{"id":2676,"date":"2016-03-05T17:23:19","date_gmt":"2016-03-05T16:23:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2676"},"modified":"2016-03-05T17:23:19","modified_gmt":"2016-03-05T16:23:19","slug":"giraldi-william-aucun-homme-ni-dieu-01-2015","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2676","title":{"rendered":"Giraldi, William \u00abAucun homme ni dieu\u00bb (01.2015)"},"content":{"rendered":"<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Le premier enfant disparut alors qu&rsquo;il tirait sa luge sur les hauteurs du village. Sans un bruit &#8211; nul cri, d&rsquo;homme ou de loup, pour t\u00e9moin. Quand Russell Core arrive dans le village de Keelut, la lettre de Medora Slone soigneusement pli\u00e9e dans la poche de sa veste, il se sent \u00e9pi\u00e9. Dans la cabane des Slone, il \u00e9coute l&rsquo;histoire de Medora : les loups descendus des collines, la disparition de son fils unique, la rage et l&rsquo;impuissance. Aux premi\u00e8res lueurs de l&rsquo;aube, Core s&rsquo;enfonce dans la toundra glac\u00e9e \u00e0 la poursuite de la meute. La qu\u00eate peut alors commencer.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Epique, implacable et magnifiquement maitris\u00e9\u00a0\u00bb (Dennis Lehane)<br \/>\nSorti en poche J&rsquo;ai lu (6 janvier 2016)<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Incontestablement un roman magnifique, captivant, gla\u00e7ant (c\u2019est le cas de le dire). Est-ce un roman policier\u00a0? Est-ce une qu\u00eate\u00a0? C\u2019est en tout cas un voyage dans l\u2019immensit\u00e9 blanche et dans la noirceur de l\u2019\u00e2me humaine. Vernon Slone rentre chez lui. Il \u00e9tait parti faire la guerre dans le d\u00e9sert\u00a0; \u00e0 son retour son fils est mort et sa femme a disparu. Grand \u00e9cart entre les horreurs de la guerre dans le d\u00e9sert incandescent et la violence dans les glaces de l\u2019Alaska. Il rentre chez lui, au pays du silence, de la neige, l\u00e0 o\u00f9 seule la loi du silence existe.. Le village, c\u2019est le clan, une communaut\u00e9\/meute qui a ses propres r\u00e8gles. Et qui pourrait mettre en p\u00e9ril le clan doit dispara\u00eetre. La violence, la mort sont l\u2019univers de Vernon Slone. Le tout avec une grande po\u00e9sie, qui m\u00eale surnaturel et vie r\u00e9elle\u00a0; la force du silence\u00a0; les hommes et les loups\u00a0; la science des anciens\u00a0; la vie et la survie. L\u2019amour et l\u2019amiti\u00e9 comme liens visc\u00e9raux, qui vont au-del\u00e0 de tout. Le froid de la nature, le froid des sentiments. Les \u00e9l\u00e9ments et les sentiments qui d\u00e9passent la nature et la nature humaine. Les confins du monde et les confins de l\u2019\u00e2me humaine. Le blanc, le noir\u2026 La violence dans tous les domaines\u00a0; avec Giraldi on passe la vitesse sup\u00e9rieure.. Entre mythe et r\u00e9alit\u00e9. . Au-del\u00e0 des lois et des compromis. Tout est emport\u00e9 sur le passage d\u2019un homme\u2026 Ce qui \u00e9tait au d\u00e9part une chasse au loup animal assassin va se transformer en chasse \u00e0 la partie \u00ab\u00a0loup\u00bb de l\u2019individu\u2026<\/p>\n<p>Un grand bravo \u00e0 la traductrice\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Plusieurs fois, elle tomba \u00e0 genoux dans la neige, imaginant ses larmes transform\u00e9es en balles de glace ricochant sur le givre et les rochers de la falaise.<\/p>\n<p>Personne ne peut tromper les yeux d\u2019un loup. Ils savent toujours.<\/p>\n<p>Sur le paillasson, le Bienvenue\u00a0s\u2019\u00e9tait effiloch\u00e9 en\u00a0venue.<\/p>\n<p>Des gratte-ciel voisinaient avec des bungalows qui leur arrivaient \u00e0 peine \u00e0 la cheville \u2026<\/p>\n<p>avez-vous la moindre id\u00e9e de ce qu\u2019il y a derri\u00e8re ces fen\u00eatres\u00a0? De la profondeur de ces terres\u00a0? De leur noirceur\u00a0? De la mani\u00e8re dont ce noir s\u2019insinue en vous\u00a0?<\/p>\n<p>C\u2019est en observant les loups que les chasseurs inuit avaient appris \u00e0 encercler les caribous. L\u2019homme chasseur avait trouv\u00e9 son ma\u00eetre en un autre chasseur.<\/p>\n<p>Il aurait pu continuer ainsi pendant un long moment. Lui expliquer que l\u2019organisation sociale des loups \u00e9tait si sophistiqu\u00e9e qu\u2019en comparaison n\u2019importe quelle ville am\u00e9ricaine semblait arri\u00e9r\u00e9e. Que les premi\u00e8res tribus\u00a0humaines \u00e9taient tout \u00e0 fait identiques aux meutes.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas que notre monde qui est sauvage, nous le sommes aussi \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, dit-elle. Tout ce qui nous entoure l\u2019est.<\/p>\n<p>Nous ne nous sommes jamais rencontr\u00e9s. Je l\u2019ai toujours connu. Ma vie enti\u00e8re. Avant m\u00eame d\u2019exister. Je n\u2019ai pas un seul souvenir o\u00f9 il ne soit pas pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>Il savait ce que c\u2019\u00e9tait d\u2019\u00eatre hant\u00e9. Les morts ne hantent pas les vivants. Les vivants se hantent tout seuls.<\/p>\n<p>Comme le deuil, le froid est un manque qui prend toute la place. L\u2019hiver vient chercher votre \u00e2me et va jusqu\u2019\u00e0 vous forer le corps pour l\u2019atteindre.<\/p>\n<p>Les a\u00een\u00e9s de ce monde se l\u00e8vent avant les premi\u00e8res lueurs, comme s\u2019ils cherchaient \u00e0 gagner la course contre le soleil.<\/p>\n<p>En temps normal, en un lieu normal, les loups fuient les hommes, d\u00e9talent d\u00e8s qu\u2019ils sentent leur odeur, aper\u00e7oivent leurs silhouettes \u2013\u00a0ils ne veulent rien avoir \u00e0 faire avec les\u00a0hommes.<\/p>\n<p>Les enfants posent tout le temps des questions, sur tout, mais il est une chose qu\u2019ils ne remettent jamais en question, c\u2019est leur propre existence. De m\u00eame que les animaux, ils sont incapables de se concevoir comme mortels. La vie leur semble l\u2019\u00e9tat le plus naturel qui soit.<\/p>\n<p>Il reconnaissait chaque mot pris \u00e0 part, mais les phrases en entier semblaient prononc\u00e9es dans une autre langue, ind\u00e9chiffrable.<\/p>\n<p>De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00e9tendue d\u00e9serte qui bordait la ville, vers les champs au nord, il vit des arbres charg\u00e9s de neige, inclin\u00e9s comme des p\u00e9nitents. Le jour semblait tiss\u00e9 dans une mousseline, le soleil y formait \u00e0 peine une petite aur\u00e9ole. Le souffle du vent, tout juste un murmure, portait avec lui le parfum des sapins et de la neige qui flottait dans l\u2019air telle une brume.<\/p>\n<p>Si quelqu\u2019un nous tue, le pass\u00e9 meurt avec nous, et le pass\u00e9 est d\u00e9j\u00e0 mort, alors je vois pas le probl\u00e8me<\/p>\n<p>T\u2019as d\u00e9j\u00e0 remarqu\u00e9 comme les gens qui vivent ensemble depuis tr\u00e8s longtemps finissent par se ressembler\u00a0? C\u2019est pour \u00e7a que je vis seul. Je ne veux ressembler \u00e0 personne d\u2019autre que moi<\/p>\n<p>Tue ton dieu et tu deviendras ton propre dieu.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0C\u2019est quoi un vagabond\u00a0?<br \/>\n\u2013\u00a0C\u2019est comme du bois flottant. Tu vois l\u00e0-bas\u00a0? Le bois qui flotte\u00a0? C\u2019est un voyageur sans maison.<\/p>\n<p>Quand elle \u00e9tait enfant, son p\u00e8re lui avait dit que tuer un loup \u00e9tait comme tuer un messager des dieux qui les prot\u00e9geaient.<\/p>\n<p>Elle se fabriqua de faux souvenirs de lui dans son enfance, elle sentait sa pr\u00e9sence chaque fois qu\u2019elle glissait la main dans les poches de son pass\u00e9.<\/p>\n<p>Il \u00e9coutait le silence. Un monde entier d\u2019oreilles tendues. Plus ou moins sauvages. Son p\u00e8re lui avait racont\u00e9 que les loups r\u00e9ussissaient \u00e0 s\u2019entendre entre eux \u00e0 plus de cinq kilom\u00e8tres de distance.<br \/>\nIls s\u2019entendent hurler de si loin\u00a0?\u00a0avait-il demand\u00e9.<br \/>\nEt son p\u00e8re lui avait r\u00e9pondu\u00a0:\u00a0Non, ils s\u2019entendent respirer.<\/p>\n<p>Une balle dans le corps commence par rendre le corps beaucoup plus pr\u00e9sent, avant de le faire dispara\u00eetre.<\/p>\n<p>le soleil grimpait p\u00e9niblement dans le ciel, tra\u00eenant \u00e0 sa suite un brouillard paillet\u00e9 de particules de glace flottant dans l\u2019air, comme si le froid \u00e9tait une cr\u00e9ature \u2013\u00a0une chose dou\u00e9e de volont\u00e9, pourvue d\u2019un cerveau et de poumons.<\/p>\n<p>l\u2019homme n\u2019est chez lui ni dans la civilisation ni dans la nature \u2013\u00a0parce que nous sommes des aberrations coinc\u00e9es entre deux \u00e9tats.<\/p>\n<p>Le jour faiblissait, d\u00e9charn\u00e9, presque mort d\u00e9j\u00e0, et, \u00e0 l\u2019est, ils n\u2019arrivaient plus \u00e0 distinguer la terre du ciel.<\/p>\n<p>Et pourtant nous ne sommes pas n\u00e9s pour survivre. Nous sommes n\u00e9s pour vivre.\u00a0C\u2019\u00e9taient l\u00e0 les pens\u00e9es d\u2019un homme au seuil de la mort, il le savait.<\/p>\n<p>Elle voulait qu\u2019il lui raconte tout ce qu\u2019il avait vu. Elle voulait entendre la v\u00e9rit\u00e9. Mais il ne lui donnerait qu\u2019une histoire \u2013\u00a0une histoire qui semblait s\u2019\u00eatre d\u00e9roul\u00e9e dans un r\u00eave, \u00e0 l\u2019\u00e9cart du monde r\u00e9el\u00a0\u2013 et cette histoire aurait les apparences de la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9\u00a0: Le premier enfant disparut alors qu&rsquo;il tirait sa luge sur les hauteurs du village. Sans un bruit &#8211; nul cri, d&rsquo;homme ou de loup, pour t\u00e9moin. Quand Russell Core arrive dans le village de Keelut, la lettre de Medora Slone soigneusement pli\u00e9e dans la poche de sa veste, il se sent \u00e9pi\u00e9. 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