{"id":2710,"date":"2016-03-20T12:10:52","date_gmt":"2016-03-20T11:10:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2710"},"modified":"2018-06-02T15:21:00","modified_gmt":"2018-06-02T14:21:00","slug":"bourdeaut-olivier-en-attendant-bojangles-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2710","title":{"rendered":"Bourdeaut, Olivier  \u00abEn attendant Bojangles\u00bb (2016)"},"content":{"rendered":"<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Sous le regard \u00e9merveill\u00e9 de leur fils, ils dansent sur \u00abMr. Bojangles\u00bb de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une f\u00eate perp\u00e9tuelle. Chez eux, il n\u2019y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.<\/p>\n<p>Celle qui donne le ton, qui m\u00e8ne le bal, c\u2019est la m\u00e8re, feu follet impr\u00e9visible et extravagant. C\u2019est elle qui a adopt\u00e9 le quatri\u00e8me membre de la famille, Mademoiselle Superf\u00e9tatoire, un grand oiseau exotique qui d\u00e9ambule dans l\u2019appartement. C\u2019est elle qui n\u2019a de cesse de les entra\u00eener dans un tourbillon de po\u00e9sie et de chim\u00e8res.<\/p>\n<p>Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et p\u00e8re et fils feront tout pour \u00e9viter l\u2019in\u00e9luctable, pour que la f\u00eate continue, co\u00fbte que co\u00fbte.<\/p>\n<p>L\u2019amour fou n\u2019a jamais si bien port\u00e9 son nom.<\/p>\n<p>L\u2019optimisme des com\u00e9dies de Capra, alli\u00e9 \u00e0 la fantaisie de L\u2019\u00c9cume des jours.<\/p>\n<p>Prix du Roman des \u00e9tudiants France Culture &#8211; T\u00e9l\u00e9rama 2016 &#8211; Grand Prix RTL \/ Lire 2016 \u2013 Prix du Roman France-T\u00e9l\u00e9vision &#8211;<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Jubilatoire!\u00a0Les personnages\u00a0: le p\u00e8re, la m\u00e8re, le fils, \u00bb, Mademoiselle Superf\u00e9tatoire, un ami s\u00e9nateur\u00a0 pr\u00e9sent\u00e9 sous le nom de \u00ab\u00a0l\u2019Ordure\u00a0 et Bill Bojangles Robinson (c\u00e9l\u00e8bre danseur de claquettes de Harlem mort en 1950 et chant\u00e9 par Nina Simone, qui est le fil rouge du livre, son c\u0153ur en quelque sorte. (https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=eAW3y5l6Dm4 )<\/p>\n<p>Une folie\u2026 qui n\u2019est pas si douce que cela\u2026 Apr\u00e8s un d\u00e9but \u00ab\u00a0farce\u00a0\u00bb on se rend compte que derri\u00e8re le c\u00f4t\u00e9 farfelu, il y a des sujets nettement plus graves\u2026 Les parents s\u2019amusent, dansent la vie, entrain\u00e9s par la m\u00e8re, dont la fa\u00e7on d\u2019\u00eatre, fantasque et excentrique, cache une r\u00e9alit\u00e9 plus sombre. Le but de la vie\u00a0? Chasser l\u2019ennui et pour cela nier la r\u00e9alit\u00e9 triste et morne, la rendre belle et joyeuse. Danse et d\u00e9mence\u2026 les deux notions se rejoignent\u2026 Abandon total et l\u00e2cher prise dans les deux cas.. . L\u2019esth\u00e9tisme prime sur le fond. Pour \u00e9chapper \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 effrayante, prendre les chemins de traverse et fuir pour se r\u00e9fugier dans \u00ab\u00a0un ch\u00e2teau en Espagne\u00a0\u00bb Un livre d\u2019amour fou, plein, absolu, d\u00e9jant\u00e9 (ce qui fait que j\u2019ai aim\u00e9\u00a0! )\u2026 On passe de l\u2019utopie \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. De la folie d\u2019aller vivre dans un ch\u00e2teau en Espagne \u00e0 la folie tout court. C\u2019est un livre qui sous le couvert de la joie de vivre et de l\u2019enchantement aborde des th\u00e8mes difficiles. Un livre fantaisiste, qui apporte la joie, la lumi\u00e8re. Les parents sont l\u00e9g\u00e8rement \u00ab\u00a0\u00e0 la masse\u00a0\u00bb. Un doux d\u00e9lire qui am\u00e8ne \u00e0 la folie\u2026 Original, p\u00e9tillant, po\u00e9tique, triste et bouleversant\u00a0: on y parle folie, d\u00e9pression, mort, asile psychiatrique avec fantaisie et l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. On remplace les mots effrayants de la r\u00e9alit\u00e9 clinique par les mots des fables et de l\u2019enchantement, on refuse la r\u00e9alit\u00e9 sordide pour la magie de la vie\u2026 La magie blanche combat les forces des t\u00e9n\u00e8bres. Mais le fait de vivre dans le d\u00e9ni, hors de la r\u00e9alit\u00e9, comme des personnages de roman, dans des d\u00e9cors plus que dans des lieux de vie habituels (les ann\u00e9es 30, le m\u00e9lange actuel \/ ancien ou l\u2019ancien est le r\u00eave et le pr\u00e9sent est assimil\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9) aura beau donner des couleurs \u00e0 la vie, on comprend bien que la fin ne sera pas une fin heureuse de contes de f\u00e9es\u2026<\/p>\n<p>L\u2019auteur de ce premier roman \u2013 un OLNI \u2013 vient en quelques mois de remporter plusieurs prix et j\u2019en suis ravie.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Mais la r\u00e9ponse des \u00e9diteurs \u00e9tait toujours la m\u00eame\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0C\u2019est bien \u00e9crit, dr\u00f4le, mais\u00a0\u00e7a n\u2019a ni queue, ni t\u00eate.\u00a0\u00bb \u00a0Pour le consoler de ces refus, ma m\u00e8re disait\u00a0:<br \/>\n\u2014 A-t-on d\u00e9j\u00e0 vu un livre avec une queue et une t\u00eate, \u00e7a saurait\u00a0!<\/p>\n<p>Quand la r\u00e9alit\u00e9 est banale et triste, inventez-moi une belle histoire, vous mentez si bien, ce serait dommage de nous en priver.<\/p>\n<p>Sur la commode du salon, devant un immense clich\u00e9 noir et blanc de Maman sautant dans une piscine en tenue de soir\u00e9e, se trouvait un beau et vieux tourne-disque sur lequel passait toujours le m\u00eame vinyle de Nina Simone, et la m\u00eame chanson\u00a0: \u00ab\u00a0Mister Bojangles\u00a0\u00bb. C\u2019\u00e9tait le seul disque qui avait le droit de tourner sur l\u2019appareil, les autres musiques devaient se r\u00e9fugier dans une cha\u00eene hi-fi plus moderne et un peu terne.\u00a0Cette musique \u00e9tait vraiment folle, elle \u00e9tait triste et gaie en m\u00eame temps, et elle mettait ma m\u00e8re dans le m\u00eame \u00e9tat.<\/p>\n<p>\u2026on mangeait plein de fruits, le jour, la nuit, on\u00a0buvait des fruits, en dansant.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me c\u2019est qu\u2019elle perdait compl\u00e8tement la t\u00eate. Bien s\u00fbr, la partie visible restait sur ses \u00e9paules, mais le reste, on ne savait pas o\u00f9 il allait.<\/p>\n<p>Cette folie, je l\u2019avais accueillie les bras ouverts, puis je les avais referm\u00e9s pour la serrer fort et m\u2019en impr\u00e9gner, mais je craignais qu\u2019une telle\u00a0\u00a0folie douce ne soit pas \u00e9ternelle.<\/p>\n<p>Vous me direz, fr\u00e9quenter des malades mentaux toute la journ\u00e9e,\u00a0vous finissez par imprimer\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est vraiment diff\u00e9rent de pleurer en plein jour, c\u2019est un autre niveau de tristesse.<\/p>\n<p>Parlez-lui avec les mains, les yeux et le c\u0153ur, c\u2019est encore ce qu\u2019il y a de meilleur pour communiquer\u00a0!<\/p>\n<p>\u2026 dans l\u2019arbre, ta Maman, ce sont les racines, les feuilles, les branches et la t\u00eate en m\u00eame temps, et nous, nous sommes les jardiniers, nous allons faire en sorte que l\u2019arbre tienne debout et qu\u2019il ne finisse pas d\u00e9racin\u00e9,\u2026<\/p>\n<p>Il profitait de cette derni\u00e8re nuit pour faire la conversation de toute une vie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9\u00a0: Sous le regard \u00e9merveill\u00e9 de leur fils, ils dansent sur \u00abMr. Bojangles\u00bb de Nina Simone. 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