{"id":2715,"date":"2016-03-22T17:47:07","date_gmt":"2016-03-22T16:47:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2715"},"modified":"2018-09-10T08:04:16","modified_gmt":"2018-09-10T07:04:16","slug":"del-arbol-victor-la-vispera-de-casi-todo-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2715","title":{"rendered":"Del \u00c1rbol, Victor \u00abLa v\u00edspera de cas\u00ed todo\u00bb  (2016) \/ La veille de presque tout (01-2017)"},"content":{"rendered":"<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong>: Germinal Ibarra est un policier d\u00e9senchant\u00e9 poursuivi par les rumeurs et par sa propre conscience. Il y a trois ans il a demand\u00e9 sa mutation dans un commissariat de La Corogne apr\u00e8s avoir r\u00e9solu le meurtre de la jeune Amanda. Mais il est brutalement sorti de son refuge et de son anonymat quand une femme qui vient d\u2019\u00eatre hospitalis\u00e9e pour coups et blessures le demande..<\/p>\n<p>Une myst\u00e9rieuse Paola qui tente d\u2019\u00e9chapper \u00e0 ses propres fant\u00f4mes a fait son apparition il y a trois mois dans le lieu le plus recul\u00e9 de c\u00f4te galicienne Elle s\u2019installe chez Dolores, une femme sensible et tortur\u00e9e, qui l\u2019accueille sans poser de questions.<\/p>\n<p><em>Prix Nadal de litt\u00e9rature espagnole 2016 ( plus ancien prix espagnol &#8211; \u00e9quivalent du Goncourt)<br \/>\nPrix Transfuge Magazine de la rentr\u00e9e litt\u00e9raire d\u2019hiver 2017 &#8211; Meilleur polar \u00e9tranger<\/em><br \/>\n<em><span class=\"field-content\"><span class=\"coul1 prix-litteraire\">Prix Cam\u00e9l\u00e9on &#8211; <span class=\"date-display-single\">2017<\/span><\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>La vie, la mort, les racines et le pass\u00e9. Les th\u00e8mes chers \u00e0 Victor del Arbol sont l\u00e0.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019histoire de personnages qui luttent pour continuer\/recommencer \u00e0 vivre malgr\u00e9 le pass\u00e9. Et plusieurs histoires parall\u00e8les, comme dans les romans pr\u00e9c\u00e9dents. De fait au moins sept histoires se croisent et se m\u00ealent\u00a0: Paola, Germinal, Dolores, Mauricio, Oliverio , Martina, Daniel \u2026 On peut aussi ajouter un autre personnage\u00a0: le lieu o\u00f9 va se d\u00e9rouler le roman.. Le bout du monde\u2026 le paysage, les \u00e9l\u00e9ments, le ciel, les \u00e9toiles (filantes ou absentes) quand il fait noir dans le c\u0153ur, les \u00e9toiles ne brillent pas dans le ciel\u2026 L\u2019id\u00e9e d\u2019aller au bout du monde pour recommencer sa vie n\u2019est pas anodine.<\/p>\n<p>Tout ce que font les personnages est en relation avec leur enfance\/jeunesse et les raisons d\u2019agir sont la cons\u00e9quence de ce qu\u2019ils ont v\u00e9cu. Le pass\u00e9 conditionne la vision du monde et justifie le pr\u00e9sent. Le mal sans raison n\u2019existe pas\u00a0: il y a toujours une raison qui fait que&#8230;\u00a0Une fois encore Victor del Arbol nous entraine dans\u00a0le sillage\u00a0de jeunes qui souffrent. Et dans l\u2019Histoire\u00a0: ici une incursion dans l\u2019histoire de l\u2019Argentine, la guerre des Malouines\u2026<\/p>\n<p>Je ne consid\u00e8re pas cet auteur comme un auteur de \u00ab\u00a0romans noirs\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0polars\u00a0\u00bb\u00a0; bien que le livre commence par un assassinat, il passe vite au second plan car en quelques pages on conna\u00eet le meurtrier et tout ce qui concerne l\u2019assassinat est balay\u00e9. L\u2019important ce sont les personnages, et, comme toujours l\u2019adulte conditionn\u00e9 par son pass\u00e9, par son enfance. On grandit mais les blessures de l\u2019enfance fa\u00e7onnent la personne que nous devenons, elles font partie de nous. Pour continuer d\u2019avancer, il faut prendre acte de ce que nous sommes, accepter nos blessures et notre pass\u00e9.<\/p>\n<p>Etre aux commandes de sa vie, et de sa mort. La libert\u00e9 de choisir la vie ou la mort, de s\u2019envoler pour la vie ou pour la mort.. . Un des th\u00e8mes abord\u00e9 dans le livre est le suicide. Etre capable de supporter sa propre souffrance c\u2019est une chose, supporter celle des gens qu\u2019on aime en est une autre.<\/p>\n<p>Non je ne vais pas vous raconter l\u2019histoire&#8230; il vous faudra la vivre.. avec tristesse, douleur, r\u00e9volte et rage\u2026 car elle est noire l\u2019histoire\u2026 comme la vie.. elle est dure, inhumaine parfois.. Il faudra aller jusqu\u2019au bout du livre pour comprendre\u2026 et surtout il vous faudra attendre 2016 si vous ne vous lancez pas dans le livre en espagnol (ou catalan) et que vous attendez la traduction fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>J\u2019aime les r\u00e9f\u00e9rences litt\u00e9raires et musicales qui jalonnent le livre\u00a0; Zola, et \u00ab\u00a0Germinal\u00a0\u00bb (un policier dont le p\u00e8re \u00e9tait anarchiste et r\u00e9volutionnaire)\u00a0; Virginia Woolf et Orlando ; les musiques \u2013 le Clair de lune de Debussy, Johnny Cash\u00a0; et je vais d\u00e9couvrir Juan Gelman (la derni\u00e8re fois je m\u2019\u00e9tais replong\u00e9e dans Ma\u00efakovski \u2013 mais lui je connaissais)<\/p>\n<p><strong>Notes<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Syndrome de Williams<\/strong>\u00a0: Cette maladie g\u00e9n\u00e9tique porte les noms du cardiologue n\u00e9o-z\u00e9landais J.C.P. Williams (en), qui le premier identifia en 19612 cette maladie r\u00e9unissant une malformation cardiaque (st\u00e9nose aortique cong\u00e9nitale supra valvulaire), une d\u00e9ficience intellectuelle et des traits faciaux \u00ab elfiques \u00bb caract\u00e9ristiques, et du p\u00e9diatre allemand A.J. Beuren (de l&rsquo;universit\u00e9 de G\u00f6ttingen) qui d\u00e9crivit ind\u00e9pendamment cette association en 19623.<\/p>\n<p>Sa cause fut initialement attribu\u00e9e \u00e0 un surdosage en vitamine D4 mais son origine g\u00e9n\u00e9tique est suspect\u00e9e au d\u00e9but des ann\u00e9es 19905. Il est alors d\u00e9montr\u00e9 que la maladie correspond, non pas \u00e0 une mutation, mais \u00e0 une d\u00e9l\u00e9tion d&rsquo;au moins un g\u00e8ne6.<\/p>\n<p><strong>Tiresias<\/strong>\u00a0: Dans la mythologie grecque, devin aveugle de Th\u00e8bes. Selon L&rsquo;Odyss\u00e9e, il garda le don de proph\u00e9tie jusqu&rsquo;aux Enfers o\u00f9 Ulysse alla le consulter. Il joua un r\u00f4le dans le drame th\u00e9bain dont le roi La\u00efos et son fils \u0152dipe furent les h\u00e9ros. Des l\u00e9gendes plus tardives relatent qu&rsquo;il v\u00e9cut durant sept (ou neuf) g\u00e9n\u00e9rations et qu&rsquo;il mourut apr\u00e8s la guerre des Sept contre Th\u00e8bes ; on raconte \u00e9galement qu&rsquo;il fut transform\u00e9 en femme pour avoir tu\u00e9 la femelle d&rsquo;un couple de serpents en train de s&rsquo;unir ; il ne reprit son sexe premier que sept ans plus tard, apr\u00e8s avoir tu\u00e9 le serpent m\u00e2le.<\/p>\n<p>\u00c0 la suite de cette exp\u00e9rience, il fut un jour consult\u00e9 par Zeus et H\u00e9ra qui ne parvenaient pas \u00e0 se mettre d&rsquo;accord : H\u00e9ra soutenait contre Zeus qu&rsquo;en amour les femmes ont moins de plaisir que les hommes ; Tir\u00e9sias affirma que l&rsquo;amour donnait aux femmes dix fois plus de plaisir qu&rsquo;aux hommes. Furieuse de voir qu&rsquo;il avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le secret de son sexe, H\u00e9ra frappa Tir\u00e9sias de c\u00e9cit\u00e9, mais Zeus lui accorda en compensation le don de proph\u00e9tie. D&rsquo;autres encore pr\u00e9tendent que c&rsquo;est Pallas Ath\u00e9na qui l&rsquo;avait aveugl\u00e9 parce qu&rsquo;il l&rsquo;avait \u00e9pi\u00e9e tandis qu&rsquo;elle se d\u00e9v\u00eatait pour prendre son bain.<\/p>\n<p>Depuis l&rsquo;\u0152dipe roi de Sophocle, le personnage de Tir\u00e9sias r\u00e9appara\u00eet \u00e0 diverses reprises dans la litt\u00e9rature europ\u00e9enne avec son double caract\u00e8re de proph\u00e8te et d&rsquo;homme-femme, comme dans la pi\u00e8ce de Guillaume Apollinaire Les Mamelles de Tir\u00e9sias (1928) et dans La Terre gaste (The Waste Land, 1922) de T. S. Eliot.<\/p>\n<p><strong>Ceibo<\/strong>\u00a0: &#8230; Fleur nationale Argentine &#8211; appel\u00e9e localement ceibo, seibo ou bucar\u00e9, est une esp\u00e8ce d&rsquo;arbre de la famille des Fabaceae,<\/p>\n<p><strong>Juan Gelman<\/strong> (po\u00e8te) : N\u00e9 dans le quartier de Villa Crespo, Buenos Aires, quartier \u00e0 l&rsquo;identit\u00e9 juive fortement marqu\u00e9e, Juan Gelman est le troisi\u00e8me enfant (le seul n\u00e9 en Argentine) d&rsquo;un couple d&rsquo;immigrants juifs ukrainiens, Joseph Gelman et Paulina Burichson. Il apprend \u00e0 lire \u00e0 3 ans et \u00e9crit ses premiers po\u00e8mes d&rsquo;amour \u00e0 huit ans ; il sera publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois \u00e0 onze ans (1941) par la revue Rojo y Negro. \u00c0 quinze ans il adh\u00e8re \u00e0 la Federaci\u00f3n Juvenil Comunista (F\u00e9d\u00e9ration des Jeunes Communistes). En 1948 il entreprend des \u00e9tudes de chimie \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Buenos Aires mais les abandonne rapidement pour se consacrer pleinement \u00e0 la po\u00e9sie.<\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0<\/strong>: ( juste quelques phrases)<\/p>\n<p>Esas cicatrices fascinaban a Daniel; eran como ra\u00edces secretas que ascend\u00edan hacia la superficie, o como dedos crispados de n\u00e1ufragos.<\/p>\n<p>El tiempo se detuvo cuando el eco de la \u00faltima nota se extingui\u00f3. Durante un instante, cada uno de los presentes se traslad\u00f3 a un lugar distinto de s\u00ed mismo<\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri;\">Pe<\/span>ro sus ojos eran un desierto de indiferentes piedras minerales, un espacio lunar barrido por el viento donde ella, \u00abmadre desnaturalizada\u00bb (as\u00ed empezaron a llamarla cuando los rumores saltaron a la prensa rosa), vagaba sin voluntad<\/p>\n<p>Hay algo bondadoso en las personas que duermen. Tanto da que sean asesinos, torturadores, soldados, viejos o ni\u00f1os. El sue\u00f1o y su inconsciencia los aleja de su mundo cotidiano y eso los reconcilia con una humanidad primigenia. Cuando dormimos, todos somos inocentes<\/p>\n<p>La gente deber\u00eda aprender a ponerse en paz consigo mismo y con sus vicios. Una persona que niega lo que es no puede ser feliz de ning\u00fan modo<\/p>\n<p>A veces hay que despertar y regresar a la realidad. Eso es todo<\/p>\n<p>\u00bfVolver a la realidad? \u00bfD\u00f3nde estaba el mapa con el camino de regreso?<\/p>\n<p>Lo que no tiene remedio es el pasado. Pero la memoria es una forma de inventar el presente.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>lien vers une interview ( en espagnol)<\/strong>\u00a0\u00a0: \u00a0\u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/lecturafilia.com\/2016\/03\/05\/entrevista-victor-del-arbol-leer-militar-en-la-cultura-es-hoy-el-ejercicio-revolucionario-por-excelencia\/\">Lecturafilia<\/a>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9\u00a0: Germinal Ibarra est un policier d\u00e9senchant\u00e9 poursuivi par les rumeurs et par sa propre conscience. Il y a trois ans il a demand\u00e9 sa mutation dans un commissariat de La Corogne apr\u00e8s avoir r\u00e9solu le meurtre de la jeune Amanda. 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