{"id":2216,"date":"2015-09-29T14:53:29","date_gmt":"2015-09-29T13:53:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2216"},"modified":"2026-02-01T19:11:56","modified_gmt":"2026-02-01T17:11:56","slug":"coulon-cecile-le-coeur-du-pelican-012015","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2216","title":{"rendered":"Coulon, C\u00e9cile \u00abLe c\u0153ur du P\u00e9lican\u00bb (01\/2015)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur\u00a0<\/strong>: C\u00e9cile Coulon, n\u00e9e le 13 juin 1990 \u00e0 Clermont-Ferrand (Puy-de-D\u00f4me)1, est une romanci\u00e8re, nouvelliste et po\u00e9tesse fran\u00e7aise. \u00c0 l&rsquo;\u00e2ge de 16 ans, elle publie son premier roman intitul\u00e9 Le Voleur de vie. Elle passe un baccalaur\u00e9at option Cin\u00e9ma. Apr\u00e8s une hypokh\u00e2gne et une kh\u00e2gne au lyc\u00e9e Blaise Pascal \u00e0 Clermont-Ferrand, elle poursuit ses \u00e9tudes en lettres modernes. En 2016, elle pr\u00e9pare sa th\u00e8se dont le sujet est Le Sport et le corps dans la litt\u00e9rature fran\u00e7aise contemporaine.<\/p>\n<p><b>Ses romans<\/b> : Le Voleur de vie (2007) \u2013 M\u00e9fiez-vous des enfants sages, (2010) \u2013 Le roi n\u2019a pas sommeil (2012) \u2013 Le Rire du grand bless\u00e9 (2013) \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2216\">Le C\u0153ur du P\u00e9lican<\/a><\/span>\u00a0(2015).<br \/>\n\u00c0 26 ans, elle publie son huiti\u00e8me livre, le roman \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6616\">Trois saisons d\u2019orage<\/a><\/span>\u00a0\u00bb, qui obtient le prix des libraires 2017. En 2019 elle sort \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=9425\">Une b\u00eate au paradis<\/a>\u00a0<\/span>\u00bb, en 2021 \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14286\">Seule en sa demeure<\/a><\/span>\u00a0\u00bb, en 2024 \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=21232\">La langue des choses cach\u00e9es<\/a><\/span>\u00bb, en 2026 \u00ab <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Coulon, C\u00e9cile \u00ab\u00a0Le visage de la nuit\u00a0\u00bb RL2026 \u2013 288 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=23705\">Le visage de la nuit<\/a><\/span> \u00bb<\/p>\n<p><b>Po\u00e9sie<\/b>: Les Ronces (2018) &#8211; Noir Volcan (2020) &#8211; En l&rsquo;absence du capitaine (2022) &#8211; Retrouver la douceur (2025)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : Anthime, un adolescent ins\u00e9parable de sa s\u0153ur Helena, vient d\u2019emm\u00e9nager dans une banlieue de province avec toute sa famille. Il craint de ne pas s\u2019int\u00e9grer dans cette nouvelle communaut\u00e9 o\u00f9 personne ne l\u2019attend.<br \/>\nPourtant, il va vite trouver le moyen de se distinguer et de se faire conna\u00eetre. Lors d\u2019une kermesse, il s\u2019illustre par sa rapidit\u00e9 au jeu de quilles. Il n\u2019en faut pas plus \u00e0 Brice, un entra\u00eeneur ob\u00e8se et bonhomme, pour l\u2019enr\u00f4ler dans la course \u00e0 pied. Anthime, surnomm\u00e9 le P\u00e9lican, excelle dans cette discipline et devient un exemple et un symbole pour toute la r\u00e9gion. Sa voisine Joanna l\u2019adule mais le coureur n\u2019a d\u2019yeux que pour B\u00e9atrice, une camarade de classe, belle et charnelle, et qui ne reste pas, elle non plus, insensible \u00e0 son charme\u2026 La veille d\u2019une course d\u00e9terminante, ils \u00e9changent un baiser qui scellera leur relation devenue d\u00e9sormais impossible \u00e0 cause de la chute d\u2019Anthime, qui s\u2019effondre aux portes de la gloire\u2026<br \/>\nVingt ans plus tard, alors qu\u2019il a tout abandonn\u00e9, d\u00e9sormais bedonnant, et qu\u2019il vit un amour m\u00e9diocre avec Joanna, Anthime re\u00e7oit un \u00e9lectrochoc. Il sort de sa torpeur lorsque ses anciens camarades de classe lui lancent le d\u00e9fi de traverser le pays en courant.<br \/>\nLe P\u00e9lican retrouvera-t-il en lui la force de redevenir un champion et combler, par la m\u00eame occasion, son orgueil ?<br \/>\nPort\u00e9 par une extr\u00eame \u00e9motion, Le C\u0153ur du P\u00e9lican nous parle de la gloire et de sa fragilit\u00e9, du sport et de sa souffrance. Il raconte le courage et la destin\u00e9e \u00e0 la fois banale et extraordinaire d\u2019un homme qui r\u00e9ussit, conna\u00eet le succ\u00e8s, tombe et se rel\u00e8ve. C\u00e9cile Coulon parvient formidablement \u00e0 incarner ses personnages aux prises avec leurs d\u00e9sirs et aveugl\u00e9s par les non-dits.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong> : J\u2019ai entendu dire que la romanci\u00e8re (de 24 ans !) \u00e9crit une th\u00e8se sur la litt\u00e9rature et le sport et qu\u2019elle-m\u00eame est une coureuse de marathon. Cela explique sans doute sa connaissance du sujet. Mais quelle claque que ce livre ! Un vrai coup de poing dans ma petite gueule. Je le recommande. J\u2019avais \u00e9t\u00e9 impressionn\u00e9e de l\u2019entendre en interview, le livre montre \u00e0 quelle point cette romanci\u00e8re m\u00e9rite d\u2019\u00eatre lue.<br \/>\nCe roman pourrait \u00eatre qualifi\u00e9 d\u2019apprentissage. C\u2019est l\u2019Ascension et la chute d\u2019un sportif. Anthime va reprendre sa vie l\u00e0 o\u00f9 il a abandonn\u00e9, il y a vingt ans. Il va d\u00e9cider de se battre et de montrer au monde qu\u2019il vaut plus que ce que les gens imaginent. Il va tout reprendre, apr\u00e8s son long d\u00e9clin progressif, pour aller au bout de lui-m\u00eame, s\u2019extraire de la m\u00e9diocrit\u00e9 dans laquelle il \u00e9volue. Ce livre est aussi le rapport entre l\u2019\u00eatre humain et le sport, entre le sportif et les m\u00e9dias\/le public. Au d\u00e9part Anthime ne supportait pas sa vie, le mode bien propret dans lequel il avait \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9, dans lequel il \u00e9voluait. La course \u00e0 pied lui avait offert le moyen de s\u2019extraire de ce milieu, de ce monde qu\u2019il d\u00e9teste. Et soudain c\u2019est la chute, ce roman traite de la f\u00ealure dans l\u2019entre humain, de la violence qui l\u2019habite. Nous avons tous de la violence en nous, elle est toujours pr\u00e9sente mais chez lui, c\u2019est le moteur qui le fait avancer. Elle est \u00e0 la fois r\u00e9action contre le monde ext\u00e9rieur mais aussi r\u00e9action \u00e0 ce qu\u2019il s\u2019impose au fond de lui. Ce livre traite aussi de ceux qui vivent par procuration, en fonction des autres, par et pour le regard des autres. Anthime vit par le regard des autres, pour ne pas les d\u00e9cevoir, mais il finit par leur en vouloir. Dans le sillage d\u2019une idole (que ce soit un sportif, un acteur, un chanteur) il y a ceux qui \u00e9voluent (les manageurs, les entraineurs) qui ont envie de r\u00e9ussir par procuration, eux qui n\u2019ont pas r\u00e9ussi tout seuls\u2026 Et il y a les admirateurs ou les anciens aadmirateurs, qui croient en lui, qui l\u2019aiment et qui sont demandeurs \u00e0 chaque instant. Et qui critiquent ce qu\u2019il est devenu, se moquent de lui et de ses \u00e9checs\u2026 alors que lui ressent comme un sacrifice tout ce qu\u2019il a fait pour eux.<br \/>\nEn plus du personnage d\u2019Anthime et de son entraineur, les trois femmes de sa vie. Sa s\u0153ur, son grand amour et sa femme. Toutes trois ont en regard diff\u00e9rent sur lui mais toutes trois ont en commun de l\u2019aimer en s\u2019oubliant elles-m\u00eames.<br \/>\nC\u2019est le roman de quelqu\u2019un qui se retourne sur sa vie, sur son pass\u00e9. C\u2019est le reflux d\u2019une vie g\u00e2ch\u00e9e, d\u2019un pass\u00e9 qui lui montre son \u00e9chec. Il n\u2019a pas fait ce qu\u2019il voulait, il n\u2019a pas v\u00e9cu l\u2019amour qu\u2019il voulait, il s\u2019est laiss\u00e9 porter par la volont\u00e9 de celle qui est devenue sa femme, il s\u2019est laiss\u00e9 imposer ce qu\u2019il ne voulait pas. Anthime est tout sauf une personne extraordinaire ; c\u2019est un \u00eatre qui pourrait exister dans notre entourage. Dans sa vie, les sentiments amour et admiration se sont transform\u00e9s en m\u00e9chancet\u00e9 et haine ; de celui qui d\u00e9\u00e7oit alors qu\u2019il ne nous a jamais rien promis ; de ne pas \u00eatre capable de donner ce que les autres attendent de vous. Si on n\u2019arrive pas \u00e0 s\u2019accepter et \u00e0 accepter l\u2019autre pour ce qu\u2019il est, c\u2019est la ranc\u0153ur et la violence assur\u00e9es.<br \/>\nIl l\u2019exprime en ces termes : \u00ab J\u2019\u00e9tais la beaut\u00e9, l\u2019incarnation d\u2019un r\u00eave dont vous n\u2019avez jamais r\u00e9ussi \u00e0 vous contenter. Alors, ne venez pas me cracher dessus simplement parce que j\u2019ai quitt\u00e9 le masque, ne venez pas me dire que je vous d\u00e9\u00e7ois, parce qu\u2019entre nous, vous m\u2019avez d\u00e9\u00e7u si t\u00f4t, si brutalement, que vous m\u00e9riteriez de vous faire arracher les chicots \u00e0 la petite cuill\u00e8re. Comment osez-vous me dire que je me suis tromp\u00e9 ? Je n\u2019ai pas choisi mon camp, je suis n\u00e9 dedans. J\u2019ai march\u00e9 \u00e0 l\u2019avant du troupeau pendant dix ans, je vous ai donn\u00e9 mon corps, ma vie, ma famille, ma nana. Je vous ai tout donn\u00e9 pour meubler vos discussions le dimanche, faire r\u00eaver vos enfants, vos enfants du m\u00eame \u00e2ge que vous avez prot\u00e9g\u00e9s du monde ext\u00e9rieur en les collant devant la t\u00e9l\u00e9vision. \u00bb Il s\u2019adresse de fait au lecteur, au spectateur qu\u2019il ne veut pas d\u00e9cevoir ; C\u2019est de fait le demi-dieu idole qui parle, qui en veut \u00e0 ceux qui l\u2019on admir\u00e9. Comment et pourquoi en arrive-t-on l\u00e0 ? A tout sacrifier \u2026et comment peut-on se remettre au moment o\u00f9 on quitte la une des m\u00e9dias, que l\u2019on est plus la cible de l\u2019amour des gens, qu\u2019on ne fait plus r\u00eaver. Une fois au sommet, comment accepte-on de redescendre ? Car la performance est courte en regard de la suite\u2026<br \/>\nJe ne vous raconte pas la fin\u2026<br \/>\n<strong><br \/>\nExtraits<\/strong> :<\/p>\n<p>Une chose est s\u00fbre, il ne suffit pas de savoir que quelqu\u2019un ne reviendra pas pour cesser de l\u2019attendre.<\/p>\n<p>Je l\u2019aime, parce que je ne sais pas ce qu\u2019il est devenu. Personne ne sait s\u2019il est mort, s\u2019il est riche, s\u2019il est heureux. Son absence remplit nos existences de murmures incontr\u00f4l\u00e9s, de gestes interdits, d\u2019images atrocement glorieuses.<\/p>\n<p>C\u2019est dangereux le succ\u00e8s, \u00e7a vous mange la famille, la m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Les \u00eatres humains, prisonniers de leurs myst\u00e8res int\u00e9rieurs, \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 trop pleins de mensonges, d\u2019id\u00e9es, de fantasmes pour qu\u2019elle p\u00fbt raboter, r\u00e9duire, poncer les parois de leur caract\u00e8re, arrondir les angles de leur chair, effacer les traces des erreurs commises comme on pr\u00e9pare un appartement vide \u00e0 la venue de ses nouveaux locataires.<\/p>\n<p>leurs familles faisaient partie des seigneurs du village, insupportables fins de race accroch\u00e9es \u00e0 leurs terres telles des montagnes humaines qu\u2019aucune \u00e9rosion ne peut alt\u00e9rer.<\/p>\n<p>\u2026. accoud\u00e9s au rebord de leur mariage \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un ivrogne \u00e9croul\u00e9 sur ce qu\u2019il reste du comptoir, \u00e0 l\u2019heure de fermeture.<br \/>\nSon corps bruissait, arbre aux branches de peau et de sang. Les blessures du pass\u00e9 apparaissaient partout, des ramures couleur de viande fra\u00eeche, pr\u00eate \u00e0 \u00eatre d\u00e9coup\u00e9e, mais impossible \u00e0 cuisiner.<\/p>\n<p>Il ne cherchait pas \u00e0 noyer son chagrin dans l\u2019alcool ; il lui apprenait simplement \u00e0 nager<\/p>\n<p>Mettez-vous en pi\u00e8ces pour les autres, d\u00e9foncez-vous, faites craquer les squelettes, vendez-leur du r\u00eave. Voil\u00e0 ce que \u00e7a voulait dire : arrachez-vous la peau pour nourrir les espoirs des autres. Oiseau de malheur. Pour s\u2019arracher le c\u0153ur, encore faut-il en avoir un.<br \/>\nElle ne vivait pas sa vie ; elle vivait leur vie, celle qu\u2019elle imaginait avec lui.<\/p>\n<p>les gens ont une f\u00e2cheuse tendance \u00e0 confondre silence et humilit\u00e9<\/p>\n<p>Gagner. Que voulait-il faire de sa vie ? Il voulait gagner. Encore et encore<\/p>\n<p>sa haine \u00e9tait son tr\u00e9sor, son moteur, essence in\u00e9puisable qui nourrissait sa foul\u00e9e, son c\u0153ur, soulageait ses muscles, \u00e9crasait la fatigue.<br \/>\nJe n\u2019ai rien vu venir. \u00c7a m\u2019est tomb\u00e9 sur le coin de la figure ; le succ\u00e8s. Newton avait sa pomme. Moi j\u2019ai la vitesse.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas parce que vous vivez avec quelqu\u2019un que vous connaissez cette personne mieux que quiconque. C\u2019est l\u2019inverse : plus vous \u00eates proche, moins vous portez d\u2019attention \u00e0 certains gestes. Englu\u00e9s dans l\u2019amour, les mots, les sourires, les injures n\u2019ont pas la m\u00eame valeur. L\u2019intimit\u00e9 vous emp\u00eache de prendre du recul. Vous ne voyez que de face, pas d\u2019ombre, pas de contraste, pas de secret planqu\u00e9 sous les piles de draps propres. Vous ne faites pas attention \u00e0 ces choses-l\u00e0, puisque vous \u00eates s\u00fbre, tellement s\u00fbre de vous.<\/p>\n<p>Plus ils l\u2019acclamaient, plus il sentait le poids de leurs mornes existences peser sur ses \u00e9paules. En bon p\u00e9lican, il s\u2019\u00e9tait arrach\u00e9 le c\u0153ur et nourrissait ses admirateurs avec sa propre chair.<\/p>\n<p>Il pouvait remporter le bronze, sans aucun doute. Mais le bronze n\u2019\u00e9tait pas l\u2019or, le bronze n\u2019\u00e9tait pas gagner. Le bronze \u00e9tait un foutu lot de consolation, et il refusait qu\u2019on le console, qu\u2019on lui passe une m\u00e9daille en chocolat autour du cou.<\/p>\n<p>Pour monter cogner aux portes du succ\u00e8s, il n\u2019y a pas d\u2019ascenseur, il faut prendre l\u2019escalier, et les marches sont branlantes.<br \/>\nelles br\u00fblaient du m\u00eame feu, portaient le m\u00eame poids, celui des femmes qui savent \u00e0 l\u2019avance ce qui arrivera, et qui attendent sagement de voir le monde s\u2019\u00e9crouler pour en reconstruire un \u00e0 leur mesure.<\/p>\n<p>Qu\u2019il \u00e9tait loin le temps o\u00f9 son c\u0153ur battait si fort qu\u2019il semblait exploser dans sa poitrine. De cette \u00e9poque, il restait des souvenirs, des souvenirs gard\u00e9s dans un tiroir qu\u2019on \u00e9vite d\u2019ouvrir.<\/p>\n<p>Une fille moyenne pour un type moyen. Elle occupait le vide sentimental de son c\u0153ur comme un locataire aimable.<\/p>\n<p>Il ne faut rien l\u00e2cher, mais s\u2019il n\u2019y a aucune main \u00e0 tenir, \u00e7a me para\u00eet compliqu\u00e9.<\/p>\n<p>Dans sa bouche, dans sa voix, dans ses yeux qu\u2019elle ne voyait pas puisqu\u2019il lui tournait le dos, c\u2019\u00e9tait quelque chose d\u2019ind\u00e9cent, il disait ma s\u0153ur comme on dit mon amour \u00e0 sa ma\u00eetresse, ma ch\u00e9rie \u00e0 sa femme. Il disait ma s\u0153ur pour dire je t\u2019aime.<\/p>\n<p>&#8230;les probl\u00e8mes arrivaient dans sa vie tels des malheurs bienvenus qui la poussaient en avant au lieu de l\u2019immobiliser.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re eux, la surface de l\u2019eau, encore fr\u00e9missante, ressemblait \u00e0 un grand drap gris, aux ondulations sensuelles, la poitrine d\u2019une g\u00e9ante semblait reposer sous les vagues<\/p>\n<p>Un fusil \u00e0 la place des yeux. Un fusil charg\u00e9 \u00e0 l\u2019infini. Il ne savait pas avec quoi.<\/p>\n<p>L\u2019orage balafrait leurs vingt ans de vie commune. Mais la temp\u00eate, la vraie, \u00e9tait sur le point de tout emporter sur son passage.<\/p>\n<p>Il ne faisait pas le poids. Personne ne peut rien faire devant la douleur d\u2019une femme bafou\u00e9e. Le pire, c\u2019est qu\u2019elle ne souffre pas de ce qu\u2019elle sait, mais de ce qu\u2019elle imagine.<\/p>\n<p>Ils ne se regardaient plus, ils ne se voyaient plus. Chacun fouillait en lui-m\u00eame, \u00e0 la recherche d\u2019une lame plus aiguis\u00e9e pour \u00e9corcher l\u2019adversaire.<\/p>\n<p>Nous avons trois familles.<br \/>\nCelle que l\u2019on r\u00eave d\u2019avoir, celle que l\u2019on croit avoir et celle que l\u2019on a vraiment. D\u00e9j\u00e0 qu\u2019avec une seule, rien n\u2019est simple, alors toutes en m\u00eame temps, pas \u00e9tonnant que \u00e7a craque.<\/p>\n<p>Les enfants n\u2019aiment pas se sentir sup\u00e9rieurs \u00e0 leurs parents. Aucun homme ne m\u00e9rite la piti\u00e9 de son gosse. Plut\u00f4t crever.<\/p>\n<p>Le monde ne comprendra jamais que les grands hommes ne sont pas ceux qui gagnent, mais ceux qui n\u2019abandonnent pas quand ils ont perdu<br \/>\nLe pass\u00e9 n\u2019\u00e9tait plus qu\u2019une diligence aux chevaux fatigu\u00e9s qui le ramenait sans cesse au m\u00eame point de d\u00e9part.<\/p>\n<p>il d\u00e9sirait \u00e9chapper \u00e0 sa bienveillance, \u00e0 sa ponctualit\u00e9, \u00e0 son d\u00e9vouement. Il l\u2019aimait, comme on aime une photo d\u2019un pass\u00e9 bienheureux.<br \/>\nIl s\u2019enfon\u00e7ait dans sa haine de lui-m\u00eame, chaque jour il rajoutait une pierre \u00e0 l\u2019\u00e9difice, conscient qu\u2019il avait \u00e9chou\u00e9, que ses jambes n\u2019\u00e9taient pas assez muscl\u00e9es pour le porter au-del\u00e0 de ce quartier sans \u00e2me ni caract\u00e8re.<\/p>\n<p>il est des r\u00eaves impossibles \u00e0 rattraper, m\u00eame au pas de course.<\/p>\n<p>Anthime s\u2019\u00e9carta de sa propre enveloppe et plongea en lui-m\u00eame comme un scaphandrier s\u2019enfonce dans les tr\u00e9fonds de l\u2019oc\u00e9an.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: C\u00e9cile Coulon, n\u00e9e le 13 juin 1990 \u00e0 Clermont-Ferrand (Puy-de-D\u00f4me)1, est une romanci\u00e8re, nouvelliste et po\u00e9tesse fran\u00e7aise. \u00c0 l&rsquo;\u00e2ge de 16 ans, elle publie son premier roman intitul\u00e9 Le Voleur de vie. Elle passe un baccalaur\u00e9at option Cin\u00e9ma. Apr\u00e8s une hypokh\u00e2gne et une kh\u00e2gne au lyc\u00e9e Blaise Pascal \u00e0 Clermont-Ferrand, elle poursuit ses \u00e9tudes &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2216\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2217,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2,12],"tags":[],"class_list":["post-2216","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lectures","category-litterature-france"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2216","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2216"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2216\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23714,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2216\/revisions\/23714"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2217"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2216"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2216"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2216"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}