{"id":23499,"date":"2025-12-31T11:10:00","date_gmt":"2025-12-31T09:10:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=23499"},"modified":"2025-12-31T11:30:35","modified_gmt":"2025-12-31T09:30:35","slug":"benameur-jeanne-vivre-tout-bas-2025-208-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=23499","title":{"rendered":"Benameur, Jeanne \u00ab\u00a0Vivre tout bas\u00a0\u00bb (2025) 208 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Auteur\u00a0<\/b>: Jeanne Benameur est n\u00e9e \u00e0 A\u00efn M&rsquo;lila en Alg\u00e9rie le 12 juillet 1952 d\u2019un p\u00e8re alg\u00e9rien et d\u2019une m\u00e8re italienne. Elle vit \u00e0 La Rochelle et consacre l\u2019essentiel de son temps \u00e0 l\u2019\u00e9criture. Elle a \u00e9tudi\u00e9 la philosophie et l\u2019histoire de l\u2019art.<\/p>\n<p>Elle a \u00e9crit entre autres\u00a0:\u00a0\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4567\">Laver les ombres<\/a>\u00a0<\/span>(2008) \u2013\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=4360\"><span style=\"color: #0000ff;\">Les Insurrections singuli\u00e8res<\/span>\u00a0<\/a>(2011)\u00a0\u2013<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=787\">\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\">Profanes<\/span><\/a><span style=\"color: #0000ff;\">,\u00a0<\/span>(2012) \u2013 Vivre c\u2019est risquer (2013) \u2013\u00a0 Je vis sous l\u2019\u0153il du chien \u2013 suivi de L\u2019Homme de longue peine, (2013), 48\u00a0p \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6512\">Pas assez pour faire une femme<\/a><\/span>\u00a0(Actes Sud, coll. Babel, 2015) \u2013 Otages intimes (2015) 176 p. Prix du roman Version F\u00e9mina \u2013<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6870\">L\u2019Enfant qui<\/a><\/span>\u00a0(2017) \u00a0\u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14530\">Ceux qui partent<\/a><\/span> (2019) &#8211; <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=19821\">La patience des traces<\/a><\/span>\u00a0(2022) &#8211;<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Benameur, Jeanne \u00ab\u00a0Vivre tout bas\u00a0\u00bb (2025) 208 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=23499\"> Vivre tout bas<\/a>\u00a0<\/span> (2025) &#8211; Vers l\u2019\u00e9criture (essai &#8211; 2025)<\/p>\n<p>Actes Sud &#8211; 02.01.2025 &#8211; 208 pages<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9:<\/b><\/p>\n<p>Comme n\u00e9e du paysage, une femme appara\u00eet au bord de la mer. On apprend que son fils, apr\u00e8s la travers\u00e9e de \u00ab\u00a0la grande souffrance\u00a0\u00bb, n&rsquo;est plus. On apprend qu&rsquo;avant de dispara\u00eetre, il l&rsquo;a confi\u00e9e aux bons soins de son ami Jean, fid\u00e8le d&rsquo;entre les fid\u00e8les, qui l&rsquo;accompagne \u00e0 distance respectueuse et attentive. Au village, dans les collines, elle fait la rencontre cruciale d&rsquo;une enfant que le destin a rendue silencieuse.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Entre vagues et falaises, le livre raconte sa prise d&rsquo;\u00e9lan vers une autre version d&rsquo;elle-m\u00eame, une \u00e9vasion : Marie, m\u00e8re et sainte, s&rsquo;affranchit ici doucement mais s\u00fbrement de l&rsquo;iconographie qui la fige. Et de la liturgie qui lui coupe la parole. Elle se d\u00e9couvre &#8211; corps et \u00e2me &#8211; \u00e0 la rencontre des autres, au contact des vies sans bruit, par l&rsquo;exercice et la transmission d&rsquo;un savoir secr\u00e8tement acquis dans l&rsquo;enfance, une r\u00e9volution intime, une libert\u00e9 inou\u00efe : \u00e9crire.<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>:<br \/>\nMon ann\u00e9e de lecture 2025 se termine sur un bijou, une p\u00e9pite, un coup de coeur. Mais ce n\u2019et pas une surprise car Benameur est toujours une r\u00e9v\u00e9lation ! En plus des th\u00e8mes, il y a l\u2019\u00e9criture !<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Une femme qui repr\u00e9sente la maternit\u00e9, une femme qui perd son enfant. C\u2019est un prolongement de la vie apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de son enfant, la communion avec une petite fillette qui elle a surv\u00e9cu \u00e0 sa m\u00e8re mais a perdu la parole.<br \/>\nUne femme qui cherche la libert\u00e9 qui se fond avec les \u00eatres et le \u00e9l\u00e9ments, qui s\u2019\u00e9vade par les signes \u00e9crits, l\u2019\u00e9criture. Elle s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019humanit\u00e9, \u00e0 la femme, aux \u00eatres. Elle existe dans et par la nature et le silence. Elle communique avec les \u00e9l\u00e9ments, avec la mer, le sable, la terre, les arbres. Cette femme va communiquer avec les sens, avec son corps : le toucher, l\u2019odeur, les parfums, les couleurs \u2026 et elle va se fondre dans l\u2019eau de la mer, dans les vagues, dans la temp\u00eate.<br \/>\nLa libert\u00e9, pour elle, se transmet par l\u2019\u00e9criture. Elle incarne le lien, la transmission. Elle red\u00e9couvre la joie, sans renier la douleur.<br \/>\nL\u2019autre a \u00e9crit un livre sur la Vierge Marie \u2026 mais personnellement je ne l\u2019ai pas ressenti comme religieux.<br \/>\nEn 200 petites pages, une p\u00e9riode de vie longue, intemporelle. Et une importance donn\u00e9e aux mots\u2026 ces signes qui au d\u00e9part ne peuvent pas laisser de traces puis qui plus tard, vont lui donner la libert\u00e9.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Extraits<\/b>: ( <i>c\u2019est tellement beau que j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de ne pas recopier le roman mais de vous laisser l\u2019\u00e9merveillement de la d\u00e9couverte\u2026 mais en voici quelques uns quand m\u00eame \u2026<\/i>)<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>C\u2019est une ombre. C\u2019est l\u2019effacement et c\u2019est la vie puisque toute vie ne palpite que pour \u00eatre effac\u00e9e. Alors elle caresse ce qui s\u2019efface. Et elle sourit. L\u2019effacement est apr\u00e8s tout une promesse, l\u00e9g\u00e8re, comme le sable lanc\u00e9 par-dessus son \u00e9paule.<\/p>\n<p>Il a toujours fait confiance \u00e0 ce qui menait ses pas. Sa route, il ne l\u2019a pas choisie apr\u00e8s tout. Elle est venue sous la plante de ses pieds, c\u2019est tout et il a march\u00e9.<\/p>\n<p>La joie a du mal \u00e0 pousser quand les peurs sont trop serr\u00e9es autour d\u2019elle.<\/p>\n<p>Les mots ont un\u00a0pouvoir immense. Ils voyagent et prot\u00e8gent.<\/p>\n<p>Il suffit parfois de si peu pour que l\u2019esp\u00e9rance revienne. Un parfum, un chant, le regard qui voit \u00e0 nouveau la beaut\u00e9 du ciel ou d\u2019une ombre sur un mur. Et quelque chose dans les c\u0153urs \u00e9puis\u00e9s se remet \u00e0 battre.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui la sensation qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019horizon l\u2019apaise. Il pourra toujours laisser son regard aller sur l\u2019eau, il y aura toujours un plus lointain encore. Il a appris \u00e0 aimer ce qui ne s\u2019atteint pas.<\/p>\n<p>Ici chaque objet a servi de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration et la vie des uns se poursuit dans celle des autres sans effort. La m\u00e9moire est dans l\u2019arrondi, le poli d\u2019un objet, les traces que le temps a inscrites. Les mains des vivants font leur travail en effleurant naturellement les mains de ceux qui ont quitt\u00e9 la vie. Le temps caresse le temps.<\/p>\n<p>Elle secoue la t\u00eate pour chasser la douleur toujours l\u00e0, pr\u00e9sente malgr\u00e9 les ann\u00e9es, la m\u00eame douleur toujours. On vit avec mais elle ne meurt pas, elle.<\/p>\n<p>Elle est emport\u00e9e dans un monde o\u00f9 la lumi\u00e8re et l\u2019obscur se c\u00f4toient et se plient l\u2019un sur l\u2019autre sans rien perdre de leur force.<\/p>\n<p>Tout est dans les mots. Les mots font image et elle est \u00e9merveill\u00e9e.<\/p>\n<p>Il y a toujours un moment o\u00f9 la vie pr\u00e9sente pousse doucement les images dans un creux de la m\u00e9moire jusqu\u2019\u00e0 la prochaine fois. Le temps o\u00f9 les souvenirs dorment, c\u2019est un repos qu\u2019il faut savoir appr\u00e9cier. Ce repos-l\u00e0 dans la douleur est aussi un cadeau de la vie et il faut apprendre \u00e0 l\u2019honorer.<\/p>\n<p>Il y a des jours o\u00f9 tout l\u2019amour qu\u2019il porte en lui d\u00e9borde. Il voudrait que chacun en ait sa part. Il voit si souvent que les c\u0153urs des hommes sont pauvres. Mais personne ne peut combler le c\u0153ur d\u2019un autre, il l\u2019a appris.<br \/>\nAlors il donne cet amour si vaste \u00e0 tout ce qui l\u2019entoure. Il pense, comme elle, que les arbres, les pierres, les galets, contiennent l\u2019amour qu\u2019on leur donne longtemps pour que quelqu\u2019un, un jour, passe et le d\u00e9couvre. Alors l\u2019amour s\u2019\u00e9veille m\u00eame l\u00e0 o\u00f9 on le pensait \u00e9teint depuis longtemps. C\u2019est silencieux. Ces passages-l\u00e0 n\u2019ont pas besoin de mots. Ils se font par le regard, par la paume de la main, par un effleurement sur une roche ou une branche, c\u2019est tout. Et c\u2019est bien ainsi.<\/p>\n<p>Les gens, elle les entend, elle les voit, elle les sent. Il y a des vivants et des morts. Il y a aussi des pas encore n\u00e9s. Tous la visitent maintenant. Elle est devenue une maison travers\u00e9e et c\u2019est bien ainsi. Elle est l\u00e0 pour \u00e7a et elle l\u2019\u00e9crit. Pour que d\u2019autres les lisent, toutes ces vies. Pour que le temps de leurs lectures, elles soient \u00e0 nouveau vivantes et que les souffrances et les joies se partagent. Cela passera par le c\u0153ur des autres. C\u2019est comme \u00e7a qu\u2019il peut y avoir entre tous sur terre des liens invisibles qui permettent de vivre ensemble.<\/p>\n<p>\u2026la souffrance n\u2019emp\u00eache pas la joie de faire son chemin. Pas \u00e0 pas. Et elle peut grandir et grandir encore. La joie ne prendra jamais la place de la peine. C\u2019est un espace nouveau qu\u2019elle cr\u00e9e et on ne le comprend que si on l\u2019ose.<\/p>\n<p><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>Ce sont les moments qui comptent. Pas les vies. Ces moments o\u00f9 on ne sait pas pourquoi on fait quelque chose mais on le fait.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: Jeanne Benameur est n\u00e9e \u00e0 A\u00efn M&rsquo;lila en Alg\u00e9rie le 12 juillet 1952 d\u2019un p\u00e8re alg\u00e9rien et d\u2019une m\u00e8re italienne. Elle vit \u00e0 La Rochelle et consacre l\u2019essentiel de son temps \u00e0 l\u2019\u00e9criture. Elle a \u00e9tudi\u00e9 la philosophie et l\u2019histoire de l\u2019art. 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