{"id":2978,"date":"2016-06-02T10:55:35","date_gmt":"2016-06-02T09:55:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2978"},"modified":"2016-06-02T10:59:44","modified_gmt":"2016-06-02T09:59:44","slug":"roncagliolo-santiago-avril-rouge-2008","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=2978","title":{"rendered":"Roncagliolo Santiago \u00abAvril rouge\u00bb (2008)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Auteur\u00a0<\/strong>: N\u00e9 \u00e0 Lima (P\u00e9rou) en 1975, Santiago Roncagliolo a pass\u00e9 une partie de son enfance au Mexique. Sc\u00e9nariste pour la t\u00e9l\u00e9vision et le cin\u00e9ma, traducteur et critique litt\u00e9raire, il est l\u2019auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles. En Espagne, la FNAC l\u2019a d\u00e9sign\u00e9 comme le meilleur talent litt\u00e9raire de l\u2019ann\u00e9e 2003. Avril rouge, son premier livre traduit en fran\u00e7ais et d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 dans une dizaine de pays, a gagn\u00e9 en 2006 le prestigieux prix Alfaguara.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: F\u00e9lix Chacaltana Sald\u00edvar exerce depuis peu la fonction de substitut du procureur dans la ville p\u00e9ruvienne d\u2019Ayacucho. Fonctionnaire tranquille et solitaire, il se voit confier l\u2019enqu\u00eate sur la mort d\u2019un homme sauvagement assassin\u00e9 dont le cadavre a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 calcin\u00e9 et d\u00e9pec\u00e9. Il pense imm\u00e9diatement \u00e0 une r\u00e9activation de l\u2019organisation terroriste Sentier lumineux. Malgr\u00e9 les r\u00e9ticences de la police et des autorit\u00e9s militaires, Chacaltana poursuit ses investigations, ne faisant que semer derri\u00e8re lui toujours plus de cadavres atrocement mutil\u00e9s, apparemment selon des rituels religieux. Et plus l\u2019horreur le poursuit, plus il refuse de la voir et semble perdre l\u2019esprit. Jusqu\u2019au moment o\u00f9 l\u2019\u00e9vidence se fait si brutale qu\u2019il est impossible de la nier. Qui a tu\u00e9 tuera, et peu importe alors que l\u2019on soit un ancien terroriste, un commandant des forces arm\u00e9es, un chef de la police ou un simple citoyen.<\/p>\n<p>En s\u2019appuyant sur l\u2019histoire du Sentier lumineux, Santiago Roncagliolo a \u00e9crit un roman magistral en forme de thriller sur les traumatismes individuels et collectifs de la guerre contre le terrorisme.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: Pas \u00e0 dire. Les polars\/romans\/thrillers sud-am\u00e9ricains sont toujours hors du commun. Et un meurtre n\u2019est pas un simple meurtre\u00a0; il charrie avec lui politique, religions, croyances, mysticisme\u2026 \u00ab\u00a0Avril rouge\u00bb n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 la r\u00e8gle. Dans un contexte politique bien chilien, on plonge dans la gu\u00e9rilla, dans le monde du sentier lumineux, dans l\u2019histoire r\u00e9cente du P\u00e9rou. Personne n\u2019est \u00e9pargn\u00e9\u00a0; ni l\u2019arm\u00e9e, ni la police\u2026 Le portrait que l\u2019auteur fait du P\u00e9rou est fascinant. Entre les croyances ancestrales, les rituels religieux, le mal omnipr\u00e9sent. Il nous parle des d\u00e9g\u00e2ts occasionn\u00e9s dans le pays par le mouvement terroriste \u00ab\u00a0le sentier lumineux\u00a0\u00bb, qui fit basculer le P\u00e9rou dans la violence et nous r\u00e9v\u00e8le ce que durent endurer les victimes. Le roman noir au service du contexte politique. C\u2019est la peinture de la violence qui a frapp\u00e9 le monde paysan\u00a0; c\u2019est le monde du silence.. C\u2019est aussi un roman sur l\u2019origine de la violence.<\/p>\n<p>La violence engendre la violence, la mort appelle la mort, la terreur r\u00e8gne qu\u2019elle soit le fait de l\u2019arm\u00e9e ou des terroristes. On y ajoute un peu de mythologie, la descente aux enfers ou au royaume des morts\u2026 Ayacucho signifie en quechua \u00ab ville du sang \u00bb<\/p>\n<p>Dans ce contexte le brave F\u00e9lix Chacaltana Sald\u00edvar\u2026 attach\u00e9 \u00e0 la proc\u00e9dure, aux principes et aux r\u00e8glements, qui aime la po\u00e9sie est totalement \u00e0 contre-courant\u2026 Inutile de pr\u00e9ciser qu\u2019il va \u00eatre tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9phas\u00e9 et d\u00e9pass\u00e9 par les \u00e9v\u00e8nements, totalement d\u00e9boussol\u00e9, horrifi\u00e9 et que ce qu\u2019il va voir va le transformer\u2026 D\u00e9j\u00e0 qu\u2019il est pas totalement net, lui qui passe sa vie \u00e0 vivre et parler avec sa m\u00e8re morte, il va entrer de plein pied dans le monde des morts\u2026Lorsqu\u2019il d\u00e9cide de mener son enqu\u00eate en marge de la police, de rouvrir le cas car il veut faire \u00e9clater la v\u00e9rit\u00e9, il ne se doute pas de ce qu\u2019il va devoir affronter\u00a0; et il est loin d\u2019\u00eatre taill\u00e9 pour voir ce qu\u2019il va voir\u00a0; rien de l\u2019a pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 affronter l\u2019horreur dans toute sa splendeur.. Du suspense, un thriller bien men\u00e9, le contexte de la semaine sainte et des c\u00e9l\u00e9brations religieuses, l\u2019ambiance de terreur dans laquelle vivent les paysans du lieu, la mort qui se confond avec la vie. Nous sommes parachut\u00e9s dans la culture andine, dans le monde ou le politique tout puissant au-dessus des r\u00e8gles, confront\u00e9s au r\u00e8gne de la terreur et du silence\u2026 La violence est partout.. Dans le pays, en nous\u2026 Et il n\u2019y a pas que la violence. La peur est l\u00e0 aussi, tapie en chaque personnage. La peur du Sentier Lumineux plane sur le roman\u00a0; tout le monde a quelque chose \u00e0 cacher, \u00e0 se reprocher, \u00e0 oublier.<\/p>\n<p>Un petit mot encore sur la construction du roman et sur le style. J\u2019ai beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 la mont\u00e9e en puissance de l\u2019action, les diff\u00e9rentes fa\u00e7ons de parler (d\u2019\u00e9crire) selon les personnages. Un roman noir et politique, puissant et tr\u00e8s abouti. Et le suspense est pr\u00e9sent jusqu\u2019au bout\u2026<\/p>\n<p><strong>Extraits\u00a0<\/strong>:<\/p>\n<p>Il \u00e9vitait les mots incluant un accent circonflexe \u2013 que son Olivetti de 1975 avait perdu \u2013, mais son vocabulaire \u00e9tait assez \u00e9tendu pour qu\u2019il p\u00fbt s\u2019en passer. Il pouvait \u00e9crire \u00ab\u00a0pareil\u00a0\u00bb \u00e0 la place de \u00ab\u00a0m\u00eame\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0se trouver\u00a0\u00bb \u00e0 la place d\u2019\u00ab\u00a0\u00eatre\u00a0\u00bb. Satisfait, il se dit une nouvelle fois que, dans son c\u0153ur d\u2019homme de loi, il y avait un po\u00e8te qui ne demandait qu\u2019\u00e0 voir le jour.<\/p>\n<p>Puis il s\u2019avisa qu\u2019il n\u2019avait pas adress\u00e9 la parole \u00e0 un inconnu depuis tr\u00e8s longtemps. \u00c0 Ayacucho, les voisins ne se parlaient pas, ne faisaient de cadeau \u00e0 personne. Ils se m\u00e9fiaient de tout le monde.<\/p>\n<p>Tous se frappaient au visage, parce que c\u2019est la partie du corps qui saigne le plus. Ils croyaient que leur sang fertilisait la terre.<\/p>\n<p>De nombreux Indiens ont \u00e9t\u00e9 ravis d\u2019assister \u00e0 la messe\u2026 Ils ont pri\u00e9, appris des cantiques, et m\u00eame communi\u00e9. Mais ils n\u2019ont jamais cess\u00e9 d\u2019adorer le soleil, le fleuve et les montagnes. Leurs pri\u00e8res en latin, apprises par c\u0153ur, n\u2019\u00e9taient que des r\u00e9p\u00e9titions. Dans leur for int\u00e9rieur, ils adoraient leurs dieux, leurs anc\u00eatres. Ils ont tromp\u00e9 les p\u00e8res.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le mercredi des Cendres. Pourquoi des Cendres\u00a0?\u00a0\u00bb<br \/>\nLe p\u00e8re eut un sourire pieux.<br \/>\n\u00ab\u00a0Ah\u00a0! l\u2019\u00e9ducation publique la\u00efque\u00a0! Personne ne vous a enseign\u00e9 le cat\u00e9chisme dans votre \u00e9cole de Lima, monsieur le substitut\u00a0? \u00c0 cette date, on marque d\u2019une croix de cendre le front des catholiques, pour leur rappeler que nous sommes poussi\u00e8re et que nous redeviendrons poussi\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quelqu\u2019un qui meurt sans personne qui se souvienne de lui, c\u2019est comme s\u2019il mourait deux fois. O\u00f9 peut \u00eatre la famille de cet homme\u00a0? Qui pourra avoir un beau souvenir de lui, qui lui fera son lit pour la nuit et lui donnera un pyjama\u00a0? Personne,\u00a0<em>mamacita.<\/em><em>\u00a0<\/em>Personne pour regarder sa photo ni pour dire son nom, la nuit. Tu vois ce que c\u2019est\u00a0? Quand quelqu\u2019un comme \u00e7a meurt, c\u2019est comme s\u2019il n\u2019avait jamais exist\u00e9, comme s\u2019il avait \u00e9t\u00e9 un rayon de soleil qui ne laisse aucune trace, une fois la nuit tomb\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pour construire un pays meilleur, il fallait y croire, songea-t-il. Celui qui se pose des questions ne croit pas. Il doute. Les doutes ne m\u00e8nent pas loin. Douter est facile. Aussi facile que tuer.<\/p>\n<p>La solitude est dangereuse. Elle s\u2019accumule jusqu\u2019\u00e0 devenir incontr\u00f4lable et elle explose.<\/p>\n<p>Jamais l\u2019id\u00e9e ne lui serait venue que l\u2019on pouvait \u00eatre responsable d\u2019un assassinat sans avoir rien fait, tout simplement comme \u00e7a. Peut-\u00eatre n\u2019\u00e9tait-il pas le seul coupable. Peut-\u00eatre y avait-il autre chose, et sans doute vivait-il dans un monde o\u00f9 tout un chacun \u00e9tait coupable de ceci ou de cela.<\/p>\n<p>On ne peut d\u00e9cider de voir ou de ne pas voir, d\u2019entendre ou de ne pas entendre, on voit, on entend et on pense, et les pens\u00e9es ne peuvent vous sortir de la t\u00eate, elles tournent et virent, s\u2019amplifient et s\u2019emballent.<\/p>\n<p>Son esprit \u00e9tait emport\u00e9 \u00e7\u00e0 et l\u00e0 avec les mouvements de la masse. Chaque personne qui le bousculait semblait frapper \u00e0 sa m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Les lumi\u00e8res de la ville et les feux d\u2019artifice lui donnaient l\u2019impression de se trouver dans un ciel surpeupl\u00e9, plein d\u2019\u00e2mes se dirigeant ensemble quelque part.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait agr\u00e9able de se sentir pareil aux autres, d\u2019avoir l\u2019impression de se dissoudre, de dispara\u00eetre parmi eux.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9glise de la Pampa San Agust\u00edn, on pr\u00e9parait la procession du Christ de la Treille, que l\u2019on sortait de l\u2019\u00e9glise pendant la nuit, une grappe de raisin \u00e0 la main, pour assurer la fertilit\u00e9 de la r\u00e9gion\u00a0au cours de l\u2019ann\u00e9e \u00e0 venir. La ville enti\u00e8re se livrait alors \u00e0 la f\u00eate.<\/p>\n<p>La cr\u00e9mation\u2026 les vautours. On dirait qu\u2019il veut d\u00e9truire le corps de fa\u00e7on \u00e0 ce qu\u2019il ne puisse ressusciter\u2026 si je puis me permettre une interpr\u00e9tation mystique.<\/p>\n<p>Nous, les hommes, dit le pr\u00eatre, pr\u00eat \u00e0 disserter, sommes les seuls animaux qui ont conscience de la mort. Les autres cr\u00e9atures de Dieu n\u2019ont pas d\u2019exp\u00e9rience collective de la mort, ou en ont une tr\u00e8s fugitive. Peut-\u00eatre chaque chat, chaque chien se croit-il immortel parce qu\u2019il n\u2019est pas mort. Vous me suivez\u00a0? Mais nous, nous savons que nous allons mourir et nous vivons dans l\u2019obsession de nous opposer \u00e0 la mort, ce qui donne \u00e0 celle-ci dans notre vie une importance d\u00e9mesur\u00e9e, souvent \u00e9crasante. L\u2019\u00eatre humain est dot\u00e9 d\u2019une \u00e2me parce qu\u2019il est conscient de sa propre mort.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Nous voulons vivre \u00e0 jamais. Voil\u00e0 pourquoi nous conservons nos corps en vue de la r\u00e9surrection. Les enterrer, c\u2019est les conserver. \u00c9tymologiquement, le mot \u201ccimeti\u00e8re\u201d ne se r\u00e9f\u00e8re pas \u00e0 la mort, mais au repos, en attendant que le corps soit r\u00e9uni avec l\u2019\u00e2me. C\u2019est beau, n\u2019est-ce pas\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Certaines cultures pr\u00e9colombiennes enterraient leurs morts avec tous leurs ustensiles, pour qu\u2019ils pussent s\u2019en servir dans leur vie future. Ici m\u00eame, \u00e0 trente kilom\u00e8tres de ce qui est aujourd\u2019hui Ayacucho, les Wari enterraient les grands personnages avec leurs esclaves, et ces esclaves \u00e9taient ensevelis vivants. C\u2019\u00e9tait une culture guerri\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>il se souvint de la signification du mot\u00a0<em>ayacucho,<\/em><em>\u00a0<\/em>\u00ab\u00a0recoin des morts\u00a0\u00bb. Un instant, il vit sa ville comme un vaste tombeau d\u2019esclaves ensevelis vivants.<\/p>\n<p>Dans de nombreuses religions, les sacrifices d\u2019animaux ont pour fonction d\u2019offrir aux morts le sang n\u00e9cessaire \u00e0 la conservation de la vie qu\u2019on leur attribue. Vider quelqu\u2019un de son sang, c\u2019est vider son corps de la vie pour l\u2019offrir tout enti\u00e8re \u00e0 une autre \u00e2me.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Quel sens les paysans attribuent-ils \u00e0 la semaine sainte\u00a0?<br \/>\n\u2014\u00a0Elle fait tout simplement partie de leur cycle, je suppose. C\u2019est le mythe de l\u2019\u00e9ternel retour. Les choses se passent une fois puis elles se reproduisent. Le temps est cyclique. La terre meurt apr\u00e8s la r\u00e9colte et rena\u00eet pour les semailles. Ils mettent seulement le masque du Christ sur leur <em>Pachamama<\/em>, nom qu\u2019ils donnent \u00e0 la Terre-M\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les cur\u00e9s ne valent pas mieux que les cancani\u00e8res. C\u2019est pour \u00e7a qu\u2019ils portent la robe.<\/p>\n<p>Si tout n\u2019est que mensonge, alors rien ne l\u2019est, songeait-il. Si l\u2019on vit dans un monde qui n\u2019est que leurres, ces leurres sont la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Un v\u00e9ritable rapport, pensa-t-il, ne pouvait \u00eatre \u00e9crit que par Dieu, ou du moins par quelqu\u2019un qui aurait mille yeux et mille oreilles, qui pourrait tout savoir.<\/p>\n<p>Je ne sais que ce que je vous ai dit, et je ne vous ai rien dit, souvenez-vous-en.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il n\u2019y avait qu\u2019un grand vide, une obscurit\u00e9 avide, les crocs du n\u00e9ant se refermant sur sa t\u00eate. Il devait parler. Il devait dire tout ce par quoi il \u00e9tait pass\u00e9 ces derniers temps, et pleurer, pleurer comme un enfant.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur\u00a0: N\u00e9 \u00e0 Lima (P\u00e9rou) en 1975, Santiago Roncagliolo a pass\u00e9 une partie de son enfance au Mexique. Sc\u00e9nariste pour la t\u00e9l\u00e9vision et le cin\u00e9ma, traducteur et critique litt\u00e9raire, il est l\u2019auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles. En Espagne, la FNAC l\u2019a d\u00e9sign\u00e9 comme le meilleur talent litt\u00e9raire de l\u2019ann\u00e9e 2003. 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