{"id":2922,"date":"2016-05-14T12:19:23","date_gmt":"2016-05-14T11:19:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2922"},"modified":"2016-05-14T12:19:36","modified_gmt":"2016-05-14T11:19:36","slug":"gursel-nedim-les-turbans-de-venise-2001","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2922","title":{"rendered":"G\u00fcrsel, Nedim \u00abLes turbans de Venise\u00bb (2001)"},"content":{"rendered":"<p><strong>L\u2019Auteur<\/strong>\u00a0: N\u00e9 en Turquie en 1951, Nedim G\u00fcrsel est l&rsquo;auteur d&rsquo;une trentaine d&rsquo;ouvrages, romans, nouvelles, r\u00e9cits de voyage, essais litt\u00e9raires. Laur\u00e9at de plusieurs grands prix litt\u00e9raires, dont le Prix France-Turquie, il occupe une place primordiale dans la litt\u00e9rature de son pays et son \u0153uvre est traduite dans de nombreuses langues. Il vit \u00e0 Paris, o\u00f9 il est directeur de recherche au CNRS et enseigne \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole des langues orientales.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Dans Venise la rouge, l\u2019historien de l\u2019art K\u00e2mil Uzman recherche les traces de la pr\u00e9sence ottomane qu\u2019ont l\u00e9gu\u00e9es des si\u00e8cles de peinture. Il ignore que son s\u00e9jour d\u2019\u00e9tudes se transforma en voyage initiatique : revivant les \u00e9tapes de son existence \u00e0 travers les tableaux qu\u2019il contemple et analyse, il va peu \u00e0 peu se laisser emporter par une passion d\u00e9vorante pour une jeune biblioth\u00e9caire.<\/p>\n<p>Venise occupe ici une place centrale. Mais Istanbul et les souvenirs d\u2019enfance qui hantent K\u00e2mil reviennent sans cesse en contrepoint. Les portraits des peintres de la famille Bellini renvoient le professeur d\u2019universit\u00e9 turc aux errances et aux co\u00efncidences de sa vie solidaire : ainsi l\u2019\u00e9trange pr\u00e9sence qui l\u2019accompagne sur les fa\u00e7ades des palais, les enturbann\u00e9s de Venise.<\/p>\n<p>Ce roman \u00e0 l\u2019architecture ample, qui m\u00eale l\u2019histoire des Bellini \u00e0 celle d\u2019un personnage contemporain, r\u00e9v\u00e8le un nouvel aspect de Nedim G\u00fcsel : la synth\u00e8se effectu\u00e9e entre les arts permet une autre vision du rapport entre l\u2019Orient et l\u2019Occident. L\u2019auteur propose avec ce livre un r\u00e9cit \u00e9rudit et ambitieux qui passionnera tous les amoureux de Venise, de la Turquie et de la peinture.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Je continue ma promenade artistique et v\u00e9nitienne. Cette fois en compagnie de la famille Bellini, et surtout de Gentile, qui est le trait d\u2019union entre Venise et les ottomans. Toujours un parall\u00e8le entre la Venise actuelle et celle du XVI\u00e8me. Personnages du roman\u00a0: Venise, les peintres (italiens ou autres), les femmes, et les couleurs. Et la comparaison entre Venise et Istanbul, La lagune et le Bosphore. Un roman certes, mais surtout une ode aux peintres, aux couleurs, une plong\u00e9e dans l\u2019art des Bellini, et un hommage aux artistes italiens mais pas seulement\u2026 \u00e0 tous ceux qui ont rendu hommage \u00e0 Venise, aux ciels et aux couchers de soleil, \u00e0 la femme, \u2026 Muall\u00e2 Fikret, Van Gogh, C\u00e9zanne, Turner, Modigliani, Edgar Allan Poe, Baudelaire, Albrecht D\u00fcrer, Antonello da Messina, Giorgione, le Titien, L\u00e9onard de Vinci. Un roman guide de peinture, pas si facile \u00e0 lire car tr\u00e8s document\u00e9.. on s\u2019y noie un peu mais si on aime Venise et ses peintres, et si, comme moi, les couleurs sont importantes dans la vie\u2026 c\u2019est un r\u00e9gal\u00a0; la Venise d\u2019hiver, avec toutes les nuances de gris, la nature, les ciels, les march\u00e9s.. l\u2019Italie et la Turquie.. Visite des monuments de Venise mais aussi d\u2019Istanbul.. Pour ma part l\u2019histoire de K\u00e2mil Uzman est totalement annexe\u2026 un pr\u00e9texte pour parler des arts.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Extraits\u00a0:<\/p>\n<p>Les impressions d\u2019une Venise r\u00eav\u00e9e dansaient dans son imagination, et dans la lumi\u00e8re qui filtrait du couloir les ombres effectuaient d\u2019incessantes all\u00e9es et venues.<\/p>\n<p>Il resta un moment ainsi, sans broncher. Il attendit que se dissipent les visions qui plongeaient son esprit dans la plus grande confusion. Puis il continua sa marche imaginaire \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du tableau, \u2026<\/p>\n<p>Il s\u2019arr\u00eata un moment sur le quai et aspira l\u2019air charg\u00e9 d\u2019humidit\u00e9 en ayant l\u2019impression d\u2019absorber aussi la corne de brume des bateaux.<\/p>\n<p>Le pass\u00e9 \u00e9tait rest\u00e9 derri\u00e8re, dans une \u00e9poque lointaine mais si palpable qu\u2019elle paraissait surgir de la froideur des pierres du quai. Alors que devant lui il y avait un vide insondable, aussi flou et attirant que l\u2019eau du canal.<\/p>\n<p>Eh oui, les rues de Venise \u00e9taient \u00e9troites au point qu\u2019on ne puisse y ouvrir un parapluie.<\/p>\n<p>Il avait beaucoup voyag\u00e9 dans sa vie, visitant le jour les mus\u00e9es et la nuit les bordels de l\u2019Europe. Il avait vu tant d\u2019\u0153uvres d\u2019art, tant de femmes. Et chacune d\u2019entre elles \u00e9tait un paysage diff\u00e9rent.<\/p>\n<p>L\u2019univers tout entier se r\u00e9duisait \u00e0 un r\u00eave vert et jaune au cr\u00e9puscule. La douleur \u00e9tait \u00e9chue \u00e0 l\u2019homme et non pas \u00e0 la Nature.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait une pluie froide qui ne semblait pas vouloir se calmer tout de suite, monotone, d\u00e9primante. Elle avait d\u00e9j\u00e0 effac\u00e9 les couleurs du jour. La pluie \u00e9tait un rideau gris tir\u00e9 entre la ville et les eaux. Elle redoublait maintenant, comme si la ville manquait d\u2019humidit\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p>Un voile couleur de cendre s\u2019\u00e9tait abattu sur la ville. Venise \u00e9tait un spectre gris surgi des eaux.<\/p>\n<p>Mais Allah n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 enfant\u00a0! Il ne pouvait pas \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9, ni \u00eatre compar\u00e9 \u00e0 quoi que ce soit, il ne pouvait m\u00eame pas \u00eatre imagin\u00e9. Il \u00e9crivait seulement sur les nuages. Mais aussi inscrivait le destin au front des \u00eatres humains.<\/p>\n<p>C\u2019est vrai qu\u2019ils \u00e9taient enturbann\u00e9s, ces Ottomans. Ils portaient des turbans jaunes, blancs ou couleur de melon, semblables \u00e0 des potirons bien m\u00fbrs.<\/p>\n<p>Il resta l\u00e0 jusqu\u2019\u00e0 ce que le soleil e\u00fbt disparu derri\u00e8re les palais. L\u2019eau changea lentement de couleur. Du vert fonc\u00e9 elle passa au bleu sombre, puis au violet, et se fit presque noire.<\/p>\n<p>Turner avait aussi peint des aubes et recr\u00e9\u00e9 une Venise \u00e0 partir de mauves qui \u00e9taient sa marque, de bleu et de jaune p\u00e2le, de marron et de gris, de verts et de turquoise, de bleu indigo et de rouille, de noirs, de rouges, de rouge orang\u00e9 et de vert olive, une symphonie de couleurs qui appartenait non pas \u00e0 la nature mais \u00e0 sa palette.<\/p>\n<p>Peindre n\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre pas une v\u00e9n\u00e9ration mais un refuge o\u00f9 il oubliait sa vie orageuse et ses d\u00e9boires amoureux, une recherche de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9.<\/p>\n<p>Selon les historiens, la Venise du XVIe\u00a0si\u00e8cle peupl\u00e9e de cent mille \u00e2mes recelait tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment onze mille six cent cinquante-quatre femmes de mauvaise vie.<\/p>\n<p>Celui qui est perdant dans la vie se rattrape dans l\u2019art<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, ce qu\u2019il cherchait dans la nature, c\u2019\u00e9taient\u00a0les couleurs de son monde int\u00e9rieur, le g\u00e2chis de sa vie et ses propres souffrances.<\/p>\n<p>percevait la nature comme une \u00e9manation de cet univers lumineux que d\u00e9gageaient ses tableaux. Le rouge des cerises se m\u00ealait \u00e0 celui de la terre, le vert des collines rejoignait le bleu du fleuve sous le soleil de juillet, toutes les couleurs se dissolvaient.<\/p>\n<p>Pour un peintre, la mort, si ce n\u2019est pas peindre selon son bon plaisir, qu\u2019est-ce donc\u00a0?<\/p>\n<p>La neige n\u2019avait pas fondu. Un temps brumeux s\u2019\u00e9tait install\u00e9. Une couleur unique dominait la ville\u00a0: gris fonc\u00e9. Tout, y compris la neige accumul\u00e9e sur les quais, avait adopt\u00e9 ce ton \u2013 les coupoles, les murs, les ponts et les canaux.<\/p>\n<p>Comme dans toutes les \u00e9glises de Venise, les murs de celle-ci \u00e9taient couverts de tableaux. Mais on distinguait difficilement les couleurs et les personnages dans la p\u00e9nombre, comme s\u2019ils s\u2019\u00e9taient recroquevill\u00e9s dans le froid.<\/p>\n<p>Prenez mes yeux et contemplez le monde\u00a0? Que le bleu de la mer ne vous surprenne pas\u00a0! Elle est comme \u00e7a, la mer, bleu marine ou couleur turquoise, elle rayonne parfois d\u2019un bleu parfait. Aimez aussi le vert des arbres, l\u2019ensemble des couleurs sur les ailes des papillons et puis l\u2019arc-en-ciel dont les sept couleurs scintillent apr\u00e8s la pluie<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait le gris le gardien des lieux. Il avait d\u00e9sormais autorit\u00e9 sur la nature, c\u2019est lui qui d\u00e9terminait la couleur de la lagune, des \u00eelots, des canaux et du ciel.\u00a0Le gris, il ne faut pas le sous-estimer. En hiver \u00e0 Venise, l\u2019eau comme les b\u00e2timents sont gris. Mais les nuances en sont diff\u00e9rentes, de m\u00eame que le blanc nacr\u00e9 est diff\u00e9rent du blanc de la pleine lune, le vert-de-gris du vert prairie. Un gris tirant sur le noir vient envahir les canaux, la neige recouvre le noir des gondoles comme un manteau blanc.<\/p>\n<p>Mais demain\u2026 Heureusement il existe quelque chose que l\u2019on nomme \u00ab\u00a0demain\u00a0\u00bb, dans cette dur\u00e9e soumise \u00e0 des rythmes diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>Il avait compris en quittant la lagune que Venise lui offrait un incomparable festival de couleurs.<\/p>\n<p>La nuit ne s\u2019abattra pas comme un cauchemar sur Venise mais la couvrira comme un voile d\u00e9licat.<\/p>\n<p>Cette image de voile rappela \u00e0 K\u00e2mil l\u2019aspect des femmes d\u2019Istanbul autrefois. Certaines sont vraiment voil\u00e9es, on ne peut voir leur visage, \u00e0 l\u2019exception de deux yeux. Mais ces yeux suffisent \u00e0 provoquer le fantasme.<\/p>\n<p>Si la musique \u00e9tait la nourriture de son esprit, la po\u00e9sie en \u00e9tait la respiration. Quant \u00e0 la peinture, m\u00eame s\u2019il le dissimulait aux autres, s\u2019il r\u00e9pugnait m\u00eame \u00e0 se l\u2019avouer, elle \u00e9tait tout pour lui.<\/p>\n<p>Il y avait toujours cette belle lueur dans ses yeux, le reflet des feuilles d\u2019automne, cette f\u00eate de couleurs qui vire du jaune au rouge. Dans ses yeux il y a la brume de fleuves coulant lentement, de tous les fleuves du monde.<\/p>\n<p>Car les tableaux ne parlent pas, la peinture est un \u00e9ternel silence, peut-\u00eatre aussi un dialogue du peintre avec lui-m\u00eame, un long\u00a0dialogue de toute une vie. Ou la r\u00e9volte du Verbe dans les couleurs. Lui aussi s\u2019\u00e9tait tu pendant des ann\u00e9es en peignant, tandis qu\u2019il luttait avec le trac\u00e9 et la couleur, il avait toujours dialogu\u00e9 avec lui-m\u00eame et \u00e9cout\u00e9 sa propre voix.<\/p>\n<p>On lisait sur leurs visages la qui\u00e9tude d\u2019une vie consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019art.<\/p>\n<p>Une musique venue du fond de lui-m\u00eame semblait se transmettre \u00e0 ses mains et rythmer les coups de pinceau.<\/p>\n<p>Ah, si tu pouvais seulement entrer dans le tableau et te promener parmi les couleurs comme dans les rues\u00a0! Alors tout se r\u00e9v\u00e9lerait.<\/p>\n<p>Selon L\u00e9onard, l\u2019obscurit\u00e9 \u00e9tait dans la nature de l\u2019univers. Par cons\u00e9quent il fallait, pour trouver la lumi\u00e8re, partir de l\u2019obscurit\u00e9. L\u2019obscurit\u00e9 \u00e9tait le premier stade de l\u2019ombre et la lumi\u00e8re son dernier stade\u00a0: elle pouvait ainsi \u00eatre d\u00e9clin\u00e9e \u00e0 l\u2019infini. Le peintre devait pouvoir r\u00e9pandre l\u2019ombre et la lumi\u00e8re sur la surface du tableau ind\u00e9pendamment du trait, comme une brume indistincte, une fum\u00e9e qui se dissipe au vent.<\/p>\n<p>M\u00eame les montagnes pouvaient se rejoindre, mais les minutes, elles, ne pouvaient jamais atteindre les heures, ni le jour la nuit.<\/p>\n<p><strong>Infos <\/strong><\/p>\n<p>Les Bellini\u00a0: Sous le nom de Bellini, on range trois peintres v\u00e9nitiens : le p\u00e8re et les deux fils. \u00c0 ces trois peintres, on doit rattacher Andrea Mantegna qui travailla avec eux et \u00e9pousa la jeune Bellini. V\u00e9ritable affaire de famille, puisque sous ces liens se cachent des influences r\u00e9ciproques, des emprunts ou des imitations. Sur ce sol commun, trois personnalit\u00e9s se sont impos\u00e9es : le p\u00e8re, Jacopo, dessinateur, h\u00e9ritier de la premi\u00e8re Renaissance ; Gentile, grand d\u00e9corateur, tr\u00e8s influenc\u00e9 par la g\u00e9om\u00e9trie de l&rsquo;\u0153uvre de son p\u00e8re et de son beau-fr\u00e8re, et surtout Giovanni Bellini, qui sut profiter d&rsquo;un aussi lourd h\u00e9ritage et poser les pr\u00e9misses d&rsquo;une peinture v\u00e9ritablement v\u00e9nitienne.<\/p>\n<p>Gentile Bellini\u00a0: Gentile Bellini (1426-1507) \u00e9tait le fils de Jacopo. Il est tr\u00e8s connu pour ses grandes peintures qui d\u00e9corent des b\u00e2timents publiques comme l&rsquo;\u00e9cole de San Rocco. L&rsquo;\u00e9cole de San Giovanni Evangelista lui apporta beaucoup de soutien; elle chargea Bellini et d&rsquo;autres peintres influents pour r\u00e9aliser de nombreuses \u0153uvres.<\/p>\n<p>La peinture la plus c\u00e9l\u00e8bre et majestueuse de Gentile est, \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence, Procession sur la place Saint-Marc. Cette peinture met en sc\u00e8ne le th\u00e8me du miracle. Elle repr\u00e9sente un p\u00e8re qui implore de l&rsquo;aide aupr\u00e8s du reliquaire orn\u00e9 de la place Saint-Marc car son fils est tr\u00e8s malade. Apr\u00e8s sa supplication, le fils est sauv\u00e9.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 du th\u00e8me religieux, l&rsquo;\u0153uvre a une valeur historique importante: elle repr\u00e9sente en effet la place Saint-Marc avant l&rsquo;enl\u00e8vement des mosa\u00efques byzantines au XVIe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Gentile Bellini est surtout c\u00e9l\u00e8bre pour ses combinaisons entre effet \u00e9motionnel \u00e9voqu\u00e9 par les th\u00e8mes religieux et attention pour les d\u00e9tails. Contrairement \u00e0 son fr\u00e8re Giovanni, ce n\u2019est pas dans l\u2019invention que Gentile Bellini donne suite \u00e0 son \u0153uvre mais dans le r\u00e9alisme descriptif. Il peint \u00e0 Venise les portraits de doges. Le portrait de Mehmed II sign\u00e9 par Bellini rappelle qu\u2019il se rendit \u00e0 Constantinople en 1479, lorsque la paix est sign\u00e9e entre la R\u00e9publique de Venise et l&rsquo;Empire ottoman. Une fois revenu dans sa ville natale, il met \u00e0 l\u2019\u00e9preuve son talent de portraitiste dans de grandes toiles \u00e0 nombreux personnages qui lui valent plus tard la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9. Apr\u00e8s l\u2019incendie de 1577, qui d\u00e9truit toutes les compositions historiques qu\u2019il avait peintes avec son fr\u00e8re Giovanni au palais des Doges, on a gard\u00e9 le cycle qui d\u00e9corait la Scuola di San Giovanni Evangelista. De ces peintures, repr\u00e9sentant les miracles op\u00e9r\u00e9s par une relique de la Croix, trois sont de Gentile, les autres de Giovanni Mansueti, Lazzaro Bastiani et Vittore Carpaccio. Beaucoup de d\u00e9tails de la vie v\u00e9nitienne y sont illustr\u00e9s avec une exactitude qui n\u2019exclut pas la po\u00e9sie. Dans le Miracle de la Croix au pont de San Lorenzo, il repr\u00e9sente cet \u00e9v\u00e9nement comme un spectacle fabuleux et divertissant. Dans les premi\u00e8res ann\u00e9es du XVIe si\u00e8cle, Gentile re\u00e7oit la commande d\u2019un ensemble de ce genre destin\u00e9 \u00e0 la Scuola Grande di San Marco. Pour \u00e9voquer l\u2019Orient dans la Pr\u00e9dication de Saint Marc \u00e0 Alexandrie, il utilise ses carnets de dessins rapport\u00e9s de son voyage \u00e0 Constantinople.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019Auteur\u00a0: N\u00e9 en Turquie en 1951, Nedim G\u00fcrsel est l&rsquo;auteur d&rsquo;une trentaine d&rsquo;ouvrages, romans, nouvelles, r\u00e9cits de voyage, essais litt\u00e9raires. Laur\u00e9at de plusieurs grands prix litt\u00e9raires, dont le Prix France-Turquie, il occupe une place primordiale dans la litt\u00e9rature de son pays et son \u0153uvre est traduite dans de nombreuses langues. Il vit \u00e0 Paris, o\u00f9 &hellip; <\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"readmore-btn\" href=\"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2922\">+<span class=\"screen-reader-text\">  Read More<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2923,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[2,7,130,101,105,129,40,132,125],"tags":[61,131],"class_list":["post-2922","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lectures","category-romans-histoire","category-istambul","category-italie-2","category-roman","category-turquie","category-venise","category-xveme-siecle","category-xvieme-siecle","tag-arts","tag-peinture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2922","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2922"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2922\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2924,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2922\/revisions\/2924"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2923"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2922"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2922"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2922"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}