{"id":23705,"date":"2026-02-01T17:03:20","date_gmt":"2026-02-01T15:03:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=23705"},"modified":"2026-02-01T19:36:48","modified_gmt":"2026-02-01T17:36:48","slug":"coulon-cecile-le-visage-de-la-nuit-rl2026-288-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=23705","title":{"rendered":"Coulon, C\u00e9cile \u00ab\u00a0Le visage de la nuit\u00a0\u00bb RL2026 &#8211; 288 pages"},"content":{"rendered":"<p><b>Autrice<\/b>\u00a0: C\u00e9cile Coulon, n\u00e9e le 13 juin 1990 \u00e0 Clermont-Ferrand (Puy-de-D\u00f4me), est une romanci\u00e8re, nouvelliste et po\u00e9tesse fran\u00e7aise. \u00c0 l\u2019\u00e2ge de 16 ans, elle publie son premier roman intitul\u00e9 Le Voleur de vie. Elle passe un baccalaur\u00e9at option Cin\u00e9ma. Apr\u00e8s une hypokh\u00e2gne et une kh\u00e2gne au lyc\u00e9e Blaise Pascal \u00e0 Clermont-Ferrand, elle poursuit ses \u00e9tudes en lettres modernes. En 2016, elle pr\u00e9pare sa th\u00e8se dont le sujet est Le Sport et le corps dans la litt\u00e9rature fran\u00e7aise contemporaine.<\/p>\n<p><b>Ses romans<\/b> : Le Voleur de vie (2007) \u2013 M\u00e9fiez-vous des enfants sages, (2010) \u2013 Le roi n\u2019a pas sommeil (2012) \u2013 Le Rire du grand bless\u00e9 (2013) \u2013\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2216\">Le C\u0153ur du P\u00e9lican<\/a><\/span>\u00a0(2015).<br \/>\n\u00c0 26 ans, elle publie son huiti\u00e8me livre, le roman \u00ab\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6616\">Trois saisons d\u2019orage<\/a><\/span>\u00a0\u00bb, qui obtient le prix des libraires 2017. En 2019 elle sort \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=9425\">Une b\u00eate au paradis<\/a>\u00a0<\/span>\u00bb, en 2021 \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14286\">Seule en sa demeure<\/a><\/span>\u00a0\u00bb, en 2024 \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=21232\">La langue des choses cach\u00e9es<\/a><\/span>\u00bb, en 2026 \u00ab <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" title=\"Coulon, C\u00e9cile \u00ab\u00a0Le visage de la nuit\u00a0\u00bb RL2026 \u2013 288 pages\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=23705\">Le visage de la nuit<\/a><\/span> \u00bb<\/p>\n<p><b>Po\u00e9sie<\/b>: Les Ronces (2018) &#8211; Noir Volcan (2020) &#8211; En l&rsquo;absence du capitaine (2022) &#8211; Retrouver la douceur (2025)<\/p>\n<p>l\u2019Iconoclaste &#8211; 08.01.2026 &#8211; 288 pages<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9 :<br \/>\n<\/b>Depuis qu&rsquo;il a surv\u00e9cu \u00e0 une fi\u00e8vre mortelle, personne n&rsquo;a vu son visage. Chaque nuit, l&rsquo;enfant quitte le presbyt\u00e8re o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 recueilli et s&rsquo;enfonce dans les bois. Sous la lune, la for\u00eat devient son territoire. Cette vie clandestine le prot\u00e8ge du regard des autres. Alors qu&rsquo;il entre dans l&rsquo;adolescence, une jeune fille appara\u00eet parmi les arbres. Elle ne ressemble en rien aux habitants de ce village perdu, hant\u00e9 par des haines ancestrales.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>Mais elle aussi porte un secret et r\u00eave d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 l&rsquo;avenir qui lui est promis.<\/p>\n<p><b>Mon avis<\/b>: &#x2764;&#xfe0f;&#x2764;&#xfe0f;&#x2764;&#xfe0f;&#x2764;&#xfe0f;&#x2764;&#xfe0f;<br \/>\nCoup de coeur (mais le contraire m\u2019aurait \u00e9tonn\u00e9 ).<br \/>\nJ\u2019\u00e9cris cet article apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 l\u2019autrice en interview.<br \/>\nC\u2019est un prolongement du roman pr\u00e9c\u00e9dent \u00ab<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=21232\">La langue des choses cach\u00e9es<\/a><\/span>\u00bb . Nous sommes de retour dans le petit village du Fond du Puits.<br \/>\n\u00ab\u00a0Comment grandit-on sans \u00eatre vu par les autres?\u00a0\u00bb, s&rsquo;interroge C\u00e9cile Coulon. Comment est-on per\u00e7us par les autres ? L\u2019autrice ne le consid\u00e8re pas tout \u00e0 fait comme une suite. Elle consid\u00e8re qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une unit\u00e9 de lieu, on retourne dans le m\u00eame village et elle n\u2019exclut pas d\u2019y retourner encore. Le m\u00eame endroit mais chez des \u00ab\u00a0voisins\u00a0\u00bb. Un lieu ind\u00e9termin\u00e9, une \u00e9poque non d\u00e9finie, des personnages sans nom mais profond\u00e9ment humains. Particularit\u00e9 dit l\u2019autrice dans une interview: seul le chien a un nom, ce qui le rend humain.<\/p>\n<p>Nous retrouvons un jeune gar\u00e7on de sept ans du roman pr\u00e9c\u00e9dent, sauv\u00e9 de la mort par un gu\u00e9risseur mais d\u00e9figur\u00e9 \u00e0 jamais, au point d\u2019\u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un monstre et de devoir vivre cach\u00e9. Dans de telles conditions, il s\u2019agit de se demander si la vie est pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 ma mort. La vie est l\u00e0<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>mais c\u2019est presque une sorte de condamnation que de vivre dans ces circonstances. Il est recueilli au presbyt\u00e8re par le pr\u00eatre et l\u2019ancienne institutrice, que l\u2019on appelle Madame, qui a perdu la vue et qui vit d\u00e9sormais au presbyt\u00e8re. De fait il a tout perdu: sa vie d\u2019avant, son p\u00e8re &#8211; son p\u00e8re n\u2019est pas mort mais il est devenu fou &#8211; , sa maison, son visage\u2026 mais son esprit est bien pr\u00e9sent et lui est vivant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur dans un monde qui le rejette.\u2026 Regarder le monde de l\u2019int\u00e9rieur ne pourra jamais lui suffire, alors il va s\u2019approprier la nuit.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>En plus de ces trois personnages, il y a l\u2019instituteur et une famille de nouveaux venus qui va s\u2019installer et rester cloitr\u00e9e : les parents, une jeune fille et un jeune gar\u00e7on. Pourquoi ? On le d\u00e9couvrira en lisant le roman.<\/p>\n<p>L\u2019atmosph\u00e8re est anxiog\u00e8ne, l\u2019environnement inqui\u00e9tant. La foret, la nuit. Cet endroit va devenir le royaume du jeune gar\u00e7on : il va s\u2019y fondre, tisser des liens avec la nature et ses habitants, se sentir comme chez lui en familiarisant avec les bruits et les lieux.<br \/>\nCe livre permet aussi de red\u00e9finir les monstres\u2026il y a le monstre de laideur, le monstre de beaut\u00e9 et les humains avec des comportements de monstres, de violence ou de b\u00eatise\u2026<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Ce jeune gar\u00e7on est bien seul et n\u2019a de contacts qu\u2019avec peu de personnes, m\u00eame si il va faire quelques rencontres, en particulier la jeune fille.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Gr\u00e2ce aux rencontres avec les animaux de la nuit &#8211; morts pour l\u2019occasion &#8211; et<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>qu\u2019il va vouloir rendre beaux dans la mort, il va se d\u00e9couvrir un talent d\u2019embaumeur. Ceci lui permettra de prendre la rel\u00e8ve quand \u00ab\u00a0l\u2019homme des deux mondes\u00a0\u00bb disparaitra.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Une petite r\u00e9flexion sur l\u2019\u00e9criture : toujours aussi admirative de cette \u00e9criture et de la po\u00e9sie qui se d\u00e9gage de ses mots. Comme le dit l\u2019autrice en interview \u00ab\u00a0elle utilise le pass\u00e9 simple, qui raconte un \u00ab\u00a0ailleurs pass\u00e9\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><b>Extraits<\/b>:<\/p>\n<p>Personne ne devrait vous faire du mal. Seulement, quand les gens ont peur, ils ont parfois une mani\u00e8re de r\u00e9pondre \u00e0 leur peur en attaquant.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9glise est un refuge, mais le vrai lieu de foi, c\u2019est votre corps. L\u2019\u00e9glise est un toit sur les fid\u00e8les, et votre corps est un toit sur votre force.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais le paysage manqua bien vite au gar\u00e7on\u00a0: les collines o\u00f9 il se r\u00e9fugiait, les jours de beau temps, pour courir apr\u00e8s le chien du voisin, les bords de rivi\u00e8re o\u00f9 il se baignait, l\u2019\u00e9t\u00e9, avec ses camarades, attendant que quelque chose arrive, un drame ou une joie, qu\u2019importe, tout sauf ce temps qui passe sans passer, tout sauf ce ciel qui change dix fois de couleur mais \u00e0 travers quoi rien ne vient d\u2019absolument fou, ils attendaient, les pieds dans l\u2019eau, s\u2019\u00e9claboussant, qu\u2019une chim\u00e8re d\u00e9barque entre les arbres, mais rien, jamais rien, et de tout cela ce qui manquait le plus \u00e0 pr\u00e9sent c\u2019\u00e9taient les branches, l\u2019eau, les collines pel\u00e9es l\u2019hiver et touffues l\u2019\u00e9t\u00e9, de tout cela ce qui lui mangeait la gorge c\u2019\u00e9tait le gris pur du ciel d\u2019automne et le rose de l\u2019aube quand il attendait devant la grille de l\u2019\u00e9cole, la course folle jusqu\u2019au sommet de la plus haute colline, de l\u00e0 il voyait le village entier, il se sentait puissant.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Alors on chuchota encore mille choses, car si le corps, chaque jour, s\u2019use de ses gestes, la langue, elle, ne se fatigue jamais.<\/p>\n<p>L\u2019aube \u00e9tait sa pire ennemie, le cr\u00e9puscule sa chance.<\/p>\n<p>Il soupira, jeta sur la for\u00eat un regard doux. Il devait rentrer mais cet endroit l\u2019attirait plus qu\u2019un autre, il se sentait pris par ses arbres et embrass\u00e9 par ses ronces.<\/p>\n<p>ils vivaient dans la peur, et la peur, comme la beaut\u00e9, recouvre tout.<\/p>\n<p>Il avait quelque chose dans les mains et dans les yeux, il voyait au-del\u00e0 de la chair et de l\u2019avenir, c\u2019\u00e9tait un homme capable de ramener un \u00eatre \u00e0 ce qu\u2019il avait de plus beau, de plus vrai, il travaillait seul et ne se reposait jamais.<\/p>\n<p>Cet homme avait un don, et ce don consistait \u00e0 naviguer entre deux mondes. Je peux dire qu\u2019il \u00e9tait plus \u00e0 l\u2019aise avec les cadavres qu\u2019avec leur famille, et, parfois, je comprends tout \u00e0 fait que la compagnie des corps en d\u00e9composition soit plus agr\u00e9able que celle des corps dou\u00e9s de paroles et d\u2019angoisses.<\/p>\n<p>Un \u00eatre est d\u00e9clar\u00e9 mort mais cela ne signifie pas que la vie l\u2019a quitt\u00e9. Quand un cadavre est amen\u00e9 \u00e0 l\u2019office, en lui une autre vie continue, d\u2019autres vies continuent, celles des bact\u00e9ries, des chairs, des muscles, de la peau, des milliers de vies sont encore \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Vous d\u00e9couvrirez dans ces pages comment les cadavres continuent de nous parler, parfois des ann\u00e9es apr\u00e8s leur enterrement. Ne consid\u00e9rez jamais un mort comme un corps sans vie. C\u2019est une aberration humaine que de dire et de penser une telle chose.<\/p>\n<p>M\u00e9fiez-vous de ce que vous demandent les familles du d\u00e9funt, mais ob\u00e9issez toujours autant que vous pouvez\u00a0: on embaume\u00a0les\u00a0morts autant pour ceux qui restent que pour ceux qui partent. Le plus fou des deux est toujours celui qui peut encore parler.<\/p>\n<p>quels que soient l\u2019esp\u00e8ce ou le genre du cadavre qui vous sera rendu, il vous livrera ses secrets, et ceux de sa famille. Soyez pr\u00eat \u00e0 tout savoir, tout en gardant en t\u00eate que, sachant tout, le pire est toujours \u00e0 venir.<\/p>\n<p><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>La terre l\u2019accueillait, le consolait, l\u2019engloutissait. Il ne savait rien, ne voulait rien savoir des mouvements au-dessus de sa t\u00eate, il perdait la notion des heures, des dates et du soleil, seul comptaient le livre et ses le\u00e7ons, seul comptait l\u2019avenir pr\u00e8s des morts dont il prendrait grand soin, puisque les vivants ne pouvaient plus rien pour lui, sinon l\u2019humilier.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice\u00a0: C\u00e9cile Coulon, n\u00e9e le 13 juin 1990 \u00e0 Clermont-Ferrand (Puy-de-D\u00f4me), est une romanci\u00e8re, nouvelliste et po\u00e9tesse fran\u00e7aise. \u00c0 l\u2019\u00e2ge de 16 ans, elle publie son premier roman intitul\u00e9 Le Voleur de vie. Elle passe un baccalaur\u00e9at option Cin\u00e9ma. 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