{"id":2625,"date":"2016-02-24T08:58:39","date_gmt":"2016-02-24T07:58:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2625"},"modified":"2021-09-22T17:41:27","modified_gmt":"2021-09-22T15:41:27","slug":"vann-david-sukkwan-island-2010","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2625","title":{"rendered":"Vann,  David \u00abSukkwan Island\u00bb (2010)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur<\/strong> :<\/p>\n<p>David Vann est n\u00e9 en 1966 sur l&rsquo;\u00eele Adak, en Alaska, et y a pass\u00e9 une partie de son enfance avant de s&rsquo;installer en Californie avec sa m\u00e8re et sa s\u0153ur. Il a travaill\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture d&rsquo;un premier roman pendant dix ans avant de r\u00e9diger en dix-sept jours, lors d&rsquo;un voyage en mer, le livre qui deviendra Sukkwan Island. Pendant douze ans, il cherche sans succ\u00e8s \u00e0 se faire publier aux \u00c9tats-Unis\u00a0: aucun agent n&rsquo;accepte de soumettre le manuscrit, jug\u00e9 trop noir, \u00e0 un \u00e9diteur. Ses difficult\u00e9s \u00e0 faire publier son livre le conduisent vers la mer\u00a0: il gagnera sa vie en naviguant pendant plusieurs ann\u00e9es dans les Cara\u00efbes et en M\u00e9diterran\u00e9e.<br \/>\nApr\u00e8s avoir travers\u00e9 les \u00c9tats-Unis en char \u00e0 voile et parcouru plus de 40\u00a0000 milles sur les oc\u00e9ans, il \u00e9choue lors de sa tentative de tour du monde en solitaire sur un trimaran qu&rsquo;il a dessin\u00e9 et construit lui-m\u00eame. En 2005, il publie A mile down, r\u00e9cit de son propre naufrage dans les Cara\u00efbes lors de son voyage de noces quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t. Ce livre fait partie de la liste des best-sellers du Washington Post et du Los Angeles Times. Ce premier succ\u00e8s lui permet de gagner partiellement sa vie gr\u00e2ce \u00e0 sa plume et il commence \u00e0 enseigner. David Vann propose alors Sukkwan Island \u00e0 un concours de nouvelles qu&rsquo;il remporte et, en guise de prix, voit son livre publi\u00e9 en 2008 aux Presses de l&rsquo;Universit\u00e9 du Massachusetts. L&rsquo;ouvrage est tir\u00e9 \u00e0 800 exemplaires puis r\u00e9imprim\u00e9 \u00e0 la suite de la parution d&rsquo;une excellente critique dans le New York Times. Au total, ce sont pourtant moins de 3\u00a0000 exemplaires de cette \u00e9dition qui seront distribu\u00e9s sur le march\u00e9 am\u00e9ricain.<br \/>\nPubli\u00e9 en France en janvier\u00a02010, \u00ab\u00a0Sukkwan Island\u00a0\u00bb remporte imm\u00e9diatement un immense succ\u00e8s. Il remporte le prix M\u00e9dicis \u00e9tranger et s&rsquo;est vendu \u00e0 plus de 300\u00a0000 exemplaires. Port\u00e9 par son succ\u00e8s fran\u00e7ais, David Vann est aujourd&rsquo;hui traduit en dix-huit langues dans plus de soixante pays. Une adaptation cin\u00e9matographique par une soci\u00e9t\u00e9 de production fran\u00e7aise est en cours.<\/p>\n<p>David Vann est l\u2019auteur de\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2625\"><em>Sukkwan Island<\/em><\/a>\u00a0<\/span>, <em><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=14335\">D\u00e9solations<\/a><\/span>,\u00a0<\/em><span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8020\"><em>Impurs<\/em><\/a><\/span>,\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=8241\"><em>Goat Mountain<\/em><\/a><\/span>,\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3953\"><em>Dernier jour sur terre<\/em><\/a><\/span>,\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3579\"><em>Aquarium<\/em><\/a><\/span>, L\u2019Obscure clart\u00e9 de l\u2019air (2017), Un poisson sur la lune (2019), Le Bleu au-del\u00e0 (Nouvelles 2020),\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=13389\">Komodo<\/a>\u00a0<\/span>(2021). Il partage aujourd\u2019hui son temps entre la Nouvelle-Z\u00e9lande o\u00f9 il vit et l\u2019Angleterre o\u00f9 il enseigne, tous les automnes, la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : Une \u00eele sauvage du Sud de l&rsquo;Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en for\u00eats humides et montagnes escarp\u00e9es. C&rsquo;est dans ce d\u00e9cor que Jim d\u00e9cide d&#8217;emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isol\u00e9e, une ann\u00e9e durant. Apr\u00e8s une succession d&rsquo;\u00e9checs personnels, il voit l\u00e0 l&rsquo;occasion de prendre un nouveau d\u00e9part et de renouer avec ce gar\u00e7on qu&rsquo;il conna\u00eet si mal. La rigueur de cette vie et les d\u00e9faillances du p\u00e8re ne tardent pas \u00e0 transformer ce s\u00e9jour en cauchemar, et la situation devient vite incontr\u00f4lable. Jusqu&rsquo;au drame violent et impr\u00e9visible qui scellera leur destin. <em>Sukkwan Island<\/em>\u00a0est une histoire au suspense insoutenable.<\/p>\n<p>Avec ce roman qui nous entra\u00eene au c\u0153ur des t\u00e9n\u00e8bres de l&rsquo;\u00e2me humaine, David Vann s&rsquo;installe d&#8217;embl\u00e9e parmi les jeunes auteurs am\u00e9ricains de tout premier plan.<\/p>\n<p>Ce roman a remport\u00e9 les prix M\u00e9dicis \u00e9tranger 2010, prix des lecteurs de <em>L&rsquo;Express,<\/em> prix de la Maison du livre de Rodez, prix du Marais 2011 des lecteurs de la m\u00e9diath\u00e8que L&rsquo;Odyss\u00e9e de Lomme. Depuis son formidable succ\u00e8s en France, ce roman a \u00e9t\u00e9 traduit en dix-huit langues et est aujourd&rsquo;hui disponible dans soixante pays du monde. Une adaptation cin\u00e9matographique est en cours.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: petit livre de 200 pages mais grand en \u00e9motion\u00a0! Huis clos entre un p\u00e8re et son fils. Le drame de l\u2019incommunicabilit\u00e9. D\u00e8s le d\u00e9but le fils est d\u00e9stabilis\u00e9 par la faiblesse et le manque de confiance en lui de son p\u00e8re. Un p\u00e8re qui n\u2019arrive pas \u00e0 assumer son r\u00f4le de p\u00e8re, un fils qui perd d\u00e8s le d\u00e9but confiance en son p\u00e8re qui n\u2019assure en rien (manque de pr\u00e9paration du projet, pleurs toutes les nuits).. Le tout dans un d\u00e9cor angoissant.. Alors mon enthousiasme est all\u00e9 d\u00e9croissant\u2026 Fascin\u00e9e par la premi\u00e8re partie, \u00e0 laquelle j\u2019ai adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 100%, un peu moins emball\u00e9e par la deuxi\u00e8me et tr\u00e8s d\u00e9\u00e7ue par la fin. Mais je recommande toutefois de le lire jusqu\u2019\u00e0 la fin\u00a0! C\u2019est pas long et les descriptions ( tant la nature que des sentiments et l\u2019analyse psychologique) le m\u00e9ritent<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Quelque part, il y a eu un m\u00e9lange de culpabilit\u00e9, de divorce, d&rsquo;argent, d&rsquo;imp\u00f4ts, et tout est parti en vrille.<\/p>\n<p>il apercevait le bras de terre pareil \u00e0 une dent scintillante qui jaillissait de l&rsquo;eau agit\u00e9e et un autre bras de mer menant \u00e0 une \u00eele lointaine, \u00e0 un rivage, \u00e0 l&rsquo;horizon, l&rsquo;air limpide et clair, les distances impossibles \u00e0 \u00e9valuer.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a que des bouleaux et des \u00e9pic\u00e9as \u00e0 perte de vue. Quand je regardais par la fen\u00eatre, j&rsquo;aurais voulu voir d&rsquo;autres esp\u00e8ces d&rsquo;arbres. Je ne sais pas \u00e0 quoi c&rsquo;est d\u00fb, je ne me suis jamais senti chez moi toutes ces ann\u00e9es, je ne me suis jamais senti \u00e0 ma place nulle part. Quelque chose me manquait, mais j&rsquo;ai le sentiment qu&rsquo;\u00eatre ici avec toi va tout arranger.<\/p>\n<p>L&rsquo;arbre s&rsquo;abattit \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 d&rsquo;eux en s&rsquo;\u00e9crasant \u00e0 travers les branches et les feuilles tandis que les troncs voisins fr\u00e9missaient sous le choc, l&rsquo;air de badauds tremblants et sid\u00e9r\u00e9s attroup\u00e9s autour d&rsquo;un horrible spectacle, puis un \u00e9trange silence s&rsquo;installa.<\/p>\n<p>Il avan\u00e7a jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;eau en posant un pied prudent sur\u00a0les rochers humides, il entendait la pluie de toute part, comme un tissu sonore qui supplantait tous les autres bruits. C&rsquo;\u00e9tait la seule odeur, aussi. M\u00eame lorsqu&rsquo;il d\u00e9tectait l&rsquo;ar\u00f4me de la terre ou de la mer, les parfums dont il imaginait qu&rsquo;ils \u00e9taient ceux des foug\u00e8res, des orties et du bois pourri, ils faisaient partie int\u00e9grante de l&rsquo;odeur de pluie.<\/p>\n<p>Il voulait partir. Il voulait s&rsquo;\u00e9chapper. Mais \u00e0 mesure que les heures passaient, il savait qu&rsquo;il allait rester.<\/p>\n<p>Affair\u00e9s, l&rsquo;esprit vide, ils \u0153uvraient ensemble \u00e0 rassembler leurs provisions, leur relation devenue soudain plus simple.<\/p>\n<p>Observant l&rsquo;ombre noire qui bougeait devant lui, il prit conscience que c&rsquo;\u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;impression qu&rsquo;il avait depuis trop longtemps\u00a0; que son p\u00e8re \u00e9tait une forme immat\u00e9rielle et que s&rsquo;il d\u00e9tournait le regard un instant, s&rsquo;il l&rsquo;oubliait ou ne marchait pas \u00e0 sa vitesse, s&rsquo;il n&rsquo;avait pas la volont\u00e9 de l&rsquo;avoir l\u00e0 \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, alors son p\u00e8re dispara\u00eetrait, comme si sa pr\u00e9sence ne tenait qu&rsquo;\u00e0 la seule volont\u00e9 de Roy<\/p>\n<p>Une violente temp\u00eate s&rsquo;installa le jour suivant. L&rsquo;eau semblait se fracasser sur le toit et contre les murs en un rideau \u00e9pais comme une rivi\u00e8re et non comme quelques gouttes port\u00e9es par le vent tant le choc \u00e9tait puissant.<\/p>\n<p>\u00c7a souffle comme s&rsquo;il ne devait pas y avoir de lendemain, fit son p\u00e8re. Comme si la pluie cherchait \u00e0 effacer tous les jours du calendrier.<\/p>\n<p>le sol \u00e9tait si d\u00e9tremp\u00e9 qu&rsquo;il avait l&rsquo;impression de marcher sur des \u00e9ponges<\/p>\n<p>Elle \u00e9tait devenue une sensation, une part de son \u00eatre qu&rsquo;il ne pouvait suffisamment dissocier de lui-m\u00eame pour y penser. Elle \u00e9tait un manque et un regret qui grossissaient en lui comme une tumeur<\/p>\n<p>Et ses hurlements ne faisaient rien d&rsquo;autre que se combler eux-m\u00eames, il \u00e9tait comme un acteur prisonnier de sa propre douleur, incapable de savoir qui il \u00e9tait v\u00e9ritablement ni quel r\u00f4le jouer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur : David Vann est n\u00e9 en 1966 sur l&rsquo;\u00eele Adak, en Alaska, et y a pass\u00e9 une partie de son enfance avant de s&rsquo;installer en Californie avec sa m\u00e8re et sa s\u0153ur. 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