{"id":2402,"date":"2015-12-23T19:14:34","date_gmt":"2015-12-23T18:14:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2402"},"modified":"2016-10-14T14:34:26","modified_gmt":"2016-10-14T13:34:26","slug":"giebel-karine-jusqua-ce-que-la-mort-nous-unisse-2009","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2402","title":{"rendered":"Giebel, Karine \u00ab\u00a0Jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la mort nous unisse\u00a0\u00bb (2009)"},"content":{"rendered":"<p>Grande collectionneuse de prix litt\u00e9raires et ma\u00eetre \u00e8s-thriller psychologique, Karine Gi\u00e9bel est n\u00e9e en 1971. Son premier roman, <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2395\"><em>Terminus Elicius<\/em> <\/a>(collection \u00ab\u00a0Rail Noir\u00a0\u00bb, 2004) re\u00e7oit le prix marseillais du Polar en 2005. Suivront <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2430\"><em>Meurtres pour r\u00e9demption<\/em> <\/a>(\u00ab\u00a0Rail Noir\u00a0\u00bb, 2006), finaliste du prix Polar de Cognac, <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2399\"><em>Les Morsures de l&rsquo;ombre<\/em> <\/a>(Fleuve Noir, 2007), prix Intramuros du festival Polar de Cognac 2008 et prix SNCF du polar 2009, <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2797\"><em>Chiens de sang<\/em><\/a> (Fleuve Noir, 2008), et <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2863\"><em>Juste une ombre<\/em><\/a> (Fleuve Noir, 2012), pour lequel Karine Gi\u00e9bel est couronn\u00e9e par le prix Polar francophone 2012 et re\u00e7oit pour la deuxi\u00e8me fois le prix Marseillais du Polar. Son roman <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2984\"><em>Purgatoire des innocents<\/em><\/a> (Fleuve Noir 2013) confirme son talent et la consacre d\u00e9finitivement \u00ab\u00a0reine du polar \u00ab\u00a0. Apr\u00e8s <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3445\"><em>Satan \u00e9tait un ange<\/em> <\/a>(Fleuve Noir 2014), <em>De force<\/em> est son premier roman \u00e0 para\u00eetre chez Belfond.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0:<\/strong> La montagne ne pardonne pas. Vincent Lapaz, guide solitaire et bless\u00e9 par la vie, l&rsquo;apprend aujourd&rsquo;hui \u00e0 ses d\u00e9pens : la mort vient de frapper, foudroyant un \u00eatre cher. Simple accident ? Vincent n&rsquo;en croit rien : la victime connaissait le parcours comme sa poche. C&rsquo;est un meurtre. Avec l&rsquo;aide d&rsquo;une jeune gendarme, Vincent m\u00e8ne l&rsquo;enqu\u00eate, de crevasses en chausse-trappes, d\u00e9terrant un \u00e0 un les secrets qui hantent cette vall\u00e9e. Et Lapaz non plus n&rsquo;est pas du genre \u00e0 pardonner&#8230;<\/p>\n<p>Prix des Lecteurs de biblioth\u00e8ques et de m\u00e9diath\u00e8ques, Festival Polar de Cognac 2010, pour <i>Jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la mort nous unisse<\/i><sup id=\"cite_ref-7\" class=\"reference\"><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Karine_Gi%C3%A9bel#cite_note-7\"><span class=\"cite_crochet\"><span style=\"color: #0066cc; font-size: small;\">[<\/span><\/span><\/a><\/sup><\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Au centre du livre, la solitude, la difficult\u00e9 de communiquer, l\u2019amour de la montagne\u2026<\/p>\n<p>La montagne est un personnage a part enti\u00e8re dans le roman. A la fois lumineuse, tourment\u00e9e, amicale, hostile\u00a0; Le rythme de la vie \u00e0 la montagne, lent.. au gr\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments. Le rythme des saisons aussi, accentu\u00e9 par les quatre saisons de Vivaldi. Toujours des personnages atypiques, mal dans leur peau. Cette fois c\u2019est un livre de 600 pages, contrairement aux autres que j\u2019ai lu. Mais j\u2019aime cette analyse des solitudes, la progression dans la connaissance des personnages, tous attachants d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre. Nous sortons du huis clos des precedents romans pour entrer dans un environnement toujours assez r\u00e9duit ( un village de montagne) mais plus vaste. Une \u00ab\u00a0communaut\u00e9\u00a0\u00bb qui se connait depuis l\u2019enfance, qui est le c\u0153ur d\u2019un village de montagne qui vit principalement du tourisme qui rythme les saisons.. Les guides, les personnes qui travaillent dans le tourisme, les notables, la gendarmerie \u2026 et les haines et amours qui les lient. Magnifique analyse psychologique (comme les fois pr\u00e9c\u00e9dentes) et encore un suspense qui va jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re page\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Comme si la nature telle qu\u2019elle est, ne leur suffisait plus. Ils veulent la rendre plus fr\u00e9quentable ; la goudronner, la baliser, l\u2019am\u00e9nager ; la citadiniser, la d\u00e9sauvagiser.<br \/>\nL\u2019humaniser.<\/p>\n<p>On est toujours tellement impatient de vieillir \u00e0 cet \u00e2ge-l\u00e0. On appuie sur l\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur, en vain. Jusqu\u2019au jour o\u00f9 on se surprend \u00e0 chercher la p\u00e9dale de frein\u2026 En vain.<\/p>\n<p>Parler ou se taire.<br \/>\nParler, c\u2019\u00e9tait risquer de tout perdre.<br \/>\nSe taire, risquer de se perdre lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Certes, il n\u2019\u00e9tait pas tr\u00e8s volubile, mais choisissait ses mots. Comme s\u2019il ne voulait pas les gaspiller.<\/p>\n<p>Elle ne savait peut-\u00eatre pas regarder, mais savait lire dans les \u00e2mes. Une sorte de don ou de facult\u00e9 exacerb\u00e9e. Et cet homme \u00e9tait en souffrance. Une d\u00e9tresse \u00e9rig\u00e9e en bouclier, en armure.<br \/>\nUn rocher bris\u00e9.<\/p>\n<p>Mieux vaut des souvenirs qui font mal que pas de souvenirs du tout.<\/p>\n<p>Avec la solitude comme seule compagne, il \u00e9tait heureux.<br \/>\nPersonne ne le jugeait, ici. Personne ne l\u2019observait. Seule la montagne gardait un \u0153il bienveillant sur lui.<br \/>\nIl aurait aim\u00e9 ne faire qu\u2019un avec elle. Se fondre dans ce paysage, devenir arbre ou rocher et la suivre dans l\u2019\u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n<p>Mais on n\u2019est jamais vraiment libre. Encha\u00een\u00e9 par ses sentiments, ses passions, ses pulsions. Ses besoins, ses envies. Les devoirs qu\u2019on s\u2019impose, les prisons dont on perd la clef. Les souvenirs et les r\u00eaves.<br \/>\nTout ce qui fait qu\u2019on est vivant.<\/p>\n<p>\u2026 chaque pas devenait une d\u00e9couverte pour ceux qui avaient soif d\u2019apprendre. Il \u00e9tait le narrateur de ces lieux, l\u2019inventeur de ces tr\u00e9sors.<\/p>\n<p>On ne pleure jamais que sur soi-m\u00eame, au final\u2026<\/p>\n<p>\u2014 Qu\u2019est-ce que \u00e7a veut dire l\u2019Ancolie ? demanda soudain Servane.<br \/>\n\u2014 C\u2019est une fleur de montagne. Tr\u00e8s belle mais terriblement toxique\u2026 C\u2019\u00e9tait la fleur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de Laure.<br \/>\n\u2014 Ancolie, m\u00e9lancolie, murmura Servane. M\u00e9lancolie\u2026<\/p>\n<p>\u2026 simple question de volont\u00e9.<br \/>\nEt sa volont\u00e9 \u00e9tait toujours d\u2019acier.<\/p>\n<p>La l\u00e2chet\u00e9 a quelque chose de fascinant. Peut-\u00eatre parce qu\u2019elle ne conna\u00eet pas de limite, contrairement au courage.<\/p>\n<p>Sa vie, comme un livre \u00e9crit sur le ciel, entre le jour et la nuit.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Grande collectionneuse de prix litt\u00e9raires et ma\u00eetre \u00e8s-thriller psychologique, Karine Gi\u00e9bel est n\u00e9e en 1971. Son premier roman, Terminus Elicius (collection \u00ab\u00a0Rail Noir\u00a0\u00bb, 2004) re\u00e7oit le prix marseillais du Polar en 2005. 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