{"id":216,"date":"2014-02-26T16:24:05","date_gmt":"2014-02-26T15:24:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=216"},"modified":"2014-02-26T17:04:43","modified_gmt":"2014-02-26T16:04:43","slug":"haenel-yannick-les-renards-pales-2013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=216","title":{"rendered":"Haenel Yannick : \u00ab\u00a0les renards p\u00e2les\u00a0\u00bb (2013)"},"content":{"rendered":"<div style=\"text-align: left;\">\n<div>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : A Paris, rencontre entre un homme qui a choisi de vivre dans sa voiture et un groupe de sans-papiers masqu\u00e9s. Se faisant appeler les renards p\u00e2les, du nom du dieu anarchiste des Dogon du Mali, ils d\u00e9fient la France. Comme l&rsquo;homme solitaire, ils attendent la r\u00e9volution.<\/p>\n<p>Un homme choisit de vivre dans sa voiture. \u00c0 travers d&rsquo;\u00e9tranges inscriptions qui apparaissent sur les murs de Paris, il pressent l&rsquo;annonce d&rsquo;une r\u00e9volution. Le Renard p\u00e2le est le dieu anarchiste des Dogon du Mali ; un groupe de sans-papiers masqu\u00e9s porte son nom et d\u00e9fie la France. Qui est ce solitaire en attente d&rsquo;un bouleversement politique ? Qui sont les Renards p\u00e2les ? Leur rencontre est l&rsquo;objet de ce livre ; elle a lieu aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong> : Assez mitig\u00e9e.. Alors oui, sans contexte l\u2019\u00e9criture est belle et po\u00e9tique. La premi\u00e8re partie du roman : une belle analyse sur la solitude du ch\u00f4meur, sur la solitude tout court. L\u2019homme \u00e9lit domicile dans son break, gar\u00e9 dans une rue ou le stationnement est illimit\u00e9 et il nous raconte comment il occupe ses jours et ses nuits\u2026 Dans cette premi\u00e8re partie du roman, de tr\u00e8s belles phrases qui permettent de s\u2019\u00e9vader par la beaut\u00e9 des mots et des lieux.. Jusqu\u2019\u00e0 \u00ab la rencontre \u00bb avec un dessin sur un mur.. Et la deuxi\u00e8me partie \u2026 le combat des sans-papiers, la vie des exclus, l\u2019exploitation des noirs par les blancs, la justification des voitures br\u00fbl\u00e9es &#8230; Le combat politique et social\u2026 La libert\u00e9 qu\u2019il nous reste est de ne pas \u00eatre fich\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9\u2026 pour y arriver, il faut bruler ses papiers, se cacher derri\u00e8re un masque, cesser d\u2019exister dans la soci\u00e9t\u00e9. C\u2019est \u00e0 cette condition qu\u2019on sera libre d\u2019exister et de vivre libre\u2026 Tous les exclus du syst\u00e8me, unissez-vous\u2026 par-del\u00e0 la couleur et la race\u2026 Ceux qui n\u2019ont plus rien \u00e0 perdre sont unis par la solidarit\u00e9 et cette force silencieuse et invisible fera la r\u00e9volution\u2026 Que valent les biens et la soci\u00e9t\u00e9 face \u00e0 l\u2019exclusion humaine\u2026<\/p>\n<p>\u00ab Les Dogons croient en un dieu unique, Amma. Il cr\u00e9a la terre et en fit son \u00e9pouse qui lui donna un fils, Yurugu ou le \u00ab Renard p\u00e2le \u00bb. C\u2019\u00e9tait un \u00eatre imparfait qui ne connaissait que la premi\u00e8re parole, la langue secr\u00e8te sigi so. \u00bb (Wikipedia)<\/p>\n<p>L\u2019un des int\u00e9r\u00eats de ce roman est de nous donner envie d\u2019en conna\u00eetre davantage sur les Dogons et leur culture, sur l\u2019importance des masques, sur leur conception de la responsabilit\u00e9 des humains sur les d\u00e9sordres du monde.. Certes le roman est d\u00e9rangeant et porte sur un sujet de soci\u00e9t\u00e9 tr\u00e8s actuel. Mais je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 convaincue. La politique prime sur l\u2019histoire et ce qui aurait d\u00fb \u00eatre un roman est plus ressenti par moi comme une d\u00e9nonciation de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong> :<\/p>\n<p>Ce coin n\u2019avait rien de particulier, mais une lumi\u00e8re y venait vers 17 heures, une lumi\u00e8re sp\u00e9ciale qui me rendait heureux, une sorte de halo rouge, orange, jaune qui avan\u00e7ait au fil des heures le long du mur jusqu\u2019\u00e0 ma t\u00eate, qu\u2019il finissait par couronner.<\/p>\n<p>j\u2019\u00e9tais soulag\u00e9 d\u2019en avoir fini avec cette p\u00e9riode. J\u2019aime bien les nouveaux chapitres : la fra\u00eecheur vient avec la vie nouvelle, on dirait qu\u2019elle vous aide.<\/p>\n<p>la fra\u00eecheur vient avec la vie nouvelle, on dirait qu\u2019elle vous aide. M\u00eame si j\u2019ignorais ce que j\u2019allais faire, ma vie se d\u00e9gageait, elle s\u2019ouvrait de mieux en mieux \u2014 c\u2019\u00e9tait \u00e7a l\u2019important.<\/p>\n<p>Chaque fois que le soleil se couche, je ne d\u00e9sire qu\u2019une chose : mettre fin au monde sens\u00e9. Je veux glisser vers ce fond d\u2019\u00e9toiles qui rient dans le ciel et s\u2019enivrent des \u00e9paisseurs du cr\u00e9puscule. Je veux boire jusqu\u2019au n\u00e9ant ces \u00e9clats rouges et noirs. Seule l\u2019ivresse des \u00e9toiles m\u2019arrache \u00e0 la pesanteur du globe.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019on est soudain expos\u00e9 \u00e0 sa solitude, on d\u00e9couvre une g\u00e9ographie. La solitude est un pays qui br\u00fble. Ses flammes vous ouvrent les yeux, avec une transparence qui fait miroiter les journ\u00e9es.<\/p>\n<p>Le d\u00e9s\u0153uvrement vous fait entrevoir que rien n\u2019est utile, et que sans doute l\u2019utilit\u00e9 n\u2019existe pas.<\/p>\n<p>&#8230; moi aussi, une fin d\u2019apr\u00e8s-midi, j\u2019ai ouvert une fen\u00eatre et je me suis jet\u00e9. Mais, en sautant, je ne suis pas tomb\u00e9 : j\u2019ai gliss\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un vide \u2014 dans cet \u00e9trange intervalle d\u2019o\u00f9 je vous parle.<\/p>\n<p>Je l\u2019ai dit : l\u2019absence, chez moi, est une seconde nature. J\u2019ai pass\u00e9 ma vie \u00e0 m\u2019absenter. Au c\u0153ur de l\u2019absence rayonne une v\u00e9rit\u00e9 que la vie quotidienne r\u00e9cuse, parce qu\u2019elle est cruelle.<\/p>\n<p>le bonheur trouve sa perfection dans une simplicit\u00e9 qui chasse l\u2019angoisse.<\/p>\n<p>Le Griot me parla du Renard p\u00e2le. C\u2019\u00e9tait un dieu qui n\u2019\u00e9tait pas tendre avec les humains ; il habitait au c\u0153ur de la destruction, ce qui lui donnait un savoir sur celle qui ravage aujourd\u2019hui notre monde.<\/p>\n<p>Il suffit que l\u2019invivable affecte quelques-uns pour que le vivable n\u2019existe plus pour personne.<\/p>\n<p>Les larmes aussi sont une parole, la plus vivante sans doute, parce qu\u2019elles arrosent nos corps ass\u00e9ch\u00e9s comme si elles leur prodiguaient la fertilit\u00e9.<\/p>\n<p>Faire le deuil est un combat o\u00f9 se rejouent les conqu\u00eates et les hantises d\u2019une vie ; certains d\u2019entre nous portent viss\u00e9s sous leur aisselle un tambour en forme de sablier sur lequel ils frappent en cadence afin que nos pas se changent en tr\u00e9pignements.<\/p>\n<p>Il a raison : seule la clart\u00e9 est insaisissable.<\/p>\n<p>Chacun est libre d\u2019\u00eatre l\u00e0 ou de ne pas \u00eatre l\u00e0. D\u2019aimer ou de ne pas aimer. D\u2019affirmer ou de se taire. De trouver des raisons de vivre ou de vivre sans raison.<\/p>\n<p>Notre solitude n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi belle que cette nuit. \u00c0 travers la multiplicit\u00e9, elle s\u2019ouvre \u00e0 toutes les solitudes : celle de la chance qui salue leurs croisements, du jeu qui les unit un instant, de l\u2019\u00e9tranget\u00e9 qui les s\u00e9pare et rend possible leur entente.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 : A Paris, rencontre entre un homme qui a choisi de vivre dans sa voiture et un groupe de sans-papiers masqu\u00e9s. Se faisant appeler les renards p\u00e2les, du nom du dieu anarchiste des Dogon du Mali, ils d\u00e9fient la France. Comme l&rsquo;homme solitaire, ils attendent la r\u00e9volution. 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