{"id":2271,"date":"2015-10-31T17:21:44","date_gmt":"2015-10-31T16:21:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2271"},"modified":"2020-02-10T16:04:51","modified_gmt":"2020-02-10T15:04:51","slug":"sabolo-monica-crans-montana-2015","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2271","title":{"rendered":"Sabolo, Monica \u00abCrans-Montana\u00bb (2015)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong> : N\u00e9e \u00e0 Milan, Monica Sabolo a grandi \u00e0 Gen\u00e8ve en Suisse o\u00f9 elle fait ses \u00e9tudes. Apr\u00e8s un investissement dans l&rsquo;action pour la d\u00e9fense pour les animaux, au sein du WWF en Guyane puis au Canada, elle a l&rsquo;opportunit\u00e9 de travailler \u00e0 Paris en 1995 comme journaliste pour un nouveau magazine fran\u00e7ais Terre et Oc\u00e9ans. Monica Sabolo passe dans les r\u00e9dactions des magazines Voici et Elle. Au lancement de Grazia (Mondadori France), Monica Sabolo est recrut\u00e9e comme r\u00e9dactrice en chef \u00ab Culture et People \u00bb. Apr\u00e8s \u00ab\u00a0<em>Le roman de Lili<\/em>\u00ab\u00a0, elle signe avec \u00ab\u00a0<em>Jungle<\/em>\u00a0\u00bb son second roman. D\u00e9but 2013, elle prend un cong\u00e9 sabbatique de quelques mois pour \u00e9crire un troisi\u00e8me roman, \u00ab\u00a0<em>Tout cela n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec moi<\/em>\u00ab\u00a0, pour lequel elle re\u00e7oit le prix de Flore. En janvier 2014, Monica Sabolo quitte Grazia et le journalisme pour se lancer dans une nouvelle activit\u00e9 : l&rsquo;\u00e9criture de sc\u00e9nario. En 2015 elle publie \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2271\">Crans-Montana\u00a0<\/a>\u00ab\u00a0, puis en 2017 \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=5006\">Summer<\/a>\u00ab\u00a0, \u00ab\u00a0Eden\u00a0\u00bb en 2019.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Dans les ann\u00e9es 60, \u00e0 Crans-Montana, une station de ski suisse, des gar\u00e7ons observent, de loin, trois jeunes filles qui les fascinent : les trois C. Chris, Charlie et Claudia. Elles forment une entit\u00e9 parfaite, une sorte de constellation. Claudia, cheveux blonds, hanches menues, sourire enj\u00f4leur. Chris, boucles brunes, peau mate, ongles longs comme des griffes. Charlie, cheveux noirs, petits seins, longues jambes. Pour ces gar\u00e7ons elles sont un r\u00eave impossible. Pendant les vacances d\u2019\u00e9t\u00e9 ou d\u2019hiver, sur les pistes, \u00e0 la piscine ou dans les night-clubs ils les regardent, sans jamais les aborder. Les ann\u00e9es passent. Leur souvenir les poursuivra, comme un amour fant\u00f4me.<\/p>\n<p>Les voix des gar\u00e7ons, puis des filles d\u00e9roulent les destin\u00e9es d\u2019une jeunesse, dor\u00e9e en apparence, mais qui porte les secrets, les fautes et l\u2019indiff\u00e9rence des g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes. Durant pr\u00e8s de trente ans, tous tenteront de toucher du doigt quelque chose de plus grand, l\u2019amour, la v\u00e9rit\u00e9, ou simplement le sentiment d\u2019exister. Mais des espoirs romantiques de l\u2019adolescence \u00e0 l\u2019opulence glac\u00e9e des ann\u00e9es fric, la vie glisse entre leurs doigts.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Un roman sur trois jeunes filles qui brillent de mille feux.. . Sur la jeunesse dor\u00e9e qui br\u00fblait la vie par les deux bouts dans une station suisse \u2026 3 jeunes filles, les 3 C. Toute une \u00e9poque.. Le fric, le luxe, les paillettes\u00a0; mais que dire de l\u2019envers du d\u00e9cor\u2026 Un magnifique roman sur la jeunesse, la crainte de grandir, le mal-\u00eatre, \u00a0la solitude, la perte de rep\u00e8res, la peur de vivre, les vraies et les fausses valeurs. Et aussi sur les vrais riches et les parvenus, l\u2019\u00eatre et le para\u00eetre. Je n\u2019irais pas jusqu\u2019\u00e0 dire sur l\u2019amiti\u00e9, mais plut\u00f4t sur les liens qui se forment lors de l\u2019adolescence et qui subsistent envers et contre tout.. sur la survivance, sur la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 une vie r\u00e9volue, sur l\u2019attachement \u00e0 ses premi\u00e8res amours et amiti\u00e9s.<\/p>\n<p>Oh que de souvenirs remontent.. Crans-Montana\u00a0; enfin pour moi c\u2019\u00e9tait \u00ab\u00a0Montana-Crans\u00a0\u00bb, le lac de la Moubra, et plus tard les copains, les italiens (les Milanais \u2013 m\u00eame le Giovanni y est &#8211;\u00a0\u00a0 avec leurs belles voitures), les boites\u2026 Montana, puis Crans,\u00a0furent parmi\u00a0 mes points de chute d\u2019enfance et de jeunesse. Mais la comparaison s\u2019arr\u00eate l\u00e0\u2026 M\u00eame si j\u2019ai fr\u00e9quent\u00e9 les lieux dont il est question.<\/p>\n<p>J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 la fa\u00e7on dont le livre est \u00e9crit\u00a0; t\u00e9moin d\u2019un monde, d\u2019un lieu, d\u2019une \u00e9poque\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>:<\/p>\n<p>Nous vivions dans un monde parall\u00e8le, moelleux et doux comme une neige de printemps. C\u2019\u00e9tait un temps sans souvenir, un temps dont seuls nous resteraient les parfums de nos m\u00e8res, nous embrassant le soir, appr\u00eat\u00e9es, maquill\u00e9es, nous laissant vaguement inquiets, conscients de notre parfaite inutilit\u00e9.<\/p>\n<p>Mais avec les Italiens, le sol devenait friable. Dans leur monde, nous n\u2019existions pas. Ils ne faisaient aucun effort pour parler fran\u00e7ais. Ils ne faisaient aucun effort tout court. La vie glissait sur leur peau comme un ruisseau frais.<\/p>\n<p>il y avait un instant suspendu, comme une virgule dans nos souffles fig\u00e9s. Soudain, sous ce ciel immense qui \u00e9voquait la soif, ou un pr\u00e9cipice, nous pouvions croire que nos vies allaient enfin commencer.<\/p>\n<p>Les rumeurs ne p\u00e9n\u00e9traient pas son monde int\u00e9rieur, elles glissaient sur lui comme la pluie de fin d\u2019\u00e9t\u00e9, lorsque les voitures de luxe repartaient, tr\u00e8s lentement, sur la route en lacet \u2013<\/p>\n<p>Les arbres scintillaient de cristaux de glace, qui gouttaient sur nos fronts, et la route semblait recouverte d\u2019une mousse de lait. La for\u00eat jetait son ombre sur nos pas.<\/p>\n<p>Et puis, bien entendu, les choses se d\u00e9r\u00e9gl\u00e8rent, parce que l\u2019\u00e9quilibre et la joie n\u2019\u00e9taient pas notre sort, parce que la nature est un monde aveugle o\u00f9\u00a0tout se d\u00e9lite<\/p>\n<p>Elle imaginait cette vie silencieuse, et l\u2019ombre de la faute qui flottait contre les murs, rampait sur la moquette, s\u2019infiltrait sous les portes pour se r\u00e9pandre dans la ville.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait imp\u00e9ratif d\u2019enfiler une paire de gants avant de\u00a0sortir, comme s\u2019il fallait pr\u00e9server sa peau, mettre une pellicule\u00a0entre soi et le monde.<\/p>\n<p>Qui ne voulait pas gagner de l\u2019argent, \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0\u00a0? Qui pouvait pr\u00e9tendre \u00e0 la transparence\u00a0? \u00c0 Crans-Montana, tout le monde avait quelque chose \u00e0 cacher \u2013\u00a0des fant\u00f4mes, des comptes bancaires, un pass\u00e9\u00a0\u2013 et tout cela reposait dans le silence, sous la neige qui s\u2019\u00e9tendait \u00e0 l\u2019infini\u2026<\/p>\n<p>Entre elles, il y avait des secrets, comme des bulles renfermant un liquide amer, des regrets, et malgr\u00e9 l\u2019\u00e9nergie qui circulait alors, quelque chose se r\u00e9tr\u00e9cissait.<\/p>\n<p>il lui sembla que leur jeunesse s\u2019\u00e9tait dissoute, \u00e0 la fa\u00e7on des comprim\u00e9s effervescents qu\u2019elle regardait fondre dans l\u2019eau, ces milliers de\u00a0bulles qui jaillissaient, vibrantes, vers la surface, un feu d\u2019artifice p\u00e9tillant et puis, plus rien.<\/p>\n<p>Le temps s\u2019est dilat\u00e9 comme une barque d\u00e9rivant sur un lac. Tous ces souvenirs qui remontent, comme s\u2019ils \u00e9taient au fond d\u2019une grotte, ou tr\u00e8s loin au centre de la terre, toute cette vie qu\u2019elle avait presque oubli\u00e9e.<\/p>\n<p>Elles n\u2019avaient pas beaucoup parl\u00e9, ensuite, d\u00e9termin\u00e9es, elles avaient mis une cassette de chansons italiennes, Gigliola Cinquetti, Patty Pravo*, comme au bon vieux temps. Elles lib\u00e9raient leur c\u0153ur d\u2019une carapace de givre. Elles avaient toujours su, dans le fond, que cela finirait ainsi, c\u2019\u00e9tait comme une d\u00e9flagration \u00e9touff\u00e9e ou un coup de feu tir\u00e9 dans un nuage de plumes.<\/p>\n<p><em>Patty Pravo .. je me demande si la chanson \u00e0 laquelle pense la romanci\u00e8re\u00a0ne serait pas \u00ab\u00a0la bambola\u00a0\u00bb..<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur : N\u00e9e \u00e0 Milan, Monica Sabolo a grandi \u00e0 Gen\u00e8ve en Suisse o\u00f9 elle fait ses \u00e9tudes. 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