{"id":224,"date":"2014-02-26T17:03:50","date_gmt":"2014-02-26T16:03:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=224"},"modified":"2014-03-02T11:56:58","modified_gmt":"2014-03-02T10:56:58","slug":"marguier-claire-lise-les-noces-clandestines-2013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=224","title":{"rendered":"Marguier Claire-Lise : Les noces clandestines ( 2013)"},"content":{"rendered":"<div>\n<div align=\"left\"><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>:\u00a0La s\u00e9questration n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9e. Tout au moins au d\u00e9but. Pour dire vrai, tout ce qui m&rsquo;y a conduit est un encha\u00eenement de hasard\u00a0; quand vous auriez cru \u00e0 ma volont\u00e9 de nuire ou \u00e0 une part de perversit\u00e9, vous vous seriez fourvoy\u00e9s.<\/div>\n<p>Je n&rsquo;ai aucunement l&rsquo;intention de vous d\u00e9tromper. Mais je peux vous raconter.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:\u00a0Quand d\u00e8s la premi\u00e8re page je ressens l\u2019envie de noter toutes les phrases pour les retenir, c\u2019est que cela s\u2019annonce bien\u2026 Et cela continue. Une \u00e9criture magnifique, pour ce roman po\u00e8me qui est un petit bijou. En attendant le d\u00e9c\u00e8s de sa grand-m\u00e8re un homme pour s\u2019occuper refait toute la maison de la vielle dame. Et il cr\u00e9e une pi\u00e8ce \u00ab rouge \u00bb en sous-sol. Une fois la grand-m\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9e et la pi\u00e8ce termin\u00e9e, l\u2019homme se met en t\u00eate de trouver une personne \u00ab parfaite \u00bb pour l\u2019y enfermer. Ni un vieux, ni un enfant\u2026 il finira par y entrainer un jeune et une relation ambigu\u00eb se nouera entre les deux \u00eatres. Un recherche de la perfection, une ode \u00e0 la beaut\u00e9, un amour \u00e9th\u00e9r\u00e9 et absolu, une recherche de la soumission et une recherche de punition. La d\u00e9ification de la beaut\u00e9, l\u2019\u00e9loge des arts, du dessin, de la peinture, de la musique. Le jeu de l\u2019ombre et de la lumi\u00e8re, au propre comme au figur\u00e9. Les couleurs, les mots, les sentiments\u2026 les mots sont le pinceau qui par petites touches, sugg\u00e8re les images. Syndrome de Stockholm ? On se demande pourquoi ce jeune accepte la situation, se met sous l\u2019influence de cet homme. Personne ne semble concern\u00e9 par sa disparition, il semble \u00eatre sans pass\u00e9. Il ne se livre pas, il est l\u00e0.. Un cocon malsain et envoutant. Un livre aussi sur le besoin de l\u2019autre, sur le temps, sur l\u2019id\u00e9alisation de l\u2019\u00eatre. Un livre que je recommande vivement, \u00e0 lire pour la beaut\u00e9 des mots, la musique des phrases, les couleurs de la vie et de la non-vie..<\/p>\n<div>Incontournable ! Magistral! De toute beaut\u00e9 !<\/div>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>p.11 \u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait juste avant l\u2019automne, cette saison bancale, entre-deux, dont la seule \u00e9vocation nous jette dans le spleen des po\u00e8tes.<\/p>\n<p>p. 11 \u00ab\u00a0Rien de pire que d\u2019attendre une fin qui ne vient pas\u00a0\u00bb<\/p>\n<div>p. 12 \u00ab&#8230;On n\u2019est jamais pr\u00eats \u00e0 se s\u00e9parer des \u00eatres aim\u00e9s, quand bien m\u00eame ils auraient \u00e9t\u00e9 centenaires.\u00a0 Pourtant, tacitement, nous attendions tous les deux cette fin qui prenait son temps.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>p.12 \u00ab\u00a0j&rsquo;avais l&rsquo;impression d&rsquo;agir pour la bonne cause. Quant \u00e0 savoir laquelle, je n&rsquo;aurais pu en \u00eatre certain.\u00a0\u00bb<\/div>\n<div><\/div>\n<div>p.25 \u00ab\u00a0J\u2019eus l\u2019impression que son \u00eatre tout entier occupait l\u2019espace, un peu \u00e0 la mani\u00e8re de ces mousses expansives qui se glissent dans chaque interstice disponible.<\/div>\n<p>p. 37 \u00ab\u00a0 Il ne reste plus dans ma m\u00e9moire qu\u2019un cama\u00efeu d\u2019impressions fugaces, de couleurs automnales et d\u2019odeur de caf\u00e9, au milieu desquelles j\u2019entrevois, comme les reflets que projette la surface de l\u2019eau, le miroitement de son regard.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>p. 41 \u00ab\u00a0Happ\u00e9 par le monde ext\u00e9rieur, je poussais les heures, les enfilant comme des perles ternes sur le fil de la journ\u00e9e, comme si mon impatience allait faire arriver le soir plus vite.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>p. 43 \u00ab\u00a0Rien de plus qu\u2019une s\u00e9rie de brouillons imparfaits, puis, ma foi, de p\u00e2les copies comme une \u0153uvre in\u00e9galable qu\u2019un peintre tente de reproduire \u00e0 l\u2019infini, quand seul le hasard lui a donn\u00e9 son caract\u00e8re exceptionnel.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>p. 52. \u00ab\u00a0J\u2019ai toujours aim\u00e9 d\u00e9celer la beaut\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 elle se dissimule\u00a0; dans les jeux \u00e9ph\u00e9m\u00e8res de lumi\u00e8re, dans la note pure d\u2019un verre qui tinte, dans le mouvement silencieux d\u2019un voilage.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>p. 78 \u00ab\u00a0Mais sentir sa conscience se d\u00e9rober malgr\u00e9 mes murmures comme des suppliques me vidait de moi-m\u00eame, me r\u00e9duisait \u00e0 ma seule ombre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>p. 78 \u00ab\u00a0Plus je voulais faire un rempart de mon corps pour lui insuffler de ma sant\u00e9, plus son \u00eatre tout entier, rendu \u00e0 sa seule survie, me repoussait au-del\u00e0 de barri\u00e8res infranchissables.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>p. 84 \u00ab\u00a0Il ressemblait \u00e0 quelqu\u2019un qui a tellement attendu qu\u2019il a oubli\u00e9 l\u2019objet de son attente pour ne plus v\u00e9n\u00e9rer que l\u2019attente elle-m\u00eame.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>p. 90 \u00ab\u00a0Quant \u00e0 moi, je me tenais \u00e0 distance raisonnable des livres, ainsi que je l&rsquo;avais toujours fait, conscient du danger qu&rsquo;ils repr\u00e9sentent, ne lisant que le strict minimum et ne commettant jamais l&rsquo;erreur de croire au caract\u00e8re inoffensif du insignifiant d&rsquo;entre eux. En lire la premi\u00e8re ligne vous asservit jusqu&rsquo;\u00e0 la derni\u00e8re, et m\u00eame longtemps apr\u00e8s. Entre leurs pages, vous n&rsquo;\u00eates plus ma\u00eetre de vous-m\u00eame ; vous vous abandonnez sans conditions \u00e0 l&rsquo;esprit d&rsquo;une plume plus forte que vous, susceptible de vous emmener dans des travers sombres et glauques, de vous faire admettre des id\u00e9es fausses sans que vous ne cilliez.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>p. 91 \u00ab\u00a0Les livres sont des pi\u00e8ges mortels et pervers o\u00f9 s\u2019\u00e9gare la raison, et qui se cachent sous des allures nobles de pourvoyeurs de connaissances.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>p. 111 \u00ab\u00a0Il n\u2019y a pas de hasard, disait le po\u00e8te, que des rendez-vous.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>p.117 \u00ab\u00a0Les heures disparaissaient sans que j\u2019en eusse conscience, d\u00e9vor\u00e9es sans doute par les futilit\u00e9s de l\u2019existence dans lesquelles je me d\u00e9p\u00eatrais.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9\u00a0:\u00a0La s\u00e9questration n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9e. Tout au moins au d\u00e9but. Pour dire vrai, tout ce qui m&rsquo;y a conduit est un encha\u00eenement de hasard\u00a0; quand vous auriez cru \u00e0 ma volont\u00e9 de nuire ou \u00e0 une part de perversit\u00e9, vous vous seriez fourvoy\u00e9s. Je n&rsquo;ai aucunement l&rsquo;intention de vous d\u00e9tromper. 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