{"id":2609,"date":"2016-02-19T10:04:00","date_gmt":"2016-02-19T09:04:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2609"},"modified":"2018-06-02T15:15:51","modified_gmt":"2018-06-02T14:15:51","slug":"enard-mathias-boussole-2015","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2609","title":{"rendered":"Enard, Mathias \u00ab Boussole \u00bb (2015)"},"content":{"rendered":"<p>Prix Goncourt 2015<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: La nuit descend sur Vienne et sur l\u2019appartement o\u00f9 Franz Ritter, musicologue \u00e9pris d\u2019Orient, cherche en vain le sommeil, d\u00e9rivant entre songes et souvenirs, m\u00e9lancolie et fi\u00e8vre, revisitant sa vie, ses emballements, ses rencontres et ses nombreux s\u00e9jours loin de l\u2019Autriche \u2013 Istanbul, Alep, Damas, Palmyre, T\u00e9h\u00e9ran\u2026 -, mais aussi questionnant son amour impossible avec l\u2019id\u00e9ale et insaisissable Sarah, sp\u00e9cialiste de l\u2019attraction fatale de ce Grand Est sur les aventuriers, les savants, les artistes, les voyageurs occidentaux. Ainsi se d\u00e9ploie un monde d\u2019explorateurs des arts et de leur histoire, orientalistes modernes anim\u00e9s d\u2019un d\u00e9sir pur de m\u00e9langes et de d\u00e9couvertes que l\u2019actualit\u00e9 contemporaine vient gifler. Et le tragique \u00e9cho de ce fi\u00e9vreux \u00e9lan bris\u00e9 r\u00e9sonne dans l\u2019\u00e2me bless\u00e9e des personnages comme il traverse le livre. Roman nocturne, enveloppant et musical, tout en \u00e9rudition g\u00e9n\u00e9reuse et humour doux-amer, Boussole est un voyage et une d\u00e9claration d\u2019admiration, une qu\u00eate de l\u2019autre en soi et une main tendue \u2013 comme un pont jet\u00e9 entre l\u2019Occident et l\u2019Orient, entre hier et demain, b\u00e2ti sur l\u2019inventaire amoureux de si\u00e8cles de fascination, d\u2019influences et de traces sensibles et tenaces, pour tenter d\u2019apaiser les feux du pr\u00e9sent.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: D\u00e8s la premi\u00e8re page, le style est \u00e9poustouflant.. Le souffle puissant, des phrases sont longues (tr\u00e8s longues). Une vraie connaissance du monde arabe sous-tend le r\u00e9cit mais cela ne l&rsquo;alourdit en rien &#8230; et je n\u2019ai pas eu l\u2019impression d\u2019un \u00e9talage de connaissances inutile. Entre paradis artificiels et po\u00e9sie, en compagnie de Flaubert et de Balzac, de Beethoven et de Schubert, des po\u00e8tes persans et de Lamartine, des artistes italiens de la renaissance, je d\u00e9rive \u2026<\/p>\n<p>Sur le tapis volant avec boussole, je\u00a0pars, dans le temps et dans le monde, dans le monde litt\u00e9raire, dans le monde des musiciens, des villes et lieux que je connais ou pas. .. Direction l\u2019Autriche, ses l\u00e9gendes, ses ch\u00e2teaux (furieuse envie de visiter Graz; on part pour Istanbul ou Constantinople ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois que Mathias Enard m\u2019y emm\u00e8ne) Au gr\u00e9 des fumeurs d\u2019opium, on c\u00f4toie les po\u00e8tes et les \u00e9crivains\u2026 Le style change en fonction des circonstances. A chaque fois qu\u2019il nous parle de sa vie dans son appartement \u00e0 Vienne et de ses voisins, le style litt\u00e9raire fait place \u00e0 la langue ordinaire et aux r\u00e9flexions triviales. Un homme en fin de parcours, ses souvenirs, avec ses r\u00e9flexions sur la fin de vie, la douleur \u2026<\/p>\n<p>J\u2019ai ador\u00e9 me retrouver \u00e0 Alep,\u00e0 Palmyre,\u00a0\u00e0 T\u00e9h\u00e9ran, au N\u00e9pal&#8230;\u00a0\u00a0en compagnie du h\u00e9ros et de Sarah\u2026 J\u2019ai eu l\u2019impression de n\u00e9gocier, de me faire enfermer dans les ruines pour la nuit, de me trouver cloitr\u00e9e pendant les \u00e9meutes, de chercher le calme et la paix.. J\u2019ai imagin\u00e9 la sc\u00e8ne de Sarah allant faire pipi dans le d\u00e9sert, loin de tous les regards et qui voit une t\u00eate en train de regarder ses femmes\u2026 Mathias Enard fait vivre de fa\u00e7on magique des endroits qui n\u2019existent plus, il \u00e9voque les ruines antiques l\u00e0 o\u00f9 sont maintenant des ruines \u00ab\u00a0modernes\u00a0\u00bb..<\/p>\n<p>Dans la lign\u00e9e des r\u00eaveries du Promeneur solitaire, des livres de Umberto Eco, je ne sais pas si je qualifie ce livre de Roman\u2026 malgr\u00e9 la partie roman d\u2019amour \u2026 ce n\u2019est pas un essai, c\u2019est une nuit ou le c\u0153ur et l\u2019esprit se laissent aller\u2026 passent en revue une vie qui va arriver \u00e0 son terme\u2026 Je pense qu\u2019il faut aimer la po\u00e9sie, les belles envol\u00e9es et les beaux textes, la musique des mots plus que l\u2019histoire qui fait que le roman raconte une histoire pour l\u2019appr\u00e9cier, autrement on peut s\u2019ennuyer en ayant l\u2019impression qu\u2019il nous passe par-dessus. M\u00e9lange de r\u00eave et de r\u00e9alit\u00e9, de personnages ayant exist\u00e9 et de personnages fictifs, ou goules et vampires c\u00f4toient Marga d\u2019Andurain, de contes, de l\u00e9gendes, de lieux de pass\u00e9 et du pr\u00e9sent, toujours debout ou n\u2019existant plus, \u2026 Moi il m\u2019a scotch\u00e9.. C\u2019est par contre un livre \u00e0 lire dans le calme, peut-\u00eatre avec de la musique classique\u2026 Un de ces livres \u00e0 lire en version papier\u00a0! Cela peut sembler \u00e9trange, mais certains livres (les polars) peuvent tr\u00e8s bien se lire sur liseuse et d\u2019autres, comme celui-l\u00e0\u2026 ne passent pas en version num\u00e9rique pour moi\u2026 La diff\u00e9rence entre le livre qui se d\u00e9vore et celui qui se savoure, se d\u00e9guste\u2026 entre le fast-food et la gastronomie quoi.<\/p>\n<p>La boussole s\u2019affole, mais comme au final je n\u2019ai jamais su n\u2019en servir, peut m\u2019importe de ne pas viser le Nord\u2026 ici la boussole montre l\u2019Est, oriente vers l\u2019orient, et je pense que qui n\u2019est pas \u00e0 la base fascin\u00e9 par l\u2019Orient, les po\u00e8tes,\u00a0ne rentrera pas dans le livre \u2026 Peu importe de tout comprendre ou pas.. il faut se laisser entrainer dans le souvenir des fous d\u2019Orient, Rimbaud, Nerval\u2026 Qui a trop les pieds sur terre ne d\u00e9collera pas&#8230;<\/p>\n<p>L\u2019occident et l\u2019Orient ont besoin l\u2019un de l\u2019autre\u2026 Il faut r\u00e9tablir la passerelle entre ces deux mondes\u00a0; ces mondes ont beaucoup \u00e9chang\u00e9 et ils doivent rester ins\u00e9parables. Il ne faut pas oublier que les traces de l\u2019Orient existent encore en Europe (Andalousie)<\/p>\n<p>Sous l\u2019influence de l\u2019opium, on revisite le monde arabe, un monde bien plus divers qu\u2019on pourrait\u00a0l\u2019imaginer et tr\u00e8s riche culturellement pendant une nuit. Une nuit qui va \u00eatre la somme de toutes les nuits d\u2019un musicologue qui se sait au bout du voyage et se rem\u00e9more son voyage personnel\u00a0; l\u2019opium, c\u2019est le plaisir du savoir, c\u2019est le lien entre beaucoup de personnes qui ont visit\u00e9 l\u2019Orient et que l\u2019Orient a hant\u00e9. L\u2019opium a toujours \u00e9t\u00e9 explor\u00e9 par les po\u00e8tes et les voyageurs\u00a0; il faisait (fait\u00a0?) partie de la vie quotidienne.\u00a0Survol, \u00e9vocations, pistes \u00e0 suivre,m\u00e9lange\u00a0de souvenirs et\u00a0de savoir, mais c\u2019est juste une r\u00eaverie jusqu\u2019au bout de la nuit,\u00a0\u00e0 un moment sp\u00e9cial dans la vie d\u2019un homme qui passe en revue sa vie et sa relation un peu sp\u00e9ciale avec une femme\u2026 C\u2019est tr\u00e8s dense, c\u2019est un roman \u00ab\u00a0savant\u00a0\u00bb mais pas inaccessible.\u00a0Je pense qu&rsquo;il retrace\u00a0les voyages de Mathias Enard qui a visit\u00e9\/v\u00e9cu en Iran, \u00e0 Istanbul\u2026 La description des lieux d\u00e9pend de sa m\u00e9moire\u00a0; nostalgie d\u2019endroits qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits. On y parle du monde arabe au XIX et XX \u00e8me en un temps o\u00f9 le monde arabe est au c\u0153ur de l\u2019actualit\u00e9. Et c\u2019est aussi un moyen de repr\u00e9senter l\u2019Orient autrement que comme l\u2019image qu\u2019on donne aux infos. L\u2019Orient antique c\u2019est la culture, les anciennes civilisations.\u00a0Et il y a un vrai plaisir du texte, de la langue\u00a0; des envies d\u2019approfondir les chemins qui sont esquiss\u00e9s par l\u2019auteur. Oui il est dense, oui Mathias Enard a une somme de savoir qui me d\u00e9passe largement, mais non je n\u2019ai pas eu l\u2019impression d\u2019\u00eatre noy\u00e9e dans un essai sur tel ou tel sujet\u2026 je me suis laiss\u00e9 emporter\u2026 Certaines descriptions m&rsquo;ont aussi bien amus\u00e9es.. le listing tuberculose\/syphilis est grandiose&#8230;<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr &#8211; je le redis &#8211; \u00a0je n\u2019ai pas la science et les connaissances de Mathias Enard. Mais je me laisse emporter. Je d\u00e9couvre le po\u00e8te Germain Nouveau, je me prom\u00e8ne avec plaisir au milieu des tombes des cimeti\u00e8res parisiens, je me rem\u00e9more les grands \u00e9v\u00e9nements\u2026 Je lis avec pour compagnon \u00ab\u00a0Wikipedia\u00a0\u00bb, alors bien s\u00fbr, ce n\u2019est pas un livre que j\u2019ai pu d\u00e9vorer d\u2019une traite. D\u2019ailleurs est-ce le but\u00a0? Je ne sais pas si j&rsquo;avais envie d&rsquo;arriver au bout de la nuit de Franz Ritter\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est qu\u2019ils sont tous l\u00e0, les po\u00e8tes et \u00e9crivains de ma jeunesse&#8230; Nerval, Rimbaud, Verlaine, Apollinaire, Ch\u00e2teaubriand, Malraux, Loti, Flaubert, Balzac, Hesse.. Et les souvenirs de mes ann\u00e9es d\u2019\u00e9tude remontent aussi&#8230; avec tous mes amis qui avaient fui l\u2019Iran \u2026<\/p>\n<p>Et envie de d\u00e9couvrir ou red\u00e9couvrir Georg Trakl , Al Sayyab, Omar Khayy\u0101m, Massoudi, Ella Maillart , Alexandra David-N\u00e9el, Ibn Nagrila , Pessoa, de Visiter la Ville de Graz, Istanbul\u2026<\/p>\n<p>Les autres livres de cet auteur que j&rsquo;ai lus \u00a0\u00e9taient nettement plus abordables et plus faciles \u00e0 lire (\u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=6124\">Parle-leur de batailles, de rois et d\u2019\u00e9l\u00e9phants <\/a>\u00bb, \u00ab <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=288\">Rue des voleurs <\/a>\u00bb), mais j\u2019ai beaucoup aim\u00e9 celui-ci\u2026 avec sa boussole qui montre l\u2019Est\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>:<\/p>\n<p>je vous propose quelques extraits .. il y a tellement de belles phrases&#8230;<\/p>\n<p>Quelle m\u00e9moire dans les songes. On s\u2019\u00e9veille sans s\u2019\u00eatre endormi, en cherchant \u00e0 rattraper les lambeaux du plaisir de l\u2019autre en soi. Il y a des recoins faciles \u00e0 \u00e9clairer, d\u2019autres plus obscurs<\/p>\n<p>ces territoires d\u2019enfance me provoquent une terrible douleur, peut-\u00eatre \u00e0 cause de leur disparition brutale, qui pr\u00e9figure la mienne, la maladie et la peur<\/p>\n<p>j\u2019essaye de fermer les yeux mais j\u2019appr\u00e9hende ce face-\u00e0-face avec mon corps, avec les battements de mon c\u0153ur que je vais trouver trop rapides, les douleurs qui, lorsqu\u2019on s\u2019y int\u00e9resse, se multiplient dans tous les recoins de la chair<\/p>\n<p>C\u2019est chose \u00e9trange que la m\u00e9moire\u00a0; je suis incapable de retrouver son visage d\u2019hier, son corps d\u2019hier, ils s\u2019effacent pour laisser la place \u00e0 ceux d\u2019aujourd\u2019hui, dans le d\u00e9cor du pass\u00e9<\/p>\n<p>Ses livres et ses images sont dans sa t\u00eate\u00a0; dans sa t\u00eate, dans ses innombrables carnets. Moi les objets me rassurent. Surtout les livres et les partitions. Ou m\u2019angoissent. Peut-\u00eatre m\u2019angoissent-ils autant qu\u2019ils me rassurent<\/p>\n<p>parfois, ce qui \u00e9tait un peu d\u00e9primant, j\u2019avais l\u2019impression que mes consid\u00e9rations \u00e9taient comme le Bosphore \u2013\u00a0un bel endroit entre deux rives, certes, mais qui, au fond, n\u2019\u00e9tait que de l\u2019eau, pour ne pas dire du vent<\/p>\n<p>C\u2019est agr\u00e9able de retrouver par surprise cette ch\u00e8re \u00e9criture, \u00e0 l\u2019encre, un peu press\u00e9e, un peu difficile \u00e0 lire mais tendre et \u00e9l\u00e9gante \u2013 aujourd\u2019hui que les ordinateurs ont pris le dessus, on voit rarement la calligraphie de nos contemporains, peut-\u00eatre la cursive manuscrite va-t-elle devenir une forme de nudit\u00e9, une manifestation intime et cach\u00e9e, dissimul\u00e9e \u00e0 tous sauf aux amants, aux notaires et aux banquiers<\/p>\n<p>Elle a tourn\u00e9 le visage et m\u2019a souri\u00a0; j\u2019ai pri\u00e9 pour qu\u2019Aphrodite ou Ishtar transforme notre abri en rochers, nous rende invisibles et nous laisse l\u00e0 pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9, dans ce recoin de bonheur que j\u2019avais fabriqu\u00e9 sans le vouloir<\/p>\n<p>\u201cL\u2019Europe est un gisant qui repose sur ses coudes\u201d, \u00e9crit Fernando Pessoa dans Message<\/p>\n<p>Il y a tout l\u2019univers dans une biblioth\u00e8que, aucun besoin d\u2019en sortir<\/p>\n<p>Des tuberculeux et des syphilitiques, voil\u00e0 l\u2019histoire de l\u2019art en Europe \u2013 le public, le social, la tuberculose, ou l\u2019intime, le honteux, la syphilis. Plut\u00f4t que dionysiaque ou apollinien, je propose ces deux cat\u00e9gories pour l\u2019art europ\u00e9en. Rimbaud\u00a0: tuberculeux. Nerval\u00a0: syphilitique. Van Gogh\u00a0? Syphilitique. Gauguin\u00a0? Tuberculeux. R\u00fcckert\u00a0? Syphilitique. Goethe\u00a0? Un grand tuberculeux, voyons\u00a0! Michel-Ange\u00a0? Atrocement tuberculeux. Brahms\u00a0? Tuberculeux. Proust\u00a0? Syphilitique. Picasso\u00a0? Tuberculeux. Hesse\u00a0? Devient tuberculeux apr\u00e8s des d\u00e9buts syphilitiques. Roth\u00a0? Syphilitique. Les Autrichiens en g\u00e9n\u00e9ral sont syphilitiques, sauf Zweig, qui est bien s\u00fbr le mod\u00e8le du tuber\u00adcu\u00adleux. Regardez Bernhard\u00a0: absolument, terriblement syphilitique, malgr\u00e9 sa maladie des poumons. Musil\u00a0: syphilitique<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais surpris par le nombre de chats qu\u2019on trouve dans les cimeti\u00e8res parisiens, compagnons des po\u00e8tes morts comme ils l\u2019ont toujours \u00e9t\u00e9 des vivants<\/p>\n<p>Les livres et les papiers s\u2019y accumulent avec la force d\u2019une mar\u00e9e montante dont on attendrait vainement le jusant. Je d\u00e9place, j\u2019ordonne, j\u2019empile\u00a0; le monde s\u2019obstine \u00e0 d\u00e9verser sur mon minuscule espace de travail ses tombereaux de merde. Pour poser l\u2019ordinateur je dois chaque fois pousser ces d\u00e9chets comme on balaye un tas de feuilles mortes. Publicit\u00e9s, factures, relev\u00e9s de comptes qu\u2019il faut trier, classer, archiver. Une chemin\u00e9e, voil\u00e0 la solution. Une chemin\u00e9e ou une d\u00e9chiqueteuse \u00e0 papier, la guillotine du fonctionnaire<\/p>\n<p>\u201cIl faut toujours s\u2019intoxiquer\u00a0: ce pays a l\u2019opium, l\u2019Islam le haschisch, l\u2019Occident la femme. Peut-\u00eatre l\u2019amour est-il surtout le moyen qu\u2019emploie l\u2019Occident pour s\u2019affranchir de sa condition d\u2019homme\u201d, \u00e9crit Malraux dans La Condition humaine<\/p>\n<p>Mon opium \u00e0 moi, ce sont ces textes et ces images que je vais chercher chaque jour dans les biblioth\u00e8ques parisiennes, ces papillons de mots que je collectionne, que j\u2019observe sans penser \u00e0 autre chose, cette mer de vieux livres dans laquelle je cherche \u00e0 me noyer<\/p>\n<p>Mon Dieu mon Dieu que r\u00e9pondre, que r\u00e9pondre, convoquons le djinn Google<span style=\"color: #232323; font-family: Georgia;\"> comme le g\u00e9nie de la lampe <\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Prix Goncourt 2015 R\u00e9sum\u00e9\u00a0: La nuit descend sur Vienne et sur l\u2019appartement o\u00f9 Franz Ritter, musicologue \u00e9pris d\u2019Orient, cherche en vain le sommeil, d\u00e9rivant entre songes et souvenirs, m\u00e9lancolie et fi\u00e8vre, revisitant sa vie, ses emballements, ses rencontres et ses nombreux s\u00e9jours loin de l\u2019Autriche \u2013 Istanbul, Alep, Damas, Palmyre, T\u00e9h\u00e9ran\u2026 -, mais aussi questionnant &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2609\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2610,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2,7,35,12,24,108,107,79],"tags":[109],"class_list":["post-2609","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lectures","category-romans-histoire","category-coup-de-coeur-lectures","category-litterature-france","category-musique","category-occident","category-orient","category-poesie","tag-opium"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2609","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2609"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2609\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6350,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2609\/revisions\/6350"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2610"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2609"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2609"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2609"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}