{"id":2725,"date":"2016-03-23T10:19:21","date_gmt":"2016-03-23T09:19:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2725"},"modified":"2016-03-23T10:24:05","modified_gmt":"2016-03-23T09:24:05","slug":"petterson-per-pas-facile-de-voler-des-chevaux-2006","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2725","title":{"rendered":"Petterson, Per \u00ab\u00a0Pas facile de voler des chevaux\u00a0\u00bb (2006)"},"content":{"rendered":"<div><\/div>\n<div class=\"content clearfix\">\n<div>Per <b class=\"coloradmin\">Petterson<\/b> (n\u00e9 le 18 juillet 1952 \u00e0 Oslo) est un \u00e9crivain norv\u00e9gien. Il a\u00a0 publi\u00e9 plusieurs autres romans, dont le plus connu en Norv\u00e8ge, mais aussi en France notamment d\u00e8s sa parution valoris\u00e9e par le journaliste m\u00e9diatique Patrick Poivre d&rsquo;Arvor, reste Pas facile de voler des chevaux (Ut og stj\u00e6le hester) (2003). Celui-ci a gagn\u00e9 plusieurs prix litt\u00e9raires, dont le Den norske Kritikerprisen, le Independent Foreign Fiction Prize, le prix litt\u00e9raire europ\u00e9en Madeleine Zepter et le International IMPAC Dublin Literary Award ; il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 choisi comme l&rsquo;un des dix meilleurs livres de 2007 par le New York Times. En 2009 il re\u00e7oit le grand prix de litt\u00e9rature du Conseil nordique pour son roman <em>Maudit soit le fleuve du temps<\/em>.<\/div>\n<\/div>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong> : \u00c0 soixante-six ans, Trond Sander se retire dans une petite maison pr\u00e8s d&rsquo;un lac, au nord-est de la Norv\u00e8ge. Il a le sentiment que son r\u00eave de qui\u00e9tude et de solitude est en passe de se r\u00e9aliser, mais un soir il fait la connaissance de son voisin Lars. Cette rencontre le replonge dans l&rsquo;\u00e9t\u00e9 de ses quinze ans, en 1948. \u00c0 cette \u00e9poque, en vacances seul avec son p\u00e8re, il retrouve son camarade Jon. Ensemble, ils \u00abvolent des chevaux\u00bb pour de petites \u00e9chapp\u00e9es. Une fois pourtant cela se termine mal : il tombe de cheval et se blesse, puis assiste, impuissant, \u00e0 une \u00e9trange explosion de rage et de violence chez Jon. Trond se souvient de l&rsquo;effroyable accident survenu dans la famille de Jon, du pass\u00e9 insoup\u00e7onn\u00e9 de son p\u00e8re, r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par un voisin ; il ne se doutait pas alors que les \u00e9v\u00e9nements dramatiques survenus pendant la Seconde Guerre mondiale allaient jeter leur ombre sur sa propre famille et lui ravir son p\u00e8re.<\/p>\n<p>Pas facile de voler des chevaux est un livre d&rsquo;une intensit\u00e9 dramatique rare, habilement construit autour des secrets des personnages principaux. Les r\u00e9miniscences d&rsquo;un narrateur au soir de sa vie et son \u00e9vocation d&rsquo;un \u00e9t\u00e9 inoubliable sont tout simplement bouleversantes.<\/p>\n<p>paru en \u00e9dition de poche ( folio 4756)<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong> : C\u2019est un tr\u00e8s beau roman, plein de m\u00e9lancolie, tr\u00e8s sensible mais ne versant jamais dans la sensiblerie o\u00f9 tous les \u00e9l\u00e9ments qui forment la vie sont \u00e9voqu\u00e9s avec pudeur, douleur parfois, mais sans pathos. Une rencontre fait ressurgir les souvenirs et les interrogations du pass\u00e9. C\u2019est un magnifique texte sur les non-dits, sur les relations p\u00e8re-fils, sur la solitude, sur les secrets avec lesquels il faut vivre, sur l\u2019amour de la nature aussi. Les conditions climatiques, la nuit, l\u2019orage, le sombre et la clart\u00e9, la rivi\u00e8re, la route, les arbres\u2026 le silence, les regards et la pr\u00e9sence silencieuse sont \u00e9galement partie prenante dans l\u2019histoire. C\u2019est aussi un r\u00e9cit en demi-teinte sur l\u2019amiti\u00e9 entre jeunes gar\u00e7ons. Ayant choisi la solitude de la for\u00eat pour finir sa vie, les souvenirs vont permettre au h\u00e9ros de peupler ses jours. Deux p\u00e9riodes charni\u00e8res dans la vie de Trond. Le passage \u00e0 l\u2019adolescence (pendant la Seconde Guerre Mondiale qui joue un grand r\u00f4le dans le d\u00e9roulement des \u00e9v\u00e9nements) et le passage \u00e0 la vieillesse. La peur de quitter l\u2019enfance, de mal n\u00e9gocier le virage vers l\u2019\u00e2ge adulte, et la crainte de pas assurer le passage vers la derni\u00e8re partie de la vie. Et pour l\u2019accompagner, le hasard de la vie mettra sur son chemin un homme qui a fait basculer sa jeunesse dans l\u2019incertitude et l\u2019incompr\u00e9hension.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong> :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le temps, maintenant, je me dis que c\u2019est important pour moi. Qu\u2019il passe vite ou lentement n\u2019est pas le probl\u00e8me ; l\u2019essentiel c\u2019est le temps lui-m\u00eame, c\u2019est le temps lui-m\u00eame, cet \u00e9l\u00e9ment dans lequel je vis et que je remplis d\u2019activit\u00e9s physiques qui le rythment, le rendent visible et l\u2019emp\u00eachent de s\u2019\u00e9couler sans que je m\u2019en aper\u00e7oive.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et j&rsquo;ai compris que rien ne me faisait aussi peur que de me voir transformer en un personnage de Magritte: celui qui se regarde dans une glace et d\u00e9couvre que sa nuque s&rsquo;y refl\u00e8te \u00e0 l&rsquo;infini.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Au souvenir de ce r\u00eave je sens mon estomac se nouer. Je ferais sans doute mieux de ne plus y penser, de le laisser couler au fond de moi et s\u2019y d\u00e9poser parmi tant d\u2019autres r\u00eaves auxquels je me refuse \u00e0 toucher. J\u2019ai pass\u00e9 l\u2019\u00e2ge o\u00f9 les r\u00eaves pouvaient me servir \u00e0 quelque chose.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0A l&rsquo;\u00e9poque, tu n&rsquo;avais jamais l&rsquo;air de te lasser de David Copperfield. (&#8230;)<br \/>\nEt elle appuie ses coudes sur la table et y pose son menton avant de r\u00e9citer :<br \/>\n&#8211; &lsquo;Deviendrai-je le h\u00e9ros de ma propre vie, ou bien cette place sera-t-elle occup\u00e9e par quelque autre ? A ces pages de le montrer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Elle sourit de nouveau :<br \/>\n&#8211; Ce d\u00e9but m\u2019a toujours fait peur, parce qu\u2019il laisse entendre que nous ne serons pas forc\u00e9ment le personnage principal de notre propre existence. Je ne comprenais pas comment \u00e7a pouvait \u00eatre possible, une horreur pareille : une sorte de vie fant\u00f4me o\u00f9 je serais r\u00e9duite \u00e0 contempler celle qui aurait pris ma place, \u00e0 la ha\u00efr et \u00e0 l\u2019envier sans rien pouvoir faire, puisque, \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre, je serais tomb\u00e9e de ma vie comme on tombe d\u2019un avion. Et je m\u2019imaginais flotter dans les airs sans pouvoir regagner mon si\u00e8ge, o\u00f9 une autre \u00e9tait assise \u00e0 ma place. Pourtant, c\u2019\u00e9tait mon si\u00e8ge, et j\u2019avais mon billet \u00e0 la main. \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Certains disent que le pass\u00e9 est un pays \u00e9tranger, et qu\u2019on y vit d\u2019une autre mani\u00e8re ; j\u2019ai sans doute partag\u00e9 ce sentiment pendant une partie de ma vie, car je ne pouvais pas faire autrement. Mais maintenant, ce n\u2019est plus le cas. En me concentrant, je peux m\u2019introduire dans la cin\u00e9math\u00e8que de la m\u00e9moire et retrouver le film que je cherche, et il me suffit de me couler dans ce film pour revivre dans mon corps\u00a0\u00bb \u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Per Petterson (n\u00e9 le 18 juillet 1952 \u00e0 Oslo) est un \u00e9crivain norv\u00e9gien. Il a\u00a0 publi\u00e9 plusieurs autres romans, dont le plus connu en Norv\u00e8ge, mais aussi en France notamment d\u00e8s sa parution valoris\u00e9e par le journaliste m\u00e9diatique Patrick Poivre d&rsquo;Arvor, reste Pas facile de voler des chevaux (Ut og stj\u00e6le hester) (2003). 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