{"id":2117,"date":"2015-08-29T15:58:20","date_gmt":"2015-08-29T14:58:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2117"},"modified":"2015-09-01T09:29:31","modified_gmt":"2015-09-01T08:29:31","slug":"de-giovanni-maurizio-la-methode-du-crocodile-2012","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2117","title":{"rendered":"de Giovanni, Maurizio \u00abLa m\u00e9thode du crocodile \u00bb (2012)"},"content":{"rendered":"<p><strong>L\u2019auteur<\/strong>\u00a0: N\u00e9 en 1958, Maurizio De Giovanni vit \u00e0 Naples.<\/p>\n<p>Il commence par cr\u00e9er la s\u00e9rie des enqu\u00eates du Commissaire Ricciardi qui enqu\u00eate dans le Naples des ann\u00e9es 30.<\/p>\n<p>En\u00a02012, le roman \u00ab\u00a0La m\u00e9thode du crocodile\u00a0\u00bb, est le d\u00e9but d\u2019une nouvelle s\u00e9rie qui met en sc\u00e8ne l\u2019inspecteur Lojacono dont les enqu\u00eates ont pour d\u00e9cor la ville de Naples \u00e0 l\u2019\u00e9poque contemporaine<\/p>\n<p><strong>Les enqu\u00eates de l\u2019inspecteur Lojacono\u00a0(tome 1)<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Dans une Naples f\u00e9brile et pluvieuse, un homme guette. Solitaire, tapi dans l&rsquo;ombre, il observe patiemment sa proie et attend le moment de lui porter le coup fatal d&rsquo;une balle dans la nuque. En guise de signature, il laisse sur les lieux du crime un mouchoir imbib\u00e9 de larmes&#8230; La presse a t\u00f4t fait de surnommer ce tueur \u00ab le crocodile \u00bb, car, comme l&rsquo;animal, il semble pleurer la mort de ses victimes. Pour l&rsquo;inspecteur Lojacono, qui a d\u00fb fuir sa Sicile natale afin d&rsquo;\u00e9viter un scandale politique, s&rsquo;engage alors une redoutable chasse au pr\u00e9dateur&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab Le style fait mouche, l&rsquo;intrigue est tir\u00e9e au cordeau, pratiquement sculpt\u00e9e dans un bloc de haine glac\u00e9e. Un terrible roman d&rsquo;amour. \u00bb G\u00e9rard Thomas, Lib\u00e9ration (Paru chez 10\/18)<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Une ville de Naples bien loin du soleil et des vacances.. Pas carte postale pour deux sous\u2026 sous la pluie et le brouillard, triste et sombre, comme l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit des personnages, qui transpirent la tristesse, le drame, la douleur et la solitude\u00a0; tant du c\u00f4t\u00e9 justice et police que du c\u00f4t\u00e9 victimes et assassin. Le crocodile est une redoutable machine \u00e0 tuer&#8230; froide et implacable. Et un roman qui insiste sur la psychologie de tous les acteurs du drame. Remarquable. Beaucoup aim\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Silence absolu. Suspendu dans le temps et l\u2019espace, assis devant un bureau vide, \u00e0 jouer aux cartes contre son ordinateur<\/p>\n<p>Elle aurait bien aim\u00e9 parler avec lui, sa nature communicative la poussait \u00e0 rompre le silence qui isolait cet homme tel un voile transparent, mais elle sentait que l\u2019\u00e9quilibre \u00e9tait fragile<\/p>\n<p>illustr\u00e9s en images p\u00each\u00e9es au fond des verres de vin rouge<\/p>\n<p>Le vieil homme marche le long du mur et nul ne le voit. Il est comme un souffle de vent, comme un rat dans l\u2019ombre. Pourquoi quelqu\u2019un devrait-il le regarder\u00a0? Il est comme tout le monde, comme tous ces fant\u00f4mes animant la ville obscure<\/p>\n<p>De temps en temps, il croise quelqu\u2019un, une femme courb\u00e9e sous le fardeau des ann\u00e9es, un Noir avec un cabas sur l\u2019\u00e9paule, un homme au visage marqu\u00e9 par les coups du destin. Il d\u00e9tourne le regard et ils l\u2019imitent, car la mort est vilaine \u00e0 voir, de m\u00eame que son pr\u00e9sage<\/p>\n<p>Nul ne prend le risque de partager les pens\u00e9es et les probl\u00e8mes des autres, f\u00fbt-ce en croisant leur regard<\/p>\n<p>La vieillesse est un lourd fardeau dont nul ne veut. La vieillesse ressemble \u00e0 une maladie contagieuse, et provoque le d\u00e9go\u00fbt. On l\u2019\u00e9vite<\/p>\n<p>Comme tu me manques, mon amour. Il n\u2019y a qu\u2019une chose qui me soutienne \u00e0 tout instant\u00a0: la pens\u00e9e que chaque pas que je fais sert \u00e0 me rapprocher du moment o\u00f9 je te reverrai. Enfin<\/p>\n<p>Le sommeil transforma ses soucis en r\u00eave<\/p>\n<p>Il avait lu des tas de livres et vu des dizaines de films qui magnifiaient l\u2019importance du premier regard, mais il n\u2019y avait jamais cru. Tout \u00e7a n\u2019\u00e9tait que litt\u00e9rature. Comment fait-on pour comprendre une personne de l\u2019int\u00e9rieur en un simple coup d\u2019\u0153il\u00a0? Son pass\u00e9, ses go\u00fbts, ses souvenirs, ses fantasmes, ses d\u00e9sirs\u00a0? N\u2019est-ce pas l\u2019ensemble de ces choses qui permet de construire un amour\u00a0? Mais un regard avait suffi. Amplement<\/p>\n<p>Se rapprocher, se retrouver tous les deux, faire l\u2019amour\u00a0: les choses se sont pass\u00e9es de fa\u00e7on naturelle. Naturelle et magnifique, un abandon de l\u2019\u00e2me et du corps, des sens et des pens\u00e9es<\/p>\n<p>C\u2019est difficile, d\u2019annoncer une telle nouvelle. On ignore si elle est bonne ou mauvaise. On le comprend en voyant le visage de l\u2019autre, au moment m\u00eame o\u00f9 le mot tombe dans le vide entre les deux interlocuteurs et devient solide, une rose ou une pierre, une note de musique ou une lame<\/p>\n<p>Mais ce soir-l\u00e0, la douleur et la tristesse \u00e9taient de retour, aussi \u00e9paisses qu\u2019un brouillard hivernal. Et il tentait de les dissoudre au fond de son verre<\/p>\n<p>Tu sais, ici on dit que le fait de r\u00eaver de la mort de quelqu\u2019un le garde en vie plus longtemps<\/p>\n<p>Cette douleur est insupportable \u00e0 regarder, m\u00eame de loin. Elle avait\u2026 elle avait l\u2019air de hurler, mais elle n\u2019\u00e9mettait aucun son. Ou plut\u00f4t, une esp\u00e8ce de soupir, de sifflement<\/p>\n<p>Mais il y a un rem\u00e8de \u00e0 tout, si on reste ensemble, si on s\u2019aime, si on a un beau sourire \u00e0 la fin de la journ\u00e9e, m\u00eame quand le voyage a \u00e9t\u00e9 p\u00e9nible<\/p>\n<p>L\u2019insularit\u00e9 vous rend diff\u00e9rent et d\u00e9termin\u00e9 pour la vie enti\u00e8re<\/p>\n<p>Sa rudesse n\u2019\u00e9tait que l\u2019expression de l\u2019obscurit\u00e9 qui \u00e9tait tomb\u00e9e sur son c\u0153ur<\/p>\n<p>L\u2019aube d\u2019un jour de pluie. Les jours de pluie, on ne voit pas l\u2019aube na\u00eetre. Tout \u00e0 coup, elle est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, qui vous regarde, elle est arriv\u00e9e tandis que vous pensiez \u00e0 autre chose. Vous la sentez dans l\u2019air. Vous voyez la nuit abandonner les gouttes, peu \u00e0 peu, et soudain il y a une lumi\u00e8re p\u00e2le, translucide comme un drap de soie mouill\u00e9. Elle descend doucement, telle une maladie. Elle s\u2019appuie sur les arbres gris fum\u00e9e, couvre les murs de larmes, opacifie les pierres luisantes des rues. L\u2019aube d\u2019un jour de pluie coupe la respiration et ajoute de la douleur \u00e0 la tristesse de ceux qui sont encore \u00e9veill\u00e9s<\/p>\n<p>Une vie divis\u00e9e en deux. Plus rien comme avant<\/p>\n<p>Si elle avait le courage qu\u2019elle n\u2019a pas, elle saurait oublier l\u2019amour, petit \u00e0 petit, et purifierait son \u00e2me des sentiments et de la peur de la solitude, qu\u2019elle sent maintenant adh\u00e9rer aux parois de son c\u0153ur. Si seulement. Mais le courage lui fait d\u00e9faut. Il n\u2019y a que douleur et silence dans son \u00e2me<\/p>\n<p>J\u2019utilise chaque instant de la journ\u00e9e, j\u2019essaie de combler l\u2019espace laiss\u00e9 par\u2026 l\u2019espace vide. Je cherche toujours quelque chose \u00e0 faire. Mais si je regarde \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de moi, je ne vois rien. Si je regarde au-del\u00e0 de l\u2019urgence, de la mat\u00e9rialit\u00e9 de ce que je fais, je ne vois rien<\/p>\n<p>Elle savait tr\u00e8s bien \u00e0 quel point les mille petits gestes quotidiens semblent irr\u00e9els quand on porte constamment un fardeau \u00e9norme sur le c\u0153ur<\/p>\n<p>il disait qu\u2019il \u00e9tait le seul \u00e0 \u00eatre encore vivant dans la vall\u00e9e, alors que les autres se bornaient \u00e0 respirer<\/p>\n<p>Je le sais, il y a des nuits qui ne sont pas faites pour dormir. Pas \u00e0 cause de l\u2019inqui\u00e9tude ou de la peur de ne pas \u00eatre \u00e0 la hauteur d\u2019une t\u00e2che ou d\u2019une \u00e9preuve. Simplement, les d\u00e9sirs sur le point de se r\u00e9aliser vous maintiennent \u00e9veill\u00e9s. C\u2019est un peu comme la nuit de No\u00ebl pour les enfants. Un m\u00e9lange d\u2019attente et d\u2019appr\u00e9hension<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>2\u00e8me enqu\u00eate : <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2122\">(voir article)<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019auteur\u00a0: N\u00e9 en 1958, Maurizio De Giovanni vit \u00e0 Naples. Il commence par cr\u00e9er la s\u00e9rie des enqu\u00eates du Commissaire Ricciardi qui enqu\u00eate dans le Naples des ann\u00e9es 30. En\u00a02012, le roman \u00ab\u00a0La m\u00e9thode du crocodile\u00a0\u00bb, est le d\u00e9but d\u2019une nouvelle s\u00e9rie qui met en sc\u00e8ne l\u2019inspecteur Lojacono dont les enqu\u00eates ont pour d\u00e9cor la &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2117\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2115,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2,5,9,83],"tags":[],"class_list":["post-2117","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lectures","category-lecture-polar","category-italie","category-naples"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2117","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2117"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2117\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2127,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2117\/revisions\/2127"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2115"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2117"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2117"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2117"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}