{"id":23123,"date":"2025-10-28T16:18:12","date_gmt":"2025-10-28T14:18:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=23123"},"modified":"2025-10-28T16:20:17","modified_gmt":"2025-10-28T14:20:17","slug":"inaba-mayuni-le-pont-hurlevent-2024-166-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=23123","title":{"rendered":"Inaba, Mayuni \u00ab\u00a0Le pont Hurlevent\u00a0\u00bb (2024) 166 pages\u2028"},"content":{"rendered":"<p><strong>Autrice\u00a0<\/strong>: n\u00e9e le 8 mars 1950 \u00e0 Saya (ville fusionn\u00e9e en 2005 pour former la ville de Aisai) et d\u00e9c\u00e9d\u00e9e le 30 ao\u00fbt 2014 (\u00e0 64 ans), est une po\u00e9tesse et femme de lettres japonaise. Elle remporte le prix Tanizaki en 2011 pour La P\u00e9ninsule aux 24 saisons. (Morte en 2014)<\/p>\n<p>Ses \u0153uvres traduites en fran\u00e7ais\u00a0: 1999\u00a0:\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=11176\">20 ans avec mon chat<\/a>\u00a0<\/span>(2014\u00a0\u2013 2011)\u00a0:\u00a0La P\u00e9ninsule aux 24 saisons\u00a0(2018) 1992\u00a0:\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=9329\">La Valse sans fin<\/a>\u00a0<\/span>(2019) \u2013 2010: mille ans pour aimer (2023) &#8211;<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Inaba, Mayuni \u00ab\u00a0Le pont Hurlevent\u00a0\u00bb (2024) 166 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=23123\">Le pont Hurlevent<\/a> <\/span>\u00bb (2016 &#8211; 2024) &#8211; traductrice : \u00c9lisabeth Suetsugu (\u00e9ditions Philippe Picquier)<\/p>\n<p>Editions Picquier &#8211; 30.08.2024 &#8211; 166 pages<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>(Tsukitoji no ie &#8211; 2016 &#8211; Traductrice :Elisabeth Suetsugu)<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9<\/b><br \/>\nTrois r\u00e9cits, trois femmes, pour qui la vraie vie est ailleurs : un jardin, une for\u00eat, une \u00eele ensoleill\u00e9e.<br \/>\nPr\u00e8s des maisons d\u2019Inaba Mayumi, il y a souvent un jardin, parfois de la mousse aux \u00e9clats de velours vert, et toujours une douceur moelleuse couvrant le jardin de tendresse. Comme dans <i>La maison aux joubarbes<\/i>. Les cl\u00e9s du jardin donnent acc\u00e8s aux souvenirs \u00e9parpill\u00e9s autour de soi : narcisses et cam\u00e9lias, chrysanth\u00e8mes sauvages, hortensias, iris et modestes joubarbes.<br \/>\nPr\u00e8s de la maison dont Miya a la garde se trouve le chemin qui conduit dans l\u2019autre monde par <i>le Pont Hurlevent<\/i>. Au-del\u00e0 de la maison myst\u00e9rieuse : des conversations avec l\u2019invisible et les esprits de la terre et des eaux, l\u2019odeur de la pluie et le parfum des arbres, ainsi que les floraisons qui font bondir de joie chaque fois le c\u0153ur de Miya.<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>:<br \/>\nC\u2019est le troisi\u00e8me livre de cette autrice que je lis et toujours douceur et nostalgie au coeur du roman. Mais malheureusement je me ressens pour ainsi dire pas d\u2019\u00e9motion car je ne me suis pas attach\u00e9e aux personnages. C\u2019est tellement souvent le cas avec les auteurs asiatiques et je le regrette tellement. Trop de pudeur et de r\u00e9serve les rends lisses et me les font voir en surface sans qu\u2019ils trouvent l\u2019ouverture de mon coeur.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b><i>La maison aux joubarbes<\/i><\/b>.. (Mayu)<\/p>\n<p>J\u2019ai toujours aim\u00e9 les vieilles maisons isol\u00e9es, \u00e0 l\u2019abri derri\u00e8re un vieux portail, avec des fleurs et de la verdure qui poussent comme elles en ont envie\u2026 Quand sa m\u00e8re lui demande d\u2019aller prendre soin de sa tante qu\u2019elle n\u2019a pas revu depuis sa jeunesse, Mayu se rappelle de son existence et essaie de raviver ses souvenirs. Elle va d\u00e9couvrir cette tante, qui va quitter sa maison pour partir en maison de retraite et l\u2019aider \u00e0 vider la maison qui parle de sa vie.. Les v\u00eatements qui correspondent \u00e0 des souvenirs, des \u00e9poques.. Et les vieilles photos \u2026 et toute une vie qui d\u00e9file..<\/p>\n<p><b>Le pont Hurlevent<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/b> (Miya)<br \/>\nC\u2019est de loin ma pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e.. Elle parle les conversations avec l\u2019invisible et les esprits de la terre et des eaux, Miya habite depuis 3 ans pr\u00e8s du pont, elle vit avec la nature. Son oncle lui avait propos\u00e9 de s\u2019installer \u00e0 sa retraite dans la petite maison qui lui appartenant dans la montagne, vide depuis le d\u00e9c\u00e8s de la femme qui vivait l\u00e0 auparavant. C\u2019est un endroit sp\u00e9cial, la fronti\u00e8re entre la vie et l\u2019au-del\u00e0\u2026 L\u00e0 , au point de jonction entre ce monde-ci et l\u2019au-del\u00e0, les animaux que l\u2019on rencontre sont en fait des humains \u00e0 l\u2019origine, des esprits qui revisitent le monde des humains\u2026<\/p>\n<p><b>Tokyo Ammonite<\/b> ( Machi)<\/p>\n<p>De loin le conte que j\u2019ai le moins aim\u00e9. Je suis rest\u00e9e totalement herm\u00e9tique \u00e0 la personnalit\u00e9 des personnages qui ne m\u2019ont pas touch\u00e9s. Et pourtant quand on me parle d\u2019avoir fusionnel avec un chat, cela devrait me toucher\u2026 Nous parle de la nostalgie du pays natal, de l\u2019importance de se souvenir des \u00eatres que l\u2019on a aim\u00e9s, de la puissance des photos pour faire vivre \u00e9ternellement les gens et les animaux.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Extraits:<\/b><\/p>\n<p><b><i>La maison aux joubarbes<\/i><\/b>.. (Mayu)<\/p>\n<p>Ou plut\u00f4t, j\u2019\u00e9tais si absorb\u00e9e par ma propre vie que je n\u2019avais pas eu la moindre marge pour me souvenir d\u2019elle.<\/p>\n<p>&#8211; les jolies femmes ont de la chance, elles ont toujours une branche sur laquelle se poser<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tous ces v\u00eatements correspondent \u00e0 des souvenirs. Ils sont impr\u00e9gn\u00e9s de vie. Il y a aussi des choses\u00a0qui appartenaient \u00e0 Aoi\u2026 Des kimonos m\u00e9lancoliques, des kimonos joyeux, des kimonos tristes\u2026 Alors, je les garde encore un peu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tu comprends, je ne me sens pas tranquille \u00e0 l\u2019id\u00e9e de te r\u00e9v\u00e9ler les faits tels qu\u2019ils se sont pass\u00e9s. Alors, je voudrais\u2026 je voudrais que tu m\u2019\u00e9coutes comme si on te racontait une histoire\u2026 une histoire ancienne qui se serait pass\u00e9e il y a plus de cent ans\u2026\u00a0\u00bb a d\u00e9clar\u00e9 ma tante sur un ton quelque peu th\u00e9\u00e2tral.<\/p>\n<p>D\u2019o\u00f9 vient la folie\u00a0? Du d\u00e9sespoir\u00a0? Du chagrin\u00a0? La folie est-elle provoqu\u00e9e par ces deux \u00e9tats simultan\u00e9s\u00a0? La haine peut servir de tremplin et permettre la survie.<\/p>\n<p>C\u2019est une dr\u00f4le de plante, cette joubarbe, qui s\u2019\u00e9crit avec les id\u00e9ogrammes de la lune, du lapin et de l\u2019oreille\u00a0!<\/p>\n<p>Vois-tu, on ne peut pas ind\u00e9finiment rester sur le rivage. M\u00eame si la maladie vous atteint, on ne peut pas s\u2019emp\u00eacher de penser au lendemain [\u2026]<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Le pont Hurlevent<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/b> (Miya)<\/p>\n<p>Mais lorsqu\u2019elle riait, son visage s\u2019\u00e9clairait d\u2019un seul coup, comme un parapluie repli\u00e9 que l\u2019on ouvre soudain<\/p>\n<p>La travers\u00e9e du pont est pour cette demeure un rite primordial, le c\u00e9r\u00e9monial qui permet d\u2019aller et venir de l\u2019autre monde \u00e0 celui-ci.<\/p>\n<p>Le pont ne peut \u00eatre travers\u00e9 qu\u2019une seule fois. On se rend \u00e0 l\u2019endroit d\u00e9sir\u00e9, on en revient, et c\u2019est fini. Si les vivants peuvent aller et venir autant de fois qu\u2019ils le veulent, en revanche ceux qui vivent dans l\u2019au-del\u00e0 ne peuvent traverser le pont qu\u2019une seule fois. Comme c\u2019est cruel\u00a0! La cruaut\u00e9 de ce r\u00e8glement s\u2019applique \u00e0 ceux dont le destin veut qu\u2019ils deviennent des ombres une fois parvenus dans l\u2019au-del\u00e0.<\/p>\n<p>On dit qu\u2019il est interdit \u00e0 toute vie, \u00e0 toute \u00e2me, d\u2019errer ind\u00e9finiment \u00e0 la lisi\u00e8re d\u2019outre-tombe. C\u2019est seulement pendant l\u2019intervalle o\u00f9 les d\u00e9funts ne sont pas encore devenus des ombres, un an, deux ans, trois ans, Miya l\u2019ignore, que sont autoris\u00e9es les visites au monde d\u2019ici-bas.<\/p>\n<p><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>La nostalgie, c\u2019est peut-\u00eatre ce que les mots sont impuissants \u00e0 traduire, un sentiment surgi du plus profond de l\u2019\u00eatre, un m\u00e9lange de douceur et de tristesse.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Miya, ne fais pas rena\u00eetre les choses auxquelles tu as toi-m\u00eame choisi de mettre un terme. Ecouter l\u2019histoire d\u2019un fant\u00f4me vivant, tr\u00e8s peu pour moi\u00a0!\u00a0\u00bb Elle croyait entendre une voix lui dire ces mots.<\/p>\n<p><b>Tokyo Ammonite <\/b>( Machi)<\/p>\n<p>Si c&rsquo;\u00e9tait possible, je voudrais continuer \u00e0 jouer l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;un labyrinthe, un labyrinthe sans issue. Rester cach\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ombre du mur d&rsquo;une impasse, loin de la sortie du d\u00e9dale que j&rsquo;ai \u00e9labor\u00e9. Si je pense souvent \u00e0 mon fr\u00e8re cadet qui s&rsquo;est noy\u00e9, c&rsquo;est peut- \u00eatre parce que, quelque part, je l&rsquo;envie. Mon fr\u00e8re qui s&rsquo;est fondu dans l&rsquo;eau transparente, adolescent qui jamais ne vieillira&#8230;<\/p>\n<p>Le temps dilue, le temps d\u00e9sagr\u00e8ge, le temps ab\u00eeme et corrompt. Les choses prennent une couleur s\u00e9pia, comme un r\u00eave enfoui dans les plis profonds du cerveau. Ce qui reste, c&rsquo;est une odeur infime, une peur recroquevill\u00e9e au fond du corps, une sensation d&rsquo;excitation, une conversation insignifiante, d&rsquo;ailleurs tout cela a-t-il exist\u00e9 vraiment, l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 estompe tout, on ne peut s&rsquo;appuyer sur rien.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Personne ne sait quand viendra la mort. Si j\u2019ai eu l\u2019id\u00e9e de mettre ces photos dans une bo\u00eete, c\u2019est pour que d\u2019autres personnes voient cette chatte qui ne vivra sans doute pas longtemps. Pour que quelqu\u2019un les regarde et se souvienne d\u2019elle, derni\u00e8rement je me suis rendu compte \u00e0 quel point c\u2019est important de se souvenir. La chatte Ufo qui est l\u00e0 peut aller et venir librement dans le c\u0153ur de quelqu\u2019un. Ici, elle est libre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0: n\u00e9e le 8 mars 1950 \u00e0 Saya (ville fusionn\u00e9e en 2005 pour former la ville de Aisai) et d\u00e9c\u00e9d\u00e9e le 30 ao\u00fbt 2014 (\u00e0 64 ans), est une po\u00e9tesse et femme de lettres japonaise. Elle remporte le prix Tanizaki en 2011 pour La P\u00e9ninsule aux 24 saisons. 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