{"id":23682,"date":"2026-01-28T13:21:48","date_gmt":"2026-01-28T11:21:48","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=23682"},"modified":"2026-01-28T13:23:56","modified_gmt":"2026-01-28T11:23:56","slug":"rochat-anne-frederique-les-corberaux-rl2026-194-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=23682","title":{"rendered":"Rochat, Anne-Fr\u00e9d\u00e9rique \u00ab\u00a0Les Corberaux\u00bb (RL2026) 194  pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Autrice<\/b>\u00a0: N\u00e9e \u00e0 Clarens, pr\u00e8s de Montreux elle 29 mars 1977, Anne-Fr\u00e9d\u00e9rique Rochat est com\u00e9dienne et auteure de pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre. Son premier roman, Accident de personne, est paru en 2012 aux \u00c9ditions Luce Wilquin. Suivent six autres romans, chez la m\u00eame \u00e9ditrice. Laur\u00e9ate de plusieurs prix et bourses, Anne-Fr\u00e9d\u00e9rique Rochat alterne d\u00e9sormais \u00e9criture narrative et dramatique.<\/p>\n<p><b>Romans<\/b> :\u00a0 Accident de personne (2012),\u00a0 Le Sous-bois (2013) &#8211; A l\u2019abri des regards (2014) &#8211; Le Chant du canari (2015) &#8211; L&rsquo;Autre Edgar (2016) &#8211; \u00a0La ferme (vue de nuit)<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>(2016) \u00a0\u00a0\u00a0Miradie, (2018) &#8211;\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=13073\">Longues nuits et petits jours<\/a>\u00a0<\/span>(2021) \u2013 <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=16822\">Quand meurent les \u00e9blouissements<\/a><\/span> (2022) &#8211;<span style=\"color: #0000ff;\"> <a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=21123\">Le trouble<\/a> <\/span>(2024) &#8211;<span style=\"color: #0000ff;\"> <a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Rochat, Anne-Fr\u00e9d\u00e9rique \u00ab\u00a0Les Corberaux\u00bb (RL2026) 194 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=23682\">Les Corberaux<\/a> <\/span>(2026)<\/p>\n<p>Editions Slatkine &#8211; 20.01.2026- 194 pages<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9:<\/b><b><\/b><\/p>\n<p>Un beau jour, M. Corberaux, homme influent, rencontre Agathe, qui vit dans la rue. Pour la sortir de la pauvret\u00e9, il lui propose un h\u00e9bergement et du travail. La jeune femme accepte avec soulagement, avant de le suivre sur l\u2019\u00eele o\u00f9 il vit avec son \u00e9pouse. Elle d\u00e9couvre alors le superbe manoir dans lequel ils habitent et qui deviendra \u2013 pour un temps \u2013 sa maison.<\/p>\n<p>L\u2019histoire commence comme un conte de f\u00e9es, mais tr\u00e8s vite la corne de brume qui sonne au loin prend des airs d\u2019avertissement\u2026<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>:<\/p>\n<p>J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 ce court roman. C\u2019est le troisi\u00e8me que je lis de cette autrice et j\u2019aime les th\u00e8mes qu\u2019elle aborde. Un roman psychologique sur l\u2019emprise, une ambiance anxiog\u00e8ne, que demander de mieux ? Lecture, \u00e9criture et po\u00e9sie sont-elles des armes suffisantes pour s\u2019\u00e9vader, se sentir libre ?<\/p>\n<p>Cette fois l\u2019autrice nous embarque sur une petite \u00eele, avec une petite ville, un manoir occup\u00e9 par un couple de riches solitaires. Tout le roman se d\u00e9roule en quelque sorte en huis-clos car il est impossible de rejoindre l\u2019\u00eele autrement que par bateau et donc impossible de s\u2019en \u00e9chapper\u2026<\/p>\n<p>Le couple, c\u2019est les Corberaux\u2026 D\u00e9j\u00e0 le patronyme est gla\u00e7ant\u2026 car il fait penser \u00e0 corbeau. Michel Pastoureau, dans son livre \u00ab\u00a0le corbeau: une histoire culturelle\u00a0\u00bb nous r\u00e9v\u00e8le que le corbeau est n\u00e9crophage, qu\u2019il ne s\u2019occupe pas de ses petits, ne les prot\u00e8ge pas (<i>mais il est v\u00e9n\u00e9r\u00e9 par les anciens et les peuples du Nord alors ne nous laissons pas influencer par une impression\u2026<\/i>).<br \/>\nUn couple puissant, riche, influent, omnipr\u00e9sent sur l\u2019\u00eele, un couple \u00e0 qui tout le monde est plus ou moins redevable\u2026 Un couple qui vit en vase clos, sans amis, sans visites. Ce couple accueille juste de temps en temps (parce qu\u2019il y est oblig\u00e9) leur ni\u00e8ce D\u00e9sir\u00e9e &#8211; elle porte mal son nom la pauvrette &#8211; une fillette de moins de dix ans, orpheline. Une seule personne se m\u00e9fie d\u2019eux sur l\u2019\u00eele : une enseignante, Marie-Aline, qui les tient pour responsables de la mort de son p\u00e8re et les croit capables de tout\u2026<\/p>\n<p>Un jour, de retour du continent , Monsieur Corberaux revient accompagn\u00e9 d\u2019une jeune fille, Agathe, une jeune SDF qui l\u2019a \u00e9mu, et \u00e0 qui il propose de venir travailler sur l\u2019\u00eele, comme bonne (sa femme dira Dame de compagnie, c\u2019est plus classe)<br \/>\nInesp\u00e9r\u00e9<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>pour la jeune Agathe qui n\u2019a connu que le malheur dans sa courte vie et tombe sous le charme ! Agathe va d\u00e9couvrir un monde dans lequel elle n\u2019aurait jamais os\u00e9 imaginer mettre les pieds :<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>une belle maison, une chambre pour elle<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>toute seule avec vue sur la mer, de la nourriture \u00e0 sati\u00e9t\u00e9. Nourrie, log\u00e9e, habill\u00e9e, blanchie mais &#8211; affreux d\u00e9tail &#8211; pas pay\u00e9!<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Elle s\u2019en fiche\u2026 mais cela fait toute la diff\u00e9rence car cela va<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>induire la d\u00e9pendance. Agathe est fragile, impressionn\u00e9e, douce et timide, n\u2019ose pas dire non et a peur de se retrouver une nouvelle fois \u00e0 la rue. Facile dans ses conditions de tomber sous la domination, sous l\u2019emprise m\u00eame, des gens qui vous entourent\u2026 Tout le monde semble vouloir se l\u2019approprier : Monsieur Corberaux, Madame Corberaux et m\u00eame Marie-Aline, pour d\u2019autres raisons\u2026<br \/>\nLa condition sociale, le poids du pouvoir, la d\u00e9pendance, l\u2019emprise psychologique et financi\u00e8re, tout est r\u00e9uni pour que le r\u00eave bascule petit \u00e0 petit vers le cauchemar\u2026 Et pourtant tout le monde semble si gentil\u2026<\/p>\n<p><i>Un grand merci aux Editions Slatkine de leur confiance, de m\u2019avoir permis de d\u00e9couvrir cette autrice et de m\u2019avoir une fois encore permis de la suivre.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/i><\/p>\n<p><b>Extraits<\/b>:<\/p>\n<p>&#8211; Nous vivons ensemble, j\u2019ai besoin qu\u2019il y ait une entente, un partage entre nous. Je t\u2019ouvre grand les portes de ma maison, j\u2019aimerais que tu m\u2019ouvres celles de ton c\u0153ur, c\u2019est normal.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Les mots n\u2019expriment jamais ce qu\u2019on voudrait qu\u2019ils disent. \u00c0 peine prononc\u00e9s, ils se d\u00e9forment et nous trahissent. Je me m\u00e9fie d\u2019eux, pas de vous.<\/p>\n<p>Les coupes de champagne arriv\u00e8rent. Des milliers de bulles se pressaient \u00e0 la surface. Savaient-elles, les pauvres, qu\u2019il ne servait \u00e0 rien de se pr\u00e9cipiter\u00a0? Qu\u2019elles resteraient \u00e0 jamais enferm\u00e9es dans le liquide dor\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>La po\u00e9sie \u00e9tait si facilement saccag\u00e9e\u00a0: il suffisait d\u2019un mot, d\u2019un regard ou d\u2019une rafale de vent.<\/p>\n<p>La nuit, les maisons paraissaient plus vivantes que le jour. Elles craquaient, chuchotaient, murmuraient, r\u00e9v\u00e9laient certains de leurs secrets. Un dialogue pouvait m\u00eame s\u2019instaurer.<\/p>\n<p>S\u2019\u00e9tait-elle \u00e9clips\u00e9e pour \u00e9chapper aux maladresses, aux phrases banales qui ne consolaient pas, ne faisaient qu\u2019agrandir le gouffre et accro\u00eetre le chagrin\u00a0?<\/p>\n<p>Personne ne sauve la vie de personne par pure bont\u00e9, il y a toujours une attente. C\u2019est tr\u00e8s utile de s\u2019entourer de gens qui ont des dettes.<\/p>\n<p>Pourquoi les gens \u00e9prouvaient-ils toujours le besoin d\u2019exprimer leur \u00e9motion de fa\u00e7on tactile\u00a0? Pourquoi ne pas se contenter des mots\u00a0? Ils \u00e9taient des caresses, des baumes, des consolations, elle n\u2019avait pas besoin de plus. Tout le reste lui paraissait encombrant et mensonger.<\/p>\n<p>D\u2019o\u00f9 venait ce don pour l\u2019autodestruction\u00a0? De ses parents\u00a0? Elle n\u2019utilisait pas l\u2019alcool ou la drogue pour bousiller sa vie, mais les mauvais choix et les coups de t\u00eate.<\/p>\n<p>Des mots comme des harpons \u2013 crochets pointus transper\u00e7ant la chair.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Un livre qui n\u2019\u00e9tait pas lu mourait-il\u00a0? En l\u2019ouvrant, elle lui donnait vie, mais les autres, tous les autres, qu\u2019allaient-ils devenir\u00a0? Tant d\u2019histoires attendaient un regard attentif, un lecteur bienveillant et imaginatif pour se r\u00e9v\u00e9ler, se concr\u00e9tiser, s\u2019enflammer, aboutir. Les mots n\u2019\u00e9taient pas faits pour \u00e9touffer sous une couche de poussi\u00e8re dans la solitude d\u2019un rayon de biblioth\u00e8que.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Tu as les moyens de changer les choses, on a toujours les moyens de changer les choses, parfois c\u2019est juste dans la mani\u00e8re de penser.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0: N\u00e9e \u00e0 Clarens, pr\u00e8s de Montreux elle 29 mars 1977, Anne-Fr\u00e9d\u00e9rique Rochat est com\u00e9dienne et auteure de pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre. Son premier roman, Accident de personne, est paru en 2012 aux \u00c9ditions Luce Wilquin. Suivent six autres romans, chez la m\u00eame \u00e9ditrice. 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