{"id":2241,"date":"2015-10-15T15:04:45","date_gmt":"2015-10-15T14:04:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2241"},"modified":"2024-09-08T12:38:24","modified_gmt":"2024-09-08T10:38:24","slug":"de-kerangal-maylis-a-ce-stade-de-la-nuit-10-2015","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2241","title":{"rendered":"de Kerangal, Maylis \u00ab\u00e0 ce stade de la nuit\u00bb (10.2015)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong> :\u00a0Maylis Suzanne Jacqueline Le Gal de Kerangal passe son enfance au Havre, fille et petite-fille de capitaine au long cours. Elle \u00e9tudie en classe pr\u00e9paratoire au lyc\u00e9e Jeanne-d&rsquo;Arc de Rouen et ensuite \u00e0 Paris de 1985 \u00e0 1990 l&rsquo;histoire, la philosophie et l&rsquo;ethnologie.<br \/>\nElle commence \u00e0 travailler chez Gallimard jeunesse une premi\u00e8re fois de 1991 \u00e0 1996, avant de faire deux s\u00e9jours aux \u00c9tats-Unis, \u00e0 Golden dans le Colorado en 1997. Elle reprend sa formation en passant une ann\u00e9e \u00e0 l&rsquo;EHESS \u00e0 Paris en 1998.<\/p>\n<p><b>Ses romans\u00a0<\/b>: Je marche sous un ciel de tra\u00eene, 2000, 222 p. \u2013 La Vie voyageuse, 2003, 240 p. \u2013 Ni fleurs ni couronnes, 2006, 135 p. \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7502\">Dans les rapides<\/a><\/span>\u00a0(2006) \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2260\">Corniche Kennedy<\/a>,<\/span>\u00a0Paris, 2008, 177 p. \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=16104\">Naissance d\u2019un pont<\/a><\/span>, Paris, 2010, 336 p. ( Prix M\u00e9dicis 2010 \u2013 Prix Franz Hessel 2010) \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3026\">Tangente vers l\u2019est<\/a><\/span>, Paris, \u00c9ditions Verticales, 2012, 134 p. (Prix Landerneau 2012) \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=34\">R\u00e9parer les vivants<\/a>,<\/span> 2013, 281 p. (Grand prix RTL-Lire 2014 \u2013 Roman des \u00e9tudiants \u2013 France Culture-T\u00e9l\u00e9rama 2014 \u2013 Prix Orange du Livre 2014 \u2013 Prix des lecteurs de l\u2019Express-BFM TV 2014 \u2013 Prix Relay 2014) \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2241\">\u00c0 ce stade de la nuit<\/a>,<\/span> 2015, 80 p. \u2013 Un chemin de tables -2016 \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6926\">Un monde \u00e0 port\u00e9e de main<\/a><\/span>\u00a0(2018) \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11694\">Kiruna<\/a><\/span>\u00a0(2019) \u2013 Ariane espace (nouvelle \u2013 2020) \u2013 Cano\u00ebs (2021) &#8211; Servoz &#8211; avec Joy Sorman &#8211; (2022) &#8211; Un archipel (2022) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"De Kerangal, Maylis\u00a0 \u00ab\u00a0Jour de ressac\u00a0\u00bb (RLE2024) 256 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=20806\">Jour de ressac<\/a><\/span> (2024)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Lampedusa. Une nuit d\u2019octobre 2013, une femme entend \u00e0 la radio ce nom aux r\u00e9sonances multiples. Il fait rejaillir en elle la figure de Burt Lancaster \u2013 h\u00e9ros du Gu\u00e9pard de Visconti et du Swimmer de Frank Perry \u2013 puis, comme par ressac, la fin de r\u00e8gne de l\u2019aristocratie sicilienne en \u00e9cho \u00e0 ce drame m\u00e9diterran\u00e9en : le naufrage d\u2019un bateau de migrants.<\/p>\n<p>\u00c9crit \u00e0 la premi\u00e8re personne, cet intense r\u00e9cit sonde un nom propre et ravive, dans son sillage, un imaginaire travers\u00e9 de films aim\u00e9s, de paysages familiers, de lectures nomades, d\u2019\u00e9crits ant\u00e9rieurs. Lampedusa, \u00eele de litt\u00e9rature et de cin\u00e9ma devenue l\u2019\u00e9picentre d\u2019une trag\u00e9die humaine. De l&rsquo;inhospitalit\u00e9 europ\u00e9enne aussi.<\/p>\n<p>Entre m\u00e9ditation nocturne et art po\u00e9tique \u00ab\u00a0\u00e0 ce stade de la nuit\u00a0\u00bb est un jalon majeur dans le parcours litt\u00e9raire de Maylis de Kerangal.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Un petit par la taille (moins de 80 pages) mais grand par l\u2019\u00e9criture et le contenu.<br \/>\nLampedusa &#8211; naufrage &#8211; \u00c9rythr\u00e9e, Somalie, Malte, Sicile, Tunisie, Libye, Tripoli &#8211; Le Gu\u00e9pard de Luchino Visconti &#8211; Burt Lancaster &#8211; Ned Merrill dans The Swimmer de Frank Perry, film de 1968 &#8211; Giuseppe Tomasi di Lampedusa \u2013<br \/>\nChaque chapitre commence par la m\u00eame phrase qui donne son titre au livre\u2026 \u00ab\u00a0\u00e0 ce stade de la nuit\u2026\u00a0\u00bb\u00a0et en quelques mots, l\u2019\u00e9vocation de Lampedusa \u2026<br \/>\nAu pass\u00e9\u00a0:un nom d\u2019\u00e9crivain et prince de l\u2019\u00eele, un film, un acteur, le bal film\u00e9 comme un naufrage\u2026<br \/>\nAu pr\u00e9sent\u00a0: des sans nom, des images de cauchemar, des inconnus qui jouent leur vie, des naufrages.<br \/>\nComme dans les autres livres que j\u2019ai lu de cette romanci\u00e8re, elle est juste dans le ton, dans le mot, dans les sentiments. Elle traite \u00e0 nouveau une cause vitale, avec force et tout en finesse. Un nom \u00ab\u00a0LAMPEDUSA\u00a0\u00bb.. ce qu\u2019il \u00e9voquait et ce qu\u2019il repr\u00e9sente maintenant.<br \/>\nJe le conseille imp\u00e9rativement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>J\u2019ai retrouv\u00e9 le baroque d\u00e9labr\u00e9, les fa\u00e7ades qui p\u00e8lent, les murs qui tombent en lambeaux comme si le temps de la mue \u00e9tait venu et que la peau d\u2019avant chutait au sol afin de faire voir la nouvelle ; j\u2019ai scrut\u00e9 la d\u00e9cr\u00e9pitude qui signe la lente d\u00e9pose du temps tout autant que le manque d\u2019argent, le manque de force<\/p>\n<p>j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 que Visconti avait film\u00e9 le bal du Gu\u00e9pard exactement comme un naufrage<\/p>\n<p>Je pense \u00e0 ces noms inscrits dans les paysages et je pense aux paysages v\u00e9hicul\u00e9s dans les noms<\/p>\n<p>J\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 la mati\u00e8re silencieuse qui s\u2019\u00e9chappe des noms, \u00e0 ce qu\u2019ils \u00e9crivent \u00e0 l\u2019encre invisible<\/p>\n<p>Pour \u00e9crire, j\u2019ai pens\u00e9 qu\u2019il fallait capter ce chant qui subsistait d\u2019un temps o\u00f9 le livre n\u2019existait que sous sa forme chant\u00e9e et je me suis dit qu\u2019il \u00e9tait temps d\u2019aller chercher la femme nomade.<\/p>\n<p>j\u2019ai le sentiment de rallier un lieu qui est le mien, o\u00f9 je suis chez moi quand pourtant j\u2019y suis une \u00e9trang\u00e8re \u2013 qui est peut-\u00eatre le mien pr\u00e9cis\u00e9ment parce que j\u2019y suis arriv\u00e9e comme une \u00e9trang\u00e8re, exactement comme j\u2019arrive dans un livre<\/p>\n<p>J\u2019aime l\u2019id\u00e9e que l\u2019exp\u00e9rience de la m\u00e9moire, autrement dit l\u2019action de se rem\u00e9morer, transforme les lieux en paysage, m\u00e9tamorphose les espaces illisibles en r\u00e9cit<\/p>\n<p>dans la p\u00e9nombre, les colonnes de livres grimpent comme des plantes, comme des cariatides, elles silhouettent une for\u00eat d\u2019un noir cassis, puissante et pulsatile, un temple hant\u00e9 de fant\u00f4mes et de chants<\/p>\n<p>Je me dis parfois qu\u2019\u00e9crire c\u2019est instaurer un paysage<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Note de vocabulaire<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p><em>Lamanage<\/em> est un terme du vocabulaire maritime et d\u00e9signe des op\u00e9rations d&rsquo;assistance \u00e0 l&rsquo;amarrage, au d\u00e9samarrage des navires lors de leur arriv\u00e9e, d\u00e9part ou \u00e9galement de leur mouvement (changement de poste \u00e0 quai) \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des ports. L&rsquo;\u00e9quipage des navires \u00e9tant limit\u00e9 et occup\u00e9, il a fallu cr\u00e9er un service \u00e0 terre. Les lamaneurs sont des marins sp\u00e9cialis\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur :\u00a0Maylis Suzanne Jacqueline Le Gal de Kerangal passe son enfance au Havre, fille et petite-fille de capitaine au long cours. Elle \u00e9tudie en classe pr\u00e9paratoire au lyc\u00e9e Jeanne-d&rsquo;Arc de Rouen et ensuite \u00e0 Paris de 1985 \u00e0 1990 l&rsquo;histoire, la philosophie et l&rsquo;ethnologie. Elle commence \u00e0 travailler chez Gallimard jeunesse une premi\u00e8re fois de &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2241\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2243,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2,12],"tags":[],"class_list":["post-2241","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lectures","category-litterature-france"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2241","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2241"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2241\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20815,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2241\/revisions\/20815"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2243"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2241"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2241"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2241"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}