{"id":22546,"date":"2025-06-30T10:40:36","date_gmt":"2025-06-30T08:40:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22546"},"modified":"2025-06-30T16:41:36","modified_gmt":"2025-06-30T14:41:36","slug":"chavagne-pierre-abena-2025-264-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22546","title":{"rendered":"Chavagn\u00e9, Pierre \u00ab\u00a0Abena\u00a0\u00bb (2025 ) 264 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur:<\/b> Pierre Chavagn\u00e9, n\u00e9 en 1975 en banlieue parisienne, vit et travaille dans le Sud de la France, en Uz\u00e8ge, dans une maison en bois avec sa femme et ses trois fils.\u00a0Il est dirigeant d\u2019une entreprise de biotechnologie.<br \/>\nRomans : Auteur Academy\u00a0(2010) \u2013 Les duellistes (2017) \u2013<span style=\"color: #0000ff;\"> <a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Chavagn\u00e9, Pierre \u00ab\u00a0La femme paradis\u00a0\u00bb (RLH2023) 160 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=18009\">La femme paradis<\/a><\/span> (2023)<span class=\"Apple-converted-space\"> &#8211;<span style=\"color: #0000ff;\"> <a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Chavagn\u00e9, Pierre \u00ab\u00a0Abena\u00a0\u00bb (2025 ) 264 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22546\">Abena<\/a><\/span> (2025)\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Editeur : Le mot et le reste \u2013 21.03.2025 \u2013 264 pages<br \/>\nS\u00e9lectionn\u00e9 pour le Prix Ouest-France d\u2019\u00c9tonnants voyageurs<br \/>\n<em>Coup de c\u0153ur des libraires<\/em>:<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Fr\u00e9d\u00e9ric du Vrai lieu \u00e0 Gradignan<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>&#8211; St\u00e9phanie du Furet du Nord \u00e0 Lille &#8211; Romain, Le grain des mots \u00e0 Montpellier. (Et beaucoup d\u2019autres)<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9<\/b>:<\/p>\n<p>Au c\u0153ur d\u2019un massif enneig\u00e9, Kofi et sa petite s\u0153ur Abena sont traqu\u00e9s par la \u00ab Souche \u00bb, une milice de gardes-fronti\u00e8res. Dans leur fuite, ils croisent Ca\u00efn avec qui ils trouvent refuge en altitude chez la Vieille et l\u2019Aveugle, un couple d\u2019ermites myst\u00e9rieux. La situation pr\u00e9occupante dans la vall\u00e9e et dans tout le pays les contraint \u00e0 hiverner ensemble. Ils doivent alors s\u2019organiser et s\u2019approvisionner pour affronter la rudesse du climat. Ce confinement prolong\u00e9 met la communaut\u00e9 \u00e0 rude \u00e9preuve et les dissensions ne tardent pas \u00e0 se faire sentir. Il s\u2019av\u00e8re que l\u2019ennemi n\u2019est pas toujours l\u00e0 o\u00f9 on l\u2019attend. Avec pour d\u00e9cor des paysages sauvages et \u00e9ternels, Abena est un huis clos qui interroge la capacit\u00e9 d\u2019un groupe \u00e0 r\u00e9sister collectivement \u00e0 la violence et \u00e0 la peur nous questionnant ainsi sur la place de la fraternit\u00e9 et de l\u2019\u00e9merveillement dans toute vie.<\/p>\n<p>Abena est un texte de l\u2019extr\u00eame \u2013 climat extr\u00eame, beaut\u00e9 extr\u00eame, violence extr\u00eame \u2013 dans lequel Pierre Chavagn\u00e9 questionne la fraternit\u00e9 et repousse les limites de la fiction de sa plume pr\u00e9cise et sensible.<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>: &#x2764;&#xfe0f;&#x2764;&#xfe0f;&#x2764;&#xfe0f;&#x2764;&#xfe0f;&#x2764;&#xfe0f;<br \/>\nJ\u2019avais eu le coup de coeur pour son pr\u00e9c\u00e9dent \u00ab\u00a0La femme paradis\u00a0\u00bb et c\u2019est \u00e0 nouveau le cas. On y retrouve les m\u00eames th\u00e8mes<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>: la femme myst\u00e9rieuse qui vit dans la for\u00eat, le pass\u00e9 dont on ne sait rien, la solitude, la difficult\u00e9 des contacts humains, la survie en montagne, le coup de feu\u2026<br \/>\nLes livres et la litt\u00e9rature &#8211; ici les citations aussi &#8211; ont une grande importance, ainsi que la nature.<br \/>\nMais ici la femme vit dans une sorte de fausse solitude, m\u00eame si elle vit dans un endroit sauvage \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la civilisation.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Plusieurs personnages, aussi asociaux qu\u2019elle vont graviter dans son entourage. Ils ont choisi la solitude et la protection de la for\u00eat comme moyen de survie. Le refuge : la cabane, le silence, mais les mots aussi. Et cette belle id\u00e9e qu\u2019il est plus ais\u00e9 de r\u00e9pondre par des citations que par des phrases\u2026<br \/>\nTout commence par la traque de deux migrants qui arrivent d\u2019\u00c9rythr\u00e9e apr\u00e8s un long parcours extr\u00eamement difficile : Kofi et sa petite soeur Abena. Pris en chasse par la milice des fronti\u00e8re, ils se font tirer dessus. Deux personnes vont voler \u00e0 leur secours, deux personnes qui fuient la compagnie et le contact humain : Ca\u00efn &#8211; un jeune sauvage &#8211; et Jo, surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0la Vieille \u00ab\u00a0 qui vit dans une sorte de refuge enfoui au milieu de nulle part dans la montagne avec son mari, Rob qui est aveugle. Viendra se joindre \u00e0 cette \u00e9quipe de solitaires un ancien l\u00e9gionnaire, Pavel. Cette cabane deviendra une sorte de huis-clos, o\u00f9 les deux migrants survivront sous la protection de ces quelques esseul\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans ce huis-clos nous allons suivre ces personnages et suivre \u00e9galement le responsable de la traque Karl et ceux qui travaillent pour lui, Paul et Deborah.. Et attendre que leurs histoires personnelles \u00e0 tous se d\u00e9voilent\u2026<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Et une fois de plus, quelle \u00e9criture, quelle po\u00e9sie, quelle d\u00e9licatesse tant dans les mots que dans la perception de la vie ! Des descriptions de la nature magique \u00e9galement. Quelle humanit\u00e9, quel suspense aussi.. <span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>J\u2019ai lu ce livre juste apr\u00e8s avoir lu \u00ab\u00a0Darwyne\u00a0\u00bb de Colin Niel. Deux coup de coeur qui ont des similitudes. Je pense que si vous avez appr\u00e9cie \u00ab\u00a0Darwyne\u00a0\u00bb vous allez tomber en amour pour celui-ci<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Extraits<\/b>: <span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>(mais ce serait plus simple de recopier le roman)<\/p>\n<p>En hiver, les montagnes\u00a0ont faim\u00a0; au-del\u00e0 d\u2019une certaine altitude, les rochers\u00a0deviennent des dents.<\/p>\n<p>Dans cet au-del\u00e0\u00a0de souffrance, il existe une extase dans laquelle la mort devient d\u00e9sirable, une forme d\u2019acceptation sans quoi l\u2019homme n\u2019est rien.<\/p>\n<p>Le sifflement du vent s\u2019assourdit, la densit\u00e9 des plantations agit comme une protection, la temp\u00e9rature semble remonter. Ils avancent dans un silence cr\u00e9pusculaire, quelques feuillus disputent la place aux conif\u00e8res. Les derni\u00e8res feuilles qui se d\u00e9coupent sur le ciel blanc font des estampes japonaises plus belles que les vraies.<\/p>\n<p>Les l\u00e8vres de la plaie lui ont souri. Un de ces sourires compatissants qui disent\u00a0: \u00ab\u00a0Pauvre vieux, tu dois vraiment t\u2019ennuyer pour en arriver l\u00e0\u00a0!<\/p>\n<p>la pr\u00e9sence de l\u2019autre l\u2019insupporte. Quand un homme ou une femme s\u2019approche, il suffoque. Depuis l\u2019enfance, il combat cette angoisse par l\u2019apn\u00e9e. S\u2019il ne respire plus, il dispara\u00eet\u00a0; de dr\u00f4les de raisonnements logiques passent parfois par la t\u00eate des enfants. Ce n\u2019est pas plus b\u00eate que de fermer les yeux pour se cacher, plus dangereux peut-\u00eatre.<\/p>\n<p>Il avait quinze ans et sa seule exp\u00e9rience du monde, en dehors de l\u00e0 o\u00f9 il \u00e9tait n\u00e9, r\u00e9sidait dans la lecture d\u2019une centaine de romans. Il d\u00e9couvrirait plus tard que la vie est bien plus fade que celle d\u2019Edmond Dant\u00e8s, Lord Jim ou Martin Eden.<\/p>\n<p>Na\u00eetre est une loterie, on gagne ou on perd, c\u2019est la premi\u00e8re manche de la partie. Migrer permet de rebattre les cartes, de risquer \u00e0 quitte ou double son existence sur la promesse d\u2019une vie plus douce ou d\u2019une vie tout court.<\/p>\n<p>\u00c0 ce point du jour, les jeux d\u2019ombres et de lumi\u00e8res transforment ce massif en un vaste papier froiss\u00e9.<\/p>\n<p>Il consid\u00e8re le monde vivant comme fractur\u00e9\u00a0: il y a l\u2019amour et la haine, l\u2019ami et l\u2019ennemi. Il sait que ce n\u2019est pas vrai, que la v\u00e9rit\u00e9 est plus complexe, mais cette simplification lui permet de vivre. Il n\u2019essaie pas de r\u00e9parer ou de justifier le monde\u00a0; il s\u2019en accommode.<\/p>\n<p>Quand on pose une question, m\u00eame triviale, on\u00a0ignore quelle porte on pousse. Celle-ci \u00e9tait sacr\u00e9ment lourde\u00a0et renfermait quelque chose de volumineux.<\/p>\n<p>\u2013 Vous n\u2019\u00eates pas croyante\u00a0?<br \/>\n\u2013 Je crois dans le ciel et les montagnes, dans les arbres et les fleurs. Je ne crois pas en un dieu tout-puissant et encore moins aux hommes qui s\u2019en revendiquent. Appelez cela l\u2019exp\u00e9rience.<\/p>\n<p>Tous se tiennent \u00e0 l\u2019extr\u00eame limite du langage, l\u00e0 o\u00f9 l\u2019absence de parole r\u00e9v\u00e8le les \u00eatres.<\/p>\n<p>\u2013 Il y a deux choses que la soci\u00e9t\u00e9 ne\u00a0peut pas vous voler\u00a0: vos pens\u00e9es et vos secrets. Elle\u00a0essaie pourtant.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Ses parents ne lui ont jamais dit qu\u2019il l\u2019aimait. Lui non plus ne leur a jamais dit, \u00e7a ne se fait pas chez eux. Il le d\u00e9plore. Selon lui, il faut dire les choses quand elles sont belles, plut\u00f4t que de les enfouir au-dedans et de croire que l\u2019autre va deviner.<\/p>\n<p>L\u00e0 commence la vraie solitude, quand on ne se soucie pas plus de vous mort que vivant.<\/p>\n<p>Vouloir\u00a0du poisson et p\u00eacher, c\u2019est un peu pareil. Non\u00a0?<br \/>\n\u2013 La rivi\u00e8re n\u2019est pas un \u00e9tal, la nature n\u2019est pas un magasin. Il vous manque le respect.<br \/>\n\u2013 \u00c0 quoi croyez-vous\u00a0?<br \/>\n\u2013 Au pr\u00e9sent.<br \/>\n\u2013 C\u2019est tout\u00a0?<br \/>\n\u2013 Au pr\u00e9sent, \u00e0 la po\u00e9sie et aux \u00e9quations\u00a0car aucun des trois ne ment.<\/p>\n<p>\u00c0 ce moment pr\u00e9cis, il est aussi vuln\u00e9rable qu\u2019une v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>\u2013 C\u2019est juste\u00a0que la voix de la v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9sonne plus fort dans\u00a0le silence.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Les nuages se sont \u00e9paissis et m\u00eal\u00e9s \u00e0 la brume grise venant du sol, ils ont d\u00e9rob\u00e9 le ciel et les sommets.<\/p>\n<p><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>Ma femme est une ficelle, elle vous file entre les doigts d\u00e8s que vous essayez de la retenir. Elle s\u2019adapte \u00e0 la situation, \u00e0 force de se contorsionner, elle est tout pleine de n\u0153uds. Et ses mouvements et ses pens\u00e9es sont entrav\u00e9s, c\u2019est cela aussi la vieillesse. Des n\u0153uds serr\u00e9s qui garrottent le cerveau et le c\u0153ur, les sentiments deviennent rugueux, le corps s\u2019ass\u00e8che et se retranche sur les fonctions vitales.<\/p>\n<p>Il y a des silences l\u00e9gers et m\u00e9ditatifs, lumineux et d\u2019autres denses et gris, celui-ci \u00e9levait une barri\u00e8re entre eux.<\/p>\n<p>Il d\u00e9teste les photographies car, quand les choses tournent mal et qu\u2019on regarde attentivement la personne fig\u00e9e dans un pass\u00e9 \u00e9ternel, on a envie de lui crier de profiter du temps qu\u2019il reste ou de l\u2019informer de la catastrophe \u00e0 venir. Cela n\u2019existe pas et on reste avec sa tristesse et sa m\u00e9lancolie.<\/p>\n<p>Les flocons tombent au sol par millions. Comment les scientifiques peuvent-ils affirmer qu\u2019aucun n\u2019est identique\u00a0? Les hommes et les femmes ayant peupl\u00e9 la terre sont comme ces flocons de neige, des passions constantes les animent depuis la nuit des temps \u2013 joie, tristesse, ambition, jalousie \u2013 on croit \u00e0 tort qu\u2019ils se ressemblent, on a du mal \u00e0 distinguer leur singularit\u00e9 dans la multitude, mais chaque existence demeure unique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Mythologie Africaine<\/b>:<br \/>\nHOLAWAKA : Oiseau mythique envoy\u00e9 par Dieu pour dire aux Oromo d&rsquo;Ethiopie qu&rsquo;ils ne mourraient pas<\/p>\n<p><b>Image<\/b> : les Allobroges <span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur: Pierre Chavagn\u00e9, n\u00e9 en 1975 en banlieue parisienne, vit et travaille dans le Sud de la France, en Uz\u00e8ge, dans une maison en bois avec sa femme et ses trois fils.\u00a0Il est dirigeant d\u2019une entreprise de biotechnologie. 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