{"id":21043,"date":"2024-10-28T17:44:01","date_gmt":"2024-10-28T15:44:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=21043"},"modified":"2024-11-04T15:54:27","modified_gmt":"2024-11-04T13:54:27","slug":"aia-abdellah-le-bastion-des-larmes-rle2024-224-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=21043","title":{"rendered":"Ta\u00efa, Abdellah \u00ab\u00a0Le bastion des larmes\u00a0\u00bb (RLE2024) 224 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur<\/b>: n\u00e9 le 8 ao\u00fbt 1973 \u00e0 Sal\u00e9 au Maroc, est un \u00e9crivain et cin\u00e9aste marocain d&rsquo;expression fran\u00e7aise.<br \/>\nAbdellah Ta\u00efa \u00e9tudie la litt\u00e9rature fran\u00e7aise \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 Mohamed-V de Rabat et \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Gen\u00e8ve. En juillet 1999, l&rsquo;ann\u00e9e de la mort du roi Hassan II, il arrive \u00e0 Paris pour un doctorat en litt\u00e9rature fran\u00e7aise \u00e0 la Sorbonne. Il soutient une th\u00e8se sur Jean-Honor\u00e9 Fragonard et sur le roman libertin du XVIII \u00e8me\u00a0si\u00e8cle. Son s\u00e9jour \u00e0 Paris est mat\u00e9riellement difficile, mais fructueux sur le plan intellectuel\u00a0; il d\u00e9couvre un autre monde qui lui inspire le don de l&rsquo;\u00e9criture, et d\u00e9couvre la peinture (notamment Fragonard) et le cin\u00e9ma.<\/p>\n<p><b>\u0152uvres <\/b>: Nouvelles du Maroc (1999) &#8211; Mon Maroc (2000) &#8211; Maroc 1900-1960, un certain regard, avec Fr\u00e9d\u00e9ric Mitterrand, (2007) &#8211; Lettres \u00e0 un jeune marocain (2009) &#8211;<\/p>\n<p><b>Romans<\/b>: Le Rouge du tarbouche (2004) &#8211; L\u2019arm\u00e9e du Salut (2006) &#8211; Une m\u00e9lancolie arabe (2008) &#8211; Le jour du Roi (2010 &#8211; Prix de Flore ) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Ta\u00efa, Abdellah \u00ab\u00a0Infid\u00e8les\u00a0\u00bb (2012)\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=291\">Infid\u00e8les<\/a><\/span> (2012) &#8211; Un pays pour mourir (2015) &#8211; Celui qui est digne d&rsquo;\u00eatre aim\u00e9 (2017) &#8211; La Vie lente (2019) &#8211; Vivre \u00e0 ta lumi\u00e8re (2022) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"a\u00efa, Abdellah \u00ab\u00a0Le bastion des larmes\u00a0\u00bb (RLE2024) 224 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=21043\">Le Bastion des larmes<\/a><\/span> (2024)<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Julliard &#8211; 22.08.2024 &#8211; 224 pages (S\u00e9lections Prix Goncourt &#8211; Prix M\u00e9dicis &#8211; Grand Prix du Roman de l\u2019Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise 2024 ) &#8211;<br \/>\nLaur\u00e9at du \u00a0Prix D\u00e9cembre 2024 &#8211; Prix de la Langue fran\u00e7aise pour l&rsquo;ensemble de son oeuvre (2024)<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9:<\/b><\/p>\n<p>A la mort de sa m\u00e8re, Youssef, un professeur marocain exil\u00e9 en France depuis un quart de si\u00e8cle, revient \u00e0 Sal\u00e9, sa ville natale, \u00e0 la demande de ses soeurs, pour liquider l&rsquo;h\u00e9ritage familial. En lui, c&rsquo;est tout un pass\u00e9 qui ressurgit, o\u00f9 se m\u00ealent inextricablement souffrances et bonheur de vivre. A travers lui, les voix du pass\u00e9 r\u00e9sonnent et l&rsquo;interpellent, dont celle de Najib, son ami et amant de jeunesse au destin tragique, happ\u00e9 par le trafic de drogue et la corruption d&rsquo;un colonel de l&rsquo;arm\u00e9e du roi Hassan II.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>A mesure que Youssef s&rsquo;enfonce dans les ruelles de la ville actuelle, un monde perdu reprend forme, guett\u00e9 par la mis\u00e8re et la violence, o\u00f9 la diff\u00e9rence, sexuelle, sociale, se paie au prix fort. Fronti\u00e8re ultime de ce roman splendide, le Bastion des Larmes, nom donn\u00e9 aux remparts de la vieille ville, \u00e0 l&rsquo;ombre desquels Youssef a jadis fait une promesse \u00e0 Najib. \u00a0\u00bb Notre pass\u00e9&#8230; notre grande fiction \u00ab\u00a0, m\u00e9dite Youssef, tandis qu&rsquo;il s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 entrer pleinement dans son h\u00e9ritage, celui d&rsquo;une enfance terrible, d&rsquo;un amour absolu, aussi, pour ses soeurs magnifiques et sa m\u00e8re disparue.<\/p>\n<p><b>Mon avis:<\/b><br \/>\nC\u2019est presque une auto-biographie que nous propose l\u2019auteur. En tous cas, le parcours de Youssef ressemble bien \u00e0 celui de l\u2019\u00e9crivain. Parti de Sal\u00e9, sa ville natale pour s\u2019installer \u00e0 Paris, fils d\u2019une famille nombreuse (9 enfants), professeur\u2026 <span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Autant j&rsquo;avais appr\u00e9ci\u00e9 \u00ab\u00a0Infid\u00e8les\u00a0\u00bb autant je suis d\u00e9\u00e7ue par celui-ci. Trop de haine et pas d&#8217;empathie avec les personnages.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9criture est toujours magnifique, mais le livre ne m\u2019a certes pas emport\u00e9e, car je n\u2019ai pas ressenti l\u2019histoire. Certes il y a un discours, mais je n\u2019ai pas ressenti de sentiments; c\u2019est une explication trop \u00e0 charge, juste du matraquage&#8230; m\u00eame si je sais que cela refl\u00e8te la situation des homosexuels au Maroc, des femmes, des familles, des soumis \u2026 Ce n\u2019est pas un roman, c\u2019est un r\u00e8glement de comptes.<br \/>\nAlors certes la forme est superbe, j\u2019ai not\u00e9 de merveilleux extraits, mais il y a tant de rancoeur, de hargne, de haine que cela ne passe pas\u2026<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\nJ&rsquo;en suis d\u00e9sol\u00e9e.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Extraits<\/b>:<\/p>\n<p>Au bout de la nuit, il n\u2019y a pas la nuit. Nous, nous irons au Paradis. C\u2019est s\u00fbr et certain. Nous avons assez souffert comme \u00e7a dans cet enfer, dans cette prison qu\u2019ils appellent le monde. La soci\u00e9t\u00e9. La vie. Bient\u00f4t, il n\u2019y aura plus ce tunnel interminable et ce silence \u00e9ternel. Courage.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Cela fait des ann\u00e9es que je ne pense plus \u00e0 toi, c\u2019est vrai, je l\u2019avoue. Mais non, je ne t\u2019ai pas oubli\u00e9. Quelque part, tout au fond de moi, tu vis encore. Parfois, je t\u2019entends prier. Marcher dans la for\u00eat. Je te vois chanter ta promesse au monde, au ciel, aux arbres\u00a0: Je survivrai. Je serai heureux. Tes mains tendues vers moi, tes bras qui enveloppent mon corps. L\u2019un\u00a0contre l\u2019autre. Unis dans le silence,\u00a0dans l\u2019espoir, dans la ferveur. Dans un amour interdit.<\/p>\n<p>Pour \u00eatre soi-m\u00eame, il faut sortir de soi.<\/p>\n<p>La m\u00e9moire de ce qui nous a li\u00e9s depuis tant d\u2019ann\u00e9es. C\u2019est nous qui faisons des efforts pour garder vivante cette m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Qui va vraiment nous aimer un jour\u00a0? Un c\u0153ur d\u2019avance dans la tendresse \u00e9ternelle pour nous. Il existe, ce c\u0153ur\u00a0?<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>La haine d\u2019avant, Youssef, je ne l\u2019avais pas oubli\u00e9e. Celle envers ma famille et les gens de notre quartier. La soumission, les humiliations. Comment ils m\u2019ont oblig\u00e9 \u00e0 abdiquer, \u00e0 m\u2019exiler, d\u2019abord tout au fond de mon c\u0153ur, puis loin au nord du Maroc.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Tes po\u00e8mes arabes et romantiques \u00e9taient le seul lieu o\u00f9 tu pouvais vivre loin d\u2019eux et de leurs intentions malveillantes, loin de leurs strat\u00e9gies pour te fracasser, te pulv\u00e9riser.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9nergie noire du d\u00e9sespoir. Quand on n\u2019a plus rien \u00e0 perdre, on se jette dans la mer d\u00e9cha\u00een\u00e9e et on fait tout pour survivre. Survivre et vivre \u00e0 fond. Vivre sans se soucier si on est bien consid\u00e9r\u00e9 ou pas. Les deux \u00e0 la fois. Noir et blanc. Et tr\u00e8s jaune\u00a0: comme le feu de la vengeance.<\/p>\n<p>Il a juste continu\u00e9 \u00e0 \u00eatre ce qu\u2019il \u00e9tait, comme il l\u2019\u00e9tait depuis sa naissance. Sans se soucier des autres. Sans se pr\u00e9occuper du danger qui grandissait chaque jour un peu plus autour de lui.<\/p>\n<p>Je m\u00e9dite. Je me pr\u00e9pare. Je retourne \u00e0 ma vie d\u2019avant. Flash-back. Je passe et repasse les sc\u00e8nes du film de mon existence. Je m\u2019arr\u00eate surtout sur les \u00e9pisodes douloureux. Le mal qu\u2019on m\u2019a fait au tout d\u00e9but. Les insultes, les bassesses, les crachats, les viols. Je revois toutes ces sc\u00e8nes. Je les r\u00e9pertorie. Je fais m\u00eame des listes. Des pr\u00e9noms. Et encore des pr\u00e9noms.<\/p>\n<p>Allah est leur propri\u00e9t\u00e9, leur logo, le hashtag qui les rassemble et les prot\u00e8ge. Allah est le chemin sur lequel ils peuvent continuer de nous tuer chaque jour et chaque nuit impun\u00e9ment.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Il \u00e9tait comme n\u2019importe quel p\u00e8re de famille d\u2019un certain \u00e2ge qu\u2019on croise quotidiennement dans les rues au Maroc. Ils ont beau avoir l\u2019air dignes et respectables, nous savons tous qu\u2019ils sont \u00e0 la fois des diables coquins et des dictateurs assum\u00e9s dans leur c\u0153ur. Des hommes qui n\u2019ont pas besoin de montrer leur pouvoir. Ils sont le pouvoir. Et le reste du monde tourne autour d\u2019eux.<\/p>\n<p>Nous vivions au niveau du sol. Assis. Accroupis. Allong\u00e9s. Endormis. Affam\u00e9s. Enrag\u00e9s. Envo\u00fbt\u00e9s. Poss\u00e9d\u00e9s par les djinns. Malades. Sous le poids du mektoub. Puis r\u00e9volt\u00e9s, de plus en plus r\u00e9volt\u00e9s.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Elles font tout, absolument tout dans le foyer. Leur maison est comme une prison. M\u00eame si on n\u2019est pas f\u00e9ministe par conviction, on le devient par la force des choses devant ce spectacle. L\u2019avenir triste des femmes.<\/p>\n<p>Et je m\u2019accroche encore \u00e0 ces souvenirs entre nous. Je les enjolive. Je me mens. Je vis au pr\u00e9sent un pass\u00e9 qui n\u2019a peut-\u00eatre jamais exist\u00e9.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Les r\u00eaves ne sont pas que des r\u00eaves. Ils existent. Ce n\u2019est pas de la fiction. C\u2019est un espace r\u00e9el o\u00f9 parfois la v\u00e9rit\u00e9 peut enfin sortir. On s\u2019y r\u00e9concilie et on y gu\u00e9rit provisoirement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur: n\u00e9 le 8 ao\u00fbt 1973 \u00e0 Sal\u00e9 au Maroc, est un \u00e9crivain et cin\u00e9aste marocain d&rsquo;expression fran\u00e7aise. 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