{"id":2122,"date":"2015-09-01T09:27:08","date_gmt":"2015-09-01T08:27:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2122"},"modified":"2015-09-01T09:30:14","modified_gmt":"2015-09-01T08:30:14","slug":"de-giovanni-maurizio-la-collectionneuse-de-boules-a-neige-2015","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2122","title":{"rendered":"de Giovanni, Maurizio \u00abLa collectionneuse de boules \u00e0 neige\u00bb (2015)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les enqu\u00eates de l\u2019inspecteur Lojacono\u00a0(tome 2)<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Au commissariat de Pizzofalcone, l\u2019heure est \u00e0 la reprise en main. Pour redorer le blason de la police dans le quartier, le commissaire Palma s\u2019est mis en t\u00eate de recruter tous les flics f\u00eal\u00e9s et meurtris des commissariats des environs, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019inspecteur Lojacono, encore aur\u00e9ol\u00e9 des retomb\u00e9es m\u00e9diatiques de l\u2019affaire du \u00ab crocodile\u00bb.<br \/>\nLe meurtre d\u2019une notable donne tr\u00e8s vite \u00e0 son \u00e9quipe h\u00e9t\u00e9roclite l\u2019occasion de faire ses preuves. Cecilia De Santis, \u00e9pouse d\u2019un notaire r\u00e9put\u00e9, et membre du gotha napolitain, a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e morte dans son salon, le cr\u00e2ne fracass\u00e9 par une boule \u00e0 neige. C\u2019\u00e9tait pourtant une femme g\u00e9n\u00e9reuse, qui vivait presque recluse, et dont le seul travers connu consistait \u00e0 collectionner les objets les plus kitsch\u2026<br \/>\nUn loisir inoffensif \u00e0 premi\u00e8re vue, que l\u2019on verrait mal aiguiser les app\u00e9tits criminels ! Mais qui sait quelles passions soudaines le soleil napolitain est capable d\u2019\u00e9veiller ?<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Retrouv\u00e9 avec plaisir l\u2019ambiance et les personnages et fait connaissance des nouveaux coll\u00e8gues de Lojacono, belle brochette de bras cass\u00e9s atypiques. L\u2019intelligence de l\u2019inspecteur fait merveille et les ombres, la brume, le vide, le silence, la solitude et la \u00ab\u00a0d\u00e9sesp\u00e9rance\u00a0\u00bb qui marque cette s\u00e9rie. Je m\u2019attache\u2026 Et je recommande cet auteur italien.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Parce que c\u2019est comme \u00e7a, l\u2019amour. On peut le camoufler longtemps derri\u00e8re les regards et les gestes du quotidien. On peut le cultiver comme une plante, en silence. Mais le jour o\u00f9 l\u2019on d\u00e9cide de le laisser sortir, de l\u2019\u00e9taler au grand jour, alors on ne le contr\u00f4le plus. C\u2019est lui qui commande, l\u2019amour. Il d\u00e9cide pour nous, il \u00e9clot comme une fleur sublime, il veut prendre toute la place<\/p>\n<p>Ici, en revanche, on e\u00fbt dit le plein hiver\u00a0: une alternance de vent et de pluie, des femmes poursuivant leur parapluie retourn\u00e9 le long des trottoirs.<\/p>\n<p>Mais le silence peut \u00eatre beau, quand c\u2019est un \u00eatre aim\u00e9 qui est au bout du fil.<\/p>\n<p>Il y avait quelques mois \u00e0 peine, cette petite phrase se serait log\u00e9e dans son estomac et l\u2019aurait perfor\u00e9 pour aller faire son nid dans ses intestins, o\u00f9 elle l\u2019aurait taraud\u00e9 pendant des heures<\/p>\n<p>Une \u00e9trange amiti\u00e9 \u00e9tait en train de na\u00eetre entre eux, tendue comme une corde de violon, car tous deux savaient secr\u00e8tement qu\u2019ils se plaisaient, et m\u00eame beaucoup<\/p>\n<p>Mais les silences ne trompent pas, disait-on dans son pays\u00a0; les mots, oui, les silences, jamais<\/p>\n<p>Ce serait dr\u00f4le si les \u00e9motions restaient suspendues en l\u2019air comme une odeur. Si le parfum de ton sourire triste, la derni\u00e8re fois que j\u2019ai vu ton visage, y flottait encore. Va savoir quel parfum il aurait, ton sourire<\/p>\n<p>Et beaucoup de silence. Des tonnes de silence, suspendu dans l\u2019air ambiant comme une mauvaise odeur, un miasme insupportable. Dans ce genre de cas, on s\u2019agrippe \u00e0 son travail. Surtout quand il repr\u00e9sente une passion, ce qu\u2019on a toujours voulu faire depuis l\u2019enfance. Surtout quand on est comp\u00e9tent. Et puis tout \u00e0 coup, le travail se casse la gueule. Lui aussi<\/p>\n<p>L\u2019amour est cette force qui vous prend par la main et vous conduit jusqu\u2019\u00e0 la fin de la journ\u00e9e, du mois, de l\u2019ann\u00e9e et de la nuit. C\u2019est un r\u00eave, une simple illusion\u00a0: mais on peut la conserver et la cultiver, cette illusion, et la faire cro\u00eetre jusqu\u2019\u00e0 l\u2019habiter<\/p>\n<p>Tu sais, mon amour, c\u2019est comme \u00e7a\u00a0: quand on a commis une erreur, on se dit qu\u2019on pourrait r\u00e9cidiver. On n\u2019appr\u00e9cie pas le fait qu\u2019une seconde chance nous soit accord\u00e9e. Pourtant, c\u2019est tellement important<\/p>\n<p>Deux. Deux natures, deux personnes. Ombre et lumi\u00e8re. Peut-\u00eatre, songea-t-elle, que tout le monde est comme \u00e7a<\/p>\n<p>Nous sommes tous pareils, dot\u00e9s d\u2019un versant clair et d\u2019un versant obscur.<\/p>\n<p>Vous ne rentrez jamais chez vous, ou quoi\u00a0? Sa coll\u00e8gue ricana. \u2014\u00a0Si si, on y rentre. Mais tu sais ce que c\u2019est, le boulot. Il se loge dans un coin de ton esprit, qui continue \u00e0 ruminer<\/p>\n<p>c\u2019est un bel homme, athl\u00e9tique, jeune d\u2019allure. Et qui a du pouvoir, le meilleur des cosm\u00e9tiques pour un homme<\/p>\n<p>Mieux vaut vivant et mouill\u00e9 que mort et sec. Je pr\u00e9f\u00e8re marcher, merci<\/p>\n<p>La fen\u00eatre encadrait le golfe gris, la mer encore d\u00e9mont\u00e9e et le ciel lourd. \u00c0 l\u2019arri\u00e8re-plan, un \u00e9norme p\u00e9trolier noir ressemblait vaguement \u00e0 une baleine vagabonde. La p\u00e9ninsule, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du golfe, \u00e9tait un profil sombre qui allongeait son doigt dans la grisaille, comme pour indiquer la silhouette de l\u2019\u00eele peu distante. Lojacono pensa \u00e0 la beaut\u00e9 dont cette ville pouvait se parer. Quand on l\u2019observait de loin<\/p>\n<p>Je te r\u00e9p\u00e8te ce que je t\u2019ai dit \u00e0 l\u2019\u00e9poque\u00a0: parler avec elle, c\u2019\u00e9tait comme se pencher au-dessus d\u2019un gouffre. Elle \u00e9tait d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, plong\u00e9e dans une d\u00e9tresse psychologique irr\u00e9versible<\/p>\n<p>La femme se tourna lentement vers eux et les scruta \u00e0 travers ses verres fum\u00e9s. L\u2019impossibilit\u00e9 de voir ses yeux et le r\u00e9seau de rides sur sa peau conf\u00e9raient \u00e0 son visage une fixit\u00e9 de reptile qui les mit mal \u00e0 l\u2019aise<\/p>\n<p>Ce n\u2019\u00e9tait pas une beaut\u00e9, mais elle \u00e9tait tr\u00e8s douce et avait un regard si intense qu\u2019il fascinait tout le monde. Elle \u00e9tait belle, tr\u00e8s belle, mais dans l\u2019\u00e2me. Elle avait mille couleurs dans l\u2019\u00e2me<\/p>\n<p>Vu leur \u00e2ge, peut-\u00eatre qu\u2019ils fricotaient ensemble au pal\u00e9olithique<\/p>\n<p>J\u2019ai vu l\u2019envie de vivre dispara\u00eetre peu \u00e0 peu de tes yeux, ton regard errer dans le vide. J\u2019ai entendu tes silences s\u2019allonger, tu as cess\u00e9 de parler, de participer \u00e0 ces bavardages vains que je d\u00e9versais sur toi, dans l\u2019espoir de chasser le fant\u00f4me de la mort qui embrumait ton \u00e2me<\/p>\n<p>Tu voulais que je te laisse t\u2019en aller. La veille au soir, quand tu m\u2019as tenu la main en me regardant dans les yeux \u00e0 travers tes larmes, avec tout l\u2019amour du monde, j\u2019ai cru que tu avais mal et j\u2019ai essay\u00e9 de te distraire. Alors que ton regard \u00e9tait en train de m\u2019\u00e9crire ton message d\u2019adieu<\/p>\n<p>Parfois, la piti\u00e9 des gens est un poids suppl\u00e9mentaire que je ne supporte plus, c\u2019est tout<\/p>\n<p>Le mariage peut \u00eatre pire que la prison, tu sais.<\/p>\n<p>Des \u00e9clairs \u00e9tincelaient dans ses yeux, comme les coups de semonces d\u2019une temp\u00eate.<\/p>\n<p>Dans son parcours professionnel, il avait eu trop souvent l\u2019occasion de constater les ravages que le meurtre provoquait parfois chez son auteur\u00a0: la victime, en plongeant dans les t\u00e9n\u00e8bres sans retour, emportait avec elle une partie de l\u2019\u00e2me de son agresseur<\/p>\n<p>Le bureau, c\u2019est un nid de gu\u00eapes, mettez trois femmes ensemble et c\u2019est la guerre permanente, pire que la bande de Gaza<\/p>\n<p>Je devais \u00e9lever la voix, le vent et la mer heurtaient les volets comme s\u2019ils voulaient entrer<\/p>\n<p>confesser\u2026 si je peux \u00e9viter, je pr\u00e9f\u00e8re. \u00c7a m\u2019embarrasse, on en a d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9. Je ne sais pas comment t\u2019expliquer \u00e7a\u2026 j\u2019ai l\u2019impression d\u2019\u00e9pier les gens, de p\u00e9n\u00e9trer dans leurs pi\u00e8ces les plus sombres.<\/p>\n<p>Tu ne comprends pas la gr\u00e2ce, pour ceux qui d\u00e9sirent quitter une vie douloureuse, une existence faite de silences et d\u2019ombres, o\u00f9 chaque souvenir est un coup de poignard, la gr\u00e2ce immense que repr\u00e9sente la rencontre avec celui qui les soulagera de leur fardeau<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1\u00e8re enqu\u00eate : (<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2117\">voir article<\/a>)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les enqu\u00eates de l\u2019inspecteur Lojacono\u00a0(tome 2) R\u00e9sum\u00e9\u00a0: Au commissariat de Pizzofalcone, l\u2019heure est \u00e0 la reprise en main. 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