{"id":3079,"date":"2016-06-27T10:20:55","date_gmt":"2016-06-27T09:20:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3079"},"modified":"2016-06-27T10:20:55","modified_gmt":"2016-06-27T09:20:55","slug":"goetz-adrien-a-bas-la-nuit-2006","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3079","title":{"rendered":"Goetz, Adrien \u00ab\u00c0 bas la nuit !\u00bb (2006)"},"content":{"rendered":"<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: Qui est Maher ? L&rsquo;homme dont tout le monde parle, sur qui chacun a un avis, dont tous pr\u00e9tendent conna\u00eetre les secrets ? Comment un jeune homme d&rsquo;origine tunisienne, n\u00e9 dans un quartier de La Plaine-Saint-Denis, se retrouve-t-il au premier plan du monde de l&rsquo;art, des grands collectionneurs et des marchands parisiens ? Les ragots vont bon train. Une bien curieuse r\u00e9ussite ! Un beur ! Comment a-t-il pu h\u00e9riter la collection de Laura Bagenfeld, la riche excentrique amie de Peggy Guggenheim et Clara Haskil ? Et prendre son nom ? Un couple de conservateurs de mus\u00e9e le rencontre lors d&rsquo;une f\u00eate \u00e0 Florence. Sous leurs yeux, la petite amie de Maher, Jeanne, est enlev\u00e9e. La ran\u00e7on : sept tableaux de la collection Bagenfeld, que rien ne lie en apparence les uns aux autres. Le couple se retrouve entra\u00een\u00e9 de la Suisse \u00e0 l&rsquo;Italie, en passant par une \u00eele myst\u00e9rieuse au c\u0153ur du Pacifique et les caves d&rsquo;une cit\u00e9 de la Seine-Saint-Denis, dans une traque o\u00f9 la personnalit\u00e9 de Maher est au centre de l&rsquo;intrigue. Rejet\u00e9 par le monde des collectionneurs, paria dans sa cit\u00e9, seul au monde, il \u00e9merveille et fascine, magnifique et pitoyable Gatsby des temps modernes. Dans ce roman dont le narrateur est le couple de conservateurs, \u00e9crit \u00e0 la premi\u00e8re personne du pluriel, les \u0153uvres d&rsquo;art sont ainsi des personnages : Ucello, Watteau ou Caravage accompagnent comme des ombres le destin myst\u00e9rieux de Maher<\/p>\n<p>Mo<strong>n avis<\/strong>\u00a0: Si il y avait un petit b\u00e9mol\u00a0: parfois un peu trop \u00e9rudit au risque de perdre l\u2019action au profit de l\u2019art\u00a0; sinon je ne boude pas mon plaisir. J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 les personnages, l\u2019analyse de l\u2019ascenseur social et du malaise qu\u2019il peut engendrer. La perte des rep\u00e8res, la peur de l\u2019autre, la solitude de la diff\u00e9rence et de l\u2019argent. Alors oui, il y a une intrigue polici\u00e8re, mais elle est annexe. Et je trouve aussi qu&rsquo;il y a de l&rsquo;humour dans les descriptions, des r\u00e9flexions justes sur la vie.. J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 &#8211; comme toujours &#8211; \u00a0la promenade artistique offerte par Adrien Goetz , auteur que j\u2019ai d\u00e9couvert gr\u00e2ce \u00e0 P\u00e9n\u00e9lope ( <a href=\"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=1058\">voir article<\/a>)<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>Elle hochait la t\u00eate comme un grand dinosaure \u00e9rudit et myope.<\/p>\n<p>Le brouhaha, autour de nous, formait des vagues au centre desquelles ce piano laqu\u00e9 semblait une \u00eele.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le berceau de la famille\u00a0\u00bb, disait-il, avec le sourire de celui qui n\u2019y avait pas \u00e9t\u00e9 berc\u00e9.<\/p>\n<p>Ceux qui connaissent l\u2019art sont des esp\u00e8ces de clochards \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ceux qui poss\u00e8dent les \u0153uvres.<\/p>\n<p>Il n\u2019oublie rien de ce qu\u2019il a vu\u00a0; \u00e0 trop haute dose, c\u2019est une maladie vous savez, les psychiatres appellent cela l\u2019hypermn\u00e9sie.<\/p>\n<p>Plus savant qu\u2019eux, largement plus riche, brillant et beau, il ressemblait \u00e0 ce qu\u2019ils auraient voulu \u00eatre, lui, un inconnu, un paria, un m\u00e9tis. Le savoir m\u00eal\u00e9 \u00e0 une affaire de truands ne pouvait que les r\u00e9jouir, les inciter \u00e0 achever la b\u00eate\u00a0: la derni\u00e8re estocade. Le salir. Le d\u00e9noncer dans les d\u00eeners. L\u2019insulter en face. Le d\u00e9zinguer. Ne pas se priver. Le petit beur sur un plat d\u2019argent. Bon app\u00e9tit, messieurs.<\/p>\n<p>enfant de nulle part, dont la peinture \u00e9tait la seule terre natale, cherchait sans cesse \u00e0 se r\u00e9fugier dans ses paysages.<\/p>\n<p>Je collectionne les instants, les lieux. C\u2019est une collection imaginaire qu\u2019on ne me volera pas.<\/p>\n<p>\u2026notre peur de la nuit\u00a0: une hantise que je ressens, m\u00eame ce soir, devant l\u2019effacement du jour. Nous n\u2019avons peur ni de l\u2019avenir, ni du lendemain, ni de l\u2019aurore, ni de faire la sieste ou la grasse matin\u00e9e\u00a0: nous avons peur de la nuit noire. Pour nous, il ne devrait y avoir ni lune, ni saisons, ni ann\u00e9es. L\u2019\u00e2ge venant ne nous surprendra pas. Nous vivons au jour le jour et laissons la nuit \u00e0 la nuit.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Paris connaissait une de ces journ\u00e9es d\u2019inondation qui font sortir les photographes de leurs coquilles.<\/p>\n<p>Nous y logions depuis deux mois, peut-\u00eatre ne l\u2019habitions-nous pas encore.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le hasard\u00a0\u00bb \u2013 il n\u2019insistait pas \u2013 avait fait que, tr\u00e8s t\u00f4t, il avait cherch\u00e9 dans la peinture la part de merveilleux dont il avait besoin. Des repr\u00e9sentations de for\u00eats, d\u2019oc\u00e9ans, de montagnes, de villes semblaient faites, pour ses yeux d\u2019enfant qui n\u2019avait rien vu d\u2019autre, avec les morceaux d\u2019un monde irr\u00e9el.<\/p>\n<p>J\u2019aurais gard\u00e9 des souvenirs, que j\u2019aurais partag\u00e9s avec elle. Nous aurions pu vivre n\u2019importe o\u00f9, de n\u2019importe quoi, loin. J\u2019ai voulu continuer mes savantes comparaisons hors du temps. Poursuivre mon travail au lieu de poursuivre le bonheur.<\/p>\n<p>au moment o\u00f9 je me sentais devenir adulte, tu m\u2019as aid\u00e9 \u00e0 ne pas trop grandir<\/p>\n<p>Les pires souvenirs se bonifient \u00e0 l\u2019usage<\/p>\n<p>je vivais dans l\u2019illusion que toutes les formes de bonheur iraient s\u2019additionnant. Je ne soup\u00e7onnais pas qu\u2019elles allaient se d\u00e9truire.<\/p>\n<p>Je r\u00eave parfois en tableaux, comme certains r\u00eavent dans d\u2019autres langues. Je vois d\u2019abord des couleurs, puis des d\u00e9tails\u00a0; mon \u0153il bouge, grossit, rapetisse\u00a0; mon \u0153il chemine, d\u00e9forme les visages. Parfois, au lever, je ne me souviens pas. Je ne retrouve plus les peintures r\u00eav\u00e9es.<\/p>\n<p>Que va-t-il devenir\u00a0? Maintenant\u00a0? Seul notre ennemi h\u00e9r\u00e9ditaire, l\u2019avenir, nous l\u2019apprendra\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Je pr\u00e9f\u00e9rais ne rien lui dire, pour ne pas donner vie, par des paroles, \u00e0 tout ce qui en moi d\u00e9sirait \u00eatre mort.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 l\u2019obscurit\u00e9 de ses origines, pour eux qui avaient l\u2019air d\u2019\u00e9merger de la nuit des temps, le \u00ab\u00a0futur\u00a0\u00bb de leur fille allait \u00eatre \u00ab\u00a0un jeune homme qui aime le pass\u00e9\u00a0\u00bb, ce qui, \u00e0 tout prendre, leur allait mieux qu\u2019un gar\u00e7on \u00ab\u00a0plein d\u2019avenir\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ces constructions n\u2019ont pas pris la patine d\u2019un immeuble d\u2019il y a cinquante ans, elles ont pris la crasse, se sont cass\u00e9es et on les d\u00e9molira.<\/p>\n<p>Aucun des parents ici ne parlait fran\u00e7ais, mais tous les enfants voulaient s\u2019en sortir\u00a0: la drogue, le sport, les trafics, les braquages, c\u2019est aussi le moyen de parvenir, les \u00e9tudes ne sont qu\u2019un cas particulier.<\/p>\n<p>En classe, quand j\u2019ai \u00e9t\u00e9, par hasard, le meilleur, ce fut pire. Les \u00ab\u00a0Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb de l\u2019\u00e9cole ne me le pardonnaient pas, les \u00ab\u00a0Tunisiens\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0Alg\u00e9riens\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0Marocains\u00a0\u00bb, me voyaient comme un tra\u00eetre.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poque, vers dix ans, o\u00f9 j\u2019ai lu mille choses, bien au-dessus de mon \u00e2ge, pour fuir. Ce qui me consolait le plus, c\u2019\u00e9taient les livres qui parlaient de peinture. Je les d\u00e9vorais \u00e0 la biblioth\u00e8que du coll\u00e8ge, je les relisais, j\u2019observais la m\u00eame page pendant des heures. J\u2019\u00e9tais si seul. Un autre univers, d\u2019autres formes, des images d\u2019un pays o\u00f9 je me sentais bien.<\/p>\n<p>Ils vivaient dans le m\u00eame monde int\u00e9rieur, le royaume des images peintes. Ils s\u2019\u00e9taient rencontr\u00e9s.<\/p>\n<p>Une sculpture de Maillol d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 r\u00e9gler son compte \u00e0 un Giacometti.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9\u00a0: Qui est Maher ? L&rsquo;homme dont tout le monde parle, sur qui chacun a un avis, dont tous pr\u00e9tendent conna\u00eetre les secrets ? Comment un jeune homme d&rsquo;origine tunisienne, n\u00e9 dans un quartier de La Plaine-Saint-Denis, se retrouve-t-il au premier plan du monde de l&rsquo;art, des grands collectionneurs et des marchands parisiens ? 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