{"id":2788,"date":"2016-04-08T16:43:26","date_gmt":"2016-04-08T15:43:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2788"},"modified":"2016-04-08T16:43:26","modified_gmt":"2016-04-08T15:43:26","slug":"argemi-raul-patagonia-tchou-tchou-2010","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2788","title":{"rendered":"Argemi, Ra\u00f9l  \u00abPatagonia Tchou Tchou\u00bb (2010)"},"content":{"rendered":"<p>Argemi, Ra\u00f9l \u00ab\u00a0Patagonia Tchou Tchou\u00a0\u00bb (2010)<\/p>\n<p><strong>L\u2019Auteur<\/strong>\u00a0: Issu d\u2019un milieu prol\u00e9taire et anarchiste, Raul Argemi a longtemps men\u00e9 la double activit\u00e9 de journaliste \u00e9crivain en Argentine. Il vit aujourd&rsquo;hui \u00e0 Barcelone et s&rsquo;affirme comme l&rsquo;un des auteurs les plus cr\u00e9atifs du roman noir latino-am\u00e9ricain.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Deux hommes embarquent \u00e0 bord de \u00ab\u00a0La Trochita\u00a0\u00bb, un train ant\u00e9diluvien qui parcourt la Patagonie argentine \u00e0 petite allure. Haroldo, un ancien marin qui se pr\u00e9tend le descendant de Butch Cassidy, a entra\u00een\u00e9 son ami d&rsquo;enfance Genaro, ex-conducteur de m\u00e9tro, dans une aventure risqu\u00e9e : les deux compagnons projettent de prendre en otages les passagers du train pour lib\u00e9rer \u00ab\u00a0Beto\u00a0\u00bb, le fr\u00e8re d&rsquo;Haroldo, prisonnier en transit. En outre, ils comptent bien profiter de l&rsquo;occasion pour mettre la main sur les sacs de billets qui se trouvent dans l&rsquo;un des wagons.<\/p>\n<p>Cependant, rien ne se passe comme pr\u00e9vu. Il n&rsquo;y a pas grand monde dans le train &#8211; une femme enceinte et son mari, des touristes &#8211; et la prise d&rsquo;otages tourne court : le conducteur de la locomotive y voit m\u00eame une diversion ! S&rsquo;ensuit alors une s\u00e9rie d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements qui va faire de ce voyage une odyss\u00e9e surr\u00e9aliste&#8230;<\/p>\n<p>Raul Argemi embarque son lecteur dans un voyage romanesque long de quatre cents kilom\u00e8tres et r\u00e9ussit le tour de force de combiner le roman d&rsquo;aventures, le roman noir et la fable. On retrouve tous les ingr\u00e9dients caract\u00e9ristiques de son univers : humour, rebondissements, folie et violence, ce qui n&rsquo;exclut pas la satire sociale et politique.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: De retour du bout du monde ( la Patagonie donc) rien de plus normal que de lire des livres d&rsquo;auteurs argentins&#8230; Alors en\u00a0avant ! Et pour ce voyage, prenons le train..\u00a0Au menu : une attaque de train..\u00a0le but de cette attaque\u00a0: lib\u00e9rer un d\u00e9tenu et de se faire de l\u2019argent. Nous grimpons \u00e0 bord en compagnie de ces deux amis d\u2019enfance et le voyage commence&#8230; dans une partie du monde o\u00f9 tout peut arriver\u2026et tout arrivera&#8230;\u00a0C\u2019est de fait un roman d\u00e9jant\u00e9 et absurde, ou rien ne se passe comme il le faudrait.\u00a0 Tout va de travers\u2026 Les personnages sont totalement \u00e0 la masse, les situations tragi-comiques s\u2019enchainent. On assiste \u00e0 un match de football entre les argentins et les touristes allemands qui est totalement hallucinant\u2026 Beaucoup d\u2019humour dans ce r\u00e9cit avec en toile de fond une Argentine en mal de vivre\u2026 On visite la Patagonie au rythme lent d\u2019un tortillard \u00e0 deux wagons qui monte des pentes escarp\u00e9es et se confronte \u00e0 la rudesse du climat, on passe du calme au vent temp\u00e9tueux, de la neige au soleil\u2026 et on disjoncte\u2026 J\u2019ai bien aim\u00e9. Et je me dis qu\u2019entre lui et Carlos Salem, les \u00e9crivains argentins qui viennent du journalisme et qui r\u00e9sident en Espagne sont sacr\u00e9ment allum\u00e9s..<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Ces gens, ils vivent pour quoi\u00a0? S\u2019ils n\u2019ont pas la radio, c\u2019est s\u00fbr qu\u2019ils n\u2019ont pas non plus la t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Ni t\u00e9l\u00e9phones portables&#8230; Ils sont en Patagonie, Bairoletto. Ils ont le privil\u00e8ge d\u2019entendre le silence de la nature \u00e0 l\u2019\u00e9tat pur. Pourquoi voudraient-ils la t\u00e9l\u00e9vision\u00a0?<\/p>\n<p>le d\u00e9sert et la mer sont comme des fr\u00e8res\u00a0: horizons, deux, lointains&#8230;<br \/>\n\u2014\u00a0\u00c7a va comme \u00e7a. N\u2019en rajoute pas, cela me donne envie de vomir. Jamais je n\u2019ai vu autant de n\u00e9ant \u00e0 la fois.<\/p>\n<p>\u00c0 perte de vue, la neige tombait, semblable \u00e0 une pluie de plumes de colombe, et estompait les limites du d\u00e9sert.<\/p>\n<p>Los \u00d1ires \u00e9tait un peu plus que rien, une intention de village n\u00e9e d\u2019un fantasme.<\/p>\n<p>Par les pans de sa chemise entreb\u00e2ill\u00e9e, son nombril velu \u00e9piait le monde, tel un kangourou dans sa poche.<\/p>\n<p>on est en Argentine, El Mait\u00e9n c\u2019est l\u2019Argentine. Ici tout a un avenir. Ce qui n\u2019existe pas, c\u2019est le pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>Le monde est, de plus en plus, un monde unique, une boucherie g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e o\u00f9 l\u2019on vend la chair des travailleurs. Amis, dans ce village mondial, dans ce navire sp\u00e9cial appel\u00e9 Terre, les vautours du sommet ne se lassent pas de nous d\u00e9vorer le foie.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Vous savez que c\u2019est un endroit bizarre, la Patagonie\u00a0? r\u00e9pondit-il, en retournant la question. C\u2019est plein de morts vivants.<br \/>\n\u2014\u00a0Eh\u00a0! Ce n\u2019est pas comme Buenos Aires\u00a0! Qui est plein de parvenus vivants.<\/p>\n<p>Depuis l\u2019entr\u00e9e dans la pr\u00e9cordill\u00e8re, l\u2019environnement se faisait sans cesse plus montagneux et plus vert. De hauts arbres s\u2019appuyaient sur le sous-bois pour escalader les versants.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Un microclimat\u00a0?<br \/>\n\u2014\u00a0Ecoutez, dit l\u2019autre, narquois, nous ne comprenons pas grand-chose aux micros ici, mais pour ce qui est des climats, nous en avons plus qu\u2019il n\u2019en faut.<\/p>\n<p>Et quelque part une fen\u00eatre s\u2019ouvrit pour s\u2019entreb\u00e2iller sur l\u2019enfer.<\/p>\n<p>Un vent qui hurlait comme cent \u00e2mes en peine s\u2019abattit sur\u00a0l\u2019esplanade, entra\u00eena la neige, arracha des branches, coucha les roseaux presque jusqu\u2019au sol.<\/p>\n<p>Le vent s\u2019abattit sur le wagon comme une \u00e9norme b\u00eate affam\u00e9e, et les premi\u00e8res minutes de son assaut effray\u00e8rent tout le monde. Son hurlement r\u00e9sonnait avec tant de malveillance que certains se mirent \u00e0 crier \u00e0 tue-t\u00eate pour le contrecarrer, tandis que d\u2019autres se turent compl\u00e8tement.<\/p>\n<p>Sur un des c\u00f4t\u00e9s, la paroi se dressait sur plusieurs m\u00e8tres, en une montr\u00e9e presque verticale. De l\u2019autre, \u00e0 quelques pas \u00e0 peine du convoi, le pr\u00e9cipice s\u2019adoucissait pour s\u2019achever dans le lit d\u2019un torrent \u00e0 sec. Un peu au-del\u00e0, s\u2019\u00e9levait l\u2019autre paroi. Une superposition d\u2019argile aux strates multicolores s\u2019\u00e9tageait jusqu\u2019\u00e0 la corniche finale. Des arbustes de terrain aride, des buissons de ronces et quelques petits arbres ch\u00e9tifs s\u2019accrochaient \u00e0 la pente du mieux qu\u2019ils pouvaient.<\/p>\n<p>Tout en haut, un soleil fatigu\u00e9, accompagn\u00e9 de quelques nuages effiloch\u00e9s en cavale vers le nord, commen\u00e7ait \u00e0 d\u00e9cliner. En Patagonie, l\u2019hiver raccourcit les journ\u00e9es, et les nuits peuvent \u00eatre interminables.<\/p>\n<p>Quand un homme est absent longtemps, son pays meurt et il ne peut plus y retourner.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Argemi, Ra\u00f9l \u00ab\u00a0Patagonia Tchou Tchou\u00a0\u00bb (2010) L\u2019Auteur\u00a0: Issu d\u2019un milieu prol\u00e9taire et anarchiste, Raul Argemi a longtemps men\u00e9 la double activit\u00e9 de journaliste \u00e9crivain en Argentine. Il vit aujourd&rsquo;hui \u00e0 Barcelone et s&rsquo;affirme comme l&rsquo;un des auteurs les plus cr\u00e9atifs du roman noir latino-am\u00e9ricain. R\u00e9sum\u00e9\u00a0: Deux hommes embarquent \u00e0 bord de \u00ab\u00a0La Trochita\u00a0\u00bb, un train &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2788\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2789,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[93,2,5,30,118],"tags":[67],"class_list":["post-2788","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-argentine","category-lectures","category-lecture-polar","category-latino","category-patagonie","tag-dejante"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2788","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2788"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2788\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2790,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2788\/revisions\/2790"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2789"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2788"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2788"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2788"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}