{"id":2266,"date":"2015-10-30T10:12:53","date_gmt":"2015-10-30T09:12:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2266"},"modified":"2015-10-30T10:12:53","modified_gmt":"2015-10-30T09:12:53","slug":"le-corff-aude-les-arbres-voyagent-la-nuit-2013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2266","title":{"rendered":"Le Corff, Aude \u00ab Les arbres voyagent la nuit \u00bb (2013)"},"content":{"rendered":"<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Chaque jour, Anatole s&rsquo;interroge. Que peut bien raconter cette fillette, sous le bouleau de la cour de l&rsquo;immeuble, aux fourmis et aux chats ? Un soir, Le Petit Prince \u00e0 la main, le vieux professeur de fran\u00e7ais se r\u00e9sout \u00e0 l&rsquo;approcher : \u00ab Tu connais ? \u00bb Manon, huit ans, n&rsquo;h\u00e9site pas longtemps. Depuis que sa m\u00e8re est partie, elle n&rsquo;a plus grand monde \u00e0 qui parler. Peu \u00e0 peu, leurs solitudes s&rsquo;apprivoisent. Et leur dr\u00f4le d&rsquo;amiti\u00e9, n\u00e9e dans un bout de jardin, n&rsquo;en est qu&rsquo;au d\u00e9but de leur bout de chemin&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab Un livre qui parle de l&rsquo;intime et de l&rsquo;universel, de l&rsquo;humain et de la nature. Un roman doux, l\u00e9ger et d\u00e9licat, un r\u00e9cit juste qui parvient \u00e0 toucher le lecteur en plein c\u0153ur. \u00bbonlalu.com<\/p>\n<p>(Pocket &#8211; juin 2015 \u2013 256 pages)<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Mon avis\u00a0: <\/strong>Une merveille\u00a0! Quand une fillette de 8 ans, toute perdue apr\u00e8s la disparition de sa Maman, seule avec un Papa totalement an\u00e9anti, qui en veut \u00e0 la terre enti\u00e8re, va retrouver go\u00fbt \u00e0 la vie gr\u00e2ce \u00e0 un vieux monsieur et au \u00ab\u00a0Petit Prince\u00a0\u00bb. Et plus encore\u2026 Cette fillette va nous donner une le\u00e7on sur la vie, la tol\u00e9rance. Dans ce livre, la confiance en l\u2019amour va d\u00e9placer les montagnes, va aller au bout de tout\u2026 Un groupe improbable va partir \u00e0 la recherche du bonheur.. Un road-movie magnifique, une ode \u00e0 la douceur, au souvenir, \u00e0 l\u2019\u00e9vasion par les livres\u2026 On va y apprendre qu\u2019il faut croire en la vie, croire en ses r\u00eaves, aller chercher le bonheur. Autour d\u2019une fillette dont la vie se r\u00e9sume \u00e0 un foulard abandonn\u00e9, 3 adultes vont se rencontrer.. et refaire le monde.. Alors laissez-vous guider\u2026 partez \u00e0 la red\u00e9couverte des lieux du pass\u00e9 avec votre regard de maintenant, laisser remonter vos souvenirs et votre humanit\u00e9. la nostalgie par moments, certes, mais au final une nostalgie constructive et un message d\u2019espoir. Toujours sensible et juste, jamais larmoyant. Ce livre pose les bonnes questions et donne les belles r\u00e9ponses.. Et tout \u00e7a avec beaucoup de po\u00e9sie..<\/p>\n<p>Je le recommande vivement\u00a0!<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Extraits<\/strong><\/p>\n<p>Devant la fen\u00eatre, se dresse un bouleau dont la force tranquille contraste avec l\u2019abattement de cet homme qu\u2019elle ne reconna\u00eet plus.<\/p>\n<p>Pourquoi s\u2019acharner \u00e0 maintenir les vieux\u00a0en vie\u00a0? Tout en eux s\u2019use et s\u2019estompe, m\u00eame les souvenirs, souvenirs de souvenirs, souvenirs\u00a0aux contours flous et aux couleurs fades, souvenirs r\u00e9invent\u00e9s.<\/p>\n<p>Manon prend place \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du vieux monsieur qui s\u2019assoit comme un automate\u00a0; il ne lui manque plus que la cl\u00e9 dans le dos<\/p>\n<p>Ses cheveux blancs sont trop rares pour cacher les taches brunes sur son cr\u00e2ne, et son front est aussi rid\u00e9 que l\u2019\u00e9corce d\u2019un \u00e9rable rouge.<\/p>\n<p>L\u2019auteur, Antoine de Saint-Exup\u00e9ry, est un adulte qui n\u2019a jamais oubli\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait un enfant, avant d\u2019\u00eatre grand, et l\u2019est toujours rest\u00e9 un peu, dans un monde plein de guerres et de d\u00e9sillusions<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Dans les moments de nostalgie, je m\u2019immerge dans ces petites choses du pass\u00e9, c\u2019est tout ce qu\u2019il me reste d\u2019eux.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Moi aussi, j\u2019ai un tiroir avec des souvenirs tr\u00e8s importants que je regarde souvent.<\/p>\n<p>On ne conna\u00eet pas l\u2019influence du temps orageux sur le coup de foudre qui eut lieu dans cet espace confin\u00e9, entre le rez-de-chauss\u00e9e et le neuvi\u00e8me \u00e9tage.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre se trompait-il\u00a0: rien n\u2019est jamais fini, tant que le dernier souffle n\u2019a pas franchi son dernier obstacle. Il lui reste des souvenirs \u00e0 fabriquer, une histoire \u00e0 cr\u00e9er, des terres \u00e0 d\u00e9couvrir.<\/p>\n<p>Quel dommage que les arbres ne voyagent pas, pense-t-elle. Ils peuvent \u00eatre plusieurs fois centenaires, mais restent toute leur vie enracin\u00e9s au m\u00eame endroit. A quoi bon?<\/p>\n<p>Un vent de panique le traverse\u00a0: sa sciatique le fait souffrir, sa cuisse droite cr\u00e9pite, c\u2019est certain, il ne va jamais tenir le coup<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Excuse-moi, mais rester avachi toute la journ\u00e9e devant la t\u00e9l\u00e9, sans te laver, c\u2019\u00e9tait pire qu\u2019une ou deux bonnes crises de larmes publiques. Ce n\u2019\u00e9tait pas un effondrement, mais un naufrage.<br \/>\nElle mime avec la main un bateau qui coule.<br \/>\n\u2013\u00a0Le Titanic, c\u2019\u00e9tait un petit joueur \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de\u00a0toi.<\/p>\n<p>Dans le d\u00e9sert de ma vie, je n\u2019\u00e9tais plus pr\u00e9occup\u00e9 que par mes articulations rouill\u00e9es, le niveau d\u2019huile dans mon cerveau, et mon carburant du midi et du soir, cet insipide plateau-repas livr\u00e9 \u00e0 heures fixes, le m\u00eame qu\u2019en maison de retraite.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Les hommes pr\u00e9f\u00e8rent vraiment avoir des routes partout plut\u00f4t que des oiseaux et des arbres\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Oui. L\u2019homme essaie de pr\u00e9server ce qu\u2019il peut. Mais les gens veulent pouvoir se d\u00e9placer vite, sans limites, les villes, les voies ferr\u00e9es et les routes s\u2019\u00e9tendent, saccageant des hameaux et des espaces naturels.<\/p>\n<p>Il a perdu son jouet, mais il tient au creux de sa main quelque chose de mille fois plus pr\u00e9cieux\u00a0: l\u2019amour de sa m\u00e8re. Elle est l\u00e0, toute proche, si proche et r\u00e9elle qu\u2019il peut la toucher. Elle ne d\u00e9rive pas sur l\u2019eau, gagn\u00e9e par l\u2019attrait du vent marin, du soleil et de la libert\u00e9\u00a0; elle ne le quitte pas, et il ne r\u00e9alise m\u00eame pas sa chance. Il continue \u00e0 fixer le voilier sans un regard pour elle.<\/p>\n<p>Or, ses muscles lui font payer sa station debout prolong\u00e9e, tandis que le rel\u00e2chement de certaines tensions n\u2019a pas l\u2019effet escompt\u00e9\u00a0: son dos est un champ de mines qui explosent les unes apr\u00e8s les autres au moindre mouvement. Ses bras et ses jambes sont des tentacules flasques, bombard\u00e9s de mille piq\u00fbres invisibles\u00a0; la douleur clignote sur chaque parcelle de peau comme autant de petites ampoules en fin de vie dans le cr\u00e9puscule d\u2019une ville fant\u00f4me.<\/p>\n<p>La r\u00e9p\u00e9tition teinte de banalit\u00e9 n\u2019importe quel chef-d&rsquo;\u0153uvre de la nature : on admire, on contemple puis on int\u00e8gre le paysage, avant de se fondre en lui. Les souvenirs remontent et s\u2019\u00e9vaporent. Notre corps devient n\u00e9buleux. On peut rencontrer aussi bien le vide que le tout. Ne plus penser \u00e0 rien comme dresser le bilan d\u2019une vie, en \u00e9tant aspir\u00e9 par quelque chose de plus global qui nous \u00e9chappe.<\/p>\n<p>Penser, toujours penser, remuer les \u00e9checs et le pass\u00e9, elle ne savait faire que \u00e7a. Lui ne voulait plus rentrer dans son jeu. Alors, il s\u2019est noy\u00e9 dans le travail\u00a0; pour ne pas sombrer avec elle, il a arr\u00eat\u00e9 de l\u2019\u00e9couter. Quand elle abordait les m\u00eames sujets macabres, il lui arrivait de sortir de la pi\u00e8ce. Ces tonnes de livres qu\u2019elle d\u00e9vorait pour oublier lui sortaient par les yeux.<\/p>\n<p>On perd l\u2019habitude d\u2019exprimer ses sentiments avec les ann\u00e9es. Or, sans manifestation de tendresse, que reste-t-il \u00e0 l\u2019autre\u00a0? Un affreux sentiment de vide et de solitude\u00a0; l\u2019impression de ne plus exister.<\/p>\n<p>C\u00f4toyer le malheur, c\u2019est imaginer que \u00e7a peut nous arriver.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9\u00a0: Chaque jour, Anatole s&rsquo;interroge. Que peut bien raconter cette fillette, sous le bouleau de la cour de l&rsquo;immeuble, aux fourmis et aux chats ? Un soir, Le Petit Prince \u00e0 la main, le vieux professeur de fran\u00e7ais se r\u00e9sout \u00e0 l&rsquo;approcher : \u00ab Tu connais ? \u00bb Manon, huit ans, n&rsquo;h\u00e9site pas longtemps. 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