt-elle brute ou polie, claire ou confuse, l\u00e9g\u00e8re comme le rire ou lourde comme l\u2019ennui. Ainsi, lorsque ces vies s\u2019affirment, alors le bruit se forme. Qu\u2019importe ce qu\u2019il dit ou s\u2019il ne dit rien. Chaque v\u00e9rit\u00e9, en rejoignant une autre, parvient \u00e0 cr\u00e9er une chose commune qui leur ressemble tous, o\u00f9 la vie qui regarde n\u2019y voit que son reflet. Marrakech n\u2019est qu\u2019un bruit, o\u00f9 toutes les voix se m\u00ealent pour cr\u00e9er l\u2019harmonie.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Je pense que je ne suis rien, et qu\u2019elle ne me voit pas. Que son \u00e2me et la mienne ne peuvent se rencontrer, ici, sur la jet\u00e9e. Que ce monde est le m\u00eame, mais le temps, diff\u00e9rent. Que je suis au pr\u00e9sent, et qu\u2019elle au pass\u00e9. Elle attend, semble-t-il.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Ce jour-l\u00e0, le soleil sur la place Jemaa-el-Fna n\u2019\u00e9tait pas parvenu \u00e0 percer la grisaille. Il l\u2019impr\u00e9gnait seulement d\u2019une froide lumi\u00e8re blanche, et vivait aux crochets de tous ceux qui, sur l\u2019esplanade, tentaient de s\u2019en cacher. Au travers des nuages, il demandait \u00e0 voir, l\u2019aveuglant soleil gris, ceux qui marchaient sur la place, mais il ne voulait pas, lui, \u00eatre vu en retour de tous ceux qui, assomm\u00e9s par la nuit, surpris par le jour, \u00e9taient rest\u00e9s bloqu\u00e9s l\u00e0, sur l\u2019esplanade de pierre. Jemaa-el-Fna d\u00e9savouait, dans sa d\u00e9solante nudit\u00e9, dans cet habit de pudeur et de gris, que la nuit l\u2019ait lib\u00e9r\u00e9e hier encore. Elle \u00e9tait silencieuse.<\/p>\n<p>\u00c0 Marrakech, l\u2019Arabe a quelque chose de juif en lui. Des parcelles de notre identit\u00e9 se sont r\u00e9fugi\u00e9es l\u00e0, en eux, comme quelque chose de profond\u00e9ment intime. C\u2019est ainsi, l\u2019Arabe garde le juif. Il le prot\u00e8ge. Il couve ce qu\u2019il en reste. Tout ce qu\u2019il reste de lui, tout ce que le juif semble n\u2019avoir pas pu prendre le jour du grand d\u00e9part. Tout ce qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 contraint de laisser. Tout ce qu\u2019il est, rien de plus. C\u2019est aussi tout ce que l\u2019Arabe n\u2019a pas su laisser partir. Tout ce qu\u2019il a pu retenir, quand ils se sont quitt\u00e9s.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Un fassi, c\u2019\u00e9tait un juif converti \u00e0 l\u2019islam, de force. On appelait \u00e7a des\u00a0<i>Bildiyyin<\/i>. C\u2019\u00e9tait il y a longtemps. Aujourd\u2019hui, si un Arabe dit qu\u2019un juif est un fassi, alors c\u2019est une expression pour dire qu\u2019il est si proche des Arabes, ici, au Maroc, qu\u2019on a oubli\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait juif.<\/p>\n<p>Elle a ri, simplement. Pour exaucer la vie, pour ce pays qui m\u00e9rite la gaiet\u00e9. Ainsi, le plus beau bruit du monde nous a tous emport\u00e9s. Nous avons renonc\u00e9 au recueillement, au silence oblig\u00e9, \u00e0 la mesure humaine et \u00e0 la peur de Dieu. Nous avons ri.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><strong>Image<\/strong>: cimeti\u00e8re juif, le Miaara<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur:\u00a0 n\u00e9 en 1997 \u00e0 Paris. En 2022, il retourne sur les traces de sa famille s\u00e9farade \u00e0 Marrakech, o\u00f9 vit sa grand-m\u00e8re, personnage principal de ce premier roman. 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