{"id":3103,"date":"2016-07-06T16:44:03","date_gmt":"2016-07-06T15:44:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3103"},"modified":"2025-02-17T17:13:07","modified_gmt":"2025-02-17T15:13:07","slug":"senanque-antoine-jonathan-weakshield-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cathjack.ch\/wordpress\/?p=3103","title":{"rendered":"S\u00e9nanque, Antoine \u00abJonathan Weakshield\u00bb (2016)"},"content":{"rendered":"<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0: 1897, Scotland Yard, Londres. Le dossier Jonathan Weakshield est r\u00e9ouvert. Ancienne grande figure de la p\u00e8gre, il avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 mort quinze ans plus t\u00f4t. Chef du Seven Dials, quartier redout\u00e9 des bas-fonds londoniens, il y a fait r\u00e9gner l\u2019ordre et la terreur au c\u00f4t\u00e9 du Viking, le ma\u00eetre des gangs de la capitale, officiellement pendu en 1885.Les empreintes retrouv\u00e9es sur une lettre \u00e0 une inconnue prouvent que Weakshield est vivant. Tandis qu\u2019un inspecteur acharn\u00e9 se lance sur sa piste \u00e0 travers l\u2019Europe et l\u2019oc\u00e9an Indien, l\u2019enqu\u00eate de deux journalistes du Daily News d\u00e9voile les secrets de celui qu\u2019on avait surnomm\u00e9 pour sa cruaut\u00e9 le \u00ab loup du Seven Dials \u00bb. Qui est-il ? Comment a-t-il disparu ? Et pourquoi refait-il surface maintenant ?Il faudra remonter loin, revenir sur son pass\u00e9 en Irlande au temps de la grande famine, interroger ses lieutenants, suivre son ascension \u00e0 Londres, revivre la bataille des gangs de Strugglefield, son amiti\u00e9 bris\u00e9e avec le Viking et son histoire d\u2019amour secr\u00e8te. Weakshield revient pour r\u00e9gler ses comptes et sauver la femme qu\u2019il aime, mais les vieilles haines se r\u00e9veillent et le sang s\u2019appr\u00eate \u00e0 couler de nouveau sur les bords de la Tamise. Avec un talent et une puissance extraordinaires, Antoine S\u00e9nanque nous entra\u00eene \u00e0 la fin de l\u2019\u00e8re victorienne dans un \u00ab Gangs of London \u00bb o\u00f9 se croisent les ombres d\u2019Oscar Wilde, de Stevenson et de Jack l\u2019Eventreur.<\/p>\n<p><strong>Mon avis<\/strong>\u00a0: J\u2019ai beaucoup aim\u00e9. J\u2019ai retrouv\u00e9 avec plaisir les bas-fonds de Londres, des lieux qui me sont devenus familiers gr\u00e2ce aux aventures de Monk relat\u00e9es par Anne Perry. Mais parlons de l\u2019histoire.<\/p>\n<p>L\u2019histoire se d\u00e9roule dans l\u2019Angleterre victorienne, \u00e0 la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle. A cette \u00e9poque, l\u2019Irlande a envahi les bas-fonds londoniens, suite \u00e0 la grande famine de la pomme de terre\u00a0; le cadre historique du livre est tr\u00e8s document\u00e9. Il y aura aussi un petit tour dans la Londres des milieux hupp\u00e9s, au caf\u00e9 Royal, avec une \u00e9vocation de Oscar Wilde. Au milieu d\u2019un monde qui change, des hommes intemporels aux valeurs \u00e9ternelles\u00a0: amour, loyaut\u00e9, amiti\u00e9, fid\u00e9lit\u00e9. Il y a du sang et de la brutalit\u00e9 mais c\u2019est surtout l\u2019histoire de rencontres. Une grande rencontre, celle de Jonathan et de Fine, la petite irlandaise, et la poursuite de son grand amour jusqu\u2019\u00e0 la fin. C\u2019est la r\u00e9volution industrielle, une \u00e9poque de progr\u00e8s mais aussi un d\u00e9calage avec un moralisme \u00e9crasant. C\u2019est l\u2019\u00e9poque des premiers gramophones (on en parle dans le roman), le progr\u00e8s arrive, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 aussi\u00a0; c\u2019est l\u2019expo universelle avec le Palais de Cristal. Une \u00e9poque charni\u00e8re dans un monde qui change et un roman charni\u00e8re aussi entre le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent d\u2019un homme.<\/p>\n<p>Jonathan Weakshield\u00a0.. Traduction \u00ab\u00a0bouclier faible\u00a0\u00bb\u2026 mais qui est ce personnage\u00a0? Un chef de la p\u00e8gre, irlandais, magnifique, aventurier, en fuite, recherch\u00e9, multi survivant. Dans les brumes de l\u2019Irlande, de Londres, des bouges et des bas-fonds, un homme \u00ab\u00a0flou\u00a0\u00bb que sa longue absence de dix ans rend insaisissable. Un homme sinc\u00e8re et simple, un homme d\u2019honneur, comme les ca\u00efds de l\u2019ancien temps, fid\u00e8les et qui ne trahissent ni eux-m\u00eames ni les autres. Au c\u0153ur tendre\u2026<\/p>\n<p>Et les personnages qui l\u2019entourent dans cette vie aventureuse sont de vrais personnages, des durs au c\u0153ur tendre, des membres soud\u00e9s d\u2019une bande. Il y a Fine, Mo \u2013 le vieux lieutenant de J.W. devenu aveugle suite \u00e0 une maladie et qui a d\u00e9velopp\u00e9 le don de \u00ab\u00a0voir avec le nez\u00a0\u00bb\u00a0; il convient \u00e0 ce stade de relever l\u2019importance des odeurs dans les descriptions du livre. Londres est puanteur, partout, dans la ville, sur les quais, et aussi dans les inventions de la r\u00e9volution industrielle\u00a0; mais la puanteur \u00e9tait aussi \u00e9voqu\u00e9e dans sa description de l\u2019Irlande. il y a aussi l\u2019ennemi de toujours, le Viking, nain par la taille mais pas autrement. Et comme dans le monde de la p\u00e8gre, on sent que ces deux chefs se respectent, m\u00eame si il y a une bonne dose de haine dans leur relation.<\/p>\n<p>L\u2019auteur est m\u00e9decin\u00a0; cela ne ressort pas trop mais quand m\u00eame il y a certaines petites infos qui surgissent, \u00e0 la gloire de certaines pointures de la m\u00e9decine de l\u2019\u00e9poque. Il fait intervenir dans l\u2019histoire les Professeurs Lister et Ernest Duch\u00eane. Lister, ami de Pasteur et sommit\u00e9 m\u00e9dicale anglaise et Ernest Duch\u00eane &#8211; un m\u00e9decin fran\u00e7ais qui d\u00e9couvrit que certaines moisissures pouvaient neutraliser la prolif\u00e9ration des bact\u00e9ries. Il fit cette d\u00e9couverte, qui resta inappliqu\u00e9e, trente-deux ans avant celle d&rsquo;Alexander Fleming qui montra les propri\u00e9t\u00e9s antibiotiques de la p\u00e9nicilline, substance d\u00e9riv\u00e9e de ces moisissures &#8211; et qui soigne Fine.<\/p>\n<p><strong>Extraits<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p>je n\u2019ai jamais appris \u00e0 nager. Chez nous, on dit que celui qui sait voguer sans bateau porte le mauvais \u0153il aux \u00e9quipages.<\/p>\n<p>Il avait cru que la solitude serait la gardienne de sa libert\u00e9 mais sa libert\u00e9 lui \u00e9chappait chaque jour un peu plus et la solitude prenait la place.<\/p>\n<p>Et il y avait ce bruit sourd et r\u00e9gulier qui n\u2019\u00e9tait pas celui de son c\u0153ur. Quelque chose toquait en lui. Rien de plus silencieux pourtant que l\u2019espace de sa vie o\u00f9 personne ne passait jamais.<\/p>\n<p>Je suis n\u00e9 en 1831 et souhaiterais mourir, si mon avis a de l\u2019importance, en l\u2019an\u00a01900 de notre \u00e8re. Je voudrais toucher le\u00a0XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Je n\u2019esp\u00e8re pas des jours meilleurs, les hommes, comme tous les produits de la terre,\u00a0pourrissent en avan\u00e7ant, mais 1900, c\u2019est une date.<\/p>\n<p>Whitechapel et Seven Dials sont aussi \u00e9loign\u00e9s l\u2019un de l\u2019autre que l\u2019Angleterre du continent. Chacun a ses lois, son langage, ses m\u00e9thodes.<\/p>\n<p>On enviait les pires assassins \u00e0 force de les traiter en \u00eatres d\u2019exception, \u00ab\u00a0monstres\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0pr\u00e9dateurs\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0g\u00e9nies du mal\u00a0\u00bb sans jamais souligner la v\u00e9rit\u00e9 de leur nature\u00a0: la m\u00e9diocrit\u00e9. Les m\u00e9taphores \u00e9taient les aur\u00e9oles de ces rebuts du monde. Leur gloire diffusait comme une eau sale portant les germes que la morale ne consommait pas, mais qui d\u00e9salt\u00e9rait les angoisses. Des hommes croupis.<\/p>\n<p>Au loin, vers Whitechapel, les chemin\u00e9es des raffineries de sucre crachaient leur brouillard au go\u00fbt de r\u00e9glisse, qui glissait vers le fleuve pour poisser ses\u00a0vapeurs.<\/p>\n<p>Triste \u00e9tait un mot si faible pour d\u00e9crire son humeur. Mais que dire de plus pour exprimer sans lyrisme, sans complaisance, le d\u00e9sespoir qu\u2019il ressentait\u00a0? Juste un mot simple \u00e0 partager avec le plus innocent des hommes et dont tous les c\u0153urs comprendraient le sens. Triste. Infiniment.<\/p>\n<p>J\u2019ai toujours crach\u00e9 sur la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. Elle d\u00e9fait les hommes. Elle apprend \u00e0 ceux qui la re\u00e7oivent l\u2019\u00e9go\u00efsme, la paresse et couve leurs perversions. Aujourd\u2019hui, la pauvret\u00e9 est un m\u00e9tier.<\/p>\n<p>Mais moi, je crois qu\u2019on dirige son \u00e9toile comme on l\u2019entend, en changeant son cours, ou en la laissant tourner toute seule. La trahison, personne peut rien contre \u00e7a. Et la seule mis\u00e8re, c\u2019est de ne pas \u00eatre le ma\u00eetre de son malheur.<\/p>\n<p>la s\u00e9lection naturelle de Mr\u00a0Darwin s\u2019op\u00e9rait en acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, pour le plus grand b\u00e9n\u00e9fice de la nation enfin d\u00e9barrass\u00e9e de ses d\u00e9chets qui s\u2019\u00e9liminaient entre eux. Quel recours en dehors de la police absente\u00a0? Sherlock Holmes\u00a0? Les gens r\u00e9clamaient des Sherlock Holmes parce que les forces de l\u2019ordre n\u2019\u00e9taient d\u2019aucun secours. Le grand d\u00e9tective devait son succ\u00e8s \u00e0 l\u2019abandon des citoyens par l\u2019Etat autant qu\u2019au talent de\u00a0son cr\u00e9ateur.<\/p>\n<p>Le gin avait forc\u00e9 son cr\u00e2ne et clapotait dans son cerveau.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Je parle pour entendre, lui dit-il.<br \/>\n\u2014\u00a0Pour entendre quoi\u00a0?<br \/>\n\u2014\u00a0Ce que les gens me cachent.<\/p>\n<p>cette vieille Angleterre qui puait le rancis sous ses airs d\u2019adolescente fard\u00e9e de progr\u00e8s, momie dont on avait chang\u00e9 les bandelettes, mais l\u2019Europe enti\u00e8re, cette sinistre demeure hant\u00e9e, aux couloirs poussi\u00e9reux o\u00f9 ne se croisaient que des fant\u00f4mes<\/p>\n<p>Pas besoin d\u2019orphelinat pour l\u2019abandon des enfants de la gentry confi\u00e9s aux nurses, aux pr\u00e9cepteurs, aux pensions, et oubli\u00e9s lors de la \u00ab\u00a0saison\u00a0\u00bb quand les riches montent leurs parades de printemps, dans les avenues du West End<em>,<\/em><em>\u00a0<\/em>sur leurs attelages rutilants, le long de la\u00a0Serpentine de Hyde Park<em>.<\/em><\/p>\n<p>L\u2019essentiel n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 de retirer la vie mais de la briser, d\u2019arracher les c\u0153urs pour ne laisser que des enveloppes vides, des simulacres d\u2019homme comme l\u2019automate du Strand.<\/p>\n<p>Une robe noire, un ch\u00e2le sombre sur ses \u00e9paules, le visage grave, elle ressemblait \u00e0 une vierge, avec assez de duret\u00e9 dans le regard pour repousser toutes les pri\u00e8res du monde.<\/p>\n<p>La libert\u00e9 n\u2019avait pas le m\u00eame visage, ici. Personne n\u2019esp\u00e9rait la trouver sur terre.<\/p>\n<p>L\u2019\u00eele aux Chiens \u00e9tait comme l\u2019\u00e9pave d\u2019un paquebot \u00e9chou\u00e9 au milieu de la Tamise. Aussi sinistre que ces carcasses rouill\u00e9es de mer, pleines de coins coupants, de pourriture et de mauvais souvenirs.<\/p>\n<p>La paix qu\u2019il ressentait valait toutes les couleurs de l\u2019univers. Ne pas savoir avant les autres. Ne pas voir l\u2019invisible. Se d\u00e9lasser dans le rien.<\/p>\n<p>Un arbre stupidement fleuri qui plongeait ses racines dans la pourriture, aussi beau hors de la terre que r\u00e9pugnant dans ses profondeurs. Ses racines aspiraient le sang\u00a0et les chairs d\u00e9compos\u00e9es des cadavres qui nourrissaient toutes les floraisons. Les fumiers du printemps.<\/p>\n<p>Comme les naufrag\u00e9s sur leur chaloupe, il avait d\u00fb faire des rations, r\u00e9duire les quantit\u00e9s d\u2019esp\u00e9rance et faire survivre cet amour, \u00e0 tout prix.<\/p>\n<p>je vous en donne ma parole d\u2019Anglaise.<br \/>\n\u2014\u00a0Je pr\u00e9f\u00e9rerais votre parole de femme.<\/p>\n<p>La soir\u00e9e s\u2019\u00e9tait \u00e9chapp\u00e9e. Le temps acc\u00e9l\u00e9rait son cours, quand ils le partageaient.<\/p>\n<p>Les maladies de l\u2019\u00e2me \u00e9taient, selon le docteur Freud, les stigmates de douloureuses exp\u00e9riences du pass\u00e9, mises au secret. Du pass\u00e9 infectant le pr\u00e9sent, du temps chol\u00e9ra qui rendait malades ceux qui l\u2019avaient v\u00e9cu.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a que les Fran\u00e7ais qui respectent \u00e0 ce point l\u2019individu\u2026 dans la\u00a0mesure o\u00f9 il partage leur nationalit\u00e9.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0Au 23 avenue du Ciel, monsieur, vous demanderez apr\u00e8s le quatri\u00e8me nuage\u2026<\/p>\n<p>Il d\u00e9couvrait les ressemblances entre eux. Les harmonies de solitude.<\/p>\n<p>De grosses larmes coulaient maintenant sur ses joues. Des larmes d\u2019enfant inconsolable. Des larmes d\u2019homme.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les \u00eatres humains \u00e9taient des tra\u00eetres humains. Pas besoindes bas-fonds pour passer sa vie \u00e0 mentir, tricher, d\u00e9cevoir et ridiculiser le reflet immacul\u00e9 du r\u00eave de soi qu\u2019on nous offrait \u00e0 la naissance. Notre temps sur terre n\u2019\u00e9tait qu\u2019un chemin de mensonge. Tenir une parole. Une seule, contre le destin. Une petite parole. Laisser les grandes promesses, les serments sur l\u2019infini. Ne pas s\u2019engager sur trop grand, mais sur ce qui \u00e9tait \u00e0 port\u00e9e de main\u2026 s\u2019engager sur le caillou ramass\u00e9 dans la rue et mourir s\u2019il le fallait, mourir pour ne pas trahir le caillou.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u2026 L\u2019homme qui n\u2019a pas de musique en lui et que ne\u00a0touche pas un concert de doux sons est propre aux trahisons, aux stratag\u00e8mes et aux pillages.\u00a0\u00bb (Shakespeare)<\/p>\n<p>tu as\u2026<br \/>\n\u2014\u00a0Vieilli, je sais.<br \/>\n\u2014\u00a0Non, je ne dirais pas \u00e7a\u2026 grandi. Tu as attrap\u00e9 l\u2019air des hommes c\u00e9l\u00e8bres\u2026 \u00e7a fait gagner des centim\u00e8tres.<\/p>\n<p>le bonheur n\u2019\u00e9tait qu\u2019une direction, des coordonn\u00e9es incompl\u00e8tes sur une carte. Seul le voyage comptait.<\/p>\n<p><em>As ae door\u2019s steekit anither appens\u00a0\u00a0 (<\/em>Proverbe \u00e9cossais\u00a0: quand une porte se ferme, une autre s\u2019ouvre.)<\/p>\n<p>Tous les pardons avaient la m\u00eame fonction, ils d\u00e9guisaient la l\u00e2chet\u00e9 et l\u2019apitoiement sur soi-m\u00eame.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9\u00a0: 1897, Scotland Yard, Londres. Le dossier Jonathan Weakshield est r\u00e9ouvert. Ancienne grande figure de la p\u00e8gre, il avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 mort quinze ans plus t\u00f4t. 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