{"id":24873,"date":"2026-08-29T17:16:01","date_gmt":"2026-08-29T15:16:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873"},"modified":"2026-08-29T17:48:37","modified_gmt":"2026-08-29T15:48:37","slug":"trapenard-augustin-nos-annees-boomerang-2025-526-pages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873","title":{"rendered":"Trapenard, Augustin  \u00ab\u00a0Nos ann\u00e9es Boomerang\u00a0\u00bb (2025) 526 pages"},"content":{"rendered":"<p><b><\/b><b><\/b><b>Auteur:<\/b> Augustin Trapenard est un journaliste culturel et critique litt\u00e9raire fran\u00e7ais, n\u00e9 le 3 avril 1979 dans le 15e\u00a0arrondissement de Paris.<br \/>\nAncien \u00e9l\u00e8ve du lyc\u00e9e Lakanal de Sceaux[, puis de l&rsquo;\u00c9cole normale sup\u00e9rieure de Lyon (2000), agr\u00e9g\u00e9 d&rsquo;anglais, Augustin Trapenard enseigne la litt\u00e9rature anglaise et am\u00e9ricaine \u00e0 l&rsquo;ENS Lyon de 2006 \u00e0 2009. Il commence une th\u00e8se sur l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;Emily Bront\u00eb et la notion d&rsquo;auteur \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque victorienne et dans ce cadre, effectue une ann\u00e9e d&rsquo;\u00e9change en tant que doctorant \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Californie \u00e0 Berkeley aux \u00c9tats-Unis.<br \/>\nEn 2008, il r\u00e9dige la postface de la premi\u00e8re \u00e9dition fran\u00e7aise des Devoirs de Bruxelles d&rsquo;Emily Bront\u00eb (\u00e9ditions Mille et Une Nuits)\u00a0; en 2009, il publie une s\u00e9rie d&rsquo;entretiens avec l&rsquo;auteur am\u00e9ricain Edmund White, initialement diffus\u00e9s sur France Culture en juin 2004, Corps \u00e0 corps (\u00e9ditions de l&rsquo;Aube &#8211; France Culture)<br \/>\nLe 5 juillet 2022, il est annonc\u00e9 qu&rsquo;Augustin Trapenard remplacera Fran\u00e7ois Busnel \u00e0 la pr\u00e9sentation de l&rsquo;\u00e9mission La Grande Librairie sur France 5 \u00e0 partir de la rentr\u00e9e suivante. Fran\u00e7ois Busnel pr\u00e9sente son successeur aux spectateurs au cours de la 500e \u00e9mission.<\/p>\n<p>Co\u00e9dition Flammarion\/France Inter &#8211; 05.11.2025 &#8211; 526 pages<\/p>\n<p><b>R\u00e9sum\u00e9<\/b><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J&rsquo;ai dit 1 656 fois bonjour. A 9 heures et des poussi\u00e8res. Presque tous les matins, pendant huit ans, du 25 ao\u00fbt 2014 au 1er juillet 2022. Des ann\u00e9es plus tard, je me rends compte que je me souviens de chacun d&rsquo;entre eux. Les bonjours heureux, \u00e9mus, fatigu\u00e9s par des nuits \u00e9court\u00e9es. Les bonjours pleins d&rsquo;espoirs et ceux qu&rsquo;on aurait voulu \u00e9viter. Je me souviens de tout, peut-\u00eatre parce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas un jour sans que l&rsquo;on me rappelle un de ces entretiens du matin.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Peut-\u00eatre aussi parce qu&rsquo;ils ont accompagn\u00e9 des moments intimes et collectifs \u00e0 jamais grav\u00e9s dans mon esprit. Peut-\u00eatre, tout simplement, parce que cette \u00e9mission de radio, Boomerang, c&rsquo;\u00e9tait toute ma vie\u00a0\u00bb. Augustin Trapenard<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Ce volume rassemble une s\u00e9lection personnelle d&rsquo;une trentaine d&rsquo;entretiens parmi les plus marquants diffus\u00e9s sur France Inter. On y retrouve l&rsquo;\u00e9clectisme d&rsquo;une programmation \u00e0 la crois\u00e9e des genres et des g\u00e9n\u00e9rations, soucieuse de s&rsquo;adresser \u00e0 chacun, offrant une pluralit\u00e9 de points de vue sur les cultures contemporaines &#8211; plus vivantes que jamais.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><i>Les droits d&rsquo;auteur de cet ouvrage sont revers\u00e9s \u00e0 l&rsquo;association Biblioth\u00e8ques sans fronti\u00e8res dont Augustin Trapenard est le parrain.<\/i><\/p>\n<p><b>Mon avis:<br \/>\n<\/b>J\u2019ai beaucoup aim\u00e9. Il faut dire que j\u2019aimais beaucoup cette \u00e9mission anim\u00e9e par Augustin Trapenard et j\u2019ai trouv\u00e9 sympa cette s\u00e9lection qui m\u00eale auteurs, traductrice,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>cin\u00e9astes, acteurs, chanteurs, compositeurs, photographes, historiens, chefs \u00e9toil\u00e9s, danseuse \u00e9toile \u2026<br \/>\n\u00ab\u00a0Avec des cartes blanches, \u00e0 la fin de chaque \u00e9mission, qui demanderaient aux artistes non pas de commenter leur travail mais de nous le montrer \u2013\u00a0de faire ce qu\u2019ils font le mieux, c\u2019est-\u00e0-dire de cr\u00e9er.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Des\u00a0<i>boom<\/i>\u00a0et des\u00a0<i>bang<\/i>\u00a0dans tous les sens.\u00a0\u00bb<br \/>\nJe ne vais pas faire une chronique standard mais reprendre la liste des invit\u00e9s et mettre quelques citations par intervenant.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Et mon top est<\/b> : Jordi Savall, Juliette Gr\u00e9co, Patti Smith, Patrick Modiano, Wajdi Mouawad (d\u00e9couverte!), Kamel Daoud.<\/p>\n<p><b>Les invit\u00e9s ( et citations)<\/b><\/p>\n<p><b>PATRICK\u00a0MODIANO \u00ab\u00a0la m\u00e9moire et l\u2019oubli\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/b>&#8211; \u00ab\u00a0Vous savez, Augustin, je parle un peu comme j\u2019\u00e9cris, avec des ratures.\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0l\u2019absence rend encore le personnage plus pr\u00e9sent parce qu\u2019il plane dans l\u2019air, il devient une sorte de r\u00eave.\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0la m\u00e9moire, c\u2019est une qu\u00eate obsessionnelle dans votre travail\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0Chaque endroit fait resurgir des souvenirs ou m\u00eame des endroits qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits. On voit tous ces souvenirs d\u2019une mani\u00e8re spectrale, comme \u00e7a.\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0Finalement, les souvenirs, ce sont des morceaux \u00e9pars, comme \u00e7a, qui sont noy\u00e9s dans une sorte de nappe d\u2019oubli. C\u2019est surtout l\u2019oubli qui me hante, plut\u00f4t que les souvenirs ou la m\u00e9moire, parce qu\u2019au fond, l\u2019oubli est beaucoup plus\u2026 c\u2019est comme une masse sombre, comme \u00e7a, c\u2019est beaucoup plus\u2026 C\u2019est beaucoup plus \u00e9tendu. La m\u00e9moire, c\u2019est quelques bribes qui vous restent, mais c\u2019est noy\u00e9 dans une esp\u00e8ce de nappe d\u2019oubli.\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0Les objets, \u00e9videmment, ont une tr\u00e8s grande importance chez vous parce que ce sont des indices\u2026\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0les temps se recouvrent les uns les autres comme une sorte de millefeuille.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><b>AGN\u00c8S\u00a0VARDA \u00ab\u00a0je suis devenue valoris\u00e9e\u00a0\u00bb<\/b><br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019une photographie, quand on la fait, on ne se rend pas compte \u00e0 quel point on raconte le moment.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><b>SUSIE\u00a0MORGENSTERN \u00ab\u00a0a dit\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/b><b>A.T: <i>Je me souviens qu\u2019elle \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment dr\u00f4le \u00e0 en pleurer, parce qu\u2019il y avait derri\u00e8re chacune de ses anecdotes de quoi s\u2019esclaffer et de quoi s\u2019effondrer.<\/i><\/b><i><br \/>\n<\/i>&#8211; \u00ab\u00a0<b>S.M.\u00a0:<\/b>\u00a0Oui, j\u2019aime croire. J\u2019esp\u00e8re, j\u2019aime esp\u00e9rer. En anglais on dit\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Hope is a dope.<\/i><br \/>\n<b>A.T.\u00a0:<\/b>\u00a0C\u2019est votre drogue\u00a0?<br \/>\n<b>S.M.\u00a0:<\/b>\u00a0\u00ab\u00a0<i>Hope is a dope<\/i>\u00a0\u00bb, un imb\u00e9cile. L\u2019espoir est un imb\u00e9cile.\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0\u00c7a, c\u2019est extraordinaire, quand t\u2019as vraiment une question qui t\u2019interpelle et qui te bouleverse.\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0mon r\u00f4le c\u2019est de faire aimer lire, parce que je crois \u00e0 la lecture comme la plus grande vitamine qui puisse \u00eatre, vitamine pour cette activit\u00e9 humaine qui est la parole, la langue. Donc, il faut lire, et mon r\u00f4le, c\u2019est de faire aimer lire. Donc,\u00a0<i>entertain<\/i>, divertir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><b>JULIETTE\u00a0GR\u00c9CO \u00ab\u00a0la gr\u00e2ce de Greco\u00a0\u00bb<\/b><br \/>\n<b><i>A.T. : elle incarne bien plus que la m\u00e9moire d\u2019un Saint-Germain-des-Pr\u00e9s disparu, puisqu\u2019elle n\u2019a jamais v\u00e9cu qu\u2019au pr\u00e9sent et demeure plus que jamais une spectatrice avis\u00e9e du monde contemporain.<br \/>\n<\/i><\/b>&#8211; \u00ab\u00a0Michel Piccoli. Il avait une formule que j\u2019adorais, il disait\u00a0: \u00ab\u00a0Ah oui, encore un intellichiant.\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0\u00c0 part l\u2019amour, qu\u2019est-ce qu\u2019il reste\u00a0?<br \/>\n<b>J.G.\u00a0:<\/b>\u00a0L\u2019amour.<br \/>\n<b>A.T.\u00a0:<\/b>\u00a0Que l\u2019amour\u00a0?<br \/>\n<b>J.G.\u00a0:<\/b>\u00a0Que l\u2019amour, que la passion, que le formidable miroir qu\u2019est le regard des autres. Il y a que l\u00e0 qu\u2019on est beau.\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0moi mon public je l\u2019honore en m\u2019effa\u00e7ant. Je n\u2019ai pas envie qu\u2019il me regarde avec des yeux de piti\u00e9. Je pr\u00e9f\u00e9rerais laisser une image \u00e0 peu pr\u00e8s correcte. Je pr\u00e9f\u00e8re partir debout qu\u2019assise.\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0Il y a un commencement et il y a une fin. \u00c7a, c\u2019est une belle chanson. C\u2019est aussi un cri d\u2019alarme, c\u2019est aussi un cri de l\u2019amour. C\u2019est beaucoup de choses, une bonne chanson. C\u2019est tout, sauf \u00ab\u00a0la la la\u00a0\u00bb.\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0Alors j\u2019ai appris au Japon un truc qui est que le noir est la couleur de la protection, ce que je ne savais pas. C\u2019est une couleur qui prot\u00e8ge.\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0Je me suis sentie heurt\u00e9e par ce scandale-l\u00e0 en Am\u00e9rique. En France, ils \u00e9taient plus sournois. \u00c7a ne faisait pas chic d\u2019\u00eatre un raciste \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0. En Am\u00e9rique, \u00e7a faisait partie de la vie, de l\u2019\u00e9ducation.\u00a0\u00bb (au sujet de son couple avec Miles Davis)<\/p>\n<p><b>RAYMOND\u00a0DEPARDON \u00ab\u00a0dans le viseur de\u00a0\u00bb<\/b><br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0Il faut regarder, il faut porter un regard peut-\u00eatre un petit peu humain sur les gens.\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0Mais un bon photographe, parce qu\u2019un bon photographe, c\u2019est celui qui est capable\u00a0de faire une photo dans des temps morts, justement, et qui arrive \u00e0 trouver une image.\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; A.T.\u00a0: Alors si la grande photo, Raymond Depardon, \u00e7a n\u2019est plus forc\u00e9ment une photo en noir et blanc, c\u2019est quoi la grande photo aujourd\u2019hui pour vous\u00a0?<br \/>\nR.D.\u00a0: C\u2019est une photo qu\u2019on ne se lasse pas de regarder. Qu\u2019on peut regarder d\u2019abord \u00e0 l\u2019envers, qu\u2019on peut regarder dans un miroir. C\u2019est une photo qui vous accompagne. C\u2019est une photo mentale aussi, qui peut-\u00eatre vous devance un petit peu, vous emp\u00eache de vieillir, qui se transmet et qui vous \u00e9chappe aussi. Peut-\u00eatre qu\u2019il y a beaucoup de choses dans la couleur.<br \/>\n&#8211; Faut aller vite, sourire et puis, comme disait Cartier-Bresson\u00a0: \u00ab\u00a0D\u00e9gager, d\u00e9gager vite, pas rester, pas insister.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><b>PIERRE BERGOUNIOUX \u00ab avec mention \u00bb<br \/>\n&#8211; <\/b>je pense que le corps enseignant a une responsabilit\u00e9 essentielle. Il est le porteur d\u2019une tradition, allons-y, critique, savante, lettr\u00e9e. Le meilleur que nous ayons, c\u2019est \u00e7a, c\u2019est une poign\u00e9e de significations autour desquelles se regroupent d\u2019\u00e2ge en \u00e2ge les vivants et les morts. Et je pense que le m\u00e9tier d\u2019enseignant est, de tous, celui qui peut contribuer le plus et le mieux \u00e0 d\u00e9barrasser les esprits, les ombres, les fum\u00e9es, les fant\u00f4mes dont il est encombr\u00e9 pour\u00a0acc\u00e9der, je vais citer un mot d\u2019un \u00e9crivain allemand qui s\u2019appelait Goethe, \u00e0 \u00ab\u00a0plus de lumi\u00e8re\u00a0\u00bb.<br \/>\n&#8211; A.T.\u00a0: Vous avez dit \u00e7a. Vous l\u2019avez m\u00eame \u00e9crit. Quand vous dites \u00ab\u00a0je suis miracul\u00e9\u00a0\u00bb, Pierre Bergounioux, je l\u2019ai lu, qu\u2019est-ce que vous voulez dire\u00a0? De quel miracle \u00eates-vous le produit\u00a0?<br \/>\nP.B.\u00a0: Eh bien, de la possibilit\u00e9 tardive d\u2019acc\u00e9der \u00e0 cette version \u00e9labor\u00e9e, approch\u00e9e, pr\u00e9cise de notre exp\u00e9rience qui \u00e9tait rest\u00e9e jusqu\u2019alors sans l\u00e9gende. Maintenant, une p\u00e9danterie de prof. L\u00e9gende, \u00e7a vient du latin, c\u2019est legenda, ce qui doit \u00eatre lu. Et nous ne disposions pas du texte assorti \u00e0 l\u2019existence que nous menions dans les bois ombreux et les vallons fangeux. Donc je me suis dit\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c7a suffit, je ressens d\u00e9sormais ce besoin.\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; C\u2019est le prof de coll\u00e8ge qui parle, le pr\u00e9sent est le seul temps r\u00e9el. Mais par l\u2019effet de la tr\u00e8s singuli\u00e8re nature des hommes que nous sommes, des bip\u00e8des pensifs que nous sommes, nous pouvons en pens\u00e9e revenir dans le pass\u00e9 ou nous transporter dans l\u2019avenir.<\/p>\n<p><b>FANNY\u00a0ARDANT \u00ab\u00a0passion Fanny\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/b>&#8211; D\u00e8s qu\u2019on arrive dans la vie, on a tous le choix de dire oui \u00e0 tout, ou de dire non.<br \/>\n&#8211; Moi j\u2019aime beaucoup la course \u00e0 l\u2019ab\u00eeme. Donc j\u2019aime l\u2019id\u00e9e de d\u00e9plaire, j\u2019aime l\u2019id\u00e9e de l\u2019\u00e9chec, j\u2019aime l\u2019id\u00e9e de la d\u00e9composition.<b><br \/>\n-A.T. :<\/b>\u00a0C\u2019est \u00e7a la libert\u00e9 pour vous\u00a0?<br \/>\n<b>F.A.\u00a0:<\/b>\u00a0Forc\u00e9ment, l\u2019id\u00e9e surtout de ne pas plaire, de ne pas faire l\u2019unanimit\u00e9, c\u2019est terrible sinon. J\u2019aime pas les prix, j\u2019aime pas les d\u00e9corations, j\u2019aime pas les cartes du parti, quel qu\u2019il soit.<br \/>\nMoi je ne cherche jamais \u00e0 savoir pourquoi, je me demande toujours comment. Et puis souvent je me dis que je r\u00e9fl\u00e9chirai plus tard.<br \/>\n&#8211; Vous savez, je crois que tout grand enseignement n\u2019est pas concret, c\u2019est comme la pluie. Un enseignement, c\u2019est comme la pluie, \u00e7a fait pousser des choses, mais on ne sait pas quoi. On le sait que beaucoup, beaucoup plus tard peut-\u00eatre, quand tout est fini.<br \/>\n&#8211; Moi, ce qui me sid\u00e8re, c\u2019est la vitesse \u00e0 laquelle tout le monde s\u2019adapte. Et c\u2019est tr\u00e8s dangereux pour moi, quand vous disiez, il faut mettre du temps \u00e0 s\u2019adapter parce qu\u2019il faut r\u00e9sister. Parce que d\u00e8s qu\u2019un truc sort et d\u00e8s que vous rentrez dans la chose qu\u2019il faut faire\u2026 Mais les vieux livres, ils vont toujours rester.<\/p>\n<p><b>ANNIE\u00a0ERNAUX \u00ab\u00a0au singulier\u00a0\u00bb<\/b><\/p>\n<p>&#8211; il faut toujours se lib\u00e9rer de quelque chose, \u00e0 des moments ou \u00e0 un autre\u2026 Vous savez, l\u2019\u00e9criture, c\u2019est l\u2019endroit o\u00f9 il y a le moins de libert\u00e9 pour moi, par exemple.<br \/>\n<b>&#8211; A.T. :<\/b> Et quand est-ce qu\u2019on devient soi-m\u00eame\u00a0?<br \/>\n<b>A.E.\u00a0:<\/b>\u00a0Mais non, c\u2019est une b\u00eatise \u00e7a. On est tr\u00e8s diff\u00e9rent tout le temps, enfin je veux dire, on passe d\u2019une identit\u00e9 \u00e0 une autre et on compose aussi avec\u00a0son entourage, avec les gens qu\u2019on fr\u00e9quente, avec ce qu\u2019on entend, on est dans le monde. [\u2026]<br \/>\n&#8211; Le souvenir, il vous arrive comme \u00e7a et la m\u00e9moire, c\u2019est une recherche. La m\u00e9moire, c\u2019est un moyen d\u2019aller plus loin, d\u2019aller toujours plus loin.<br \/>\n&#8211; \u00a0le langage refl\u00e8te tout \u00e0 fait la soci\u00e9t\u00e9, ses croyances, son fonctionnement tout simplement. Et c\u2019est d\u00e9j\u00e0\u00a0une victoire que, par exemple, le mot \u00ab\u00a0mademoiselle\u00a0\u00bb disparaisse. Il va dispara\u00eetre peu \u00e0 peu, mais il n\u2019y avait pas d\u2019\u00e9quivalent masculin.<br \/>\n&#8211; le langage refl\u00e8te tout \u00e0 fait la soci\u00e9t\u00e9, ses croyances, son fonctionnement tout simplement. Et c\u2019est d\u00e9j\u00e0\u00a0une victoire que, par exemple, le mot \u00ab\u00a0mademoiselle\u00a0\u00bb disparaisse. Il va dispara\u00eetre peu \u00e0 peu, mais il n\u2019y avait pas d\u2019\u00e9quivalent masculin.<br \/>\n&#8211; \u00ab Ce qui compte, ce n\u2019est pas ce qui arrive, c\u2019est ce qu\u2019on fait de ce qui arrive. \u00bb<\/p>\n<p><b>PIERRE\u00a0MICHON \u00ab\u00a0Michon Majuscule\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/b>&#8211; Je cherche \u00e0 retrouver, dans ce que j\u2019\u00e9cris en prose, cet effet comme langue \u00e9trang\u00e8re que j\u2019\u00e9prouvais en \u00e9coutant des po\u00e8mes ou en les apprenant par c\u0153ur, en les disant. D\u2019ailleurs, j\u2019en connais plein et j\u2019y ai fait grand usage \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de moi.<br \/>\n&#8211;<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>\u00ab\u00a0Je d\u00e9teste [que Rimbaud] soit de ces po\u00e8tes qui ont instaur\u00e9 pour nous l\u2019id\u00e9ologie de la rupture comme injonction tyrannique, nous d\u00e9poss\u00e9dant de tout. Mais je v\u00e9n\u00e8re cette d\u00e9possession, gr\u00e2ce \u00e0 quoi j\u2019\u00e9cris.\u00a0\u00bb<br \/>\nP.M.\u00a0: Oui, c\u2019est vrai qu\u2019il a cass\u00e9 le m\u00e8tre, l\u2019alexandrin, il a cass\u00e9 le vers r\u00e9gulier. Mais avant de casser le vers r\u00e9gulier de fa\u00e7on merveilleuse dans les Illuminations, il a port\u00e9 \u00e0 son plus haut degr\u00e9 le vers r\u00e9gulier. C\u2019est-\u00e0-dire que tout Hugo est dans \u00ab\u00a0Le Bateau ivre\u00a0\u00bb, par exemple, il n\u2019y a pas besoin de prendre tout Hugo, il y a qu\u2019\u00e0 prendre \u00ab\u00a0Le Bateau ivre\u00a0\u00bb. Il y a toutes les techniques du XIXe\u00a0si\u00e8cle port\u00e9es \u00e0 leur plus haut degr\u00e9.<br \/>\n&#8211; A.T. : Qu\u2019est-ce qui fait d\u2019un texte une \u0153uvre d\u2019art en fait ? C\u2019est \u00e7a la question que je vous pose aussi, Pierre Michon, et je vous pose cette question parce que c\u2019est une question qui hante tout le recueil d\u2019entretiens.<br \/>\nP.M.\u00a0: Elle ne hanterait pas ce recueil d\u2019entretiens si je pouvais y r\u00e9pondre. Je ne sais pas ce qui fait qu\u2019un livre est une \u0153uvre d\u2019art. Je dirais bien que c\u2019est quelque chose\u2026 Une \u0153uvre, une belle \u0153uvre, une \u0153uvre litt\u00e9raire, est quelque chose \u00e0 la fois flagrant, massif, indubitable, lisible et totalement \u00e9nigmatique. De beau et d\u2019\u00e9nigmatique.<\/p>\n<p><b>CLAUDE\u00a0PONTI \u00ab\u00a0Le ponte des livres pour enfants\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/b>&#8211; \u00ab Comment se fait-il que, les enfants \u00e9tant si intelligents, la plupart des hommes soient b\u00eates ? Cela doit tenir \u00e0 l\u2019\u00e9ducation. \u00bb<br \/>\n&#8211; Et quand j\u2019ai fait le premier livre pour enfants pour la naissance de ma fille, c\u2019est un livre sans texte. Puisque je pensais que les b\u00e9b\u00e9s n\u2019avaient pas besoin de texte, ce qui est une erreur, parce qu\u2019un livre pour enfants\u2026 Pour un enfant qui ne sait pas lire, il est lu par un adulte ou par un plus grand. Donc tr\u00e8s t\u00f4t, l\u2019enfant qui ne sait pas lire comprend que dans les petites pattes de mouche noire qu\u2019il y a dans un coin ou sous l\u2019image, il y a quelque chose de tellement important, de tellement profond que \u00e7a fait que c\u2019est toujours la m\u00eame histoire que raconte l\u2019adulte.<\/p>\n<p><b>GEOFFROY\u00a0DE\u00a0LAGASNERIE \u00ab\u00a0de l\u2019esprit avec\u00a0\u00bb<\/b><br \/>\n&#8211; Au fond, on voit petit \u00e0 petit se mettre en place de plus en plus des logiques de fermeture, des logiques de cl\u00f4ture, des \u00c9tats, des nations, des logiques s\u00e9curitaires qui sont des logiques de repli contre cette tr\u00e8s belle id\u00e9e quand m\u00eame qui \u00e9tait l\u2019id\u00e9e du monde, d\u2019avoir un seul monde. Et donc, je dirais pour moi que ce que le terrorisme produit dans la pens\u00e9e politique et ce contre quoi il faut lutter, c\u2019est la fin de l\u2019id\u00e9e de monde et l\u2019id\u00e9e d\u2019un seul monde.<br \/>\n&#8211; je pense qu\u2019on ne peut \u00eatre intellectuel que si on est de gauche. Je pense que la pens\u00e9e a un rapport avec la gauche et qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019intellectuel de droite. La gauche et la droite, \u00e7a s\u2019oppose du point de vue de la v\u00e9rit\u00e9, de la fausset\u00e9 ; \u00eatre de gauche, c\u2019est dire la v\u00e9rit\u00e9. C\u2019est affronter le monde dans sa violence, c\u2019est affronter le monde dans sa m\u00e9chancet\u00e9, dans sa \u00ab mauvaiset\u00e9 \u00bb, si on peut dire. Et \u00e0 partir de ce moment-l\u00e0, produire des analyses pour qu\u2019on puisse le transformer.<br \/>\n-on se souvient de Duras, on se souvient de Simone de Beauvoir, on se souvient de Sartre, de Foucault, de Bourdieu et donc la droite \u00e9tant toujours la r\u00e9action et les pulsions spontan\u00e9es par rapport \u00e0 l\u2019ordre social dispara\u00eet avec le temps et est vou\u00e9e \u00e0 l\u2019oubli, alors que la gauche c\u2019est l\u2019histoire, c\u2019est l\u2019invention, c\u2019est l\u2019 autonomie et donc il y a d\u2019intellectuels, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019invention intellectuelle, que du c\u00f4t\u00e9 de la gauche.<br \/>\n&#8211; Donc \u00e9crire, c\u2019est s\u2019engager, \u00e9crire c\u2019est \u00eatre pris dans une activit\u00e9 d\u2019engagement, donc il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9criture qui puisse revendiquer une forme de d\u00e9sengagement. Et c\u2019est pour \u00e7a que j\u2019essaye toujours dans ce livre d\u2019inverser les valeurs en pensant que l\u2019acte premier de tout acte d\u2019\u00e9criture, la d\u00e9cision d\u2019\u00e9crire, est une d\u00e9cision d\u2019engagement, une d\u00e9cision d\u2019affronter le monde, de se confronter par rapport au monde, et qu\u2019\u00e0 partir de ce moment-l\u00e0, il faut d\u00e9finir l\u2019ensemble des id\u00e9ologies de la puret\u00e9, du formalisme, de l\u2019art pour l\u2019art, comme de l\u2019engagement contre l\u2019engagement, comme du d\u00e9sengagement.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>&#8211; La mauvaiset\u00e9 du monde c\u2019est sa r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il est travers\u00e9 par des syst\u00e8mes de pouvoir, des syst\u00e8mes de domination, des syst\u00e8mes de violence\u2026<br \/>\n&#8211; A.T.\u00a0: Mais qu\u2019est-ce que \u00e7a repr\u00e9senterait un monde bon\u00a0?<br \/>\n&#8211; G.d.L.\u00a0: C\u2019est un monde impossible, mais c\u2019est le monde dans lequel les valeurs d\u2019\u00e9galit\u00e9, de libert\u00e9, de justice sociale seraient parfaitement respect\u00e9es.<\/p>\n<p><b>SEMP\u00c9 \u00ab\u00a0 Swinguer avec..\u00a0\u00bb<\/b><br \/>\n&#8211; Qu\u2019est-ce qui est plus beau pour vous que la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9\u00a0?<br \/>\nS.\u00a0: Bah justement, \u00e9coutez, je cherche \u00e0 ne pas \u00eatre lourd, et comme vous pouvez vous en apercevoir, j\u2019ai quelques difficult\u00e9s \u00e0 ne pas l\u2019\u00eatre. Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a de plus beau que la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9\u00a0? Mais tout ce qui est beau est l\u00e9ger.<br \/>\nA.T.\u00a0: Comment \u00e7a s\u2019incarne pour vous, la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9\u00a0? Qu\u2019est-ce que \u00e7a veut dire \u00eatre l\u00e9ger\u00a0?<br \/>\nS.\u00a0: C\u2019est une sorte d\u2019\u00e9l\u00e9gance.<br \/>\nA.T.\u00a0: Notre \u00e9poque, vous la trouvez l\u00e9g\u00e8re\u00a0?<br \/>\nS.\u00a0: Oh non, pas du tout. La l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 a disparu en m\u00eame temps que la bonhomie.<br \/>\n&#8211; Quel est l\u2019instrument que vous pr\u00e9f\u00e9rez dessiner\u00a0?<br \/>\nS.\u00a0: Dessiner\u00a0? Je crois que c\u2019est la contrebasse.<br \/>\nA.T.\u00a0: Ah bon, pourquoi\u00a0?<br \/>\nS.\u00a0: Ce sont de jolies formes, ce sont des jolies arabesques, c\u2019est un tr\u00e8s tr\u00e8s tr\u00e8s bel instrument, contrebasse ou violoncelle bien s\u00fbr, et puis j\u2019aime beaucoup dessiner, enfin essayer de dessiner des saxophones dont je fais le bec \u00e0 l\u2019envers d\u2019ailleurs.<\/p>\n<p><b>PATTI\u00a0SMITH \u00ab\u00a0Just\u00a0\u00bb<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>( <\/b><i>beaucoup de Robert Mapplethorpe <\/i><b>)<\/b><br \/>\n&#8211; les chansons avant toute chose sont vivantes au pays des vivants. Sans doute sont-elles un art un peu plus modeste que les livres, sans doute n\u2019appellent-elles pas la gloire et les honneurs, mais elles ont cette beaut\u00e9-l\u00e0 d\u2019appartenir aux vivants. Autant dire que c\u2019est un pied de nez ultime \u00e0 la litt\u00e9rature. C\u2019est par \u00e7a qu\u2019il termine son discours du Nobel, Bob Dylan, en disant que ses chansons ne sont pas destin\u00e9es \u00e0 \u00eatre lues, mais \u00e0 \u00eatre \u00e9cout\u00e9es.<br \/>\n&#8211; Je ne suis professionnelle en rien, je n\u2019ai jamais eu de formation musicale. Je suis autodidacte, mais simplement je n\u2019ai pas peur de me tenir debout et de parler ou de chanter devant deux ou deux cent mille personnes. Je crois que c\u2019est dans ma nature, simplement.<br \/>\n&#8211; J\u2019aime les gens, m\u00eame quand j\u2019ai l\u2019air en col\u00e8re, furax, quand j\u2019engueule quelqu\u2019un ou que je crache sur la sc\u00e8ne ou que j\u2019arrache mes cordes de guitare, non, je suis heureuse d\u2019\u00eatre en train de communiquer avec des gens. Parce que le plus clair de mes activit\u00e9s c\u2019est l\u2019\u00e9criture, le dessin, la photo\u00a0: ce sont des activit\u00e9s tr\u00e8s solitaires. C\u2019est sympa ce contact physique avec les gens.<br \/>\n&#8211; qu\u2019est-ce que c\u2019est, un artiste\u00a0?<br \/>\nP.S.\u00a0: C\u2019est dur \u00e0 d\u00e9finir, surtout quand on fait de l\u2019art soi-m\u00eame. Mais je crois que c\u2019est tout ce pour quoi on a une passion, pas seulement une passion mais une vocation. Et on ne peut pas vivre sans se livrer \u00e0 sa passion. Moi, je ne peux pas vivre sans \u00e9crire tous les jours, sans essayer au mieux d\u2019exprimer l\u2019inexprimable. William S. Burroughs a dit qu\u2019un artiste, c\u2019est celui qui voit ce que les autres ne voient pas, et je crois que \u00e7a d\u00e9finit justement le travail de Robert.<br \/>\n&#8211; ce n\u2019est peut-\u00eatre pas le cas pour tout le monde, mais moi je ne peux pas s\u00e9parer l\u2019art et la vie. Je ne cesse jamais d\u2019\u00eatre \u00e9crivain. M\u00eame quand je n\u2019\u00e9cris pas, mon cerveau, mon esprit est toujours en \u00e9bullition. Qu\u2019on soit musicien, \u00e9crivain, journaliste\u2026 Quelle que soit la vocation qu\u2019on s\u2019est choisie, on ne cesse de transformer ce que l\u2019on voit \u00e0 l\u2019aune de qui l\u2019on est et ce que l\u2019on fait, de notre travail. Donc vous savez, moi je n\u2019ai pas un costume d\u2019artiste que j\u2019enfile \u00e0 heure fixe. Non, \u00e7a fait partie de mon ADN.<\/p>\n<p><b>ALAIN\u00a0CHABAT \u00ab\u00a0Santa Chabat\u00a0\u00bb<\/b> (<i>Augustin Trapenard\u00a0: Mon invit\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui \u00e9crit-il encore au P\u00e8re No\u00ebl\u00a0?<\/i> )<br \/>\n&#8211; j\u2019essaye d\u2019\u00eatre dans le moment. J\u2019essaye d\u2019\u00eatre dans le pr\u00e9sent, c\u2019est sage. Enfin, j\u2019ai l\u2019impression que c\u2019est un truc de sagesse.<br \/>\n<b>A.T.\u00a0:<\/b>\u00a0Un truc de Confucius m\u00eame, carr\u00e9ment, c\u2019est la sagesse par excellence.<br \/>\n&#8211; Il y a des tas d\u2019endroits o\u00f9 on ne f\u00eate pas No\u00ebl, ce n\u2019est pas du tout apocalyptique, mais c\u2019est un monde, disons, le symbole du partage.<br \/>\n&#8211; Donc oui j\u2019ai envie de partager, mais moi je suis drogu\u00e9 au rire\u2026 Une salle qui rigole d\u2019un coup, \u00e7a veut dire : \u00ab On est tous d\u2019accord l\u00e0-dessus, c\u2019est quand m\u00eame marrant ! \u00bb<br \/>\n&#8211; Et dans les Disney, moi il y a toujours un moment o\u00f9 j\u2019ai peur, il y a toujours un moment o\u00f9 je pleure, il y a toujours un moment o\u00f9 je ris, il y a toujours un temps o\u00f9 mon c\u0153ur bat hyper fort parce qu\u2019il faut absolument que les h\u00e9ros s\u2019en sortent.<\/p>\n<p><b>JORDI\u00a0SAVALL \u00ab\u00a0\u00c7a peut pas faire de mal\u00a0\u00bb<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n&#8211; <\/span><\/b>je pense qu\u2019on est dans un monde dans lequel l\u2019\u00eatre humain n\u2019est plus au centre. On a perdu ce centre, ce que, \u00e0 la Renaissance, on appelait l\u2019humanisme, est perdu aujourd\u2019hui.<br \/>\n&#8211; Mais il ne faut jamais oublier que tout cela, sans le contact humain, sans l\u2019expression de l\u2019humanit\u00e9 que chaque musique et chacun de nous peut porter, n\u2019a pas de sens.<br \/>\n&#8211; L\u2019\u00eatre humain est compos\u00e9 de 99 % de m\u00e9moire. Si on enl\u00e8ve la m\u00e9moire \u00e0 l\u2019\u00eatre humain, il n\u2019est plus \u00eatre humain.<br \/>\n<b>A.T.\u00a0:<\/b>\u00a0Un peuple sans sa musique, \u00e7a ressemblerait \u00e0 quoi\u00a0?<br \/>\n<b>J.S.\u00a0:<\/b>\u00a0Un peuple sans \u00e2me. La musique est l\u2019\u00e2me d\u2019un peuple. C\u2019est ce qui exprime de la mani\u00e8re la plus profonde, la plus simple, l\u2019essence d\u2019un peuple. La musique est toujours un langage d\u2019amour qui nous rapproche de l\u2019autre.<br \/>\n&#8211; la premi\u00e8re chose qu\u2019il faut faire pour faire de la musique ensemble, c\u2019est avoir une certaine sympathie. Deuxi\u00e8me chose : se respecter, s\u2019\u00e9couter, se mettre d\u2019accord, r\u00e9agir, dialoguer. Faire de la musique, c\u2019est une \u00e9cole de civilisation. Je disais toujours en blaguant qu\u2019il faudrait que nos politiques \u2013 les gens qui d\u00e9cident des choses \u2013 soient capables de faire la musique ensemble.<br \/>\n&#8211; La force de la musique, c\u2019est sa capacit\u00e9 de nous apporter du bonheur, de l\u2019amour, du plaisir, de la joie.<br \/>\n&#8211; La musique catalane, c\u2019est comme les musiques arm\u00e9niennes, c\u2019est comme la musique celtique, c\u2019est comme la musique de tous les peuples, ce sont des musiques qui nous racontent notre histoire. Ce sont souvent des chants tristes.<br \/>\n&#8211; Le violoncelle, \u00e0 part la viole de gambe, c\u2019est le plus proche de la voix elle-m\u00eame. Mais la viole de gambe, c\u2019est encore plus proche parce que la viole de gambe a moins de tension et peut aussi susurrer, dire les choses avec un niveau de tendresse que le violoncelle, \u00e0 cause de sa corde beaucoup plus tendue, a beaucoup plus de difficult\u00e9 \u00e0 faire.<\/p>\n<p><b>DANIEL\u00a0DAY-LEWIS \u00ab\u00a0sur mesure\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/b>&#8211; En quoi est-ce que le m\u00e9tier d\u2019acteur, c\u2019est aussi un m\u00e9tier qui s\u2019apprend par les mains, Daniel Day-Lewis\u00a0?<br \/>\nD.D.-L.\u00a0: Eh bien, en m\u00eame temps, les gens parlent d\u2019artisanat. Oui, c\u2019est un artisanat. Moi, \u00e7a me semble un peu suspect parce que je crois qu\u2019il faut \u00eatre humble.<br \/>\n&#8211; Dans les arts cr\u00e9atifs, je pense que m\u00eame si vous c\u00e9l\u00e9brez la beaut\u00e9, ce qui en soi est une c\u00e9l\u00e9bration de la vie, tr\u00e8s souvent vous vous retirez. Vous vous interdisez des liens avec les gens autour de vous.<br \/>\n&#8211; En tant que peintre, \u00e9b\u00e9niste, tout ce que j\u2019ai fait dans ma vie, ou jou\u00e9 dans ma vie\u2026 Le bonheur, c\u2019est la perte de soi. Non pas que l\u2019on fuie soi-m\u00eame \u2013\u00a0on se fuie avec horreur\u00a0\u2013, ce n\u2019est pas un acte de m\u00e9pris de soi, mais la pure joie de vivre dans un temps suspendu.<\/p>\n<p><b>TOMI\u00a0UNGERER \u00ab\u00a0les tentations de\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/b><span class=\"Apple-converted-space\"> &#8211; <\/span>Quand les nazis sont arriv\u00e9s, on avait des wagonnets, il fallait aller de maison en maison pour ramasser des livres fran\u00e7ais ou des revues fran\u00e7aises. Mais l\u00e0 o\u00f9 on a vraiment br\u00fbl\u00e9 les livres, c\u2019est quand les Fran\u00e7ais sont revenus. Ils ont br\u00fbl\u00e9 toute la biblioth\u00e8que allemande qui datait encore de l\u2019\u00e9poque du Kaiser. J\u2019ai vu Schiller et Goethe br\u00fbl\u00e9s en effigie et je dois dire que \u00e7a sentait plus le cuir que le papier parce que les volumes \u00e9taient reli\u00e9s. (<i>Cela se passait en Alsace<\/i>)<br \/>\nA.T.\u00a0: Qu\u2019est-ce qui se passe quand on emp\u00eache un enfant de parler sa langue\u00a0?<br \/>\nT.U.\u00a0: On lui enl\u00e8ve son identit\u00e9, mon Dieu\u00a0! On lui enl\u00e8ve son identit\u00e9. Et moi ma langue, vous savez que je suis parfaitement trilingue, j\u2019\u00e9cris mes livres en fran\u00e7ais, en allemand et en anglais.<br \/>\nA.T.\u00a0: Alors dans quelle langue est-ce que vous vous sentez chez vous\u00a0?<br \/>\nT.U.\u00a0: \u00c7a d\u00e9pend du pays dans lequel je suis, mais ma vraie langue, c\u2019est en fin de compte l\u2019alsacien, qui est une langue juteuse, je dirais presque rabelaisienne, n\u2019est-ce pas\u00a0?<br \/>\n&#8211; je pense qu\u2019il est essentiel de pousser les enfants \u00e0 poser des questions. Parce que tout ce qu\u2019ils font, je pense que la base m\u00eame de toute \u00e9ducation, c\u2019est d\u2019\u00e9veiller la curiosit\u00e9. Et \u00e0 ce moment-l\u00e0, on se met \u00e0 nourrir l\u2019imagination.<\/p>\n<p><b>\u00c9DOUARD\u00a0LOUIS \u00ab\u00a0accuse\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/b>&#8211; Plus vous \u00eates domin\u00e9 socialement, plus vous \u00eates expos\u00e9 \u00e0 la politique, et plus la politique peut vous tuer,<br \/>\n<b><\/b>&#8211; On voit tr\u00e8s bien que la question de la masculinit\u00e9, de la domination masculine et de l\u2019homophobie \u2013 puisque \u00eatre un vrai gar\u00e7on \u00e7a veut dire ne pas \u00eatre un p\u00e9d\u00e9 \u2013, \u00e7a peut produire de la pauvret\u00e9 \u00e9conomique. J\u2019\u00e9cris dans le livre : homophobie et domination masculine \u00e9galent pauvret\u00e9.<br \/>\n&#8211; Vous savez, quand on parle des classes populaires, on parle beaucoup en termes d\u2019exclusion \u2013 l\u2019exclusion sociale\u2026 Ce que je pense, c\u2019est que la politique fonctionne en fait beaucoup plus en termes de pers\u00e9cution. Les classes populaires, ce sont des classes pers\u00e9cut\u00e9es par la politique (\u2026)<\/p>\n<p><b>ARMISTEAD\u00a0MAUPIN \u00aben famille avec\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/b>&#8211; \u00a0Pour l\u2019instant, l\u2019Am\u00e9rique est un endroit terriblement triste pour les gens intelligents. Je connais des personnes qui pleurent tous les jours au sujet de Trump et de ce que \u00e7a signifie pour l\u2019\u00e9tat de notre pays et pour l\u2019\u00e9tat du monde. Cela confirme nos craintes les plus profondes.<br \/>\n&#8211; Mon p\u00e8re \u00e9tait un raciste fier de lui. Notre famille comm\u00e9more toujours la guerre civile. Ils \u00e9taient fiers d\u2019un grand-p\u00e8re qui s\u2019est battu pour pr\u00e9server l\u2019institution de l\u2019esclavage. Moi, je suis rempli de honte en tant qu\u2019adulte depuis de tr\u00e8s nombreuses ann\u00e9es.<br \/>\n&#8211; Je suis parti, je me suis \u00e9chapp\u00e9. Je suis mont\u00e9 dans ma voiture et j\u2019ai travers\u00e9 le pays. Mais je ne l\u2019aurais peut-\u00eatre pas fait si je n\u2019avais pas \u00e9t\u00e9 homosexuel, gay\u00a0! Une fois que je suis arriv\u00e9 \u00e0 San Francisco, j\u2019ai trouv\u00e9 un endroit o\u00f9 la population h\u00e9t\u00e9rosexuelle \u00e9tait plus \u00e0 l\u2019aise avec ma propre sexualit\u00e9 que je ne l\u2019\u00e9tais moi-m\u00eame.<br \/>\n&#8211; Chroniques de San Francisco, l\u2019un des porte-paroles de la lutte pour les droits homosexuels<br \/>\n&#8211; Moi je contiens des histoires, peu importe ce qui arrive, je peux les trouver n\u2019importe o\u00f9. Mais c\u2019est difficile pour ces histoires de sortir de la vie r\u00e9elle aujourd\u2019hui. Maintenant que c\u2019est une ville mono-business, mono-affaires.<br \/>\n<b>A.T <\/b>&#8211; est-ce qu\u2019il y a pour vous des sujets tabous en litt\u00e9rature\u00a0?<br \/>\n<b>A.M.\u00a0:<\/b>\u00a0Mais la r\u00e9ponse, c\u2019est non. Je ne peux pas en trouver un seul.<br \/>\n&#8211; J\u2019ai toujours consid\u00e9r\u00e9 l\u2019\u00e9criture comme une fa\u00e7on de consoler les autres et de me consoler moi-m\u00eame.<br \/>\n&#8211; \u00catre gay m\u2019a enseign\u00e9 la tol\u00e9rance, la compassion et l\u2019humilit\u00e9.\u00a0Cela m\u2019a montr\u00e9 les possibilit\u00e9s illimit\u00e9es de l\u2019existence. Cela m\u2019a fait conna\u00eetre des gens dont la passion, la gentillesse et la sensibilit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 pour moi une constante source d\u2019\u00e9nergie. Cela m\u2019a fait entrer dans la grande famille de l\u2019Humanit\u00e9<\/p>\n<p><b>JOS\u00c9E\u00a0KAMOUN \u00ab\u00a0version\u00a0\u00bb<\/b> (traductrice)<br \/>\n&#8211; Le traducteur n\u2019est pas un cr\u00e9ateur. Sans aucun doute c\u2019est un cr\u00e9atif, sans aucun doute, c\u2019est un recr\u00e9ateur, c\u2019est un passeur, c\u2019est tout ce que vous voudrez mais ce n\u2019est pas l\u2019auteur du texte.<br \/>\n&#8211; Et alors donc il y a ce tempo qui est extr\u00eamement variable, si vous voulez, qui est flexible. En plus, c\u2019\u00e9tait un pianiste Roth, c\u2019\u00e9tait un musicien. Et donc il avait un sens du rythme qui \u00e9tait chevill\u00e9 au corps \u2013\u00a0je dis bien au corps. \u00c7a faisait partie des traces de son corps dans son \u00e9criture.<br \/>\n&#8211; C\u2019est qu\u2019une fois qu\u2019on aura enclench\u00e9 le pass\u00e9 simple on va avoir en cascade, \u00e0 cause de la concordance des temps, des plus-que-parfaits, bien entendu, et last but not least, des imparfaits du subjonctif. Autrement dit, vous avez une langue tr\u00e8s naturelle en anglais, dans 1984 \u2013\u00a0je ne dirais pas oralis\u00e9e\u00a0\u2013, mais parfaitement spontan\u00e9e et naturelle. C\u2019est la conscience du personnage, on est dans la troisi\u00e8me personne, le r\u00e9cit est \u00e0 la troisi\u00e8me personne, mais nous sommes dans la conscience du personnage.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>&#8211; Donc il y avait le rapport entre le temps et l\u2019espace que je trouvais magistral. Et il y a aussi le rapport, et \u00e7a va avec, entre le son et l\u2019image. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019au fil de ce roman, on a des images fantastiques qui nous parlent tellement, qui sont tellement color\u00e9es, qui sont tellement inattendues, parfois. Il ne faut pas oublier que Kerouac, c\u2019est lui qui le disait, moi je ne le sens pas particuli\u00e8rement dans sa prose, mais il n\u2019est pas anglophone, c\u2019est pas sa langue maternelle.<br \/>\n&#8211; La musique de la langue, on ne peut pas la rendre parce que le fran\u00e7ais, quoi qu\u2019on en ait, ne fera jamais la musique de l\u2019anglais, pour toutes sortes de raisons, notamment les accents toniques et l\u2019accentuation aussi, l\u2019intonation de la phrase. N\u00e9anmoins, je pouvais essayer de recr\u00e9er des changements de rythme, des br\u00e8ves et des longues.<\/p>\n<p><b>WAJDI\u00a0MOUAWAD \u00ab\u00a0vous regarde\u00a0\u00bb<\/b><br \/>\n&#8211; Je crois vraiment qu\u2019aujourd\u2019hui dans le temps pr\u00e9sent, une des choses qui m\u2019indigne vraiment, c\u2019est la puissance, la brutalit\u00e9 des paroles m\u00e9diatis\u00e9es. C\u2019est-\u00e0-dire le fait que la moindre parole, parce qu\u2019elle est \u00e9nonc\u00e9e dans l\u2019espace public, devient presque une sorte de v\u00e9rit\u00e9. Et on voit ce que cela donne sur le rapport \u00e0 la justice, par exemple, d\u00e8s lors qu\u2019un individu est soup\u00e7onn\u00e9, ce soup\u00e7on devient imm\u00e9diatement une accusation, et cette accusation devient une destruction d\u2019une vie.<br \/>\n&#8211; On ne sait pas ce que ce sentiment d\u2019attente est, on ne sait s\u2019il est r\u00e9el ou pas, s\u2019il est fond\u00e9 ou non, on ne sait s\u2019il est fantasmatique ou pas et on ne parvient pas collectivement \u00e0 voir un sens, une direction, de telle sorte qu\u2019il y a ce sentiment de fragmentation, on a le sentiment d\u2019\u00eatre un peu tout seul ou en tout cas avec sa petite cellule. Et le danger, c\u2019est ce retour \u00e0 l\u2019enfermement dans sa propre cellule, \u00e0 prot\u00e9ger uniquement sa propre cellule, puisque de toutes les fa\u00e7ons les voisins, les autres, nous ne semblons pas partager les m\u00eames valeurs, nous ne semblons pas partager des m\u00eames id\u00e9es, nous ne savons pas exactement de quoi nous avons peur les uns et les autres. Et \u00e7a, \u00e7a cr\u00e9e ce sentiment d\u2019attente entre deux \u00e9poques.<br \/>\n&#8211; les habitants d\u2019Ath\u00e8nes habitaient dans des arrondissements qu\u2019on appelait les d\u00e8mes. On ne disait pas arrondissement, on disait d\u00e8me. Et s\u2019est institu\u00e9e donc cette id\u00e9e que c\u2019est le pouvoir des d\u00e8mes, donc la d\u00e9mocratie.<br \/>\n(Lecture d\u2019un magnifique texte intitul\u00e9 \u00ab\u00a0la trahison des paons\u00a0\u00bb)<br \/>\n&#8211; Contempler un paysage peut \u00eatre une consolation. Il suffit de lever les paupi\u00e8res et le monde est l\u00e0, offert, disponible. Cependant, pour qu\u2019un paysage puisse appara\u00eetre dans toute sa splendeur, il lui faut le chevauchement de deux points de vue saisis simultan\u00e9ment l\u2019un par l\u2019\u0153il droit, l\u2019autre par l\u2019\u0153il gauche.<br \/>\n&#8211; Hom\u00e8re donne corps \u00e0 cette id\u00e9e qui veut que, contre la barbarie, il est sage d\u2019user de moyens dont la finesse \u00e9chappe \u00e0 la barbarie, contre l\u2019opacit\u00e9 de la force, opposer la lumi\u00e8re de l\u2019esprit, contre le cercle de pierre, opposer la rosace de verre, contre la certitude aveugle du dictateur, opposer la solidarit\u00e9 des \u00e9branl\u00e9s.<br \/>\n&#8211; Hier, nazisme, fascisme, franquisme, et aujourd\u2019hui hassadisme ont \u0153uvr\u00e9 et \u0153uvrent toujours sous d\u2019autres noms avec une violence inou\u00efe pour que jamais la moindre perspective ne puisse se d\u00e9ployer dans l\u2019espace politique, artistique, scientifique et social sur lequel ils r\u00e8gnent.<\/p>\n<p><b>MANU\u00a0DIBANGO \u00ab\u00a0et son saxo\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/b><i>Avec lui on va parler d\u2019appropriation culturelle, d\u2019Afrique, d\u2019art, de musique, de colonisation, de saxo, de jazz, d\u2019esclavage, du Cameroun<br \/>\n<\/i>A.T.- Quelle violence est-ce qu\u2019il y a pour vous dans l\u2019appropriation culturelle\u00a0?M.D.\u00a0: Il y a l\u2019amour. D\u2019abord l\u2019amour, alors \u00e7a se d\u00e9cline \u00e0 plusieurs niveaux, \u00e7a se d\u00e9cline par le vol, d\u2019abord, l\u2019amour,<br \/>\net ensuite, les forts et les faibles, et ensuite, la loi. Donc il faut g\u00e9rer tout \u00e7a.<br \/>\nA.T.\u00a0: Vous l\u2019avez v\u00e9cu, vous\u00a0?<br \/>\nM.D.\u00a0: Oui, on ne pille que ce qu\u2019on aime d\u2019ailleurs, dans mon cas.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span>&#8211; On vit dans nos cocotiers donc on ne conna\u00eet pas la loi en fait, c\u2019est \u00e7a un peu, \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0. Et \u00e7a, \u00e7a va un peu\u2026 Si on \u00e9tend le probl\u00e8me, \u00e7a va aussi sur les objets qu\u2019on appelle art ici, mais c\u2019est pas l\u2019art pour l\u2019Africain en fait au d\u00e9part parce que c\u2019est pas\u2026<br \/>\n&#8211;<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Quelle Afrique\u00a0? Il y a plusieurs Afriques.<br \/>\n&#8211; Le makossa \u00e7a veut dire \u00ab\u00a0remuer les hanches\u00a0\u00bb, tout simplement, c\u2019est le mot. Donc on remue les hanches de cette fa\u00e7on-l\u00e0 et il y a plusieurs rythmes chez nous. Enfin, au Cameroun, il y a au moins quatre rythmes principaux, mais c\u2019est celui-l\u00e0 qui est pass\u00e9 le premier. Il y en a d\u2019autres derri\u00e8re, il y a le mangambeu, il y a l\u2019assiko, (\u2026)<br \/>\n&#8211; Comment on peut r\u00e9sumer le jazz ? On pourrait dire que c\u2019est une belle fleur qui a pouss\u00e9 dans le fumier. Le fumier, c\u2019\u00e9tait l\u2019esclavage. Bon, l\u00e0-dessus est n\u00e9e une musique qui appartient \u00e0 tout le monde, les Afro-Am\u00e9ricains, et puis les Blancs am\u00e9ricains, les instruments. Et tout \u00e7a, et le rythme, ce m\u00e9lange a fait le jazz, donc le jazz appartient \u00e0 tout le monde.<br \/>\n&#8211; \u00c0 notre \u00e9poque, on entrait d\u2019abord dans l\u2019\u00e9cole du quartier, o\u00f9 tu apprenais \u00e0 \u00e9crire et \u00e0 lire dans ta langue, le duala. Donc, tu avais une litt\u00e9rature, tu avais le Nouveau Testament, l\u2019Ancien Testament, la Bible en duala\u2026 Donc, quand tu entres \u00e0 l\u2019\u00e9cole des Blancs, tu sais d\u00e9j\u00e0 lire et \u00e9crire. Maintenant, il suffit, apr\u00e8s, d\u2019apprendre le fran\u00e7ais.<\/p>\n<p><b>NINA\u00a0BOURAOUI \u00ab\u00a0In\u00e9dits\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/b>&#8211; Je veux parler de ma seule arme, la douceur.<br \/>\n&#8211; Donc je crois qu\u2019un \u00e9crivain, il a les yeux bien plus grands ouverts que les autres, parce qu\u2019il a du temps, quand m\u00eame, pour regarder le monde, et \u00e9crire, c\u2019est restituer le monde ou restituer sa beaut\u00e9 perdue.<br \/>\n&#8211; L\u2019artiste donne du sens au monde, il n\u2019est pas superficiel, ce n\u2019est pas vrai. Les dictatures ont chass\u00e9 tous leurs artistes. L\u2019art est pi\u00e9tin\u00e9 en dictature et je crois que l\u2019art c\u2019est la libert\u00e9.<br \/>\n&#8211; Je crois que pers\u00e9cuter une minorit\u00e9, c\u2019est pers\u00e9cuter le c\u0153ur d\u2019un pays.<br \/>\n&#8211; Je crois en l\u2019amour qui appelle l\u2019amour et en la libert\u00e9 qui appelle la libert\u00e9 et le livre est cet instrument-l\u00e0.<br \/>\n&#8211; entrer dans la chambre de quelqu\u2019un de seul, pendant une heure de lecture, et qu\u2019il se dise \u00ab\u00a0je ne suis pas seul\u00a0\u00bb, en effet \u00e7a existe.<br \/>\n&#8211; \u00c9crire ce n\u2019est pas juste b\u00e2tir une partition. Non, \u00e9crire c\u2019est donner une voix aux hommes et aux femmes qui constituent une foule. C\u2019est rapporter la souffrance et c\u2019est dire les esp\u00e9rances. C\u2019est trouver la rivi\u00e8re et l\u2019or de la rivi\u00e8re. \u00c9crire, c\u2019est \u00e9pouser le c\u0153ur des autres.<\/p>\n<p><b>TRISTAN\u00a0GARCIA \u00ab\u00a0dans l\u2019\u00e2me\u00a0\u00bb<\/b><br \/>\n&#8211; Le livre est une sorte de c\u00e9l\u00e9bration de la capacit\u00e9 de l\u2019humanit\u00e9 partout et toujours \u00e0 raconter. C\u2019est une c\u00e9l\u00e9bration des grands r\u00e9cits indiens du Ramayana, du Mahabharata qui est tr\u00e8s pr\u00e9sent dans le livre, de ce qu\u2019on appelle les quatre grands romans chinois, Au bord de l\u2019eau\u2026 \u00c7a a \u00e9t\u00e9 une vraie lib\u00e9ration pour moi de d\u00e9couvrir que la litt\u00e9rature n\u2019\u00e9tait pas europ\u00e9enne, que le roman n\u2019avait pas commenc\u00e9, j\u2019en sais rien, avec Chr\u00e9tien de Troyes au Moyen\u00a0\u00c2ge, que c\u2019\u00e9tait pas juste\u2026<br \/>\n&#8211; Tant qu\u2019on peut le raconter, il reste une trace, qui ensuite devient une trace de trace, c\u2019est une trace de trace de trace.<br \/>\n&#8211; J\u2019aimerais \u00eatre capable de ne jamais confondre les aurores et les cr\u00e9puscules, ce qui commence et ce qui finit. Je voudrais les distinguer pour n\u2019humilier ni les uns ni les autres. En politique, en art, en amour et en amiti\u00e9, il arrive sans cesse qu\u2019on prenne le d\u00e9but de quelque chose pour la fin d\u2019autre chose et une mort pour une naissance. On d\u00e9plore un d\u00e9clin et on ne voit plus ce qui grandit.<br \/>\n&#8211; Tout ce que je souhaite, c\u2019est de pouvoir aimer \u00e9galement ce qui commence et ce qui finit, sans faire semblant, sans faire passer un effondrement pour une r\u00e9v\u00e9lation, ni une gestation pour une agonie.<\/p>\n<p><b>MONA\u00a0OZOUF \u00ab\u00a0les lumi\u00e8res de\u00a0\u00bb<\/b><br \/>\n&#8211; Le sentiment d\u2019humiliation, le sentiment de m\u00e9pris. L\u00e0 encore, il y a une ressemblance extraordinaire. C\u2019est ce que l\u2019on a appel\u00e9 pour l\u2019Ancien R\u00e9gime la cascade de m\u00e9pris qui descend du plus haut degr\u00e9 au plus bas.<br \/>\n&#8211; Donc il y a la d\u00e9fiance, nous vivons dans un monde de la d\u00e9fiance. L\u00e0, \u00e7a fait une grande diff\u00e9rence avec les dol\u00e9ances dont nous sommes partis. C\u2019est qu\u2019il y avait l\u00e0 une sorte de confiance. Il y a une confiance dans le roi, mais il y a aussi, chez les hommes qui entrent en r\u00e9volution, une grande confiance dans ce qu\u2019ils vont faire.<br \/>\n&#8211; Pour faire une r\u00e9volution, il faut un projet, il faut une esp\u00e9rance, il faut un r\u00e9cit.<br \/>\nA.T.\u00a0: Oui, vous dites un projet, un r\u00eave de soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\nM.O.\u00a0: Oui, un r\u00eave de soci\u00e9t\u00e9, qui peut \u00eatre d\u2019ailleurs un r\u00eave chim\u00e9rique, mais qui existe. L\u00e0, j\u2019ai pas l\u2019impression qu\u2019il existe<br \/>\n&#8211; \u2019imagination n\u2019est pas \u00e0 l\u2019aise dans un monde qui est peupl\u00e9 d\u2019images, qui est tellement riche d\u2019images qu\u2019il ne laisse plus beaucoup de place \u00e0 l\u2019imagination.<br \/>\n&#8211; Au cours \u00e9l\u00e9mentaire, la ma\u00eetresse nous faisait voir notre situation excentrique, tout \u00e0 gauche de la carte. Surtout pas \u00e0 gauche, disait-elle, il faut dire \u00e0 l\u2019ouest. Je me repr\u00e9sentais alors la Bretagne comme une barque. Cette barque, sans doute, s\u2019\u00e9tait embourb\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 de ces compactes marches orientales.<br \/>\n&#8211; La pragmatique Bretagne d\u2019aujourd\u2019hui arbore la fiert\u00e9 d\u2019avoir, sabots joints, saut\u00e9 dans la modernit\u00e9. Pourtant, l\u2019irrationnel s\u2019y m\u00eale toujours \u00e0 l\u2019existence quotidienne.<\/p>\n<p><b>NANA\u00a0MOUSKOURI \u00ab\u00a0\u00e0 la rescousse\u00a0\u00bb<\/b><br \/>\n&#8211; Et il y a toujours eu un espoir que des jours meilleurs allaient venir. Parce qu\u2019il faut savoir que dans la vie, les joies, les bonheurs, et puis aussi les tristesses, les larmes marchent ensemble. Ils se tiennent presque par la main. Il y a une chose qui est tr\u00e8s importante, c\u2019est que les deux ont une fin. \u00c7a veut dire qu\u2019aucune n\u2019existe pour toujours, et c\u2019est pour \u00e7a qu\u2019il faut veiller \u00e0 ce que l\u2019espoir l\u2019emporte sur la tristesse.<br \/>\n&#8211; Platon disait que la Musique est une loi morale. Elle donne beaucoup d\u2019esprit et de joie, elle \u00e9l\u00e8ve l\u2019\u00e2me.<br \/>\n&#8211; Et vous savez, Ella Fitzgerald, elle faisait du rap aussi, \u00e0 un moment donn\u00e9, parce qu\u2019elle a tout fait.<br \/>\n<b>A.T.\u00a0:<\/b>\u00a0Eh oui. Quand elle faisait ses petits scats, l\u00e0\u2026<br \/>\n<b>N.M.\u00a0:<\/b>\u00a0Voil\u00e0, c\u2019est \u00e7a, avec les mots.<br \/>\n&#8211; Les cultures peuvent se ressembler, pourtant elles ne sont pas pareilles. Alors, il faut trouver ce qui vous va et ce qui ne vous va pas, vous prenez certaines choses et en laissez d\u2019autres de c\u00f4t\u00e9. Mais surtout dans la vie, il faut apprendre \u00e0 s\u2019\u00e9couter, \u00e0 se respecter, y compris dans ses diff\u00e9rences.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>BOOBA \u00ab\u00a0B.A.-BA de\u00a0\u00bb<\/b><br \/>\n&#8211; Quand je dis vrai artiste, \u00eatre un artiste ce n\u2019est pas \u00eatre en studio et se demander\u00a0: \u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce que mon public veut ou qu\u2019est-ce que les gens veulent\u00a0?\u00a0\u00bb, c\u2019est faire ce qu\u2019on aime vraiment, ce qu\u2019on ressent, ce qu\u2019on a dans le c\u0153ur et y aller.<br \/>\n&#8211; Moi c\u2019est \u00e7a qui m\u2019a construit \u00e0 la base, le rap c\u2019est un peu une musique de\u2026 C\u2019est comme le rock, c\u2019est un peu une musique d\u2019\u00ab\u00a0anarchiste\u00a0\u00bb, entre guillemets, de r\u00e9volt\u00e9.<br \/>\n&#8211; Il y a une phrase dans\u00a0<i>Le Roi lion<\/i>\u00a0que j\u2019aime bien, o\u00f9 il dit\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis seulement brave quand j\u2019ai besoin de l\u2019\u00eatre.\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0Le\u00a0Dormeur du val\u00a0\u00bb\u2026 En fait, c\u2019\u00e9tait tellement bien \u00e9crit, enfin pour moi, et tellement imag\u00e9\u2026 Moi en cours, je me faisais chier, donc quand par exemple j\u2019\u00e9coutais \u00ab\u00a0Le Dormeur du val\u00a0\u00bb, je sortais de mon corps en fait, j\u2019\u00e9tais dans la plaine avec le gars, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du gars. Je le regardais, j\u2019\u00e9tais vraiment\u2026 Je m\u2019\u00e9vadais, en fait. Quand j\u2019\u00e9cris, c\u2019est comme \u00e7a, c\u2019est tout visuel.<\/p>\n<p><b>GABRIEL\u00a0YARED \u00ab\u00a0donne le ton\u00a0\u00bb (<\/b><i>Compositeur de musique<\/i><b>)<br \/>\n<\/b>&#8211; Il y a deux sciences importantes dans la musique, c\u2019est l\u2019harmonie et le contrepoint. L\u2019harmonie, il faut imaginer quelque chose de vertical. Un accord par exemple, proc\u00e8de selon les lois de l\u2019harmonie. Le contrepoint, ce sont plusieurs lignes m\u00e9lodiques qui sont superpos\u00e9es, donc c\u2019est horizontal, et la superposition de ces lignes cr\u00e9e aussi une harmonie, mais une harmonie qui est beaucoup plus libre que l\u2019harmonie qu\u2019on apprend en g\u00e9n\u00e9ral dans les r\u00e8gles du conservatoire.<br \/>\n&#8211; Mais quand vous fr\u00e9quentez la musique, vous ne pouvez pas ne pas \u00eatre humain. Tous les compositeurs les plus grands ont \u00e9t\u00e9 humainement des gens passionnants, int\u00e9ressants. Peut-\u00eatre Wagner, \u00e0 l\u2019exception peut-\u00eatre parfois de Wagner, qui \u00e9tait vraiment rempli d\u2019un ego monstrueux. Mais je crois que moi elle m\u2019a apport\u00e9 le monde, elle m\u2019a apport\u00e9 l\u2019univers, elle m\u2019a apport\u00e9\u2026 Elle m\u2019a appris \u00e0 me conna\u00eetre moi-m\u00eame aussi, mes faiblesses. Parce que souvent, on compose et on se croit bon, et puis on recommence \u00e0 faire la m\u00eame chose, et on vit sur ses habitudes. Donc, ce renouvellement-l\u00e0, c\u2019est la musique qui me l\u2019a appris. Me renouveler dans ma vie, dans mes habitudes, je ne parle pas que de musique, simplement. Toujours regarder ailleurs, explorer d\u2019autres chemins.<\/p>\n<p><b><\/b><b><\/b><b>ALAIN\u00a0PASSARD \u00ab\u00a0l\u2019art\u00a0\u00bb<\/b><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>(<i>Chef trois \u00e9toiles aux multiples talents, il a redor\u00e9 le blason du parent pauvre de la cuisine\u00a0: le l\u00e9gume<\/i>)<br \/>\n&#8211; Une saison, c\u2019est quelque chose de tr\u00e8s important parce qu\u2019il y a autour d\u2019une saison d\u2019abord un rendez-vous et une cr\u00e9ativit\u00e9 bien s\u00fbr. Et je me suis aper\u00e7u qu\u2019en respectant les saisons, la nature avait tout \u00e9crit.<br \/>\n&#8211; je pense que si la nature a cr\u00e9\u00e9 des saisons, c\u2019est pour \u00e9viter la routine. C\u2019est l\u2019histoire\u2026 ce sont deux chiffres, le 4 et le 5. Le 4, les 4 saisons et le 5, les 5 sens.<br \/>\n&#8211; on se rapproche \u00e0 la fois de la couture par rapport aux saisons, on s\u2019approche de la peinture par rapport aux couleurs. Chaque saison a ses couleurs et le fait de respecter les saisons, il n\u2019y a pas de lassitude, on est toujours \u00e9mu.<br \/>\n&#8211; <b>A.T.\u00a0:<\/b>\u00a0C\u2019est du jazz, la cuisine\u00a0?<br \/>\n<b>A.P.\u00a0:<\/b>\u00a0Oui, un peu oui.<br \/>\n<b>A.T.\u00a0:<\/b>\u00a0Avec de l\u2019impro\u00a0?<br \/>\n<b><\/b><b><\/b><b>A.P.\u00a0:<\/b>\u00a0Avec de l\u2019impro et puis c\u2019est vrai qu\u2019en cuisine il y a le chant du feu, et pour moi le chant du feu c\u2019est un peu la flamme d\u2019un saxophone.<br \/>\n&#8211; <b><i>Recette<\/i><\/b> : Carpaccio de tomates, la noire de Crim\u00e9e, sublime avec une huile d\u2019olive dans laquelle vous aurez ajout\u00e9 trois gouttes de fleur d\u2019oranger. Oh, d\u00e9licieux, rien d\u2019autre, pas d\u2019acidit\u00e9, la tomate a sa propre acidit\u00e9.<\/p>\n<p><b>JEAN-PAUL DUBOIS \u00ab le monde par \u00bb<br \/>\n<\/b>&#8211; Le pouvoir c\u2019est Tony Montana. C\u2019est-\u00e0-dire que les d\u00e9mocraties aujourd\u2019hui ont \u00e9lu elles-m\u00eames leurs propres tyrans. C\u2019est \u00e7a qui est vachement bizarre. <span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>(<i>Tony Montana = Scarface<\/i>)<br \/>\n&#8211; la conscience animale, qui est constamment hant\u00e9e par l\u2019id\u00e9e de l\u2019imminence du pr\u00e9dateur qui va arriver, on ne sait quand, on ne sait d\u2019o\u00f9, mais on ne sait pas le nommer. Et cette id\u00e9e de l\u2019animal dans la for\u00eat qui est constamment, qui ne vit qu\u2019avec cette id\u00e9e \u2013 l\u2019id\u00e9e de cette imminence et de cette fin qui r\u00f4de \u2013, moi je pense qu\u2019on devrait l\u2019apprendre \u00e0 l\u2019\u00e9cole, et \u00e7a nous donnerait peut-\u00eatre une perception du monde diff\u00e9rente, et surtout un usage du monde qui serait diff\u00e9rent.<br \/>\n&#8211; une communaut\u00e9, c\u2019est \u00e0 peu pr\u00e8s un truc comme \u00e7a, c\u2019est quelque chose de tr\u00e8s tr\u00e8s fragile, et qui marche parfois gr\u00e2ce \u00e0 la bienveillance, l\u2019efficacit\u00e9, l\u2019intelligence, le respect mutuel, de quelques types qui vont animer \u00e7a et donner cette envie aux autres de se tenir droit dans la vie, quoi.<br \/>\n&#8211; Comme dans l\u2019esp\u00e8ce animale, il y a une immense vari\u00e9t\u00e9 de fa\u00e7ons d\u2019\u00eatre au monde, de l\u2019habiter, de l\u2019occuper. Il y a les pr\u00e9dateurs, il y a les victimes, il y a les gens qui courent, il y a les gens qui montent aux arbres pour essayer d\u2019\u00e9chapper \u00e0 autre chose\u2026 Je crois que les Allemands, sans faire le p\u00e9dant du tout, appellent \u00e7a le <i>Umwelt<\/i>. Le\u00a0<i>Umwelt<\/i>, c\u2019est la sp\u00e9cificit\u00e9 de chaque esp\u00e8ce et l\u2019intelligence qu\u2019elle a, qu\u2019elle d\u00e9veloppe pour \u00eatre au monde.<\/p>\n<p><b>MICHELLE\u00a0PERROT \u00ab\u00a0le point\u00a0\u00bb <\/b><i>(historienne)<br \/>\n<\/i>&#8211; Un corps c\u2019est tout, c\u2019est la vie, ce sont les comportements quotidiens, les affects, les \u00e9motions, c\u2019est la discipline, le corps c\u2019est la discipline.<br \/>\n&#8211; Donc il y a l\u2019id\u00e9e que peut-\u00eatre sans violenter les gens, mais simplement en les notant, en les \u00e9valuant\u2026 Ce qui me fait tr\u00e8s tr\u00e8s peur dans la soci\u00e9t\u00e9 actuelle, c\u2019est la diffusion de l\u2019\u00e9valuation.<br \/>\n&#8211; ces r\u00e9seaux sociaux sont des formes de libert\u00e9 d\u2019expression, dont tout un chacun peut s\u2019emparer, on l\u2019a bien vu au moment de l\u2019affaire #MeToo. Il n\u2019y aurait pas eu d\u2019affaire #MeToo telle qu\u2019elle a exist\u00e9 s\u2019il n\u2019y avait pas eu les r\u00e9seaux sociaux, et si les gens, les femmes en l\u2019occurrence, n\u2019avaient pas pu communiquer aussi vite.<br \/>\n&#8211; Le pr\u00e9sent est li\u00e9 \u00e0 l\u2019Histoire, l\u2019Histoire est li\u00e9e au pr\u00e9sent. Nous sommes notre pass\u00e9, mais en m\u00eame temps, nous innovons toujours car il ne faut pas croire surtout que l\u2019histoire est la r\u00e9p\u00e9tition du m\u00eame.<br \/>\n&#8211; L\u2019autre, ce n\u2019est pas facile. Recevoir l\u2019autre, accepter l\u2019autre, surtout si on pense qu\u2019il vous menace, \u00e7a vous met dans une position d\u00e9fensive. Cela a toujours \u00e9t\u00e9. Il y a eu des mouvements x\u00e9nophobes au XIXe\u00a0si\u00e8cle<br \/>\n&#8211; La marge, c\u2019est ce qui se situe \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie, qui a l\u2019air d\u2019\u00eatre ailleurs, mais en r\u00e9alit\u00e9, Foucault aussi nous a appris \u00e7a\u00a0: la marge, c\u2019est le centre. C\u2019est-\u00e0-dire que les politiques, la politique en g\u00e9n\u00e9ral au sens le plus noble, agissent aussi avec les p\u00e9riph\u00e9ries. Et par cons\u00e9quent, les p\u00e9riph\u00e9ries, il ne faut pas croire qu\u2019on va pouvoir comme \u00e7a les chasser, les limiter. M\u00eame si on le fait, elles seront notre centre obs\u00e9dant.<br \/>\n&#8211; C\u2019est quand \u00e7a g\u00e9n\u00e9ralise, quand les femmes deviennent plus nombreuses, alors l\u00e0, les hommes ont une esp\u00e8ce de frisson, ils se disent\u00a0: \u00ab\u00a0Oh l\u00e0, mais c\u2019est l\u2019invasion\u00a0?\u00a0\u00bb Alors, ils ne le disaient peut-\u00eatre pas dans les ann\u00e9es 1950, on \u00e9tait quand m\u00eame beaucoup plus \u00e9volu\u00e9s, mais c\u2019est quelque chose que j\u2019ai retrouv\u00e9 dans les textes d\u2019entre-deux-guerres. On voyait arriver les filles dans l\u2019enseignement, les femmes dans l\u2019enseignement, et il y a des textes qui disent\u00a0: \u00ab\u00a0Mais \u00e7a sera bient\u00f4t l\u2019invasion\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><b>DOROTH\u00c9E\u00a0GILBERT \u00ab\u00a0Passion\u00a0\u00bb<\/b><i> (danseuse \u00e9toile de l\u2019Op\u00e9ra de Paris)<\/i><b><span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span><\/b>&#8211; La douleur fait partie du quotidien, mais c\u2019est pas dans le sens un peu sadomasochiste, c\u2019est dans le sens qu\u2019on pousse notre corps le plus loin possible, on essaye de d\u00e9passer ses limites et du coup forc\u00e9ment le corps souffre. C\u2019est un petit peu douloureux mais c\u2019est pas la douleur parce qu\u2019on a envie d\u2019avoir mal, c\u2019est pour pouvoir aller plus loin.<br \/>\n&#8211; Je pense que c\u2019est important de s\u2019\u00e9couter, mais je pense qu\u2019il ne faut pas s\u2019abattre et il faut continuer \u00e0 garder le cap, \u00e0 \u00eatre positif. Quoi qu\u2019il arrive, il faut se servir de ses \u00e9checs pour pouvoir rebondir.<br \/>\n&#8211; <b>A.T.\u00a0:<\/b>\u00a0Comment on fait pour m\u00e9moriser une chor\u00e9graphie\u00a0? C\u2019est une vraie question.<br \/>\nD.G.\u00a0: C\u2019est li\u00e9 \u00e0 la musique. Pour moi, c\u2019est vraiment, vraiment li\u00e9 \u00e0 la musique. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019une chor\u00e9graphie, justement, quand j\u2019essaie de la r\u00e9viser la veille dans ma t\u00eate<\/p>\n<p><b>KAMEL\u00a0DAOUD \u00ab\u00a0En v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/b>&#8211; Qu\u2019est-ce qui menace la libert\u00e9 d\u2019expression aujourd\u2019hui\u00a0?<br \/>\nK.D.\u00a0: Probablement deux ou trois choses\u00a0: la radicalit\u00e9, la v\u00e9rit\u00e9, la vanit\u00e9 de croire la poss\u00e9der et la vanit\u00e9 de croire l\u2019incarner aussi. Je pense qu\u2019il y a des plateformes d\u2019expression qui nous ont permis une grande libert\u00e9 comme Internet, mais qui \u00e0 la fois nourrissent cette radicalit\u00e9-l\u00e0 et sur laquelle se greffent toutes les mis\u00e8res du monde, tous les d\u00e9sespoirs, toutes les souffrances et aussi toutes les pr\u00e9tentions \u00e0 contr\u00f4ler les autres, \u00e0 les poss\u00e9der, \u00e0 les soumettre \u00e0 sa propre volont\u00e9.<br \/>\n&#8211; je trouve cette nouvelle culture \u2013 qu\u2019on appelle la cancel culture maintenant \u2013 assez scandaleuse. Je veux dire, on est l\u00e0, on est en train de r\u00e9inventer des temples, des \u00e9glises et surtout de nouvelles orthodoxies et des inquisitions.<br \/>\n&#8211; Internet a fait basculer les choses dans l\u2019autre sens, dans le sens inverse de la responsabilit\u00e9. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019une personne anonyme a le droit, a le devoir, a la possibilit\u00e9 de tout dire, de tout oser, alors qu\u2019une personnalit\u00e9 publique qui signe avec son nom, qui publie avec son nom et pr\u00e9nom, se retrouve dans une position d\u2019accus\u00e9 perp\u00e9tuel, de quelqu\u2019un qui doit peser ses mots, et \u00e0 force de les peser, il n\u2019ose plus le dire.<br \/>\n&#8211; Tuer est un crime. Dessiner, c\u2019est de l\u2019humour, c\u2019est un droit, c\u2019est de l\u2019art, c\u2019est de l\u2019amusement, c\u2019est de la litt\u00e9rature, c\u2019est du bonheur, c\u2019est de la culture. Donc, red\u00e9finissons les choses, simplement.<br \/>\n&#8211; \u00a0\u00ab\u00a0Vos croyances, vous les gardez dans votre c\u0153ur, dans votre maison, et les miennes aussi.\u00a0\u00bb Et la loi, elle est au-dessus de la croyance. Je pense que c\u2019est la seule entente possible.<br \/>\n&#8211; le pessimisme vous oblige \u00e0 l\u2019oisivet\u00e9, parce que vous avez l\u2019impression de savoir que tout va mal finir, alors qu\u2019est-ce qu\u2019on va faire entre-temps\u00a0?<br \/>\n&#8211; La litt\u00e9rature, elle m\u2019apporte une sorte d\u2019\u00e9ternit\u00e9, une possibilit\u00e9 de correspondre \u00e0 dix mille vies et en m\u00eame temps elle relativise les v\u00e9rit\u00e9s, elle nous ram\u00e8ne \u00e0 l\u2019humain.<br \/>\n&#8211; la spiritualit\u00e9, c\u2019est marcher vers un dieu et que la religion c\u2019\u00e9tait la pr\u00e9tention de croire l\u2019avoir trouv\u00e9. Et je pense qu\u2019aller vers la v\u00e9rit\u00e9 est notre destin, marcher vers elle, l\u2019\u00e9clairer \u00e0 partir de nos doutes, la refuser, la chercher encore une fois, la d\u00e9sirer, c\u2019est ce qui fait notre humanit\u00e9. Mais ce qui nous est fatal, c\u2019est de croire l\u2019avoir trouv\u00e9e.<br \/>\n&#8211; Je pense qu\u2019\u00e0 un certain moment, au lieu de se battre pour la v\u00e9rit\u00e9, nous devons nous battre pour la mesure, pour la temp\u00e9rance, pour la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre diff\u00e9rent.<br \/>\n&#8211; Les r\u00e9seaux sociaux introduisent\u00a0l\u2019impunit\u00e9 de l\u2019anonymat, comme je vous l\u2019ai dit au d\u00e9but de l\u2019entretien. Il n\u2019y a pas de filtre, la facilit\u00e9 de la prise de parole, l\u2019irresponsabilit\u00e9.<br \/>\n&#8211; Le r\u00e9el n\u2019existe plus avec Internet, le r\u00e9el devient secondaire. Ce n\u2019est pas la v\u00e9rit\u00e9 qui importe, c\u2019est la viralit\u00e9. Elle remplace la v\u00e9rit\u00e9, elle rime avec elle. Et donc, le plus important ce n\u2019est pas que l\u2019on dise vrai, mais qu\u2019on le dise et que ce soit r\u00e9p\u00e9t\u00e9.<br \/>\n&#8211; Le fascisme commence toujours par une d\u00e9possession de la synonymie, de l\u2019\u00e9tymologie, du sens des mots.<br \/>\n&#8211; Je crois en la caresse, en la rencontre. Je crois qu\u2019il y a plus de v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 embrasser quelqu\u2019un qu\u2019\u00e0 embrasser ses croyances.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>ANOUK\u00a0GRINBERG \u00ab\u00a0A la folie\u00a0\u00bb<\/b><br \/>\n&#8211; Elle n\u2019a pas su dire non \u00e0 la famille qui faisait une croix sur ses d\u00e9sirs, elle n\u2019a pas su dire oui \u00e0 la petite voix qui devait lui parler tout bas, et elle est descendue marche apr\u00e8s marche dans le malheur, comme dans un refuge o\u00f9 on n\u2019irait plus la chercher. On l\u2019a mise dans des endroits pour fous, le d\u00e9sespoir a prosp\u00e9r\u00e9 avec sa litanie de d\u00e9lires, alors qu\u2019elle \u00e9tait une lumi\u00e8re sur cette terre.<br \/>\n&#8211;<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Je ne sais pas ce qu\u2019elle dit, c\u2019est comme la po\u00e9sie. On re\u00e7oit plein de choses qu\u2019on ne peut pas analyser, mettre en bo\u00eete, justement ce qu\u2019elle dit, je suis, on peut pas me mettre en bo\u00eete, je sortirai toujours des bo\u00eetes, je suis \u00e7a et \u00e7a et \u00e7a et \u00e7a, et personne n\u2019a le droit de dire qu\u2019on me conna\u00eet.<br \/>\n&#8211; \u00a0Il y a des gens sur la terre, la terre ne leur suffit pas, la vie ne suffit pas, il faut de l\u2019art, il faut de l\u2019art et c\u2019est pour \u00e7a que tous ces gens\u00a0que je pr\u00e9sente ici, ils ont surv\u00e9cu \u00e0 tout, parce qu\u2019il y avait l\u2019art, ils ont r\u00e9invent\u00e9 l\u2019art, ils ont r\u00e9invent\u00e9 la vie.<\/p>\n<p><b>CONSTANCE\u00a0DEBR\u00c9 \u00ab\u00a0au nom de\u00a0\u00bb<\/b><br \/>\n&#8211; Moi, je travaille sur deux choses. Je travaille, vous l\u2019avez remarqu\u00e9, \u00e0 la premi\u00e8re personne. Donc, il y a deux choses. Il y a ce \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb qu\u2019on habite, qu\u2019on vit, qu\u2019on exp\u00e9rimente, on ne sait pas tr\u00e8s bien ce que c\u2019est, et puis il y a notre nom, qui est la fa\u00e7on dont les autres nous appellent. Et ces deux p\u00f4les, celui du \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb et celui du nom, disent cette chose qui serait \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb, qui serait notre identit\u00e9. Alors je me suis int\u00e9ress\u00e9e par le \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb \u00e0 la question du nom. Et je me suis aper\u00e7ue tout simplement que ce nom, la fa\u00e7on dont on nous appelle, notre identit\u00e9, en r\u00e9alit\u00e9 c\u2019est les autres, c\u2019est-\u00e0-dire nos parents, notre famille, et c\u2019est le pass\u00e9.<br \/>\n&#8211; D\u2019abord, prendre une d\u00e9cision, c\u2019est un des grands plaisirs quand m\u00eame de l\u2019existence. C\u2019est pas toujours facile mais justement, \u00e0 un moment, on s\u2019arrache \u00e0 l\u2019h\u00e9sitation perp\u00e9tuelle et on prend une d\u00e9cision. Et peu importe finalement la d\u00e9cision, le plaisir c\u2019est de la prendre et ensuite de s\u2019y tenir.<br \/>\n&#8211; Comme j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 solitaire, comme \u00e7a, moi, \u00e0 part les jeux et les livres\u2026 Voil\u00e0, ces deux choses-l\u00e0, elles sont tr\u00e8s tr\u00e8s s\u00e9rieuses, les jeux et les livres. Donc, c\u2019est important les livres, mais les livres \u00e7a doit pas \u00eatre sacr\u00e9. De la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019il faut traiter les morts comme des vivants, et c\u2019est ce que je fais. Et si je mets le cadavre de mon p\u00e8re dans les premi\u00e8res pages du livre, c\u2019est pour \u00e7a aussi. Un mort, c\u2019est comme un vivant et on peut le gifler de la m\u00eame mani\u00e8re, \u00e7a aussi, comme on aime. Et je ne crois pas aux livres sacr\u00e9s, les livres on les prend, on les aime et puis on peut les balancer contre un mur et voil\u00e0.<\/p>\n<p><b>SOPHIE\u00a0CALLE \u00ab\u00a0Les fant\u00f4mes de\u00a0\u00bb<\/b><br \/>\n&#8211; Vous en croisez beaucoup des fant\u00f4mes, vous\u00a0?<br \/>\n<b>S.C.\u00a0:<\/b>\u00a0On en croise tous beaucoup\u2026 nos morts, nos souvenirs\u2026<br \/>\n<b>A.T. :<\/b>\u00a0Combien d\u2019artistes y a-t-il en vous\u00a0?<br \/>\n<b>S.C.\u00a0:<\/b>\u00a0Il y en a pas mal \u2026 Au d\u00e9but, il y avait une photographe qui pensait qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas assez bonne photographe et qui appelait le texte \u00e0 la rescousse. Et puis il y a eu une \u00e9crivaine qui pensait qu\u2019elle n\u2019\u00e9crivait pas assez bien et qui s\u2019appuyait sur les images. Il y a celle qui r\u00eave d\u2019\u00eatre sur une sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre, qui a trop peur de ne pas \u00eatre \u00e0 la hauteur, mais qui reste en embuscade. Il y a une cin\u00e9aste qui ne sait pas faire de fiction, qui a besoin d\u2019un mod\u00e8le, c\u2019est-\u00e0-dire moi. Donc oui, il y en a plusieurs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur: Augustin Trapenard est un journaliste culturel et critique litt\u00e9raire fran\u00e7ais, n\u00e9 le 3 avril 1979 dans le 15e\u00a0arrondissement de Paris. Ancien \u00e9l\u00e8ve du lyc\u00e9e Lakanal de Sceaux[, puis de l&rsquo;\u00c9cole normale sup\u00e9rieure de Lyon (2000), agr\u00e9g\u00e9 d&rsquo;anglais, Augustin Trapenard enseigne la litt\u00e9rature anglaise et am\u00e9ricaine \u00e0 l&rsquo;ENS Lyon de 2006 \u00e0 2009. Il commence &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":24874,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"footnotes":""},"categories":[2283,591,185,12,78,192],"tags":[2942,234,2941,456,413,592,2940,2943],"class_list":["post-24873","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-2283","category-au-fil-de-lart-romans-thrillers-essais-biographies","category-litterature","category-litterature-france","category-xxeme","category-xxieme-siecle","tag-chanson","tag-cinema","tag-entretiens","tag-interview","tag-journalisme","tag-musique","tag-podcast","tag-radio"],"aioseo_notices":[],"aioseo_head":"\n\t\t<!-- All in One SEO 5.0.1.1 - aioseo.com -->\n\t<meta name=\"description\" content=\"Auteur: Augustin Trapenard est un journaliste culturel et critique litt\u00e9raire fran\u00e7ais, n\u00e9 le 3 avril 1979 dans le 15e arrondissement de Paris. Ancien \u00e9l\u00e8ve du lyc\u00e9e Lakanal de Sceaux[, puis de l&#039;\u00c9cole normale sup\u00e9rieure de Lyon (2000), agr\u00e9g\u00e9 d&#039;anglais, Augustin Trapenard enseigne la litt\u00e9rature anglaise et am\u00e9ricaine \u00e0 l&#039;ENS Lyon de 2006 \u00e0 2009. Il commence\" \/>\n\t<meta name=\"robots\" content=\"max-image-preview:large\" \/>\n\t<meta name=\"author\" content=\"Catherine\"\/>\n\t<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873\" \/>\n\t<meta name=\"generator\" content=\"All in One SEO (AIOSEO) 5.0.1.1\" \/>\n\t\t<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n\t\t<meta property=\"og:site_name\" content=\"Ballade au fil de l&#039;eau ... - mes envies ... mes passions ... mes lectures ...\" \/>\n\t\t<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n\t\t<meta property=\"og:title\" content=\"Trapenard, Augustin \u00ab Nos ann\u00e9es Boomerang \u00bb (2025) 526 pages - Ballade au fil de l&#039;eau ...\" \/>\n\t\t<meta property=\"og:description\" content=\"Auteur: Augustin Trapenard est un journaliste culturel et critique litt\u00e9raire fran\u00e7ais, n\u00e9 le 3 avril 1979 dans le 15e arrondissement de Paris. Ancien \u00e9l\u00e8ve du lyc\u00e9e Lakanal de Sceaux[, puis de l&#039;\u00c9cole normale sup\u00e9rieure de Lyon (2000), agr\u00e9g\u00e9 d&#039;anglais, Augustin Trapenard enseigne la litt\u00e9rature anglaise et am\u00e9ricaine \u00e0 l&#039;ENS Lyon de 2006 \u00e0 2009. Il commence\" \/>\n\t\t<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873\" \/>\n\t\t<meta property=\"article:published_time\" content=\"2026-08-29T15:16:01+00:00\" \/>\n\t\t<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-08-29T15:48:37+00:00\" \/>\n\t\t<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n\t\t<meta name=\"twitter:title\" content=\"Trapenard, Augustin \u00ab Nos ann\u00e9es Boomerang \u00bb (2025) 526 pages - Ballade au fil de l&#039;eau ...\" \/>\n\t\t<meta name=\"twitter:description\" content=\"Auteur: Augustin Trapenard est un journaliste culturel et critique litt\u00e9raire fran\u00e7ais, n\u00e9 le 3 avril 1979 dans le 15e arrondissement de Paris. Ancien \u00e9l\u00e8ve du lyc\u00e9e Lakanal de Sceaux[, puis de l&#039;\u00c9cole normale sup\u00e9rieure de Lyon (2000), agr\u00e9g\u00e9 d&#039;anglais, Augustin Trapenard enseigne la litt\u00e9rature anglaise et am\u00e9ricaine \u00e0 l&#039;ENS Lyon de 2006 \u00e0 2009. Il commence\" \/>\n\t\t<script type=\"application\/ld+json\" class=\"aioseo-schema\">\n\t\t\t{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"BlogPosting\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?p=24873#blogposting\",\"name\":\"Trapenard, Augustin \\u00ab Nos ann\\u00e9es Boomerang \\u00bb (2025) 526 pages - Ballade au fil de l'eau ...\",\"headline\":\"Trapenard, Augustin  \\u00ab\\u00a0Nos ann\\u00e9es Boomerang\\u00a0\\u00bb (2025) 526 pages\",\"author\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?author=1#author\"},\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/#organization\"},\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/08\\\/2026-0097-Trapenard-boom.jpeg\",\"width\":300,\"height\":300},\"datePublished\":\"2026-08-29T17:16:01+02:00\",\"dateModified\":\"2026-08-29T17:48:37+02:00\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?p=24873#webpage\"},\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?p=24873#webpage\"},\"articleSection\":\"2025, Au fil des arts : romans, thrillers, essais, biographies, Litt\\u00e9rature, litt\\u00e9rature fran\\u00e7aise, XX\\u00e8me, XXI\\u00e8me si\\u00e8cle, chanson, Cin\\u00e9ma, entretiens, interview, journalisme, musique, podcast, radio\"},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?p=24873#breadcrumblist\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress#listItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\",\"nextItem\":{\"@type\":\"ListItem\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?cat=185#listItem\",\"name\":\"Litt\\u00e9rature\"}},{\"@type\":\"ListItem\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?cat=185#listItem\",\"position\":2,\"name\":\"Litt\\u00e9rature\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?cat=185\",\"nextItem\":{\"@type\":\"ListItem\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?cat=12#listItem\",\"name\":\"litt\\u00e9rature fran\\u00e7aise\"},\"previousItem\":{\"@type\":\"ListItem\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress#listItem\",\"name\":\"Home\"}},{\"@type\":\"ListItem\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?cat=12#listItem\",\"position\":3,\"name\":\"litt\\u00e9rature fran\\u00e7aise\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?cat=12\",\"nextItem\":{\"@type\":\"ListItem\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?p=24873#listItem\",\"name\":\"Trapenard, Augustin  \\u00ab\\u00a0Nos ann\\u00e9es Boomerang\\u00a0\\u00bb (2025) 526 pages\"},\"previousItem\":{\"@type\":\"ListItem\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?cat=185#listItem\",\"name\":\"Litt\\u00e9rature\"}},{\"@type\":\"ListItem\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?p=24873#listItem\",\"position\":4,\"name\":\"Trapenard, Augustin  \\u00ab\\u00a0Nos ann\\u00e9es Boomerang\\u00a0\\u00bb (2025) 526 pages\",\"previousItem\":{\"@type\":\"ListItem\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?cat=12#listItem\",\"name\":\"litt\\u00e9rature fran\\u00e7aise\"}}]},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/#organization\",\"name\":\"Ballade au fil de l'eau ...\",\"description\":\"mes envies ... mes passions ... mes lectures ...\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/wp-admin\\\/profile.php#\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?p=24873\\\/#organizationLogo\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?p=24873\\\/#organizationLogo\"}},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?author=1#author\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?author=1\",\"name\":\"Catherine\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?p=24873#webpage\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?p=24873\",\"name\":\"Trapenard, Augustin \\u00ab Nos ann\\u00e9es Boomerang \\u00bb (2025) 526 pages - Ballade au fil de l'eau ...\",\"description\":\"Auteur: Augustin Trapenard est un journaliste culturel et critique litt\\u00e9raire fran\\u00e7ais, n\\u00e9 le 3 avril 1979 dans le 15e arrondissement de Paris. Ancien \\u00e9l\\u00e8ve du lyc\\u00e9e Lakanal de Sceaux[, puis de l'\\u00c9cole normale sup\\u00e9rieure de Lyon (2000), agr\\u00e9g\\u00e9 d'anglais, Augustin Trapenard enseigne la litt\\u00e9rature anglaise et am\\u00e9ricaine \\u00e0 l'ENS Lyon de 2006 \\u00e0 2009. Il commence\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/#website\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?p=24873#breadcrumblist\"},\"author\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?author=1#author\"},\"creator\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?author=1#author\"},\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/08\\\/2026-0097-Trapenard-boom.jpeg\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?p=24873\\\/#mainImage\",\"width\":300,\"height\":300},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/?p=24873#mainImage\"},\"datePublished\":\"2026-08-29T17:16:01+02:00\",\"dateModified\":\"2026-08-29T17:48:37+02:00\"},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/\",\"name\":\"Ballade au fil de l'eau ...\",\"description\":\"mes envies ... mes passions ... mes lectures ...\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.cathjack.ch\\\/wordpress\\\/#organization\"}}]}\n\t\t<\/script>\n\t\t<!-- All in One SEO -->\n\n","aioseo_head_json":{"title":"Trapenard, Augustin \u00ab Nos ann\u00e9es Boomerang \u00bb (2025) 526 pages - Ballade au fil de l'eau ...","description":"Auteur: Augustin Trapenard est un journaliste culturel et critique litt\u00e9raire fran\u00e7ais, n\u00e9 le 3 avril 1979 dans le 15e arrondissement de Paris. Ancien \u00e9l\u00e8ve du lyc\u00e9e Lakanal de Sceaux[, puis de l'\u00c9cole normale sup\u00e9rieure de Lyon (2000), agr\u00e9g\u00e9 d'anglais, Augustin Trapenard enseigne la litt\u00e9rature anglaise et am\u00e9ricaine \u00e0 l'ENS Lyon de 2006 \u00e0 2009. Il commence","canonical_url":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873","robots":"max-image-preview:large","keywords":"","webmasterTools":{"miscellaneous":""},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"BlogPosting","@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873#blogposting","name":"Trapenard, Augustin \u00ab Nos ann\u00e9es Boomerang \u00bb (2025) 526 pages - Ballade au fil de l'eau ...","headline":"Trapenard, Augustin  \u00ab\u00a0Nos ann\u00e9es Boomerang\u00a0\u00bb (2025) 526 pages","author":{"@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?author=1#author"},"publisher":{"@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/#organization"},"image":{"@type":"ImageObject","url":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-0097-Trapenard-boom.jpeg","width":300,"height":300},"datePublished":"2026-08-29T17:16:01+02:00","dateModified":"2026-08-29T17:48:37+02:00","inLanguage":"fr-FR","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873#webpage"},"isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873#webpage"},"articleSection":"2025, Au fil des arts : romans, thrillers, essais, biographies, Litt\u00e9rature, litt\u00e9rature fran\u00e7aise, XX\u00e8me, XXI\u00e8me si\u00e8cle, chanson, Cin\u00e9ma, entretiens, interview, journalisme, musique, podcast, radio"},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873#breadcrumblist","itemListElement":[{"@type":"ListItem","@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress#listItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress","nextItem":{"@type":"ListItem","@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?cat=185#listItem","name":"Litt\u00e9rature"}},{"@type":"ListItem","@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?cat=185#listItem","position":2,"name":"Litt\u00e9rature","item":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?cat=185","nextItem":{"@type":"ListItem","@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?cat=12#listItem","name":"litt\u00e9rature fran\u00e7aise"},"previousItem":{"@type":"ListItem","@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress#listItem","name":"Home"}},{"@type":"ListItem","@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?cat=12#listItem","position":3,"name":"litt\u00e9rature fran\u00e7aise","item":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?cat=12","nextItem":{"@type":"ListItem","@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873#listItem","name":"Trapenard, Augustin  \u00ab\u00a0Nos ann\u00e9es Boomerang\u00a0\u00bb (2025) 526 pages"},"previousItem":{"@type":"ListItem","@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?cat=185#listItem","name":"Litt\u00e9rature"}},{"@type":"ListItem","@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873#listItem","position":4,"name":"Trapenard, Augustin  \u00ab\u00a0Nos ann\u00e9es Boomerang\u00a0\u00bb (2025) 526 pages","previousItem":{"@type":"ListItem","@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?cat=12#listItem","name":"litt\u00e9rature fran\u00e7aise"}}]},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/#organization","name":"Ballade au fil de l'eau ...","description":"mes envies ... mes passions ... mes lectures ...","url":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/","logo":{"@type":"ImageObject","url":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/wp-admin\/profile.php#","@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873\/#organizationLogo"},"image":{"@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873\/#organizationLogo"}},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?author=1#author","url":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?author=1","name":"Catherine"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873#webpage","url":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873","name":"Trapenard, Augustin \u00ab Nos ann\u00e9es Boomerang \u00bb (2025) 526 pages - Ballade au fil de l'eau ...","description":"Auteur: Augustin Trapenard est un journaliste culturel et critique litt\u00e9raire fran\u00e7ais, n\u00e9 le 3 avril 1979 dans le 15e arrondissement de Paris. Ancien \u00e9l\u00e8ve du lyc\u00e9e Lakanal de Sceaux[, puis de l'\u00c9cole normale sup\u00e9rieure de Lyon (2000), agr\u00e9g\u00e9 d'anglais, Augustin Trapenard enseigne la litt\u00e9rature anglaise et am\u00e9ricaine \u00e0 l'ENS Lyon de 2006 \u00e0 2009. Il commence","inLanguage":"fr-FR","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/#website"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873#breadcrumblist"},"author":{"@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?author=1#author"},"creator":{"@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?author=1#author"},"image":{"@type":"ImageObject","url":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-0097-Trapenard-boom.jpeg","@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873\/#mainImage","width":300,"height":300},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873#mainImage"},"datePublished":"2026-08-29T17:16:01+02:00","dateModified":"2026-08-29T17:48:37+02:00"},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/#website","url":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/","name":"Ballade au fil de l'eau ...","description":"mes envies ... mes passions ... mes lectures ...","inLanguage":"fr-FR","publisher":{"@id":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/#organization"}}]},"og:locale":"fr_FR","og:site_name":"Ballade au fil de l'eau ... - mes envies ... mes passions ... mes lectures ...","og:type":"article","og:title":"Trapenard, Augustin \u00ab Nos ann\u00e9es Boomerang \u00bb (2025) 526 pages - Ballade au fil de l'eau ...","og:description":"Auteur: Augustin Trapenard est un journaliste culturel et critique litt\u00e9raire fran\u00e7ais, n\u00e9 le 3 avril 1979 dans le 15e arrondissement de Paris. Ancien \u00e9l\u00e8ve du lyc\u00e9e Lakanal de Sceaux[, puis de l'\u00c9cole normale sup\u00e9rieure de Lyon (2000), agr\u00e9g\u00e9 d'anglais, Augustin Trapenard enseigne la litt\u00e9rature anglaise et am\u00e9ricaine \u00e0 l'ENS Lyon de 2006 \u00e0 2009. Il commence","og:url":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873","article:published_time":"2026-08-29T15:16:01+00:00","article:modified_time":"2026-08-29T15:48:37+00:00","twitter:card":"summary_large_image","twitter:title":"Trapenard, Augustin \u00ab Nos ann\u00e9es Boomerang \u00bb (2025) 526 pages - Ballade au fil de l'eau ...","twitter:description":"Auteur: Augustin Trapenard est un journaliste culturel et critique litt\u00e9raire fran\u00e7ais, n\u00e9 le 3 avril 1979 dans le 15e arrondissement de Paris. Ancien \u00e9l\u00e8ve du lyc\u00e9e Lakanal de Sceaux[, puis de l'\u00c9cole normale sup\u00e9rieure de Lyon (2000), agr\u00e9g\u00e9 d'anglais, Augustin Trapenard enseigne la litt\u00e9rature anglaise et am\u00e9ricaine \u00e0 l'ENS Lyon de 2006 \u00e0 2009. Il commence"},"aioseo_meta_data":{"post_id":"24873","title":null,"description":null,"keywords":null,"keyphrases":{"focus":{"keyphrase":"","score":0,"analysis":{"keyphraseInTitle":{"score":0,"maxScore":9,"error":1}}},"additional":[]},"primary_term":null,"canonical_url":null,"og_title":null,"og_description":null,"og_object_type":"default","og_image_type":"default","og_image_url":null,"og_image_width":null,"og_image_height":null,"og_image_custom_url":null,"og_image_custom_fields":null,"og_video":"","og_custom_url":null,"og_article_section":null,"og_article_tags":null,"twitter_use_og":false,"twitter_card":"default","twitter_image_type":"default","twitter_image_url":null,"twitter_image_custom_url":null,"twitter_image_custom_fields":null,"twitter_title":null,"twitter_description":null,"schema":{"blockGraphs":[],"customGraphs":[],"default":{"data":{"Article":[],"Course":[],"Dataset":[],"FAQPage":[],"Movie":[],"Person":[],"Product":[],"ProductReview":[],"Car":[],"Recipe":[],"Service":[],"SoftwareApplication":[],"WebPage":[]},"graphName":"BlogPosting","isEnabled":true},"graphs":[]},"schema_type":"default","schema_type_options":null,"pillar_content":false,"robots_default":true,"robots_noindex":false,"robots_noarchive":false,"robots_nosnippet":false,"robots_nofollow":false,"robots_noimageindex":false,"robots_noodp":false,"robots_notranslate":false,"robots_max_snippet":"-1","robots_max_videopreview":"-1","robots_max_imagepreview":"large","priority":null,"frequency":"default","local_seo":null,"breadcrumb_settings":null,"limit_modified_date":false,"ai":{"faqs":[],"keyPoints":[],"schemas":[],"titles":[],"descriptions":[],"socialPosts":{"email":{"subject":"","preview":"","content":""},"linkedin":[],"twitter":[],"facebook":[],"instagram":[]}},"created":"2026-08-29 15:16:01","updated":"2026-08-29 17:21:44","seo_analyzer_scan_date":null,"focus_keyword":null,"additional_keywords":null,"truseo_locale":null},"aioseo_breadcrumb":"<div class=\"aioseo-breadcrumbs\"><span class=\"aioseo-breadcrumb\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\" title=\"Home\">Home<\/a>\n\t\t<\/span><span class=\"aioseo-breadcrumb-separator\">&raquo;<\/span><span class=\"aioseo-breadcrumb\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?cat=185\" title=\"Litt\u00e9rature\">Litt\u00e9rature<\/a>\n\t\t<\/span><span class=\"aioseo-breadcrumb-separator\">&raquo;<\/span><span class=\"aioseo-breadcrumb\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?cat=12\" title=\"litt\u00e9rature fran\u00e7aise\">litt\u00e9rature fran\u00e7aise<\/a>\n\t\t<\/span><span class=\"aioseo-breadcrumb-separator\">&raquo;<\/span><span class=\"aioseo-breadcrumb\">\n\t\t\tTrapenard, Augustin  \u00ab Nos ann\u00e9es Boomerang \u00bb (2025) 526 pages\n\t\t<\/span><\/div>","aioseo_breadcrumb_json":[{"label":"Home","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress"},{"label":"Litt\u00e9rature","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?cat=185"},{"label":"litt\u00e9rature fran\u00e7aise","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?cat=12"},{"label":"Trapenard, Augustin  \u00ab\u00a0Nos ann\u00e9es Boomerang\u00a0\u00bb (2025) 526 pages","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=24873"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/24873","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=24873"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/24873\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":24877,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/24873\/revisions\/24877"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/24874"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=24873"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=24873"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=24873"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}