{"id":21258,"date":"2024-12-05T17:38:57","date_gmt":"2024-12-05T15:38:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=21258"},"modified":"2024-12-05T17:38:57","modified_gmt":"2024-12-05T15:38:57","slug":"escoffery-jonathan-si-je-te-survis-rle2024-336-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=21258","title":{"rendered":"Escoffery, Jonathan \u00ab\u00a0Si je te survis\u00a0\u00bb (RLE2024) 336 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur<\/b>: N\u00e9 au Texas, Jonathan Escoffery a grandi en Floride dans une famille d\u2019origine jama\u00efcaine. Ses nouvelles ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es, entre autres, dans The Paris Review et American Short Fiction. En 2021, il a re\u00e7u la prestigieuse bourse Wallace Stegner de l\u2019universit\u00e9 de Stanford. Si je te survis est son premier livre, unanimement salu\u00e9 par la critique aux \u00c9tats-Unis, comme ailleurs.<\/p>\n<p>Albin-Michel \u00ab\u00a0Collection Terres d\u2019Am\u00e9rique\u00a0\u00bb &#8211; 25.09.2024 &#8211; 336 pages &#8211; (<i>\u00ab\u00a0If I survive you\u00a0\u00bb 2022<\/i>)<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Traduit par Alexei Du P\u00e9rier<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9<\/b>:<br \/>\n\u00ab\u00a0T&rsquo;es quoi, au juste ? Cette question, on te la posera tout au long du coll\u00e8ge et du lyc\u00e9e, puis, une fois jet\u00e9 dans le monde, dans les clubs de striptease, les restaurants, au t\u00e9l\u00e9phone et dans les divers m\u00e9tiers ingrats que tu exerceras.\u00a0\u00bb Trop noir pour \u00eatre Latino, pas assez pour \u00eatre Jama\u00efcain: Trelawny, qui a grandi aux Etats-Unis apr\u00e8s que ses parents ont quitt\u00e9 Kingston, n&rsquo;entre dans aucune case.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Au sein de cette Am\u00e9rique o\u00f9 l&rsquo;on pr\u00eate serment \u00e0 la banni\u00e8re \u00e9toil\u00e9e, il reste un \u00e9tranger. En cherchant d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment sa r\u00e9elle identit\u00e9, et sans b\u00e9n\u00e9ficier du soutien des siens &#8211; un p\u00e8re absent, un fr\u00e8re peu fiable -, le jeune homme va \u00eatre confront\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience de la solitude et \u00e0 l&rsquo;omnipr\u00e9sence du racisme, y compris dans sa propre communaut\u00e9. Et va devoir d\u00e9cider quel genre d&rsquo;homme il souhaite \u00eatre dans ce monde qui est le n\u00f4tre.<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>:<br \/>\nCe roman est de fait un recueil de nouvelles avec la continuit\u00e9 des personnages. : <em>Fluctuant &#8211; \u00c0 l\u2019ombre de l\u2019aki &#8211; Petits boulots &#8211; Pestilence &#8211; Amerrissage &#8211; Vie autonome &#8211; S\u2019il avait su qu\u2019il allait causer la mort de quelqu\u2019un\u2026, Delano ne se serait jamais lev\u00e9 de son canap\u00e9 &#8211; Si je te survis<\/em>.<br \/>\nUn roman sur le racisme, sur les diff\u00e9rences raciales, sur les diff\u00e9rences ethniques, sur le langage, les d\u00e9sillusions, la non-int\u00e9gration, la survie, le manque d\u2019avenir, la qu\u00eate d\u2019identit\u00e9, l\u2019isolement.<br \/>\nLe racisme sous toutes ses formes:<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>non seulement noirs-blancs, mais aussi entre les latino-am\u00e9ricains et les carib\u00e9ens (jama\u00efcains, trinidadiens, guyanais)\u2026<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Le roman est un concentr\u00e9 de phrases fortes, de t\u00e9moignages forts et met l\u2019accent sur des probl\u00e8mes qui ne sont pas pr\u00e8s de s\u2019arranger. Un vrai coup de poing.<\/p>\n<p>Malheureusement je n\u2019ai pas r\u00e9ussi \u00e0 m\u2019attacher aux personnages et surtout j\u2019ai trouv\u00e9 tr\u00e8s d\u00e9cousu. Il faut dire que les nouvelles ne facilitent pas la fluidit\u00e9 du texte et j\u2019ai perdu le fil. Apr\u00e8s les deux premi\u00e8res, j\u2019ai d\u00e9croch\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>T\u2019es quoi, au juste\u00a0?\u00a0\u00bb\u00a0Nous sommes dans l\u2019Am\u00e9rique des ann\u00e9es 80. Et la question de la couleur de peau est au centre du r\u00e9cit : Trelawny est-il noir ? Il est jama\u00efcain, \u00ab\u00a0marron\u00a0\u00bb en fait\u2026 Ce qui est certain c\u2019est qu\u2019il est repouss\u00e9 par les noirs, les blancs, les hispanistes, les portoricains\u2026 Pourtant en Jama\u00efque il n\u2019\u00e9tait pas noir, mais en Am\u00e9rique il l\u2019est devenu..<br \/>\nIl va m\u00eame faire un test qui lui r\u00e9v\u00e8le qui lui r\u00e9v\u00e9la la composition ethnique de ses anc\u00eatres : 59,9\u00a0% d\u2019ascendance europ\u00e9enne .. mais 1% de noir et tu es estampill\u00e9 noir\u2026<br \/>\nL\u2019important ce sont les racines, la colonisation, l\u2019immigration, l\u2019esclavage\u2026Dans la famille, il y a deux fils: Delano &#8211; sportif (quarterback), joueur de guitare &#8211; et Trelawny &#8211; r\u00eaveur, amateur de livres, angoiss\u00e9 de nature, bon \u00e9l\u00e8ve mais absolument pas manuel &#8211; inadapt\u00e9 dans le monde am\u00e9ricain car trop fragile.<br \/>\nLes parents veulent leur inculquer la culture jama\u00efcaine. C\u2019est alors que l\u2019ouragan Gilbert d\u00e9ferle sur la Jamaique, puis Andrew sur les Etats-Unis.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Malgr\u00e9 un dipl\u00f4me avec les f\u00e9licitations du jury, Trelawny ne trouve pas de travail, et m\u00eame pas d\u2019entretien d\u2019embauche. Et il va accepter n&rsquo;importe quoi pour gagner un peu d&rsquo;argent.<br \/>\nLa maison que son p\u00e8re a construite est infest\u00e9e de bestioles style millepattes, crabes, sauterelles, grenouilles, limaces engoulevents et autres joyeuset\u00e9s. Il y flotte une odeur naus\u00e9abonde.<br \/>\nLes relations entre Trelawny et son p\u00e8re et entre Trelawny et son fr\u00e8re sont mauvaises. Il faut dire que le fr\u00e8re n&rsquo;est pas r\u00e9glo &#8211; c&rsquo;est le moins qu&rsquo;on puisse dire &#8211; et que l&rsquo;attitude du p\u00e8re est hautement contestable!<br \/>\nDe fait il n\u2019y a que du noir, et pas de lumi\u00e8re dans ce r\u00e9cit et c\u2019est trop dur pour moi. Froid dans le dos pendant toute la lecture.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Un grand merci une fois encore \u00e0 Francis Geffard et la collection Terres d\u2019Am\u00e9rique d\u2019Albin-Michel. Une fois n\u2019est pas coutume je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 conquise, mais j\u2019ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9e.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>:<\/p>\n<p>Si tu restes immobile, personne ne te remarque \u2013\u00a0tu deviens invisible. Si personne ne te voit, personne ne peut se rendre compte que t\u00fa no entiendes, que tu n\u2019as pas vraiment ta place.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0T\u2019es noir, Trelawny. En Jama\u00efque on l\u2019\u00e9tait pas, mais ici on l\u2019est. C\u2019est la r\u00e8gle de \u00ab\u00a0l\u2019unique goutte\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La race, comme tu le sais, est une construction sociale. Elle ne peut \u00eatre mesur\u00e9e, car elle n\u2019existe pas \u2013\u00a0au sens biologique.<\/p>\n<p>Tu penses t\u2019installer \u00e0 New York, mais finalement tu poses tes valises \u00e0 Miami parce qu\u2019une fois t\u2019as rendu visite \u00e0 ton oncle Michael \u00e0 Brooklyn en novembre, et vu comment l\u2019automne t\u2019a \u00e9pluch\u00e9 les fesses de sa langue froide, t\u2019oses m\u00eame pas imaginer \u00e0 quoi ressemble l\u2019hiver.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019h\u00f4pital, on te donne l\u2019acte de naissance \u00e0 signer, et tu vois qu\u2019en dessous de l\u2019ann\u00e9e, 1980, dans une section appel\u00e9e \u00ab\u00a0Race du p\u00e8re\u00a0\u00bb, ils ont mis \u00ab\u00a0N\u00e9gro\u00efde\u00a0\u00bb. Tu dis \u00e0 l\u2019infirmi\u00e8re, \u00ab\u00a0N\u00e8gre\u00a0\u00bb, je connais, mais \u00e7a veut dire quoi\u00a0o\u00efde\u00a0? Elle prend m\u00eame pas la peine de r\u00e9pondre.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Tu connais l\u2019adage\u00a0: quand on se dispute avec un con\u2026<\/p>\n<p>Cukie voulait lui demander dans quel p\u00e9trin il s\u2019\u00e9tait fourr\u00e9, mais il dit\u00a0:<\/p>\n<p>\u2013\u00a0\u00c7a fait deux cons. Et il est toujours aussi vrai.<\/p>\n<p>Cependant, lorsque je mentionne la Jama\u00efque devant des non-Jama\u00efcains, personne ne pense aux agents de la CIA, aux Premiers ministres fantoches ou \u00e0 la continuit\u00e9 historique. Au lieu de \u00e7a, les gens se lancent dans des associations d\u2019id\u00e9es, comme s\u2019ils participaient \u00e0 une battle de rap\u00a0: Bob Marley, s\u00e9 ok\u00e9, ganja, gens pauvres, Sandals, y\u00e9 man\u00a0! Au mieux, ils pensent que notre histoire a commenc\u00e9 au moment o\u00f9 ils ont achet\u00e9 leur forfait vacances tout compris.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, la diff\u00e9rence entre mes parents et des exil\u00e9s \u2013\u00a0en fait, la diff\u00e9rence entre mes parents et moi\u00a0\u2013 c\u2019est que mes parents ont une m\u00e8re patrie o\u00f9 ils peuvent retourner.<\/p>\n<p>Et il y a d\u2019autres sources de puissance, moins \u00e9videntes. Le d\u00e9sespoir, par exemple, dans lequel vous pouvez puiser tous deux. Mais que dire de la force de celui qui a \u00e9t\u00e9 constamment d\u00e9valoris\u00e9\u00a0? Et de celle de l\u2019opprim\u00e9, celle que l\u2019on d\u00e9veloppe \u00e0 force de se faire baiser par la vie\u00a0?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur: N\u00e9 au Texas, Jonathan Escoffery a grandi en Floride dans une famille d\u2019origine jama\u00efcaine. 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