{"id":22362,"date":"2025-05-26T19:08:31","date_gmt":"2025-05-26T17:08:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22362"},"modified":"2025-05-26T19:10:11","modified_gmt":"2025-05-26T17:10:11","slug":"sola-irene-je-tai-donne-des-yeux-et-tu-as-regarde-les-tenebres-2024-192-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22362","title":{"rendered":"Sol\u00e0, Irene \u00abJe t&rsquo;ai donn\u00e9 des yeux et tu as regard\u00e9 les t\u00e9n\u00e8bres\u00a0\u00a0\u00bb (2024) 192 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Autrice<\/b>: Irene Sol\u00e0 est une \u00e9crivaine, po\u00e8te et artiste n\u00e9e le 17.08.1990 \u00e0 Malla en Catalogne. Ses po\u00e8mes et ses courts-m\u00e9trages ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 la Whitechapel Gallery de Londres, ainsi qu\u2019\u00e0 Barcelone, Santander et G\u00e9rone. Je chante et la montagne danse a obtenu quatre prix litt\u00e9raires, dont le prix de litt\u00e9rature de l\u2019Union europ\u00e9enne en 2019. Il sera traduit en dix-sept langues. Le livre a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre en Catalogne.Edmond Raillard est professeur \u00e9m\u00e9rite \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Grenoble Alpes et traducteur du castillan et du catalan. Il a re\u00e7u le Grand Prix de la Soci\u00e9t\u00e9 des gens de lettres, le prix Laure-Bataillon, et le prix Rh\u00f4ne-Alpes du livre.<\/p>\n<p><b>Romans<\/b> : \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Sol\u00e0, Irene \u00ab\u00a0Je chante et la montagne danse\u00a0\u00bb (2022) 214 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20575\">Je chante et la montagne danse<\/a><\/span>\u00a0\u00bb (2022) &#8211; \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Sol\u00e0, Irene \u00abJe t\u2019ai donn\u00e9 des yeux et tu as regard\u00e9 les t\u00e9n\u00e8bres\u00a0\u00a0\u00bb (2024) 192 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22362\">Je t&rsquo;ai donn\u00e9 des yeux et tu as regard\u00e9 les t\u00e9n\u00e8bres<\/a>\u00a0<\/span>\u00a0\u00bb (2024)<\/p>\n<p>Seuil \u2013 Collection Cadre vert \u2013 19.08.2024 \u2013 192<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>pages &#8211; Traduit du catalan par Edmond Raillard (Et vaig donar ulls i vas mirar les tenebres -2023) \u2013<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9<\/b>:<br \/>\nEntre les falaises des montagnes catalanes, se cache le mas Clavell. Dans cette maison recul\u00e9e, \u00e0 l&rsquo;aube, une femme \u00e2g\u00e9e, exag\u00e9r\u00e9ment \u00e2g\u00e9e, entame son dernier jour. Et toutes les femmes n\u00e9es et mortes entre ces murs sont l\u00e0 pour la veiller. Joyeuses, elles pr\u00e9parent une f\u00eate en l&rsquo;honneur de celle qui au soir viendra les rejoindre. Cette seule journ\u00e9e contient d\u00e8s lors quatre si\u00e8cles de souvenirs. Ceux de Joana, qui voulait un mari.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Ceux de Bernadeta, dont les yeux voient ce qu&rsquo;ils ne devraient pas. Ceux d&rsquo;Angela, qui n&rsquo;a jamais mal. Ceux de Margarida, qui au lieu d&rsquo;un coeur entier a un coeur aux trois quarts, plein de rage. Ou ceux de Blanca, n\u00e9e sans langue, la bouche comme un nid vide, qui se contente d&rsquo;observer. Ou d&rsquo;autres encore. Apr\u00e8s \u00ab\u00a0Je chante et la montagne danse\u00a0\u00bb, Irene Sol\u00e0 signe un roman vivant et dr\u00f4le, peupl\u00e9 de l\u00e9gendes et profond\u00e9ment po\u00e9tique.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>De sa prose puissante et musicale, elle c\u00e9l\u00e8bre la lumi\u00e8re et les t\u00e9n\u00e8bres, la vie et la mort, la m\u00e9moire et l\u2019oubli.<\/p>\n<p><b>Mon avis:<br \/>\n<\/b>J\u2019avais eu le coup de coeur en lisant son premier roman \u00ab \u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Sol\u00e0, Irene \u00ab\u00a0Je chante et la montagne danse\u00a0\u00bb (2022) 214 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20575\">Je chante et la montagne danse<\/a><\/span>\u00a0\u00bb(2022)<br \/>\nMais l\u00e0 j\u2019ai eu un choc !<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>J\u2019aime toujours autant son \u00e9criture qui ne ressemble \u00e0 aucune autre. J\u2019aime ses descriptions, les couleurs, mais du d\u00e9but \u00e0 la fin du roman on nage dans le malaise. Et j&rsquo;appr\u00e9cie toujours les contes, les l\u00e9gendes, les traditions locales qui sont partie int\u00e9grante du roman.<br \/>\nJe dois dire que je me suis perdue avec les sauts dans le temps, mais au final la temporalit\u00e9 n\u2019est pas la notion la plus importante\u2026 L\u2019important ce sont les t\u00e9n\u00e8bres &#8211; int\u00e9rieures et ext\u00e9rieures &#8211; , la mort, l\u2019enfer, le d\u00e9mon\u2026<br \/>\nIl faut relever que m\u00eame si le roman couvre plusieurs si\u00e8cles, les chapitres eux ont pour titres les moments du jour (Aube &#8211; Matin &#8211; Midi &#8211; Apr\u00e8s-midi &#8211; Soir &#8211; Nuit) et l\u2019action a pour cadre le Mas Clavell, un personnage \u00e0 lui tout seul : il est d\u00e9crit comme tel, glauque au possible et on le visualise par des mots tels que gueule, chair\u2026<br \/>\nLe livre est tr\u00e8s sombre, sordide, obsc\u00e8ne par moments \u2026 Partout r\u00e8gne la puanteur, la noirceur, la violence, la mal\u00e9diction. Les relations entre les femmes et les animaux prennent une grande place dans le livre, et l\u00e0 aussi le malaise r\u00e8gne\u2026 L\u2019ambiance est anxiog\u00e8ne et l\u2019atmosph\u00e8re vici\u00e9e au possible.<br \/>\nLe roman parle d\u2019une famille sur plusieurs g\u00e9n\u00e9rations, c\u2019est un roman qui parle principalement des femmes de la famille, de mort, de contes et l\u00e9gendes, d\u2019un pacte pass\u00e9 avec le diable et de la descente aux enfers, celle de Margarida. Les enfants sont maudits et ils naissent avec un morceau en moins (langue, oreille, orteil\u2026) \u2026<br \/>\nImpossible \u00e0 raconter, c\u2019est noir, et je ne suis pas tr\u00e8s s\u00fbre d\u2019avoir vu les cot\u00e9s joyeux et dr\u00f4le et la c\u00e9l\u00e9bration de la lumi\u00e8re \u00e9voqu\u00e9s dans le r\u00e9sum\u00e9\u2026<br \/>\nC\u2019est une exp\u00e9rience de lecture\u2026 quand \u00e0 dire que j\u2019ai aim\u00e9 \u2026 c\u2019est moins \u00e9vident\u2026<\/p>\n<p><b>Extraits<\/b>:<\/p>\n<p>Elle comprit que tout a un prix. Et que le prix est toujours trop \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<p>Dieu a fait les arbres et les rivi\u00e8res et les montagnes et les animaux jolis et profitables. Et le d\u00e9mon a fait les b\u00eates vilaines et sauvages<\/p>\n<p>Dieu a fait le chat et le d\u00e9mon a fait le rat. Dieu a fait le cheval et le d\u00e9mon le serpent. Dieu a fait la brebis et le d\u00e9mon la ch\u00e8vre.<\/p>\n<p>La maison craqua comme si on avait \u00e9cras\u00e9 ses os. Ensuite il y eut un long silence que rompit la chouette, dehors, puis \u00e0 nouveau le silence. La nuit \u00e9tait tapie dans le mas comme une b\u00eate sauvage et les ombres se promenaient dans la maison, sans pieds. Chaque recoin avait une noirceur propre, lourde, caverneuse, profonde. La chambre o\u00f9 dormait Bernadeta \u00e9tait sinistre. Le salon \u00e9tait lugubre. L\u2019escalier ressemblait \u00e0 un puits. L\u2019entr\u00e9e \u00e9tait glauque. La cuisine, la gueule d\u2019un loup. Sans fond.<\/p>\n<p>L\u2019entr\u00e9e du mas \u00e9tait humide et sombre, comme une gueule. Ses murs r\u00eaches \u00e9taient la chair \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des joues. Des poutres au plafond, comme un palais ray\u00e9, et un sol de roche, une langue us\u00e9e apr\u00e8s tant d\u2019ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 engloutir.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>avec un couteau il avait d\u00e9tach\u00e9 les tendons des talons et des genoux de la sorci\u00e8re,\u00a0de telle fa\u00e7on qu\u2019apr\u00e8s la mise en terre son mauvais esprit ne pourrait plus se relever.<\/p>\n<p>Quand le premier enfant de Margarida fut sur le point de na\u00eetre, Joana et Blanca bouch\u00e8rent les fen\u00eatres et scell\u00e8rent les portes pour emp\u00eacher les m\u00e9chancet\u00e9s et les courants d\u2019air d\u2019entrer.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Vous, les femmes, vous vous accrochez aux lieux, r\u00e9pondait-il, vous vous y attachez comme des chiennes. Au pass\u00e9, aux maisons, aux mioches, aux choses.<\/p>\n<p>Le soleil grimpa jusqu\u2019\u00e0 la moiti\u00e9 du ciel, blanc et froid, comme s\u2019il \u00e9tait nu. Le sentier rouge gisait comme un serpent devant la maison, dans les arbres les feuilles les plus hautes recevaient une caresse d\u00e9faillante, et le mas fermait les yeux et tendait le visage pour que les rayons d\u00e9licats l\u00e8chent sa fa\u00e7ade.<\/p>\n<p>Le brouillard se levait en murmurant, un matin apr\u00e8s l\u2019autre, et les enveloppait avec tellement de soin que, parfois, le soleil se couchait sans qu\u2019il se soit dissip\u00e9. Tous ensemble, ils les pr\u00e9serv\u00e8rent et les dissimul\u00e8rent avec tant de jalousie que, non seulement ce mas tomb\u00e9 en disgr\u00e2ce tomba aussi, rapidement, dans l\u2019oubli des autres habitants dispers\u00e9s de la contr\u00e9e, mais la maison \u00e9tait si bien cach\u00e9e que m\u00eame le temps qui passe finit par l\u2019oublier, les ann\u00e9es s\u2019en d\u00e9sint\u00e9ress\u00e8rent, ainsi que des femmes qui l\u2019habitaient.<\/p>\n<p>Si on ne peut pas garder sa mort pour soi toute seule, alors qu\u2019est-ce qui nous reste qui soit rien qu\u2019\u00e0 nous\u00a0?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice: Irene Sol\u00e0 est une \u00e9crivaine, po\u00e8te et artiste n\u00e9e le 17.08.1990 \u00e0 Malla en Catalogne. Ses po\u00e8mes et ses courts-m\u00e9trages ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 la Whitechapel Gallery de Londres, ainsi qu\u2019\u00e0 Barcelone, Santander et G\u00e9rone. Je chante et la montagne danse a obtenu quatre prix litt\u00e9raires, dont le prix de litt\u00e9rature de l\u2019Union europ\u00e9enne &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22362\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":22363,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1947,7,23,44,8,2166,105],"tags":[197,791,90,1213,1467,2476,175,2021,1482,617,442,1037,318,830,2491,2074,2194,314,211,169],"class_list":["post-22362","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-1947","category-romans-histoire","category-espagne","category-catalan","category-espagnol","category-rle2024","category-roman","tag-amour","tag-catalogne","tag-contes","tag-croyances","tag-demon","tag-destin-de-femmes","tag-deuil","tag-ecriture-poetique","tag-enfer","tag-fantastique","tag-legendes","tag-malediction","tag-mort","tag-oubli","tag-pacte-avec-le-diable","tag-rapport-au-corps","tag-rapports-aux-morts","tag-rapports-familiaux","tag-souvenirs","tag-violence"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/22362","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=22362"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/22362\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22366,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/22362\/revisions\/22366"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/22363"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=22362"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=22362"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=22362"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}