{"id":22980,"date":"2025-09-30T16:50:41","date_gmt":"2025-09-30T14:50:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22980"},"modified":"2025-09-30T16:59:32","modified_gmt":"2025-09-30T14:59:32","slug":"munoz-molina-antonio-tes-pas-dans-lescalier-2023-288-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22980","title":{"rendered":"Mu\u00f1oz Molina, Antonio\u00a0 \u00ab\u00a0Tes pas dans l\u2019escalier\u00a0\u00bb (2023) 288 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur\u00a0<\/b>: Antonio Mu\u00f1oz Molina est un \u00e9crivain espagnol n\u00e9 le 10 janvier 1956 \u00e0 \u00dabeda, dans la province de Ja\u00e9n.<br \/>\nLicenci\u00e9 en histoire de l\u2019art \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Grenade, il a publi\u00e9 plusieurs romans couronn\u00e9s de nombreux prix litt\u00e9raires Il \u00e9crit r\u00e9guli\u00e8rement dans le journal El Pa\u00eds. En 1996, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu \u00e0 la Real Academia de Letras. En 1998, son roman Pleine Lune a obtenu le prix Femina \u00e9tranger. Membre depuis 1995 de la Real Academia Espa\u00f1ola fond\u00e9e en 1713. Il r\u00e9side \u00e0 Madrid et \u00e0 New York, o\u00f9 il a dirig\u00e9 l\u2019Institut Cervantes jusqu\u2019en 2006. Il a re\u00e7u le prix Prince des Asturies en 2013.<br \/>\nEn 1996, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu \u00e0 la Real Academia de Letras. En 1998, son roman \u00ab\u00a0Pleine Lune\u00a0\u00bb a obtenu le prix Femina \u00e9tranger.<\/p>\n<p>Ses romans\u00a0: Beatus Ille (1986) \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=7038\">L\u2019Hiver \u00e0 Lisbonne\u00a0<\/a><\/span> (1987) \u2013 Beltenebros (1989) \u2013 Le Royaume des voix (El jinete polaco) (1991) \u2013 Les Myst\u00e8res de Madrid (1992) \u2013 Le Sceau du secret (1994) \u2013 Une ardeur guerri\u00e8re\u00a0: m\u00e9moires militaires \u2013 Pleine Lune (1997) \u2013 Carlota Fainberg (1999) \u2013 En l\u2019absence de Blanca (2001) \u2013 S\u00e9farade (2001) \u2013 Le Vent de Lune (2006) \u2013 Dans la grande nuit des temps (2009) \u2013 Comme l\u2019ombre qui s\u2019en va (2014) \u2013 Un promeneur solitaire dans la foule (2018) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Mu\u00f1oz Molina, Antonio\u00a0 \u00ab\u00a0Tes pas dans l\u2019escalier\u00a0\u00bb (2023) 288 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22980\">Tes pas dans l\u2019escalier\u00a0<\/a><\/span>(2019) &#8211; Je ne te verrai pas mourir (2025)<\/p>\n<p>Seuil &#8211; Cadre vert &#8211; 06.10.2023 &#8211; 250 pages \/ Point Poche &#8211; 22.08.2025 &#8211; 288 pages (<i>Tus pasos en la escalera<\/i> &#8211; 2019 &#8211; traduit par Isabelle Gugnon )<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9<\/b><\/p>\n<p>A Lisbonne, un homme attend la femme qu&rsquo;il aime, rest\u00e9e \u00e0 New York. Il profite de la douceur du climat et de la tranquillit\u00e9 du quartier, tout en arrangeant l&rsquo;appartement qu&rsquo;ils ont achet\u00e9 : penser au moindre d\u00e9tail, imaginer les rituels qui rythmeront leur nouvelle vie. Pourtant, un sentiment diffus l&rsquo;accompagne, une \u2026<\/p>\n<p>A Lisbonne, un homme attend la femme qu&rsquo;il aime, rest\u00e9e \u00e0 New York. Il profite de la douceur du climat et de la tranquillit\u00e9 du quartier, tout en arrangeant l&rsquo;appartement qu&rsquo;ils ont achet\u00e9 : penser au moindre d\u00e9tail, imaginer les rituels qui rythmeront leur nouvelle vie. Pourtant, un sentiment diffus l&rsquo;accompagne, une forme de confusion qu&rsquo;il ne parvient pas \u00e0 \u00e9claircir. Est-ce la similarit\u00e9 entre les deux villes, les deux appartements ? La pr\u00e9sence d&rsquo;une menace sourde impossible \u00e0 identifier ? Admirable styliste, Antonio Munoz Molina entra\u00eene le lecteur \u00e0 travers les m\u00e9andres de la m\u00e9moire, de la raison et de la peur.<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>:<br \/>\nUn livre magnifique, poignant, d\u00e9licat et oppressant \u00e0 la fois qui traite le th\u00e8me de l\u2019attente, de la m\u00e9moire. Plus les pages se tournent et plus le malaise grandit. On s\u2019enlise dans une atmosph\u00e8re lourde et poisseuse en compagnie d\u2019une homme qui s\u2019angoisse de plus en plus, obs\u00e9d\u00e9 par des informations sur le d\u00e9clin de son monde, le d\u00e9r\u00e8glement climatique, l\u2019avanc\u00e9e du racisme, la dictature qui gagne du terrain sur la d\u00e9mocratie.<\/p>\n<p>Avec lui on attend sans attendre vraiment et avec lui on commence \u00e0 s\u2019associer \u00e0 la perte de m\u00e9moire, \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 qui se dissocie de plus en plus de sa r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 la perte de la notion du temps\u2026 La vraie pr\u00e9sence dans ce roman est une pr\u00e9sence fant\u00f4me, de l\u2019\u00eatre aim\u00e9 qu\u2019il attend et qui n\u2019arrive jamais\u2026 Cecilia dit, Cecilia pense, Cecilia fait\u2026mais Cecilia est fant\u00f4me m\u00eame s\u2019il parle d\u2019elle au pr\u00e9sent.. C\u2019est la pr\u00e9sence d\u2019une absente\u2026Avec la chienne et le silence comme fond sonore\u2026 Une solitude pesante\u2026 La peur est un des \u00e9l\u00e9ments importants de la vie du personnage\u2026<br \/>\nSuspense, perte de la notion du temps, nostalgie, solitude \u2026 C\u2019est du grand Mu\u00f1oz-Molina qui se sert de la lenteur du temps qui ne passe pas pour d\u00e9stabiliser.<\/p>\n<p>New-York et Lisbonne finissent par se superposer dans la vision du personnage et avec lui on attend. Mais lui attend toujours et moi j\u2019attends de moins en moins\u2026<br \/>\nCecilia est un peu le lieutenant Dorgo du d\u00e9sert des Tartares de Dino Buzzati\u2026 Viendra, viendra pas ?<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>C\u2019est un roman sur l\u2019attente existentielle : le personnage est fig\u00e9 dans l\u2019attente, se recroqueville de plus en plus sur lui-m\u00eame, mais en m\u00eame temps sans cette attente, il n\u2019est plus rien\u2026<\/p>\n<p><b>Extraits<\/b>:<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>La peur ne dort jamais, ajoute-t-elle. Nous descendons d\u2019organismes primitifs et d\u2019animaux auxquels ce que nous appelons la peur a permis de survivre.<\/p>\n<p>La lecture est compatible avec l\u2019attente. Lire est un acte paresseux sans monotonie. Ce n\u2019est qu\u2019en cessant de travailler que j\u2019ai d\u00e9couvert avec \u00e9tonnement le vaste royaume de libert\u00e9 que me garantissaient les matin\u00e9es de la semaine.<\/p>\n<p>La lecture trompe, \u00e9courte le temps de l\u2019attente, un \u00e9l\u00e9ment \u00e0 prendre en consid\u00e9ration dans cette ville o\u00f9 tout peut se d\u00e9rouler \u00e0 un rythme tr\u00e8s lent. Quand je lis, le temps est suspendu. Je passe d\u2019un livre \u00e0 l\u2019autre sans ordre pr\u00e9cis.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Elle-m\u00eame dit que les m\u00e9canismes visc\u00e9raux de la peur sont bien plus puissants que ceux de la raison.<\/p>\n<p>Cela m\u2019arrive parce que je suis retrait\u00e9. Je r\u00e9fl\u00e9chis \u00e0 ce terme sans m\u00eame le prononcer et j\u2019en ai des frissons. \u00catre retrait\u00e9, c\u2019est \u00eatre vieux. Il est vrai que, dans mon cas, on peut parler d\u2019une retraite anticip\u00e9e. Mais le mot est assassin. \u00ab\u00a0Retir\u00e9\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0<i>retired<\/i>\u00a0\u00bb, serait plus digne ou, mieux, \u00ab\u00a0<i>reformado<\/i>\u00a0\u00bb, comme on le dit en\u00a0portugais. \u00catre\u00a0<i>reformado<\/i>\u00a0est moins ignominieux qu\u2019\u00eatre retrait\u00e9.<\/p>\n<p>Je prends un livre sur l\u2019\u00e9tag\u00e8re, non pour le lire enti\u00e8rement mais pour le toucher ou m\u2019arr\u00eater sur une page au hasard, afin de voir si la date de son achat ou une d\u00e9dicace y figure, d\u00e9sireux d\u2019y trouver des traces mat\u00e9rielles de notre vie d\u2019alors, deux places de concert ou deux billets de cin\u00e9ma, la note d\u2019un restaurant o\u00f9 nous aurions d\u00e9jeun\u00e9, chaque petit papier ayant une pr\u00e9cision testimoniale oubli\u00e9e\u00a0: la preuve imprim\u00e9e que<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>(\u2026)<\/p>\n<p>M\u00eame quand nous parlions, le silence ne se dissipait pas. Nos voix r\u00e9sonnaient \u00e9trangement car le silence qu\u2019elles ne parvenaient pas \u00e0 briser les avait neutralis\u00e9es. Nous \u00e9changions des propos banals et ne reconnaissions ni notre propre voix ni celle qui nous r\u00e9pondait. Elles \u00e9taient comme \u00e9teintes, pleines d\u2019une monotonie sans \u00e9clat.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Le silence \u00e9tait une offense que chacun infligeait \u00e0 l\u2019autre, en m\u00eame temps qu\u2019un remords et une punition.<\/p>\n<p>Le pass\u00e9 sert de d\u00e9p\u00f4t d\u2019exp\u00e9riences permettant de tirer de pr\u00e9cieuses le\u00e7ons sur les faits \u00e0 venir, les dangers qui pourraient nous guetter, les lieux o\u00f9 nous ne devrions pas retourner, les aliments nocifs qu\u2019il conviendrait d\u2019identifier avant de les retrouver dans notre assiette. La m\u00e9moire excelle \u00e0 \u00e9tablir des s\u00e9quences et des continuit\u00e9s pr\u00e9visibles, des patrons significatifs.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>le changement climatique pr\u00e9cipitera la fin des d\u00e9mocraties europ\u00e9ennes. Il parle de l\u2019avenir avec autant d\u2019aplomb que pour exposer le pass\u00e9 historique qu\u2019il conna\u00eet si bien. Il dit que depuis des ann\u00e9es le changement climatique provoque une s\u00e9cheresse irr\u00e9versible dans les pays de l\u2019Afrique subsaharienne\u00a0: le d\u00e9sert s\u2019\u00e9tend, rendant impossibles l\u2019agriculture et l\u2019\u00e9levage, contraignant les populations jeunes \u00e0 \u00e9migrer.<\/p>\n<p>Les Europ\u00e9ens voteront chaque fois davantage pour des partis politiques racistes, pr\u00e9f\u00e9rant la d\u00e9magogie de la s\u00e9curit\u00e9 et la d\u00e9fense des fronti\u00e8res au mirage discr\u00e9dit\u00e9 de la d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb,<\/p>\n<p>Elle dit que lorsqu\u2019on se rappelle ou qu\u2019on imagine quelque chose, on active les m\u00eames circuits neuronaux que si on le voyait ou le revivait en r\u00eave.<\/p>\n<p>Une id\u00e9e imp\u00e9rieuse m\u2019a r\u00e9veill\u00e9, une clart\u00e9 d\u00e9cisive qui s\u2019est effac\u00e9e en m\u00eame temps que le r\u00eave en me laissant pourtant la trace d\u2019une intuition.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tu es enferm\u00e9 dans ton monde et, sans me consulter, tu te persuades que je veux m\u2019y enfermer moi aussi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Antonio Mu\u00f1oz Molina est un \u00e9crivain espagnol n\u00e9 le 10 janvier 1956 \u00e0 \u00dabeda, dans la province de Ja\u00e9n. Licenci\u00e9 en histoire de l\u2019art \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Grenade, il a publi\u00e9 plusieurs romans couronn\u00e9s de nombreux prix litt\u00e9raires Il \u00e9crit r\u00e9guli\u00e8rement dans le journal El Pa\u00eds. En 1996, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu \u00e0 la &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=22980\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":22981,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1719,578,8,1,156,105,192],"tags":[197,112,554,189,141,128,325,430,223,830,422,1145,111,211,370,663],"class_list":["post-22980","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-1719","category-lisbonne","category-espagnol","category-non-classe","category-portugal","category-roman","category-xxieme-siecle","tag-amour","tag-angoisse","tag-attente","tag-depression","tag-lecture","tag-livres","tag-mal-etre","tag-melancolie","tag-nostalgie","tag-oubli","tag-peur","tag-roman-psychologique","tag-solitude","tag-souvenirs","tag-suspense","tag-temps"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/22980","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=22980"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/22980\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22984,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/22980\/revisions\/22984"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/22981"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=22980"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=22980"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=22980"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}